Drek Carter (Tome 1) - Cupidon Mortel

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"J’ai eu beau tourner plusieurs fois la question dans tous les sens, je ne vois pas comment vous l’annoncer donc je ne vais pas y aller par quatre chemins : je suis un fantôme. Oui, c’est cela, un Casper qui hante les rues de New York.
Comment en suis-je arrivé là ? Eh bien, si une sombre histoire de meurtres, de sorciers, de vampires et de loups-garous ne vous effraie pas, laissez-moi vous raconter.
Tout commence le 14 février. Ironique, non ?
Le jour de ma mort.
Sérieusement... Qui parle de repos éternel ? Certainement pas moi !"
Publié le : mercredi 25 février 2015
Lecture(s) : 28
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290082867
Nombre de pages : 320
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DREKCARTER– 1
Cupidon mortel
Thomas Andrew
DREK CARTER– 1
Cupidon mortel
© Éditions J’ai lu, 2015
Au P’tit Cœur, À mon grandpère, À Marraine, Et à mes autres bonnes fées.
Chapitre 1
Même si cela fait six mois, je ne m’habituerai jamais à être mort. Six mois que j’erre dans la ville. J’observe tout le monde, n’importe quand et n’importe où. Personne ne me voit, ne me sent et pourtant je suis là. C’est frustrant. Tiens… On s’est peut-être déjà croisés. Vous m’avez frôlé un jour, en revenant de votre travail ou en sortant du musée de Manhattan. Vous avez dû sentir à cet instant précis un courant d’air froid remonter le long de votre colonne ver-tébrale. Vous avez pensé sans doute que c’était un problème de climatisation. Mais détrompez-vous, elle fonctionne très bien. Ce n’est que moi. Je vous ai sûrement contemplé, à travers la vitrine du fast-food, en train de vous délecter d’un super hamburger géant double ration de fromage et bacon, servi avec ses frites grasses à souhait. Je vous ai sûrement regardé d’un air consterné, assis dans le caniveau, pendant que vous vous soûliez à la vodka, et que votre meilleur ami vomis-sait dans la poubelle d’à côté. Je vous ai également surpris en train de vous promener dans un parc, à jouer les tou-ristes avec votre dépliant qui s’envole à cause d’une rafale de vent. Moi, ces sensations épicuriennes, je ne les connais plus. Qu’est-ce que je donnerai pour avoir une bonne gueule de bois ! Six mois que je flâne de Broadway à Park Avenue, de Riverside Drive à Houston Street par tous les temps.
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J’ai pu admirer les dernières chutes de neige de février et la canicule du début de l’été. Les avantages de mon état actuel sont de ne plus choper la grippe et autres maladies hivernales, ou des affreux et douloureux coups de soleil en été. Dans les deux cas, comme tout homme qui se respecte, je suis irascible et j’ai l’impression que ma dernière heure va arriver. Ce qui est chose faite, me direz-vous. Je ne pourrai plus, non plus, être trempé par une pluie battante et me retrouver dégoulinant à un premier rendez-vous galant pendant les giboulées de mars. Un peu comme Chewbacca sortant d’un bain, vous voyez ? Le grognement en moins. Quoique… Bon, il existe aussi des côtés négatifs. Je ne sens plus la légère brise sur mon torse lorsque l’on bronze le samedi après-midi à Central Park avec mes potes, une fois la partie de frisbee terminée. Je ne peux plus frissonner quand une charmante jeune fille, que je viens d’inviter au resto, me caresse la joue avec ses doigts frigorifiés sous le porche de son immeuble pour me remercier de la rose que je viens de lui acheter. Six mois que je déambule dans les rues de New York à la recherche d’âmes charitables, incarnées ou non, vivantes ou trépassées, qui voudraient bien converser avec moi. En même temps, imaginez la scène si je tombe nez à nez avec vous : « Bonjour, je me présente : Drek Carter, et je suis mort. » Il y a deux choix. Au mieux, vous allez détaler comme un lapin en hurlant d’une voix stridente à donner des acouphènes aux chiens du quartier. Au pire, vous tombez dans les pommes, telle Aurore après s’être piquée sur le rouet et attendant que le prince charmant vienne l’embras-ser. Une fois qu’il a réveillé Blanche-Neige, bien sûr. On ne peut pas être au four et au moulin ! Non, il y a mieux comme premier contact, vous en conviendrez. Alors, je traîne dans les allées sombres de la Grosse Pomme, dans ses cimetières lugubres du Bronx ou
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