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ECLIPSE FATALE

De
475 pages
A l'approche de l'éclipse du 11 août 1999, les prédictions vont bon train. Ce phénomène naturel s'avère être une manne sans précédent, pour les voyants qui défrayent la chronique avec leurs visions catastrophiques. Un savant fou, persuadé d'être le messager de l'antéchrist, élabore une molécule propice à déclencher l'apocalypse lors de la date fatidique. Alan, humble informaticien mais nanti de pouvoirs parapsychiques, va tout mettre en œuvre pour contrer ce plan diabolique. Assisté de quatre jolies filles prêtes à tout, il va tenter de sauver le monde de l'apocalypse. Le commando amateur va assumer cette mission à suspense avec l'humour qui le caractérise, tout en s'octroyant quelques récréations gastronomiques et érotiques, malgré le contexte défavorable à l'épicurisme.
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2 Titre
Éclipse fatale

3Titre
Sylvain Duwald
Éclipse fatale

Roman de science-fiction
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2009
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-01276-7 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304012767 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01277-4 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304012774 (livre numérique)

6 . 8






Eclipse fatale est mon second roman de
fiction. A l’instar du premier : La magie du rêve,
publié chez le même éditeur, la trame
humoristique, ponctuée d’une touche d’érotisme est
véhiculée tout au long de l’ouvrage.
Bien que n’étant pas une suite de : La magie
du rêve, l’atmosphère latente de cette première
œuvre est omniprésente et les mêmes
personnages principaux y évoluent.
On y retrouve notamment Alan, le héros
ayant acquis des pouvoirs parapsychiques lors
de sa première aventure, grâce à sa rencontre
avec l’être suprême de la dimension onirique et Béa, sa
fiancée, toujours prête à le suivre dans les
situations les plus farfelues dont il se délecte…
Je dédie cette tranche de détente au style
éclectique, à ma famille, mes amis et tout
amateur d’histoires destinées essentiellement à
distraire et à faire rêver…
9
CHAPITRE 1
– Tout va bien… Je suis en vacances, le ciel
est bleu et le soleil liquéfie le bitume !
Au volant de ma Porsche rouge dernier cri, je
négocie rapidement mais habilement, les virages
plus que serrés du Périgord.
– Tu ne peux pas rouler moins vite ? C’est à
un pique-nique qu. e nous allons… On fait pas
un rallye ! Me fait remarquer la beauté blonde
aux yeux verts, assise à mes côtés.
– Tu es à la place du mort, pas de la morte !
Tu ne risques rien. Plaisanté-je.
– Très drôle Alan ! Mais si tu ne ralentis pas,
je jette le panier repas par la fenêtre !
– Déconne pas avec la bouffe Béatrice !
Disje en levant le pied.
– Vous ne la connaissez pas ma gonzesse !
Elle serait capable de mettre sa menace à
exécution…
Alors que l’aiguille du compteur vient titiller
le chiffre 60, Béatrice se laisse doucement aller
dans son siège baquet.
11 Éclipse fatale
Cela fait juste deux ans que Béa et moi
sommes en ménage, sans être mariés pour autant.
Aujourd’hui, 2 août 1999, nous avons décidé de
fêter mon anniversaire et le jour où
mutuellement, nous nous sommes sentis envahis par un
profond et durable sentiment d’amour… C’est
beau, hein !
Quand je dis profond sentiment d’amour, je
n’exagère pas ! Quand je dis durable par contre,
cela n’engage que moi ! Personne ne peut
prétendre affirmer qu’un sentiment d’amour soit
acquis à jamais…
En tout état de cause, j’estime préférable
d’être envahi par un sentiment d’amour, que par
l’ennemi…
– Tiens, s’exclame Béa, c’est pas mal là-bas
pour déjeuner !
Elle me désigne du doigt un chemin forestier.
Parfois, les chemins c’est comme le pâté :
c’est forestier !
– Justement, dis-je, c’est là que je voulais
t’emmener ! Avant de te connaître, je venais
souvent ici avec des copines et…
– Dorénavant, ce sera toujours avec moi !
M’interrompt Béa, sûre d’elle.
– Oui grosse jalouse ! Je lui réponds en
empruntant le chemin sinueux, qui va nous
conduire au plus profond de cette vaste forêt…
– Quand j’étais petite j’allais souvent
piqueniquer !
12 Éclipse fatale
– Tu es toujours petite, même debout !
C’est vrai qu’elle n’est pas grande Béa… Mais
elle a un corps magnifique et parfaitement
proportionné, légèrement musclé… Rien à voir
avec les nageuses soviétiques !
– Je suis petite mais capable de te barbouiller
la tronche ! Réplique Béa en brandissant la
bombe de chantilly.
– Fini les hostilités ! Proposé-je en stoppant
ma caisse entre deux chênes centenaires.
Si vous préférez l’acajou, je suis désolé, ça court pas
la région !
– C’est chouette ici ! Apprécie ma compagne.
– Et tu n’as encore rien vu ! Je lui promets
en descendant de la voiture.
Béa s’extrait à son tour de mon carrosse, les
deux mains posées sur ses hanches fines et
appétissantes.
– C’est un château en haut de la colline ?
S’enquiert-t-elle.
– Oui beauté ! C’est un château, il appartient
au professeur Mejnou, comme l’endroit où l’on
se trouve, d’ailleurs…
– Nous sommes donc sur ses terres alors ?
Reprend Béa avec perspicacité.
– Evidemment qu’on est sur ses terres, c’est
ce que je viens de te dire mon amour !
– Cela ne pose pas de problèmes que l’on
s’introduise dans une propriété privée ?
S’inquiète Béa.
13 Éclipse fatale
– Non, le prof laisse circuler librement les
promeneurs. Mais il ne faut pas s’approcher à
moins de 200 mètres… Sinon il lâche ses
féroces bergers allemands ! Exagéré-je, histoire de
lui flanquer la frousse.
– Charmant ! Enfin on ne risque rien ici, on
est à presque 1 km du château ! Dit-elle pour se
rassurer.
– Affirmatif belle enfant ! Sors le panier, je
prends des couvertures dans le coffre.
Pendant que Béa saisit dans la charrette, les
protéines, lipides, glucides et autres mets
indispensables pour un pique-nique digne de ce
nom, je la mate sous toutes les coutures.
– Notez que les coutures, elle n’en a pas
beaucoup aujourd’hui, vu le peu d’étoffe ornant
son corps de déesse.
– Pose les victuailles sur cette couverture, lui
conseillé-je. On se réserve la seconde ! Je lui
murmure à l’oreille.
Accroupie, Béa dispose couverts et
nourriture sur la nappe improvisée et je peux
apprécier la grâce de ses mouvements, ainsi que les
excitants frémissements épidermiques et
épisodiques de ses cuisses dorées.
Son short est vraiment short et elle se
débarrasse de son débardeur, dévoilant un haut de
maillot bleu nuit, contenant la superbe poitrine
dont le ciel l’a nantie…
14 Éclipse fatale
Attention ! Rien à voir avec Pamela Anderson !
La Poitrine de Béa est généreuse certes, mais
naturelle !
– C’est prêt ! S’exclame Béa. Pose-toi à côté
de moi et commençons, j’ai les crocs !
Ajoute-telle en se passant goulûment la langue sur la
commissure des lèvres.
– Moi aussi, j’ai une faim de loup, attaquons !
Décidé-je en me laissant choir sur la couvrante.
Puis, nonchalamment, je parcours le ventre
ferme et plat de Béa avec ma main gauche, la
droite étant occupée à déboucher le bocal de
cornichons…
Béa s’allonge afin de mieux savourer mes
caresses et surtout, pour éviter le risque potentiel
d’un contact désagréable, entre sa peau nue et le
verre froid du bocal.
– Du calme beau gosse ! Absorbons d’abord
les calories avant de les dépenser…
– Tu sais que le propriétaire de ces lieux est
vraiment bizarre ? L’informé-je en m’emparant
d’un sandwich au jambon.
– Le prof du château ? S’étonne Béa,
manquant de s’étrangler avec un énorme toast au
foie gras de canard.
– Oui, ce type est un scientifique. Il y a une
dizaine d’années, le conseil de l’ordre l’a radié à
vie. Il effectuait des travaux contraires à la
déontologie médicale et à l’éthique.
15 Éclipse fatale
– Quelles sortes de travaux ? Interroge Béa
en ôtant son short pour profiter des
ultraviolets.
– Des manipulations génétiques et autres
expériences aussi étranges que dangereuses !
Soupiré-je en me mettant également en maillot de
bain.
– Abreuvez-vous du spectacle que vous offre
ce couple à moitié dénudé, sous les ardents
rayons du soleil d’Aquitaine…
– Bon, je vais prendre quelques instants pour
vous parler de moi puisque vous insistez !
Après tout, je trouve normal que vous sachiez à
qui vous avez affaire. Le mieux serait que vous
mettiez le nez dans mes aventures précédentes
intitulées : La magie du rêve. Mais si cela vous
paraît rédhibitoire, je vous indique que je suis
un grand gaillard à l’allure sportive, brun aux
yeux noirs. Souvent, mes proches affirment que
j’ai des faux airs de Tom Cruise ! C’est un peu
vrai, disons que j’ai des faux airs de Cruise et des
vrais airs de Tom ! Pour le reste, on y reviendra
plus tard… Béa souhaite alimenter la
conversation en même temps que son estomac :
– Et aujourd’hui ? Il fait quoi ton savant ? Se
renseigne-t-elle.
– Il vit de ses rentes. Selon les rumeurs il
possède une fortune personnelle. Il ne sort
pratiquement jamais…
16 Éclipse fatale
Béa boit mes paroles, puis un verre de jus de
raisin ! C’est dire qu’elle a très soif… Je glisse
une main fébrile dans son soutien-gorge, tout
en lui dévoilant un projet à peine mûri :
– J’aimerais bien en savoir plus sur ce prof,
pas toi Béa ?
– Mouais… Pourquoi pas !
Allongée sur le dos, elle frissonne, réagissant
aux assauts réitérés de mes doigts, massant
amoureusement ses mamelons roses, tendres et
turgescents à point.
– Bien ! Fais-je. On remballe et on débute les
investigations ! Ajouté-je, enthousiaste.
Sans attendre la réponse de Béa, je lui baisse
brusquement son petit slip de bain, découvrant
sa toison d’or ! On dirait une histoire de Tintin et
Milou
– Attends ! S’intrigue Béa. Tu comptes faire
quoi exactement ?
– Pas une partie de dominos ! Je lui réponds.
– Tu as très bien compris à quoi je faisais
allusion, espèce d’obsédé ! Rigole Béa. Où
veuxtu en venir avec ce prof ?
– En fait, je ressens des ondes négatives qui
me parviennent du château. Je suis sûr que ce
type prépare un truc pas net ! Il y a de la
catastrophe dans l’air…
– Ben voyons ! Se gausse Béa. Tu te prends
pour Paco Rabane ? Déjà que selon lui, la station
17 Éclipse fatale
Mir doit pulvériser Paris dans neuf jours, n’en
rajoute pas !
– Paco Rabane dit n’importe quoi, la station
Mir ne désintégrera ni Paris ni une autre ville !
Moi par contre, j’ai des dons, tu le sais ! Depuis
notre aventure dans la dimension onirique, j’ai
conservé des pouvoirs de télékinésie et de
télépathie…
– C’est vrai ! Reconnaît Béa avec nostalgie.
Grâce à tes pouvoirs, nous avons ruiné le
casino de Deauville à la roulette…
En évoquant ce doux souvenir, Béa s’allonge
sur la couverture et ferme les yeux. Son corps
nu enrobé par l’intense lumière, se marbre de
fines rayures, au gré d’un souffle tiède qui
génère des ombres furtives en fouettant les
branches.
Si je m’écoutais, je lui sauterais dessus…
– Nous devons aller au château ma belle
enfant ! Mon instinct m’indique que notre
piquenique à cet endroit n’est pas le fruit du hasard…
– En parlant de fruit, on a même pas pris le
dessert ! Me fait remarquer Béa.
Voyant mon air obstiné, elle ajoute :
– C’est bon, on y va ! Passe-moi mes
fringues… Bougonne Béa.
Je souris, puis je fixe intensément de mon
regard de braise, son soutien-gorge
provisoirement stationné en double file, à l’angle du pot
de moutarde et du saucisson pur porc…
18 Éclipse fatale
Le soutif décolle lentement et après une
envolée gracieuse, virevolte au-dessus du nombril
de Béa, telle une libellule en chaleur, puis
aventrit. Oui, sur un ventre, on aventrit ! Ce tour de
magie réalisé sans trucage, est un simple
échantillon de la vaste étendue de mes prestations.
– C’est fabuleux ce qu’on obtenir, rien
qu’avec la pensée et un soutien-gorge ! Et sans
penser, on réalise des trucs incroyables aussi, la
preuve : avant que Béa ne se saisisse de son
soutien-gorge, je lui saute dessus. – pas sur le
soutif, sur Béa ! – et alors là, sans user de
télékinésie ou autres subterfuges, je la fais frémir
des orteils à la racine des cheveux sous de
savantes caresses, prodiguées au niveau des zones
les plus érogènes de son corps aux formes
harmonieuses…
Bref, on fait l’amour… Je ne vous raconte
pas, car on est un peu pressés ! Mais comme
nous aurons l’occasion de recommencer avant
la fin du bouquin, ne désespérez pas d’avoir
moult détails croustillants, lors de nos
prochains ébats…
– Allez ma puce ! Adopte une tenue plus
décente et faisons route vers le château…
Pendant que Miss seins d’enfer s’étire en
ronronnant comme un matou devant sa boîte de
thon aux quatre vitamines, je lui balance en
pleine tronche son soutif et sa petite culotte.
19 Éclipse fatale
Lascivement, Béa enfile son maillot au
complet et je remets le mien, préalablement
soustrait par cette furie du sexe.
– Je reste en bikini pour le trajet ! Décide Béa
en rangeant les affaires.
– Moi, je remets mon Jeans, je n’ai pas envie
de me déchiqueter les mollets dans les ronces !
– Douillet ! Se moque Béa. De toute façon,
je suis venue en short tellement court, qu’il ne
me protégera pas !
– Allons-y ! Epilogué-je en verrouillant ma
voiture.
Et nous voici main dans la main, en train de
cheminer sur le chemin qui chemine vers le
château ! Cette phrase n’est pas très riche côté
vocabulaire, j’en conviens, mais c’est une question de budget !
Le temps de vous expliquer tout çà, Béa et
moi avons vachement cheminé sur le chemin,
mine de rien ! A force de grimper, car non
seulement ce chemin chemine, mais en plus il
monte, nous arrivons en haut. Ce qui est
logique…
– Ouf, ça grimpe rudement ! Se plaint Béa.
J’ai les pieds en compote…
– Pauvre chérie, compatis-je. Et au fur et à
mesure que nous avançons, le sentier se rétrécit.
Fais gaffe aux ronces !
– Zut ! Crie Béa, qui n’a pas eu le temps de
tenir compte de mon avertissement.
20 Éclipse fatale
Son épaule droite présente une estafilade de
quelques centimètres, résultat d’un contact un
tant soit peu violent, entre sa peau frêle et la
méchante ronce sournoise qui l’a agressée.
De minuscules gouttelettes de sang perlent
sur son épiderme hâlé…
– Mon pauvre amour ! Me moqué-je. Tu
risques d’avoir l’épaule défigurée, si j’ose dire !
– Ça te fait rire ? Pleurniche Béa. Je risque de
garder une cicatrice à vie et tu trouves que c’est
drôle ?
– Mais non ma chérie, dans quelques
semaines il n’y paraîtra plus ! La rassuré-je, tout en lui
déposant un baiser sur la zone atteinte.
Béa se montre sensible à cette attention, dont
l’effet placebo se fait ressentir :
– Cela va beaucoup mieux, je n’ai plus mal !
Dit-elle en poussant un soupir de soulagement.
Nous reprenons notre progression sous la
chaleur caniculaire et moins de cinq minutes
plus tard, nous stoppons devant une vieille
chaîne rouillée, barrant symboliquement le
passage. Souvent, vous remarquerez que les vieilles chaînes
sont rouillées, on y peut rien, c’est la vie !
Et sur la vieille chaîne rouillée, il y a une
pancarte en bois, pas rouillée mais vermoulue, sur
laquelle est écrit : Propriété privée, défense d’entrer,
chiens méchants !
– Moi je trouve que ce n’est pas banal
comme avertissement et vous ?
21 Éclipse fatale
Béa s’inquiète :
– Tu crois que c’est prudent de franchir ces
limites ?
– Non ! Mais plus on approche du château,
plus j’ai le pressentiment que son propriétaire
prépare un crime contre l’humanité !
– Rien que ça ! Se marre Béa. Et quel genre
de crime ?
– Mon don de prévoir certains événements
ne me trompe pas ! Ce prof va être l’instigateur
d’une catastrophe, sans une intervention de
notre part !
– Nous sommes à l’aube de l’an 2000 !
S’angoisse soudainement Béa. Et de surcroît, à
quelques jours de l’éclipse totale… De
nombreux prophètes y voient l’apocalypse…
– Je ne me prends pas pour Nostradamus qui a
prédit la fin du monde à l’approche du nouveau
millénaire, ou pour l’élite : Paco Rabane, avec sa
vision de la station Mir qui va désintégrer Paris
le 11 août prochain. Non mon ange, je ressens
simplement la présence d’un individu illuminé,
voulant donner raison à ces prédicateurs…
Béa se passe un doigt sur sa griffure de
ronce, esquisse une légère grimace et reprend :
– On s’en fout des prédicateurs, c’est vrai
qu’ils peuvent être dangereux en filant la
frousse aux personnes crédules ou naïves, mais
ça s’arrête là !
22 Éclipse fatale
– Oui, mais il y a des prédicateurs qui
n’hésitent pas à provoquer eux-mêmes des
catastrophes pour qu’on les prenne au sérieux…
C’est grave, le prof est un prédicateur de cet
acabit, j’en suis persuadé ! C’est mon petit doigt
qui me le dit…
– Le petit doigt que tu glisses dans
l’échancrure de mon slip ? Glousse Béa.
– Excuse-moi ! Mon doigt travaille
indépendamment de mon esprit. Dés que je me mets à
réfléchir, il profite de ma distraction pour faire
des fugues…
J’ôte mon doigt téméraire du slip de Béa et
ajoute :
– Nous devons agir… Je ne sais pas encore à
quoi nous allons être confrontés, mais la fin du
monde pourrait effectivement se produire
incessamment, si nous restons les bras croisés…
Evidemment, si tu as peur, j’y vais tout seul…
– Peur ? Avec toi je n’ai peur de rien ! Et en
plus je veux bien croire que tu aies raison…
Avant que je n’ajoute une parole, Béa a
enjambé devinez quoi ? Gagné ! Elle a enjambé la
vieille chaîne rouillée…
Satisfait de la voir me prendre au sérieux,
c’est avec une énergie démesurée que je franchis
l’obstacle à mon tour.
– Voilà, affirmé-je, Nous sommes en
territoire ennemi…
– Quel est ton plan Alan ?
23 Éclipse fatale
Béa, les mains à hauteur des yeux en guise de
visière, oriente son regard en direction du
château, attendant que je lui expose ma stratégie…
L’inconvénient, c’est que je ne sais ni par où
commencer, ni ce que je cherche…
Le mieux, je suppose, est de me laisser guider
par mon instinct…
24
CHAPITRE 2
– Beau château ! Apprécie Béa. Petit, mais
pittoresque. Ajoute-t-elle en avançant d’un pas
hésitant.
– Petit ? Tu rigoles, il y a au moins
30 pièces ! Un magnifique château du XV°
siècle, entièrement restauré ! Admire cet admirable
donjon roman sur ta gauche, couronné d’un
mâchicoulis… Et les toits en ardoise bleue…
– Oui… Enfin de loin, je le voyais plus
grand ! Critique Béa qui se fout du donjon
roman.
Puis elle reprend sur un ton angoissé :
– En fait la taille du château je m’en moque,
je parle pour surmonter ma peur…
– Je continue Béa, il le faut, mais si tu veux
rentrer…
Je n’ai pas le temps de finir ma phrase. Béa
respire un grand coup et se galvanise :
– Je te suivrai jusqu’au bout, quoi qu’il
arrive !
25 Éclipse fatale
– De toute façon, ajouté-je, aujourd’hui je
veux uniquement m’imprégner de l’atmosphère
ambiante, je reviendrai demain…
– On va dire ça ! Accepte Béa.
– Regarde Béa ! Nous sommes encore à
300 mètres et on arrive près d’une autre chaîne !
– A mon avis, appréhende Béa, c’est au-delà
de se second barrage que les chiens peuvent
intervenir…
– Probablement… C’est l’arrière du château,
ce n’est pas l’issue principale. On continue ?
– Tu as l’intention de frapper à la porte du
prof ? Et lui dire : bonjour monsieur, excusez-nous de
vous déranger, on voudrait juste savoir si vous avez de
vilains projets en tête ? Ricane Béa.
– Non ! Dis-je en souriant. Je te l’ai
expliqué : je veux juste m’imprégner… Ensuite on
rentre à la maison. Et ce soir on se regarde un
bon film…
– Oh oui ! Approuve Béa, si on regardait :
Titanic ?, tu l’as acheté le mois dernier, mais il
est tellement long que nous n’avons pas eu le
temps de le visionner !
– Va pour Titanic, mais il parait que certains
supports de ce film présentent des défauts…
– Ah bon ? L’image est défectueuse ?
– Non, mais sur certaines séries le paquebot
ne coule pas ! Je réponds en me marrant
comme une baleine.
26 Éclipse fatale
Béa est pliée de rire. Rassérénée, elle reprend
sa progression et me suit.
La seconde chaîne, aussi rouillée que la
première, s’approche rapidement. En fait c’est
nous qui nous approchons de la chaîne, mais on
s’en fout, c’est un détail !
Encore quelques pas et nous voici au pied du
mur, enfin… De la chaîne ! Comme sa frangine,
elle comporte un écriteau, mais plus agressif :
outre une mise en garde contre les chiens, il
indique la présence de pièges et autres gâteries de
ce genre…
– Brrr ! Frissonne Béa. Pas très rassurant !
Tu veux vraiment continuer ?
– Absolument, petite sirène !
Et pour lui prouver ma détermination,
j’enjambe la ferraille hostile…
Béa, après quelques secondes d’une
hésitation bien légitime, se décide à me rejoindre.
– Regarde ! S’exclame-t-elle. Il y a une sorte
de fontaine là-bas, à côté du baobab ! Si on en
profitait pour se rafraîchir ?
Je sais qu’il n’y a pas un seul baobab en
Dordogne. On va dire que la fontaine est proche
d’un marronnier ou d’un noyer ! Après tout on
s’en tamponne, ce n’est pas primordial…
– Oui Béa, on peut se rafraîchir, mais
prudence petite fille ! A partir de maintenant,
chacun de nos pas suppose un risque !
27 Éclipse fatale
– Oh ! Rouspète Béa, elle est à moins de
vingt mètres cette fontaine, on a encore de la
marge par rapport au château !
Je lui emboîte le pas et la rejoins devant le
point d’eau.
– Ne touche pas à cette flotte Béa, j’ai
comme un pressentiment !
– Toi et tes pressentiments… Elle n’a rien
d’étrange cette eau ! Objecte Béa, qui malgré
tout abandonne l’idée de débuter ses ablutions.
– Apparemment cette fontaine est plus
récente que le château ! Je constate.
Et nous voilà en train d’examiner de plus
prés la fontaine ! Franchement, faut être vicieux
pour agir comme nous ! N’importe quelle
personne normale et même anormale d’ailleurs, en
voyant une fontaine remplie d’eau par cette
chaleur, irait se tamponner les tempes, la nuque
et j’en passe… Nous, non ! On voit de l’eau,
alors tout de suite on estime que c’est suspect !
Après une minutieuse analyse, il s’avère que
la fontaine est une sorte de cuve en marbre
rose, d’un mètre de diamètre environ, reposant
sur une colonne évasée à la base et taillée dans
le même matériau. Le tout nous arrive à hauteur
du ventre et ressemble à un lavabo en plus
grand, sans les robinets…
L’intérieur de la cuve, profond d’une
trentaine de centimètres, est rempli d’un liquide
limpide, semblant effectivement être de l’eau…
28 Éclipse fatale
– C’est bizarre, remarque Béa, l’eau arrive au
deux tiers du bord ! Avec cette chaleur, le
niveau devrait être nettement plus bas.
– Oui, d’autant qu’à priori, il n’y a ni pompe
ni autre accessoire, permettant d’effectuer le
remplissage en cas d’évaporation. Et il ne pleut
pas depuis un mois ! C’est louche…
– Le prof la remplit peut-être régulièrement ?
Suppose Béa. Sûrement du reste, car l’eau est
limpide.
– Il est certain que ce récipient ne peut-être
rempli que par la main de l’homme – ou de la
femme – et par la pluie ! J’affirme.
– T’avais tort de te méfier, se détend Béa,
c’est bien de l’eau ; il y a une guêpe qui
s’abreuve ! Ajoute Béa en me désignant
l’hyménoptère du doigt.
– Vous connaissez la différence entre une guêpe et un
zèbre ? C’est simple : chez la guêpe, les rayures blanches
sont jaunes et les noires sont de la même couleur !
– Admettons ! Dis-je. Le liquide est
vraisemblablement de l’eau, si la guêpe étanche sa
soif… Mais est-elle réellement potable ?
– Oh, mais t’es chiant avec tes soupçons !
S’énerve Béa. Tiens, regarde :
Béa introduit la main dans le liquide,
s’asperge le visage, puis plonge carrément sa
frimousse dans la cuve… Elle se redresse,
dégoulinante mais souriante, pénètre une seconde
fois l’élément limpide de la main, recueille
quel29 Éclipse fatale
ques centilitres de la substance suspecte à mes
yeux et la boit…
– Tu vois, j’avais raison ! Fanfaronne Béa. Tu
lis trop de polars ! Ce que je viens de boire est
bien de l’eau, il n’y a pas d’erreur possible…
Je n’ai pas le temps de lui répondre. Le
vespidé, pour les spécialistes, ou plus simplement
la guêpe, pour les autres, n’appréciant pas qu’on
souille son abreuvoir, décolle sur les chapeaux
de roues et après deux loopings et un virage
serré sur l’aile gauche, fonce dard baissé sur
l’épaule droite de Béa.
– Bzzz ! Fait la guêpe.
– Ouille ! S’écrie Béa, qui fort heureusement,
possède un vocabulaire plus étendu que cette
sale bestiole.
La guêpe se barre à toute vitesse en se
marrant comme une girafe…
Quant à Béa, qui pourrait se marrer, puisque
le rire est le propre de l’homme – et de la
femme, par la même occasion – eh bah non !
Elle ne se marre pas. Elle grimace, jure, masse
son épaule endolorie, mais ne se marre pas…
– Fais voir ce bobo ! M’apitoyé-je sur son
sort.
Et sans attendre, j’examine la zone sinistrée
par le raid de la bête à dard…
Au fait, vous connaissez la différence entre
une guêpe et une vache ? C’est simple : les
va30 Éclipse fatale
ches ont deux cornes, tandis que les guêpes
n’ont qu’un dard ! Bon, reprenons :
– Sale bestiole, peste Béa, elle m’a piquée
juste à l’endroit où je me suis blessée avec la
ronce !
– Ouais ! Compatis-je, c’est pas ton jour de
chance !
J’effleure tendrement sa peau doublement
meurtrie, avec mon index droit. Le droit est le
plus doux, c’est pour ça que je précise !
– Si on rentrait ? Supplie Béa.
– On rentre. Et ce soir je reviendrai prélever
de cette eau, je veux la faire analyser !
– Pourquoi ? Elle est bonne cette flotte. S’il
n’y avait pas eu cette guêpe…
– Elle est sans doute potable, mais mon
instinct ne me trompe pas ! Cette eau est
constamment renouvelée, c’est certain. Il y a une
raison à ça…
– T’es parano, soupire Béa ! Pour l’instant on
se tire…
Et la belle enfant se dirige au pas de course
vers la voiture…
Je lui laisse quelques mètres d’avance pour la
voir déambuler en bikini sexy, puis je la
rejoins…
Une fois la Porsche réintégrée, Béa ne se
rhabille pas, la cochonne… Elle incline son
siège et ferme les yeux.
– Elle me brûle cette piqûre ! Gémit-elle.
31 Éclipse fatale
Je pose mes lèvres sur son épaule et constate
que la peau est chaude et boursouflée.
– T’inquiète pas mon bébé ! La consolé-je, Je
vais te soigner en arrivant.
Sans perdre de temps, je démarre et prends le
cap de la maison.
Il est 18 heures, lorsque la grille de ma
propriété s’ouvre, répondant à la première
sollicitation de ma télécommande. C’est bien foutu
quand même…
32
CHAPITRE 3
– Je suis désolé ma petite chatte !
M’excuséje platement, je ne voulais pas que notre
piquenique tourne à la catastrophe…
– N’exagérons pas, minimise Béa, Les
ronces, c’était de ma faute et la guêpe aussi, j’ai été
imprudente…
– Oui, mais tout de même… Entre dans la
salle de séjour, je vais chercher de quoi te
soigner !
– J’aime bien que tu me dorlotes ! Ronronne
Béa. Je vais m’allonger sur le canapé, reviens
vite !
– Je me dépêche mon petit loup !
Je me rue dans la salle de bains pour
ramasser la trousse de secours à la volée et me fends
d’un crochet par la cuisine afin d’y puiser
quelques glaçons…
Quand je rejoins Béa, elle est avachie sur le
canapé en cuir fauve.
La belle môme a croisé les bras derrière la
tête et se détend en respirant profondément…
33 Éclipse fatale
Je m’assois à côté d’elle et j’applique un
glaçon sur son épaule lésée.
– Ouh ! Frissonne Béa en se redressant
brusquement.
– Je sais, c’est désagréable, mais la glace est
radicale pour l’inflammation ! Et puis elle a la
propriété d’atténuer l’infiltration du venin…
– Si tu le dis… Fait Béa.
– J’en suis sûr ! Quoique pour le venin, c’est
peut-être un peu tard… Mais pour
l’inflammation ça devrait marcher !
Après quelques applications glaciales,
l’inflammation se résorbe effectivement et je
décide de nettoyer les excoriations dues aux
ronces, avec de l’alcool à 90 °.
L’alcool, c’est pas top pour désinfecter, tous
les secouristes vous le diront. Mais je n’ai que ça
sous la main ! Et puis l’alcool, ça se marie
parfaitement avec les glaçons, à l’heure de
l’apéro…
– Bon, fini de jouer les infirmiers ! La tenue
légère de Béa et sa beauté incomparable,
suscitent en moi des envies bien naturelles, si vous
voyez ce que je veux dire…
– Je ne sais pas pourquoi, mais voilà que je
me surprends à passer un doigt sur le ventre de
Béa, en faisant des allées et venues le long de
l’élastique de son slip…
Béa, sans ouvrir les mirettes, glousse de
contentement.
34 Éclipse fatale
Mon doigt courageux grimpe ensuite
jusqu’au nombril, s’y introduit, prend son élan et
se propulse jusqu’à l’élastique de la petite
culotte, où il se rattrape de justesse. Celle-ci se
tend sous la violente traction, découvrant le
triangle des Bermudes…
Apparemment, le gazon n’a pas été tondu
depuis belle lurette. Malgré tout, mon doigt,
ainsi que la main à laquelle il appartient – la
droite, j’avais oublié de préciser – se retrouvent
suspendus dans le vide, entre les deux cuisses
satinées de mon hôtesse.
Vous croyez que Béa réagirait ? Même pas !
Elle s’en fout. Ma main risque de tomber dans
le vide d’une seconde à l’autre, mais elle s’en
fout…
Je vais me débrouiller tout seul. J’appelle ma
main gauche à la rescousse. Elle s’accroche
prudemment au côté du slip, le faisant glisser
lentement le long des jambes fines et fuselées.
Une fois le slip coquin arrivé aux chevilles, la
main droite en profite pour se dégager et vient
assister sa copine, pour virer définitivement le
sous-vêtement…
Hop ! Il est parti le slip…
Je reprends le contrôle de mes mains et je les
dirige pour kidnapper le soutien-gorge…
Donc, je dégrafe le soutien airbags et dénude la
poitrine frémissante de la dame au canapé.
35 Éclipse fatale
Quels seins ! En dehors de ses yeux, c’est ce
que je préfère chez elle.
Pas une seconde à perdre : je pose mes mains
en douceur sur ses mamelons protubérants et…
– Stop ! M’interrompt la fifille. Finis de me
soigner… Pour le reste on a l’avenir devant
nous !
– Mais je t’ai soignée, protesté-je, ça va guérir
naturellement maintenant… .
– Ouais, tu as raison, ça ne me brûle plus !
Mais je me sens bizarre malgré tout…
– Bizarre ? Tu as dit bizarre ?
– Oui, je me sens un peu drôle, ça doit être
les émotions…
– Je devrais peut-être appeler un médecin ?
M’inquiété-je.
Béa sourit et se lève.
– Mais non ça va, j’ai juste besoin de me
reposer !
– Dans ce cas, je vais retourner prélever de
l’eau au château. Tu n’as qu’à t’allonger en
m’attendant.
– Comme tu veux Alan ! Se résigne-t-elle.
N’oublie pas ton portable, on ne sait jamais…
J’applique un baiser sur la bouche de ma
petite Béa.
– J’emporte toujours mon portable,
reposetoi, je vais revenir vite…
36 Éclipse fatale
Je me dirige vers le garage où je ramasse un
jerrican vide que je jette dans le coffre de ma
bagnole.
– Allez, c’est parti ! On retourne au
château…
Tout en roulant je gamberge… J’ai certains
pouvoirs qui m’ont été transmis il y a deux ans
par l’être suprême de la dimension onirique et je suis
résolu à m’en servir.
D’abord, comme j’ai un don de clairvoyance,
beaucoup plus fiable que ceux de Paco Rabane et
Nostradamus réunis, je m’autorise à penser que
je n’ai pas emmené Béa par hasard à cet
endroit…
Pour moi, il est indubitable que si je reste les
bras croisés, la fin du monde pourrait survenir à
l’instigation de ce prof tordu et non à cause de
l’éclipse ou de la station Mir… A moins que le
prof soit de connivence avec Paco, et qu’il ait
trouvé une astuce pour faire chuter la station !
Non, je déconne, pauvre Paco ! C’est pas de sa
faute, il y croit ! Après tout il a peut-être raison,
on verra ça le 11…
– Ah ! J’arrive sur place. Je reprends le même
chemin à travers la forêt et comme je déborde
d’imagination, je me gare à l’endroit où j’ai pique
et niqué avec Béa.
Sans traîner, je sors de ma caisse, me saisis du
jerrican et fonce au pas de course en direction
du château…
37 Éclipse fatale
Après avoir franchi vous savez quoi : les
deux chaînes rouillées, je me retrouve au pied
de la fontaine, que je qualifierais plutôt de
simple cuve à eau ou d’abreuvoir à guêpes !
C’est de plus en plus insolite, la fontaine
déborde ! Je crois vous l’avoir dit, mais si je ne
vous l’ai pas dit je vous le répète, cette cuve
n’est pas aménagée pour se remplir seule.
Qu’elle soit toujours pleine, passe encore, mais
qu’elle déborde, alors là… C’est la goutte d’eau
qui fait déborder le vase, sans faire de jeu de
mots !
Je m’agenouille et découvre que le sol est
humide tout autour de la fontaine. Signe qu’elle
a vachement débordé depuis le début de
l’aprèsmidi…
Je me relève et constate que l’eau poursuit
son écoulement par les rebords de la vasque et
s’infiltre dans la terre, comme si un robinet était
resté ouvert. Mais il n’y a pas de robinet…
On cherchera l’explication plus tard…
Je plonge mon jerrican dans la flotte et le
remplis au maximum. Ça devrait suffire pour
faire des tests…
Suite à cette ponction, le bassin n’ayant pas
une contenance phénoménale, l’eau ne se
répand plus par-dessus bord…
Je vais en avoir le cœur net :
Actuellement, le niveau de la flotte lèche la
cuve à environ trois centimètres du bord.
38 Éclipse fatale
La patience étant une de mes principales
vertus, je m’assois et j’attends…
– Allez, je vais faire une petite entorse à la
bonne résolution que j’ai prise il y a quelques
jours, de fumer raisonnablement… Je m’allume
une cigarette.
Au fur et à mesure que ma clope se consume
et que mes poumons se noircissent, la flotte
grignote du terrain. Le temps de terminer ma
tige, cinq minutes au plus, et l’onde
recommence à se faire la valise !
C’est super louche ce truc. Franchement, j’ai
beau examiner l’ensemble, il n’y a rien qui
explique ce phénomène.
– Bon allez, je me tire, on étudiera tout ça à
la maison…
Une demi-heure plus tard, ma voiture est
remisée dans le garage. Quant à moi, je me
rends directement dans la salle de séjour et j’y
dépose mon jerrican sur la table…
– Tu as fait vite ! Apprécie Béa en
abandonnant le canapé.
– Oui mon amour ! Tu vas mieux ?
– Parfaitement bien. Tout à l’heure j’avais un
coup de barre, mais maintenant ça va !
Béa s’avance vers moi vêtue d’un seul slip. Je
suis sûr qu’elle n’a rien en dessous, la
cochonne !
– En effet, m’excité-je, tu sembles avoir
retrouvé un certain entrain !
39 Éclipse fatale
– C’est la pleine forme ! Affirme-t-elle.
Allons dîner et ensuite on s’offrira un petit câlin…
– Tu ne me questionnes pas au sujet du
jerrican ? M’étonné-je. Cela ne te ressemble pas…
– Tu as rapporté de cette eau mystérieuse,
soit ! Mais tant qu’elle ne sera pas analysée, il
n’y a pas de quoi se mettre martel en tête…
Béa, tout en parlant, m’entraîne dans la
cuisine et me fait asseoir avant de vaquer à ses
fourneaux.
Elle m’aguiche, avec ses deux seins ballottant
au rythme des couverts à salade qui
s’entrechoquent.
– Béa, dis-je en me forçant à garder la tête
froide, elle est singulière cette flotte !
Et je lui raconte ce que j’ai constaté…
Du coup, la petite sirène de mes nuits et de
mes journées, par la même occasion, suspend
l’assaisonnement de sa laitue et s’exclame :
– Zut ! J’ai mis trop de vinaigre.
Non, je déconne : elle dit :
– Incroyable ! Mais ça signifie quoi tout ça ?
Et en bonne femme d’intérieur, elle ajoute :
– Ne laisse pas traîner le jerrican dans la salle,
j’ai pas envie d’avoir une inondation…
– Il n’y a pas de danger. Le jerrican aurait
déjà débordé !
– Ce n’est pas très logique ! Estime Béa.
Pourquoi la fontaine déborde et pas le jerrican ?
40 Éclipse fatale
– J’en sais rien ! Peut-être que dans le bassin
il y a une substance qui mélangée à l’eau,
provoque une réaction…
– Dans ce cas, ajoute Béa avec sagacité, tu
aurais dû rapporter de cette substance dans ton
jerrican et il déborderait aussi !
– Pas forcément, argumenté-je, il y a sans
doute d’autres facteurs à considérer :
température, le fait que l’eau soit à l’air libre ou non, etc.
– Mouais ! Fait Béa peu convaincue, Nous
allons devoir étudier cette eau…
– Et retourner sur place demain, pour
d’autres investigations. J’ajoute.
Tout en discutant, nous sommes passés à
table, mais Béa a oublié de mettre l’huile dans la
vinaigrette !
Quand nous attaquons le dessert, une idée
me traverse l’esprit :
– Béa, réalises-tu que cette flotte renouvelée
perpétuellement, pourrait engendrer une
catastrophe mondiale ?
– Comment cela ? Questionne Béa en
dépucelant sa banane.
– Imagine les rivières, les lacs et les fleuves,
se mettant à déborder de façon continue ! L’eau
inondant tout sur son passage… Extrapolé-je,
pris d’une subite frayeur.
– C’est ce qu’on appelle une vision
apocalyptique ! Fait Béa agacée. Tu ne vas pas émuler
Nostradamus à ton tour, comme Paco Rabane !
41 Éclipse fatale
– Avoue que mon hypothèse n’est pas si
stupide. Insisté-je.
Béa se mord les lèvres. Au fond d’elle-même,
elle craint que j’aie raison et se tourmente. Mon
instinct ne me trompe jamais depuis deux ans,
elle en est consciente…
– Si l’eau augmentait de volume à grande
échelle, admet Béa, comme dans cette fontaine,
effectivement on pourrait envisager
l’apocalypse ! La flotte, c’est impossible à
arrêter…
– Tu vois que j’ai raison d’être pessimiste !
En allant au château, j’ai pressenti qu’une
catastrophe se préparait…
– Oui, acquiesce Béa, sans penser au pire, il
est urgent d’enquêter sur ce mystère…
– Absolument ! D’autant qu’on approche du
11 août, date de l’éclipse totale…
– C’est à considérer, poursuit Béa. Le prof
est peut-être suffisamment fou pour déclencher
l’apocalypse et accréditer les élucubrations de
nos prophètes contemporains.
Tout en conversant, nous sommes retournés
dans la salle de séjour.
Nous observons le jerrican sans oser y
toucher, comme s’il abritait une bombe
atomique…
– Le niveau n’a pas bougé ! Fais-je rassuré.
42 Éclipse fatale
– Oui, réplique Béa, d’un autre côté on ne va
pas résoudre le mystère, s’il n’y a pas de
réaction avec ton prélèvement !
– Pour ce soir on va se coucher Béa, me
résigné-je, et demain on débutera les recherches !
– C’est parfait comme programme ! Se
réjouit Béa en me passant ses doigts en râteau
dans les cheveux.
– Alors va te coucher ! Lui suggéré-je. Je vais
prendre une douche et je te rejoins…
43
CHAPITRE 4
Un quart d’heure plus tard, je suis nickel
chrome, lorsque je pénètre dans la chambre
nuptiale. Je referme la porte derrière moi et suis
confronté à la pénombre…
Le temps que mes mirettes fassent une mise
au point, j’aperçois Béa entièrement nue,
allongée sur le lit…
– Moi, je ne suis pas nu ! Un peu de décence
n’est pas nuisible. J’ai gardé mes chaussons que
je jette à la volée et je me précipite sur le
matelas…
Mon épiderme est à peine en contact avec les
draps en soie – on a les moyens ou on ne les a
pas – que les préliminaires commencent…
Elle est comme ça Béa : au lit c’est un vrai
fauve ! La voilà qui se jette sur moi
sauvagement, se mettant à califourchon sur mes cuisses
pour entamer un puissant massage de mes
pectoraux…
– C’est pas possible ! Elle va m’arracher les
poumons si elle s’acharne de la sorte…
45 Éclipse fatale
Je ne l’ai jamais vue déchaînée à ce point. Ma
parole, elle a bouffé du lion ! C’est l’approche
de l’éclipse peut-être… Cela doit décupler sa
libido ! Je crois qu’elle a plutôt chopé la maladie
de la guêpe folle, c’est nouveau, ça vient de sortir !
– Vite, je l’attrape par les deux seins, afin de
lui prodiguer ses caresses préférées, mais
apparemment elle ne s’en aperçoit même pas ! Elle a
décidé de prendre toutes les initiatives ce soir.
Active à 100 % mais non réceptive…
Laissons-la s’émanciper, elle désire sans
doute mettre en pratique un nouveau truc…
Ouille ! Elle vient de me griffer l’épaule… Et
maintenant, voilà qu’elle me bouffe le lobe de
l’oreille !
Avant le lever du soleil, je vais ressembler à
un steak tartare…
Dans deux minutes ou avant, en cas
d’hémorragie, si elle ne met pas un frein à ses
ardeurs, je sens que je vais aller dormir sur le
canapé…
– Finalement, je n’ai pas besoin d’attendre
deux minutes. Béa, toujours assise sur mes
cuisses, cesse la séance de torture ! Elle ne bouge
plus. Que manigance-t-elle maintenant ? Je la
trouve un brin loufoque ce soir !
Soudain, Béa penche doucement la tête en
arrière et la redresse brusquement… Elle
pousse un cri à vous glacer le sang ! Visiblement
elle souffre. Vite, j’allume la lampe de chevet…
46 Éclipse fatale
La lumière éclabousse la pièce ! En principe
on dit que la lumière inonde la pièce ! Mais là, il
s’agit d’une lumière trop fade pour inonder !
Elle éclabousse juste un petit peu…
La première image qui attire mon attention,
grâce aux éclaboussures de la lumière, ce sont
les yeux injectés de sang de ma petite fée :
– Béa ! Mon lapin, tu as les yeux rouges, ils te
font mal ? C’est pour ça que tu criais ?
– Non… J’ai les yeux rouges tu dis ?
– Ouais ! Tu dois avoir une conjonctivite.
– Cela m’étonnerait, je n’ai pas mal aux
yeux… Et je ne me souviens pas avoir crié !
– Tu débordes d’énergie ce soir ! Regarde : tu
m’as griffé et failli me bouffer l’oreille !
– C’est moi qui t’ai fait ça ? Et j’ai hurlé ?
S’étonne-t-elle, en passant ses doigts sur mes
griffures.
– Cela ne peut-être que toi ! Il n’y a personne
d’autre dans le lit ! Rigolé-je en soulevant le
drap.
Béa quitte mes cuisses et s’allonge à mes
côtés. Elle réfléchit un instant et déclare :
– Ce comportement ne me ressemble guère,
dit-elle. En plus, je me sens toute drôle !
– Je crois qu’il faut appeler le médecin. Tu
dois faire une réaction allergique au venin de la
guêpe ! Et puis tu as les yeux très rouges…
– Pas besoin de médecin, je vais bien ! Je ne
me sens pas malade… C’est dans mon esprit
47