Dispergerum antecessors

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Sur une planète, isolée au sein d'un amas globulaire en orbite autour d'une galaxie spirale nommée Virgo, deux nations s'opposent depuis une génération pour l'exploitation des ressources de la seconde planète du système.

Alors que Nérubius est exsangue et que la colonisation d'Heilénia débute, un savant, aidé de sa technicienne d'espèce antagoniste, réalise une percée scientifique fortuite. Des politiciens misent aussitôt sur les technologies qui en découlent pour espérer une victoire complète et rapide.

Ancrée dans une dynamique de succès, la nation adverse subit des revers qui déstabilisent l'autorité du despote. Afin d'étouffer la révolte et de museler l'évident coup d'État, il se lance dans une purge exemplaire.

La situation se détériore, la mort rôde, les issues s'amenuisent...


Publié le : mardi 11 mars 2014
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EAN13 : 9782332671943
Nombre de pages : 432
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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-332-67192-9

 

© Edilivre, 2014

 

 

Je tiens à remercier mes bétalecteurs et ceux qui, de près ou de loin, m’ont apporté leur concours.

Je n’ai pas la prétention d’être ici exhaustif parce que vous êtes trop nombreux, voilà très certainement un gage de qualité, n’est-ce pas ?

« L’union fait la force, et l’oignon la soupe », merci papa pour ces proverbes que j’aime à répéter et que je conserverai encore longtemps dans mes expressions favorites.

Je ne peux remercier sans commencer par mes parents qui m’ont soutenu dans mes désirs de lecture sans me censurer ;

et ont supporté les affres de mes débuts d’écrivain adolescent en mal de lecteurs.

Merci à toi David, F-Omenal, mon meilleur ami, pour nos délires science fictionnesques qui, un beau matin (je ne saurai dire si c’était le printemps), nous ont conduit dans la région de l’espace où nous attendaitle système heilénien ;

à Tam, pour tes idées à la con riches de réflexions et développements inattendus ;

à Minos pour ta nature impartiale, la qualité de tes corrections et le temps que tu m’as consacré ;

à Eve Dennels pour ton œil acéré et la justesse de tes conseils.

Sans oublier le soutien de Den, mon fan, de Notsil, toujours attentive, de mon épouse, un auteur de mari c’est jamais simple, et de tous ceux qui orbiteront, à un moment ou à un autre, autour d’Heilénia qu’ils soient satellites d’un jour ou de toujours.

Que les trois astres accordent leurs faveurs à la saga d’Heilénia.

Votre serviteur
AJC

 

 

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Glossaire

Calcul du temps sur Nérubius

Une année Nérubienne correspond au temps que met Nérubius à décrire le tour complet du point de Lagrange autour duquel la planète est satellisée. Ce point de Lagrange L2 est le point d’équilibre entre l’attraction de l’étoile du système, Destrumilia, et la naine brune, Parciseste. Cette année Nérubienne s’appelle un Pars parce qu’elle égale le temps que mets la lumière à parcourir la distance d’un parsec (Un parsec, pc = 3,261564 AL.) soit 3,261564 années terrestres.

Le Tantième représente le trentième d’un Pars, c’est l’équivalent d’un mois terrestre mais d’un tiers plus long. Un tantième correspond alors aux 0,1087188 d’année terrestre soit 953,0290008 heures terrestres et se compose de 100 boucles.

Une Boucle (ou nombre d’or pour les scientifiques de Nérubius) donne donc approximativement 9,53 heures terrestres, temps que met Nérubius pour accomplir un demi-cycle correspondant à une période sombre ou à une période claire.

Nérubius fait un tour sur elle-même en exactement 19,06058016 heures terrestres, appelé un Cycle et qui trouve son pendant dans le jour de 24 heures de la terre. D’une importance négligeable dans la vie de ses habitants qui préfèrent calquer leurs activités sur un demi-cycle ou boucle.

Lhänté (prononcer l’haanté en aspirant violemment le « h ») est un douzième de demi-cycle soit environ 0,7942 heures humaines (47,652 minutes exactes).

Lhïndiv (l’hindiv, « h » toujours aspiré mais moins violemment) équivaut au sixième du Lhänté soit 7,942 minutes terrestres. Les Nérubiens, Proctais ou Gorenéens, s’expriment alors en dixième, centième, millième « sous-entendu de lhïndiv » ou en multiple de ses quarts.

En fait, c’est pratiquement incompréhensible pour un être humain de la terre, mais parfaitement évident pour eux, ce qui est l’essentiel. Nous leur laisserons donc mesurer le temps comme ils le désirent, sans faire de transpositions hasardeuses. Toute comparaison avec le temps terrestre mènerait à de formidables erreurs…

Je vous propose donc les approximations suivantes :

Un Tierscenté = 1.1 siècles terrestres ou « tiers de cent pars ».

Un Pars = 3.3 années terrestres.

Un Tantième = ou trentième d’un pars, environ 1 mois humain.

Une Boucle = 10 heures terrestres environ, une demi-journée est appelée demi-cycle. Il y a 100 boucles dans un tantième.

Un Cycle = Une alternance face à l’étoile, face à l’amas, une rotation de Nérubius équivaut à 20 heures terrestres soit un jour.

Un Lhänté = le douzième d’un demi-cycle (1 boucle) environ 45 mn humaine.

Une Lhïndiv = le sixième d’un Lhänté un peu moins de 8 minutes terrestres. Malgré son nom, les Nérubiens la divisent par multiples de dixième et de ses quarts.

Vestimentaires :

Armement de combat des Seigneurs Proctais :

– Une armure en matériaux composites richement décorées permettant d’arrêter les projectiles.

– Un pistolet à canon long (20 à 30 cm) relié par un flexible à la ceinture qui contient la réserve de munitions de différents modèles pour des usages variés. Les munitions, choisies à l’aide de commutateur sur le pistolet, sont transférées pneumatiquement.

– Le sabre dans l’autre main pour le combat rapproché aidé de leur capacité de déplacement qui utilise les nombreuses articulations de leur squelette.

Tenue de cérémonie :

Chez les Proctais, les grades de la hiérarchie militaire se distinguent par la couleur des tissus qui se trouvent sous les plaques d’armures. Ces plastrons sont décorés des armoiries des différentes maisons nobles qui reprennent les symboles caractéristiques des tatouages tribaux.

Le spectre des couleurs des tissus les habillant s’étendent du rouge au vert et représentent des grades plus ou moins élevés. Les plaques de protection permettent de distinguer les spécificités de chacun au combat.

Noir avec dessins dorés : Très Haut Commandeur, THC, le monarque Proctais.

Vert-anis : Maîtres de Guerre, MG, fils de familles nobles qui accèdent aux rangs les plus élevés de la hiérarchie militaire. Sont les plus proches collaborateurs de THC.

Carmin : Grand Chef de Guerre, GCG, grade le plus élevé pour les roturiers. Ils sont rares à y accéder et sont souvent en passe d’être anoblis. Les places sont plutôt réservées aux jeunes nobles qui devront se distinguer dans leur commandement pour accéder au grade de Maître de Guerre.

Violet : Chef de Guerre, CG, est le premier grade des officiers supérieurs, ils commandent des bataillons, servent de second aux GCG et s’ils sont nobles apprennent des meilleurs tacticiens.

Beige : Chefs de Combat, CC, ils dirigent des escouades et coordonnent les efforts des Commandant et Capitaine pour tenir la troupe.

Jaune : Commandant

Blanc : Capitaine

Noir unis : Magister équivalent de major, grade courant dans la police militaire Proctaise.

Gris foncé : pour tous les autres grades.

Les Gorenéens sont plus laxistes à ce niveau et s’habillent en fonction de la besogne qu’ils réalisent.

Les Navigateurs de la Guilde Spatiale, quelle que soit leur race, sont vêtus d’une longue robe noire dans l’espace. Ils s’appliquent du rouge à lèvres et du vernis à ongle plus foncé à mesure que leur grade est important. Les techniciens de la Guilde sont vêtus d’une combinaison de couleur noire et les troupes d’un uniforme sans aucune distinction de grade, si noir qu’il capte tous les rayonnements.

Technologies :

Alliage Betacroisé : Alliage spécifique composé de plusieurs métaux, léger et particulièrement résistant, il entre dans la composition de nombres d’objets de la vie courante des Nérubiens. Le dosage des différents éléments est proportionné en fonction de l’usage et des contraintes mécaniques imposées à l’objet.

Bois d’Ustracide : blanc avec des nœuds parfois noirs, bois très résistant que l’on taille d’un seul tenant à même le tronc pour fabriquer des objets, chacun d’entre eux est une œuvre d’art à part entière.

Comm : système Gorenéen qui permet d’accéder au réseau informatique des cités et d’échanger des messages ou de la visioconférence. Il est souvent utilisé avec un terminal portable de travail ou depuis un ordinateur.

Communicateur distant : peut-être « Comm » en audio seul, très discret, certains proctais en sont équipés directement par implant neuronal. Ou « Comm-visu » bien plus encombrant.

Comm-visu : Lourd matériel proctais qui permet de communiquer visuellement et même de réunir plusieurs personnes distantes. Les communications sont chiffrées par ce biais.

Draidmé : monnaie d’échange entre Gorenéens, Proctais et Guilde Spatiale.

Extract-psy : extraction psychique, appareil gorenéen servant à relier le cerveau des savants à des automates et ordinateurs via des sondes psychiques électro-encéphaliques pour disposer immédiatement de leur puissance de calcul.

Fauteuil de transe : maintient le savant sous l’extract-psy et permet au technicien de lui administrer par des masques ou des transfusions des produits pour l’aider à supporter les transes profondes.

Guiterne : guitare médiévale.

Hélipack : pâles télescopiques montées dans un rotor accroché sur les sacs à dos des éclaireurs gorenéens. Deux poignées escamotables permettent de le contrôler et de déplacer un individu avec son paquetage sur de longues distances à l’aide de l’énergie stellaire.

Hydromécanique : système de fermeture quart de tour développé pour les armures individuelles proctaise et réutilisé pour fermer les portes, etc… Sur les armures, se ferme d’un quart de tour avant qu’un joint se gonfle à l’aide d’un fluide pour permettre le mouvement parfait des articulations.

Implant cortical : technologie Gorenéenne qui est avant tout une interface informatique avec des serveurs. N’est pas accepté par tous les organismes mais peut servir à communiquer.

L’auto-glisseur : train de marchandise gorenéen, automatisé, sur coussin d’air et rail magnétique.

Myrtéseth aussi Myrté : drogue avec laquelle les savants Gorenéens ouvrent leurs esprits au monde arithmétique et physique pour rendre leur cortex explorable avec les sondes de l’extract-psy. De manière générale, il facilite l’accès à la transe des Epitémius.

Phales : unité de mesure commune à tous les peuples, 3.14 mètre environ.

Stentophon : Système d’intercommunication interne aux quartiers généraux proctais.

Terminal portable de travail : permet d’envoyer des mails par le réseau Comm, de traiter le travail en cours et de stocker des informations.

Vaisseaux

L’envoleur : vaisseau magistral de la Guilde.

L’îlot de paix : vaisseau qui emmènera les compagnons jusqu’à Heilénia.

Neutralité : celui qui accueillera les seigneurs Proctais, les Dignitaires Gorenéens et les pontes de la Guilde au départ final de Nérubius.

Faune et Flore Nérubiennes :

Addhúloan : Ce mot est composé de deux racines étymologiques. Pendant l’antiquité nérubienne, il a été conçu sur la racine « dhulos » qui signifie esclave. Plus tard, pendant les révolutions théologiques, il a plutôt été associé à adulateurs parce que l’espèce a été utilisée comme dévot de masse afin d’élever les epitémius au rang de divinité vivante.

Epitémius : nom de l’espèce dominante de Nérubius, étymologiquement, ce terme signifie sciences et connaissances. Elle règne en maître sur la planète depuis les dernières étapes de la préhistoire de la planète. Leur intelligence supérieure leur a permis d’inventer des outils performants pour prendre l’ascendant sur l’espèce antagoniste.

Araneae : araignées

Bultse : blé

Cervalons : équivalent de nos marrons qui tombent de Cervaloniers.

Cherlish : équivalent de nos moutons

Féliatus : chat nérubien.

Formikadae : fourmis

Furilansain : poulain furillansu

Furillansu : cheval

Gasterons baveux : escargots de grande taille, plusieurs dizaines de centimètres de diamètres, dont la vitesse est inversement proportionnelle à la taille.

Isoptera : termites

Kirsse : Morpion Nérubien

Lacerto : Lézard nérubien à la couleur caméléon dont la chaire est appréciée des connaisseurs. Prédateurs de petits mammifères ou d’insectes selon les espèces, ce reptile pourvu de quatre pattes et de deux queues est difficile à capturer. Il présente sur l’ensemble du corps des pointes osseuses venimeuses.

Lépuzu : Lièvre.

Panthiavionne : Panthère locale à la mâchoire large et puissante. Prédateur ultime des jungles Nérubiennes, l’animal est expert en camouflage, sa robe modifie sa couleur en fonction de l’environnement. Peu d’humanoïdes osent s’y frotter, encore moins la chasser, même avec de puissantes armes.

Prédangons : dragons légendaires des Proctais. Bébé dragons : Prédandains.

Prédilé : leurs papillons

Simens : créatures oniriques vivant dans la mer, petits poissons argentés grégaires que l’on voit parfois sauter dans les vagues et qui seraient capables de se regrouper pour prendre l’apparence d’une Epitémius et les charmer pour s’en repaître.

Sinjorina : est un terme de politesse s’adressant aux femelles Epitémius, signifie madame.

Sinjorinelle : pour les femelles plus jeunes dont la position sociale est un cran moins élevée.

Sinjorin : sur le même principe, signifie monsieur.

Vétrelle : poule Nérubienne.

Croyances :

Destrumilia : l’étoile du système auquel s’apparentent les démons de l’enfer Nérubien.

Parcisèste : divinité du choix, incarnée par la naine brune.

Les myriades : étoiles des systèmes proches qui éclairent Nérubius lorsqu’ils font dos à Destrumilia. Corne d’abondance et de félicité depuis l’antiquité à opposer à Destrumilia.

La Trinité : composée des étoiles, la naine brune et leur soleil.

La noblesse proctaise arbore des tatouages tribaux à la gloire de faits d’arme de leurs aïeux. Les gorenéens ont abrogé cette coutume en adoptant un régime plus démocratique mais des citoyens en portent encore dans le secret et toutes les grandes familles en chérissent le souvenir en leurs cœurs.

Expressions liées à la religion, très pratiquée chez les Proctais, elles sont abandonnées par les Gorenéens qui croient en la science :

– Que la trinité vous accompagne et vous prête chance.

– Que les trois astres vous fassent grâce.

– Que la trinité vous accorde ses faveurs pour ce cycle.

Réponse :

– Que la trinité vous accorde les bienfaits du ciel !

– Que les trois astres vous octroient leurs faveurs !

– Que la trinité vous offre les nôtres !

Lieux :

Continent du Croissant Fécond (Continent Gorenéen)

Cité de Féréson (cité de naissance d’Édrénaire)

Cité Des Technologies

La Cité Commerciale

Monts d’Ubdionne

Plaines centrales

Plaines d’Estrillion

Continent Des Grandes Terres (Continent Proctais)

Baie des Simens Chanteuses

Citadelle Caprinéus Cornus

Cordillère d’Éstrilan

Défilé des maudits

Forteresse des jungles (Jardin aux oiseaux)

Hauts plateaux de Destihorz

Jungle d’Yffronius (sud)

Jungle des Égarés (ouest)

Les plaines d’Enfillone

Marais de Viscontine

Marais Des Brumes

Le continent Oublié (Domaine des Prédangons pendant fondation.)

Acronymes militaires :

Magister surveillant : équivalent d’un lieutenant de police militaire (sans avoir le statut d’officier « major »).

Ordre De Bataille : ODB, forces en présence et tactiques de déploiement pour attaquer ou défendre un territoire.

Véhicule de communication et commandement :VCC, Véhicule blindé proctais de grande taille, il emporte un poste de commandement avec ses échelons tactiques, techniques, d’intervention et de commandement (un GCG et ses lieutenants). Il possède roues et chenilles mais se déplace lentement, sert à la synchronisation des assauts en arrière ligne.

Tous les grades d’officiers supérieurs Proctais font l’objet d’acronymes, (cf. vestimentaires)

Prologue

Afin de comprendre les temps présents, il est nécessaire de se pencher avec attention sur le passé et les raisons sociologiques qui ont enfanté ce que nous connaissons de l’histoire. Nous, les Errants de Nérubius, avons été déracinés après que les deux nations nérubiennes se soient livrées une guerre totale pour l’exploitation des ressources de la seconde planète du système : Heilénia. Dans un premier temps, alliées de circonstance, elles commencèrent sa colonisation après une courte phase de préparation biologique et technique afin de la rendre habitable. Les informations sauvées de cette débâcle démontrent qu’aucun des Proctais ou des Gorenéens n’emporta une victoire écrasante pendant la génération que dura cette guerre.

Alors que la hiérarchie politique et populaire que nous expérimentons aujourd’hui tend vers la justice et l’égalitarisme (comment pourrait-il en être autrement au vue de notre confinement ?) ce ne fut pas le cas sur Nérubius. Les bribes d’archives qui nous sont parvenues, ne remontent guère que sur six mille cinq cent pars. Bien que cela paraisse long, nous constatons que nous méconnaissons tout de ce qui précède l’âge féodal. Choix hasardeux d’un départ précipité ? Désir conscient d’un oubli malheureux ? Nous l’ignorons. La constatation s’impose : il manque de larges pans de notre antiquité. Il ne reste pas moins que les pères de nos pères ne savent répondre qu’imparfaitement à notre besoin de connaissances historiques sur ce lointain passé. Ce dernier projetterait un éclair de compréhension sur les faits qui poussèrent des peuples soudés et aux régimes politiques pérennes à s’affronter à mort.

Cette organisation féodale industrielle perdura jusqu’à la fin du conflit. Davantage marquée chez les Proctais que les Gorenéens, elle influença un système de castes chez les deux protagonistes autour de gouvernements monarchiques dominés par l’espèce des Epitémius. De tous temps vindicatifs, les Epitémius possédaient des capacités corticales supérieures à tous les autres êtres vivants, les meilleurs formèrent le noyau dur de la noblesse dont les patronymes rimaient avec les noms de leur race et de leur planète. Les familles de roturiers anoblis gagnaient un patronyme avantd’y accorder les prénoms après deux à cinq générations en fonction de l’héroïsme de l’aïeul anobli. La basse caste epitémius encadrait les activités des deux autres espèces intelligentes de Nérubius considérées suivant les époques au mieux comme esclaves pour les Sifloiiens ou des serviteurs pour les Addhúloans. Des exceptions notables existent chez les Gorenéens qui élevèrent leurs Addhúloans dans les castes epitémius pour les motiver à se sacrifier à la guerre.

Les Sifloiiens représentent aujourd’hui encore une énigme. Leurs schémas biologique, social et historique intriguent depuis vingt mille an et l’expérience démontra qu’ils …

Extrait du volume III des « Mémoires
des Nérubiens Errants »,
Essai sur les confluences nérubiennes.
Historien Errant Yantrus D’Anvestan
(53
ièmePars d’Errance)

 

 

Continent des Grandes Terres,
Marais de Viscontine,
À l’entrée des hauts plateaux de Destihorz.

Sévisto glissa deux doigts sous la plaque de blindage pectorale pour gratter les démangeaisons qui parcouraient son épaule droite. Les marais, dans lesquels ils s’étaient enlisés pendant plusieurs cycles, regorgeaient d’insectes piqueurs particulièrement affamés. Après avoir escaladé des flancs escarpés, les éclaireurs avaient débouché sur de hauts plateaux rocailleux. À ses yeux, les maudites bestioles constituaient une première ligne de défense très efficace. Malgré les multiples injections, les vaccins, les médicaments, de nombreux soldats souffraient de fièvres sévères qui les rendaient inaptes au combat. Parfois, ses compatriotes en terre étrangère perdaient la vie, victimes des maladies endémiques véhiculées par ces acharnés vecteurs ailés.

Les six longs doigts à cinq phalanges de Sévisto se contractèrent sur la crosse du fusil qu’il tenait en travers de son torse sec. L’Epitémius, à peine adulte, ne connaissait que la guerre, les entraînements et les stages d’aguerrissement. Jamais de paix en sept pars d’existence.

Il jeta un coup d’œil en direction de la position approximative occupée par le chef de peloton T’Ostren. Un vieil Addhúloan, petit, la peau noire, le poil dru, courageux mais tactiquement limité qui les formait et les menait depuis deux pars. Si Sévisto survivait à cette opération de grande envergure en territoire proctais, il prendrait le commandement d’une phalange d’éclaireurs sous les ordres directs de cet individu qui se reposait souvent sur ses subalternes. Pour le moment, il conseillait le chef de son mieux et utilisait ses capacités de tireur d’élite pour protéger ses compagnons d’arme.

Une escouade se jetterait bientôt à l’assaut de l’imposant poste de garde proctais. Afin d’assurer une couverture efficace des longues portions de fortifications, la structure hexagonale du bastion dardait des éperons métalliques creusés de meurtrières à tous les points cardinaux. À leurs sommets crénelés, des nids de mitrailleuses menaçaient les éventuels assaillants. De leurs positions élevées, les snipers gorenéens tiendraient en joue les soldats proctais pour rendre caduque leur utilisation par les défenseurs.

Conformément au plan validé par les généraux installés dans le confort des arrières lignes, Sévisto positionna le fusil devant lui en appui sur les rochers depuis lesquels il dominait le camp fortifié. À l’aide de sa lunette, il situa les sentinelles avec précision sur les créneaux ; il les descendrait lorsque les troupes se déploieraient. Sévisto se concentra et de minces volutes blanches s’entrelacèrent dans ses grands yeux entièrement noirs. L’écouteur crépita lorsque le chef addhúloan ouvrit le canal comm :

– Tireurs, éliminez les sentinelles !

Habiles, les doigts de Sévisto s’attachèrent à ajuster les réglages du fusil alors qu’il pressait la détente par courtes rafales. La plupart du temps, deux ou trois impulsions suffisaient à abattre un ennemi en armure. Par l’œilleton, il voyait les Proctais s’effondrer lorsque les rayons d’énergie invisibles les touchaient. Parfois déviés par les cuirasses de combat noires, ils se relevaient pour tenter de donner l’alarme avant que d’autres tirs ne les renvoient à terre, définitivement.

– Fortifications claires, affirma Sévisto dans le micro intégré au casque.

À peine une lhïndiv avait suffi. Les troupes au sol s’élancèrent entre les rochers et les bouquets d’arbres sous un ciel d’un mauve profond au moment où leur soleil, Destrumilia, surgissait à l’horizon.

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