Dimension, Univers, Territoire - Le Grand Voyage Tome 2

De
Publié par

Sie-Rã et Goãlar arrivent en vue du temple de Haboribahor où de puissantes prêtresses les attendent. Bien que novice au sein de cette communauté, Sie-Rã va bientôt découvrir que le temple tisse avec elle un lien très puissant. Sa rencontre avec une prêtresse dont elle ne peut voir le visage va lui dévoiler la raison pour laquelle Goãlar l’a conduite auprès de ces femmes mais Sie-Rã va faire en sorte que le voyage ne s’arrête pas là. Elle sait que son destin doit l’emmener vers des horizons encore plus lointains malgré ce qui va lui être révélé lors d’épreuves qu’elle devra affronter.

Publié le : jeudi 6 juin 2013
Lecture(s) : 11
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782364752085
Nombre de pages : 279
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Extrait

PREMIÈRE PARTIE : DIMENSION

        Avant de me rendre au temple de Haboribahor, je souhaite récupérer ce qui m’appartient et qui constitue le seul lien matériel me rattachant à mes proches, en particulier à ma mère…

  De retour à Kéholã, je parcours discrètement le pavillon où les femmes à la langue tranchée s’étaient occupées de moi. En arrivant, j’ai aperçu ma geôlière. Mes sentiments à son égard sont partagés. Je ne l’aime pas mais je la remercie. Je lui suis reconnaissante d’avoir organisé mon enlèvement et de m’avoir ainsi envoyée vers ma destinée.
Mon père ignorait totalement ce qui m’attendait dans cette maison, maintenant, j’en suis sûre. Il ne fait aucun doute que cette riche famille de Négociants avait accepté ce soi-disant mariage pour abuser notre famille. Pour ces gens, il n’y a pas de petit bénéfice… La vente d’une esclave, aussi insignifiante soit-elle, contribue à augmenter leur richesse, d’autant plus que cette esclave leur a été « livrée » avec des coffres remplis de soieries.
Je me faufile d’une pièce à l’autre, évitant de rencontrer mes anciennes compagnes. J’arrive dans une petite salle où sont méticuleusement alignés de grands coffres. Passant ma main au-dessus d’eux, je cherche ce qui m’a fait revenir ici. Je la sens, elle est dans celui-ci. Je soulève le lourd couvercle qui protège les tissus soyeux de la poussière. Mes mains plongent dans les couleurs chatoyantes. Elle est au fond du coffre. Je l’attrape et la sors. La robe que ma mère a cousue pour me présenter dignement à ma nouvelle famille est toujours aussi splendide. Même si, depuis, j’ai porté de nombreuses tenues toutes aussi belles les unes que les autres (Goãlar tenait à ce que ses filles soient mises en valeur), jamais aucune robe n’a égalée en beauté celle confectionnée par maman. Je dois chercher encore un peu pour trouver, dans un autre coffre, un petit sac de toile où ont été rangés les chaussons offerts par Raël et le peigne sculpté par Raos. Je remercie infiniment les femmes du pavillon d’avoir gardé précieusement mes affaires.

Maintenant, je peux retourner à bord…

  « Qu’est-ce qui t’a pris ? » me demande mon Goãlar très en colère.
« Je devais m’absenter. »
« En me laissant ici, enfermé dans cette lampe. »
« Tu étais bien au chaud ! »
« Tu es complètement folle ! Cette lampe a des pouvoirs, elle aurait pu me détruire ! »
Je lui rétorque :

« Cette lampe n’a que les pouvoirs qu’on lui accorde… »
« Tu sais par expérience comme il est désagréable de se retrouver prisonnier d’un objet ! » proteste-t-il.
« Tu n’y es resté qu’un instant. »
« Maintenant que tu peux me manipuler à ta guise, cela t’amuse n’est-ce pas ? »
Goãlar, celui qui dispose d’un corps, entre alors dans la salle des prières pour m’annoncer :
– Maîtresse, nous arrivons en vue de Haboribahor.
– Ne m’appelle pas ainsi, je ne pourrai jamais m’y habituer !
– Il le faudra, m’assure-t-il.
– Que veux-tu dire ?
– Lis en moi.
Je m’approche de lui, pose mon front sur son front, davantage dans un geste de tendresse que par nécessité, et le vois en grande conversation avec une prêtresse de Haboribahor. Je ne distingue rien de l’endroit où ils se trouvent mais j’entends très bien leurs paroles. Je lui fais observer :
– Tu as vraiment un fort ascendant sur les femmes…
– Si c’était le cas, je n’aurais pas eu à conclure cet accord !
– J’ai du mal à imaginer que tu vas devoir travailler ! lui fais-je remarquer sur un ton moqueur avant de reprendre :
– As-tu pensé à ton frère ?
– J’ai évidemment parlé de lui…
– Et ?
– La prêtresse m’a répondu qu’elle allait y réfléchir.
– Espérons que, pour lui aussi, elle trouvera une solution.
– Si tel est le désir du temple, ce sera le cas, affirme Goãlar.
Je réagis à cette déclaration, déterminée :
– Je n’irai pas à Haboribahor sans lui.
– Tu intégreras Haboribahor avec ou sans lui, tu ne peux plus reculer.
– Nous y serons dans combien de temps ?
– Nous sommes pratiquement arrivés. Prépare-toi, me conseille-t-il.
Mon maître, non, désormais, mon serviteur, retourne dans le couloir. Je vais dans la chambre d’Oufoura que j’occupe toujours et enfile la robe à laquelle je tiens tant. Je me coiffe et attache mes cheveux avec le peigne de Raos. Je glisse les chaussons dans le seul sac que je prends pour aller au temple, préférant enfiler mes sandales.
Je reste assise un long moment sur le lit, me remémorant une à une les étapes qui m’ont conduite jusqu’ici, la dernière étant l’une des plus douloureuses.
Je sens l’inquiétude grandissante de Goãlar, celui qui ne dispose pas de corps. Que va-t-il advenir de lui ? Je ne veux rien lui promettre pour le cas où je ne pourrais pas tenir parole.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi