Ebola

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Les jeunes auteurs de ces textes ont fait preuve d'un courage exemplaire en participant au concours du jeune écrivain dans le cadre des 72 heures du livre de Conakry 2015, qui avait pour seul et unique thème « Ebola ». Les quinze textes de ce recueil sont écrits au plus fort de la crise sanitaire. Les personnages, ou plutôt les personnes décrites sont prises sur le vif, au cœur de la réalité, des réalités de la maladie au moment où la Guinée était dans l'œil du cyclone.
Publié le : lundi 2 mai 2016
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EAN13 : 9782140008412
Nombre de pages : 152
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Ebola
Prixdujeuneécrivainguinéen
Ebola
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09255-3 EAN : 9782343092553
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Ebola
PRIX DU JEUNE ÉCRIVAIN GUINÉENEbola
EBOLA:PERTE CRUELLE DUN PÈRE
Introduction En fin d’année universitaire, après ma réussite aux examens de sociologie à Conakry, j’étais pressé de me rendre en vacances à N’Zérékoré retrouver mes parents, frères et sœur. Mon papa, médecin-chirurgien et Directeur Adjoint de l’hôpital régional, était content de mon travail car il fondait un grand espoir en moi, son fils aîné. Mes va-cances se déroulaient dans l’ambiance de la chaleur familiale retrouvée. Quant à mon père, il était très occupé à s’impliquer dans la lutte contre la fièvre hémorragique à virus Ebola qui faisait des ravages notamment en Guinée forestière. Ainsi le lundi 15 septembre 2014 il nous annonce qu’il doit partir le lendemain matin de très bonne heure dans le cadre d’une mission de sensibilisation des populations dirigée par le Gouverneur de région et le Préfet de N’Zérékoré, à Womey, chef –lieu de Sous-préfecture.
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Le Jour fatidiqueLe mardi 16 septembre, après mon réveil, je demande des nouvelles de mon père ; ma maman m’informe qu’il est déjà parti, habitué qu’il est à respecter le temps des rendez-vous. Durant la journée, on n’a reçu aucun appel de lui alors qu’habituellement il nous téléphone pour avoir de nos nouvelles. Notre mère, mes frères, ma sœur et moi-même avons tenté de l’appeler sans succès car le répon-deur disait qu’il était injoignable. On s’est dit qu’il est très occupé et on est resté à l’attendre pour la soirée. Aux environs de 19h, le Directeur Général de l’hôpital de N’Zérékoré, Docteur Yamoussa Youla, accompagné de Docteur Bah, se rendent à notre domicile et nous trouvent entrain de suivre une émis-sion de la RTG. Le fait de les voir à cette heure tardive sans notre père nous a intrigués, surtout qu’ils avaient l’air inquiet. Dr Youla prend la parole : – Je ne voulais pas venir vous voir jusqu’à ce que j’aie des nouvelles de Docteur Barry. – Que s’est-il passé ? – La mission de sensibilisation a été prise en otage et quand on appelle les missionnaires, leurs téléphones ne répondent pas. Des militaires se sont rendus à Womey pour maitriser la situation tandis que les Ministres de la Santé et de la Communication sont actuellement en route de Conakry pour N’Zérékoré. – Vous n’avez donc aucune nouvelle des mission-naires ?
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– Pour l’instant seuls le Gouverneur et le Préfet ont pu s’échapper et revenir saints et saufs. Je me suis alors posé la question de savoir comment ils se sont sauvés en laissant derrière les autres alors qu’ils sont partis ensemble sous la direction du Gouver-neur et du Préfet. Je n’ai pas fermé l’œil toute la nuit en pensant à mon cher papa : – Est-ce qu’il est vivant ? – Est-ce qu’il est mort ? – Est-ce qu’il est en brousse, ou caché quelque part, ou perdu dans la nature ? Tous les membres de ma famille ont passé le temps à appeler sans succès, sans dormir jusqu’au matin. On a ensuite été envahi par les voisins inquiets venus aux nouvelles ainsi que par les amis et les collaborateurs du papa à l’hôpital. Nous avons ainsi passé la journée du mercredi 17 septembre dans l’inquiétude totale. Pour moi, je restais encore optimiste en me disant que je dois garder le sang-froid, consoler ma mère, ma sœur et mes jeunes frères en tant qu’aîné de la famille. La délégation ministérielle arrivée à N’Zérékoré a directement continué sur Womey selon les informations que j’ai reçues de la part des voisins. Le jeudi 18 sep-tembre on n’avait toujours aucune nouvelle précise. C’est alors que le personnel de l’hôpital de N’Zérékoré a décidé de ne pas travailler et d’aller voir le Gouverneur et le Préfet pour exiger de savoir ce que sont devenus les autres membres de la mission qu’ils
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