Dialogues avec une araignée

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Au coeur de Clermont-Ferrand, une araignée s'est installée dans le bac à fleurs de l'écrivain. Elle observe, elle parle, donne des ordres et n'admet pas qu'on lui résiste. L'écrivain est docile : peu lui chaut qu'une araignée passe ses journées à épier le moindre de ses gestes dans son bureau ! Encore souligne-t-elle les fautes de syntaxe de l'écrivain, et livre-t-elle ses commentaires. Et devient capricieuse, exige que lui, l'écrivain, répète mille fois : - Vous êtes très belle. ... L'écrivain s'intéresse plutôt à une autre araignée qui s'est établie sur une autre fenêtre de la rue : plus épanouie et moins cynique, celle-ci ! Eprise de poésie, disciple de Jean-Sébastien Bach ! Lorsque la première araignée découvre la présence de la seconde, le drame est inévitable.
Publié le : jeudi 1 avril 2010
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EAN13 : 9782296695504
Nombre de pages : 136
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– I –
’ai senti sa présence dans mon dos. Je me suis levé, j’ai Jcollé le nez à la vitre et j’ai regardé le bac à fleurs. J’ai vu l’araignée. J’ai vu la toile. Il n’est pas si facile de découvrir une toile d’araignée. Il faut avoir de bons yeux, il faut être attentif. Je ne sais plus si je l’ai découverte parce qu’un nuage a assombri la rue, faisant écran derrière la toile, ou au contraire parce que le soleil l’a illuminée si violemment que les fils ont brillé comme des éclats de quartz qui auraient grandi dans le sens de la longueur. Lorsque je l’ai vue, je suis revenu m’asseoir à mon bureau mais n’ai pu travailler. Elle m’a dit : – Venez à la fenêtre. Je n’ai pas été surpris qu’une araignée se mette à parler.Bien au contraire ! je crois que je le savais, je le souhaitais. Je me suis donc assis à la fenêtre, c’est-à-dire que j’ai tourné mon fauteuil en direction de la rue. – Pourquoi avez-vous laissé votre ordinateur sur le bureau, vous ne voulez plus écrire ? m’a-t-elle demandé.
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DIALOGUES AVEC UNE ARAIGNEE
– Je ne peux pas écrire à contre-jour.Àcontre-jour je suis ébloui. – Oh ! Vos yeux vont s’habituer ! Prenez votre or-dinateur. – Je vais me contenter de regarder la rue. – Prenez votre ordinateur, installez-vous ! a-t-elle ordonné. Je n’ai pas osé lui dire qu’on me parle habituelle-ment avec moins de vivacité ; j’ai simplement saisi l’ordinateur comme elle le demandait et l’ai posé sur mes genoux, face à la fenêtre. Puis j’ai commencé à écrire, elle s’est tue quelques instants pendant que j’écrivais, et d’un ton neutre, sans moquerie, elle a fini par remarquer : – Vous trouvez l’inspiration, je crois. – Oui, je crois, ai-je fait distraitement. Elle a ajouté : – Puis-je savoir ce que vous écrivez ? – J’écris sur la lumière. Presque rien. Quatre lignes. Elle a laissé quelques secondes passer, peut-être quelques minutes – je ne sais plus, et de nouveau m’a demandé : – Sur la lumière, la lumière de la rue ?
DIALOGUES AVEC UNE ARAIGNEE9
– Oui, la lumière de la rue, celle des façades : les deux demi-façades qui regardent ma fenêtre et que je vois d’ici. La toile s’est balancée légèrement, j’ai compris que c’était un signe d’acquiescement, mais qu’elle hésitait avant de poursuivre : – Lisez-moi ces quatre lignes ! Elle m’a dit : – Lisez-moi ces quatre lignes ! La voix était douce, ce n’était plus un ordre ; pour autant je n’ai pas résisté, j’ai commencé à lire : « Les couleurs. Je vais parler des couleurs, les cou-leurs des demi-façades, – demi, puisqu’elles sont décou-pées par l’encadrement de ma propre fenêtre. Il me semble que les couleurs sont aujourd’hui plus calmes ; mais peut-on dire de couleurs qu’elles sont calmes ? Plus calmes et plus sereines, peut-être parce que plus silencieuses, presque au repos. Après tout, nous venons juste de passer le solstice et le soleil obéit à des angles moins aigus, moins pointus. Avez-vous remarqué que le soleil, en juillet, se déplace lentement, si bien que la pierre et le crépi font apparaître des grains minuscules, comme une tige d’osier, comme un fruit – une orange non écorcée, comme la peau de certaines femmes du sud ?» Jeme suis interrompu. L’araignée a laissé un temps de silence. Puis elle a dit :
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DIALOGUES AVEC UNE ARAIGNEE
– J’ai l’impression que vous trouvez votre rythme au fil des lignes, comme si votre style se faisait de plus en plus fluide à mesure que vous avancez ! Elle n’a donc apprécié que très modérément le pa-ragraphe qui précède. Je lui ai dit : – Allez directement au chapitre XIV. Peut-être y aurai-je trouvé mon rythme d’écriture ? – Est-ce une manière de plaisanter ? – Pas du tout. Je suis sûre que vous allez tellement aimer le chapitre XIV que vous regretterez de ne pas avoir lu le début du livre et que vous reviendrez au chapitre premier. Chapitre XIV ! Où est-il ? L’avez-vous écrit ?
– II –
Nouveau temps de silence. Très long. Théâtral. Finalement, clame l’araignée, la lumière ne vous a pas ébloui, vous l’avez même apprivoisée ?
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