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Du simple au double

De
121 pages
Jean-Eric BRANKA nous propose ici son premier roman. Sur un rythme soutenu, de courts chapitres courts se succèdent. Le livre se déguste à la manière d'un film dans lequel les scènes relatent l'histoire des différents personnages s'interpénétreraient, pour rendre encore plus haletante cette aventure menée tambour battant. Nathan PAUL, seul être humain doué du don d'ubiquité, a été élevé par son oncle et sa tante. Depuis ses premiers pas jusqu'au contrôle total de son fantastique pouvoir, menez en sa compagnie la fascinante quête qui l'amènera à découvrir ses origines et l'étonnante histoire de son don unique. Un palpitant voyage au cœur d'intrigues politiques et humaines...
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Du simple au double
Jean-Eric BRANKA

Du simple au double




SCIENCE-FICTION





Le Manuscrit











© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-7836-X (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748178364 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-7837-8 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748178371 (livre numérique)




















CHAPITRE I
ACTIVITÉ RÉFLEXE…


Nathan venait une fois encore de se faire
réprimander. Ce n’était pas tant le fait qu’il affirmait une
fois de plus s’être trouvé à deux endroits en même
temps qui énervait sa tante Victoria, mais bien parce
qu’elle lui avait déjà demandé au moins cent fois
d’essayer de faire en sorte que cela ne se produise pas.
De son côté, l’oncle Thierry avait dû formuler autant de
fois, sinon plus, le même vœu. Mais Nathan comprenait
mal. A six ans il lui était en effet particulièrement
difficile de se plier à la volonté de ses parents adoptifs
alors que lui-même ne faisait que subir les effets de ce
qui n’était encore qu’une activité réflexe.
On entendait parfois dans l’hôtel particulier de Vic et
Thierry Paul la voix puissante de tata Victoria quand elle
grondait Nathan. De nationalité béninoise, elle menaçait
souvent Nathan de l’envoyer au «village», dans son pays
d’origine. «Cela te mettra peut-être un peu de plomb
dans la cervelle», criait-elle avant d’ajouter
immanquablement «… Et estime-toi heureux de ne pas
en recevoir ailleurs. » Le retour à la vie rude que
connaissaient les peuples non citadins du Bénin avait en
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effet sur des enfants turbulents habitués au confort de la
ville, la meilleure des influences. Soumis à des
conditions de vie pour le moins spartiates, les chers
bambins ne tardaient pas à revenir à de meilleurs
sentiments avant de réintégrer leurs foyers plus mûrs,
plus calmes et bien plus respectueux de leurs aînés.
Non pas que Vic fût une méchante femme, mais elle
et son mari avaient peur de ce qui pourrait arriver si les
dons un peu spéciaux de Nathan venaient à être
découverts. Dans la banlieue parisienne où Vic et
Thierry avaient élu domicile il fallait être
particulièrement vigilant, les curieux admirant l’immense
bâtisse des Paul se comptaient en effet par dizaines
chaque jour que dieu faisait.
Le géniteur de Nathan les avait prévenus quand il
leur avait confié l’enfant, il fallait que ce dernier soit le
plus tôt possible capable de dominer ses émotions pour
contrôler son étrange pouvoir. Il avait aussi ajouté que
les Brigades de Détection des Phénomènes Insolites (les
BDPI) ne devaient en aucun cas apprendre ce dont était
capable Nathan. Cette branche de la DST, si elle avait
vent de l’existence des dons de l’enfant, ne tarderait pas
à le présenter au gouvernement comme l’arme
d’espionnage la plus efficace qui soit. Dès lors l’avenir
de Nathan ne serait plus que tests en laboratoires ultra
secrets. Une vie calfeutrée, dédiée à la grandeur de mère
patrie, en espérant que l’on n'en vienne jamais à la
vivisection pure et simple du sujet dans le but de
découvrir ce qui pouvait bien être à l’origine de ses
pouvoirs.
Thierry et Vic avaient attentivement écouté
cet homme. Tous leurs faits et gestes étaient aujourd’hui
guidés par l’entretien qu’ils avaient eu avec lui ce jour là.
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Ils essayaient de protéger Nathan, du mieux qu’ils le
pouvaient. Punitions et châtiments faisaient partie de ce
qu’ils appelaient «l’éduc-entraînement» de l’enfant. Tout
comme les nombreux exercices de contrôle de la
volonté qu’ils lui faisaient subir.

Thierry et Vic avaient tous deux bien réussi dans leur
domaine respectif. Thierry Paul, appliqué et volontaire,
avait fini par se laisser convaincre par Vic de défier son
ex-patron au cours d’un procès à scandale. Le discret
docteur Paul avait été alors propulsé en haut du hit-
parade des «nobélisables. » «L’affaire» avait fait de lui
un hydrogéologue de renommée mondiale. Les cartels
pétroliers ne juraient plus que par lui. Il sentait le
pétrole. Il devinait la source. Il était le meilleur. Depuis
lors, Thierry vivait de cette réputation. Son aura durerait
mille ans. Il n’avait plus aucun souci à se faire. D’un
point de vue matériel en tous cas.
Vic de son côté n’était pas en reste. Elle n’avait pas
tardé à faire «sien» le monde occidental. La réussite de
son mari aidant, elle était parvenue à se hisser dans
les hautes sphères du Gotha des biologistes et avait fini
par occuper une place enviable au ministère européen
de la santé publique. Victoria était déléguée auprès de la
commission chargée du contrôle vétérinaire des
aliments animaux contaminés par l’encéphalite
spongiforme bovine (ESB). Aujourd’hui encore en
2013, plus de deux mille hommes et femmes mourraient
chaque mois, atteints de la variante bovine de la maladie
de Creutzfeldt Jakob.

Vic et Thierry vivaient aujourd’hui
pleinement heureux. Le petit garçon qu’ils avaient
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accueilli était intelligent et vif, et les angoisses qu’ils
connaissaient parfois lorsque Nathan était un peu trop
« dissipé » (c'est-à-dire chaque fois que ce dernier
encourrait le moindre risque d’être découvert en
flagrant délit de dédoublement), étaient largement
compensées par l’amour sans cesse grandissant que leur
montrait le petit garçon.
Nathan vécut donc les premières années de sa vie,
choyé et protégé par ses parents adoptifs. Et il eut tôt
fait d’apprendre à maîtriser son extraordinaire pouvoir,
celui qui faisait de lui le seul être de la planète doué du
don d’ubiquité.

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