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Duel (Nouvelles)

De
133 pages
…Cela se passait quelques années après la marche mondiale des Femmes pour l'an deux mille ... "En réalité, elle s'acharnait à trouver des réponses atemporelles au drame qui la minait. Elle avait besoin du silence, de la beauté, de se nourrir des liens humains. Combien d'ultimes goulées d'air vif avait-elle absorbées, de justesse, pour pouvoir continuer, sans que je ne m'en rendisse compte ?"
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Dominique GAUTHIEZ-RIEUCAU

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2449

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démocratique"

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E et 0

- n068 - 1993

Recueils de Nouvelles « Frontières », Paris, Edition L'Harmattan, déc.1998 Collection Ecrit:u¥e4-"

« ln et Off suivi de A vendre », Paris, Edition l'Hannathm, 2001

juillet

« La dame au chapeau bleu », Avignon, Editions ATHANOR, 2003

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L'Harmattan,

2003

5-7, rue de l'École-Polytechnique
75005 Paris

-

France

L'Harmattan,

Iralia s.r.l.

Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan Hongrie Hargira u. 3 1026 Budapesr ISBN: 2-7475-4082-0

je dédie ce livre à mes sœurs homonymes, Judith et Xavière.

« Il Ya deux sexes» Antoinette Fouque. « L'un est l'autre» Elisabeth Badinter. « Paul laisse venir ce qui doit venir. Enfin, la sonatine jaillit de ses quatre mains, glorieuse. Comme une lance. Comme une lance? Chut. » Noëlle Châtelet. « Ce ne sont pas les idées que j'aime, mais les données du monde, les appels des larges pans de ténèbres derrière lequel l'univers dérobe vite ses lois et ses manières, la pénombre où il dissimule les modèles de ses rouages comme la source des énergies qui les meuvent ». Roger Caillois.

L'ENVOL

DE LA FEMME OISEAU

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Il était une fois une princesse phénicienne nommée Didon. La légende prétend que son frère Pygmalion, roi de Tyr, tua son mari pour s'approprier ses biens. Didon prit peur et s'enfuit à la tête d'une petite flotte en se laissant guider par le soleil. Elle aborda sur cette terre d'Afrique que les Phéniciens nommaient Quart Hadasht, la future Carthago romaine puis demanda à rencontrer le roi berbère. Le roi lui aurait répondu:
- « Belle étrangère, tu es autorisée à posséder une

terre guère plus grande qu'une peau de bœuf. » Il

Comme elle était douée d'intelligence, Didon prit la peau que le roi lui offrait et la découpa en fines lanières qu'elle disposa autour de la colline de Byrsa: c'est ainsi qu'elle acquit, dit-on, un vaste domaine.

Je ne sais si vous appréciez les légendes autant que moi désormais ni si vous connaissiez celle-ci. En fait je légendaires. Je crois même qu'elles existent. Vérité au-delà. Vérité en-deça. demeure fasciné par les femmes

Je puis commencer à vous conter son aventure qui m'implique moi aussi pèrsonnellement, en vous

faisant remarquer qu'elle lui ressemble, celle qui est évoquée ici: elle est toute en finesse et son

intelligence est coulée dans le même moule que celle de Didon. Là s'arrête la comparaison puisqu'elle est née à la vie au moment même où je voyais le jour. Cela je peux le certifier. Elle a grandi à l'ombre des 12

érables et s'est épanouie sous les vents du nord. Cela peut expliquer qu'elle ne se soit pas habituée aux coutumes tunisiennes, aux yeux avides de certains hommes du début du troisième millénaire si l'on se réfère au calendrier grégorien, des hommes

irrévérencieux et éblouis.

Le comble étant que j'avais

choisi ce voyage c'est elle, la

enchanteur pour lui faire plaisir:

Québécoise férue d'histoire qui formulait le vœu de se rendre dans l'ancien Protectorat. Depuis des années, elle s'obstinait à parcourir le feu domaine colonial français, enhardie par sa modeste caméra et un banal carnet de notes. Peut-être errait-elle, mais je l'ai compris trop tard, à travers moult époquès. Les signes ont été nombreux pourtant qui auraient dû éveiller ma vigilance.

Notre avion a atterri de nuit à Tunis. Dès le premier jour de ce circuit, le guide nous a entraînés dans l'ancien palais beylical du Bardo. Dans le musée archéologique, il a tenté de nous donner quelques 13

clefs signifiantes pour nous révéler l'univers caché des mosaïques. Au gré de ma fantaisie, je m'émerveillais du

mouvement des plis ombrés d'une toge, du réalisme de certains visages dont les yeux vibraient de sentiments multiples, de détails intimes, des couleurs infinies des cubes de pierre, de terre ou de pâte de verre. Les yeux me fascinent. Je me souviens des pupilles révulsées d'une gazelle assaillie par une hyène: le sang giclait de sa gorge et se répandait sur le sol sableux. Peu m'importaient les thèmes: mythes et triomphes de divinités,

bacchanales, pans de la vie quotidienne à l'époque romaine, scènes de chasse ou de pêche. Seule mon émotion comptait. Lorsque je suis passé auprès d'elle, j'ai remarqué qu'elle était en arrêt devant la mosaïque où figure Ulysse, attaché les mains dans le dos au mât du navire, afin d'échapper à l'appel des sirènes d'alors, ces femmes ailées aux pattes

d'oiseau. C'est maintenant que je me souviens. J'ai déambulé librement à travers tous les étages. Je suis 14