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En apparence

De
106 pages
Qu'ont en commun un chat vengeur, des visages aperçus dans le métro que l'on croit reconnaître, une photo qui ravive la guerre d'Algérie ou encore un problème de CM2 ? Rien en apparence. Dix nouvelles déclinent d'aveuglantes apparences. Celles qui mettent à nu nos faiblesses et font sourire parfois.
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Hervé Cellier
En apparence Nouvelles
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Hervé Cellier
En apparence
Nouvelles
DU MÊME AUTEUR
Aux éditions L’Harmattan La démocratie à l’école. Apprendre, mais ensemble, 2000. Collection « Savoir et formation » La précocité intellectuelle : le défi de la singularité, 2007. La démocratie d’apprentissage, 2010. Collection « Terrains sensibles » Algérie France : jeunesse, ville et marginalité, 2008 (en collaboration avec Abla Rouag). Réussite éducative : une expérimentation sociale à Romans-sur-Isère, 2012 (en collaboration avec Philippe Pourtier). Les jeunes face à l’exclusion, 2013 (en collaboration avec Abla Rouag). Démarche qualité dans l’enseignement supérieur, 2013 (en collaboration avec Ali Kouadria et Abdallah Loucif).
Presses Universitaires de France Une éducation civique à la démocratie, 2003. Difficultés de lecture : enseigner ou soigner ?, 2004 (en collaboration avec Claudette Lavallée).
Éditions Hachette Situations violentes : comprendre et agir, 2005 (en collaboration avec Rémi Casanova et Bruno Robbes).
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05777-4 EAN : 9782343057774
Talis &UR\DLHQWLOV TXH FHX[ GH PRQ HVSqFH VRQW LQVHQVLEOHV j OD souffrance et à l’injustice.J’étais empalé sur un pieu d’acacia gisant au milieu des EDOles de foin, les yeux exprimant encore l’abominable frayeur, figés dans l’horreur et l’incompréhension. La terreur d’une telle violence.Puisque je vous dis que j’ai vu la porte de la cour de la ferme ouverte. Je suis entré et je l’ai trouvé. Mais j’avaLV l’habitude de passer le voir de temps en temps… une fois je l’ai même fait hospitaliser. Il était prostré dans sa petite FXLVLQH OH SDQWDORQ VXU OHV JHQRX[ VH WRUGDQW OH YHQWUH comme un malheureux. Vous commencez à m’emmerder DYHF YRV TXHVWLRQV j OD FRQ 9RXV DUULYH] RX SDV " -H VXLV OH PDLUH GH OD FRPPXQH 6L YRXV QH FRPSUHQH] ULHQj’appelle directement le préfet. C’est pas possible d’être obtus à ce SRLQWOj  %RQ 'LHX   &DOPH]YRXV PRQVLHXU OH 0DLUH /H FRPPDQGDQW DUULYH mais j’ai besoin de lui exSOLTXHU FH TXL VH SDVVH SRXU envoyer une patrouille…Ça fait trois heures que je vous raconte mon histoire… vous n’êtes pas d’ici  XQ YLHX[ PRUW WUDQVSHUFp SDU XQ HVVLHX GH FKDUUXH GH FLQTXDQWH NLORV 3ODQWp DX PLOLHX GX GRV &RPPHQW YRXV DSSHOH] oD YRXV " 8Q VXLFLGH? C’estSDV JHQGDUPH TXH YRXV DXULH] G€ IDLUH MHXQH KRPPH comme métier, c’est Fée Clochette ,O HVW PRUW HW ELHQ mort… son corps est froid.Vous l’avez touché"  %HQ RXL SHXWrWUH SRXYDLWon encore le sauver… et puis non…9RXV DUULYH] RX SDV " Un quart d’heure que ChavrieU GX KDXW GH VHV TXDWUHYLQJW GL[ DQV FHQW YLQJW NLORV HW KXLW PDQGDWV SDODEUDLW DX

WpOpSKRQH DYHF XQ DEUXWL GH JHQGDUPH VRXSoRQQHX[ j OD PRLQGUH SKUDVH HW ERXFKp FRPPH XQ REXV GH  Rien ne s’arrangeait dansFHWWH FRUSRUDWLRQ 2Q pWDLW VHQVpV toucher l’élite vu qu’on avait à Rochefort une école QDWLRQDOH GH IRUPDWLRQ GH OD JHQGDUPHULH HW RQ QRXV \ envoyaient les moins dégourdis. L’élite de la connerie. &HX[ GRQW OH FHUYHDX DUULYDLW j SHLQH j HPSOLU OH NpSL $Xlieu de se fondre dans la population, ces gendarmes d’un QRXYHDX JHQUH SDVVDLHQW OHXU WHPSV GDQV GHV VDOOHV GH PXVFXODWLRQ HW VRXV OHV ODPSHV j 89 ,OV VH UHVVHPEODLHQW WRXV eOHYpV DX MXV GH FDURWWH LOV GpGDLJQDLHQW DYHF OHXU WHLQW SUpFDQFpUHX[ OHV ERXVHX[ GH OD &KDUHQWH SURIRQGH 6HXOHPHQW OH &KDUHQWDLV GH QDWXUH PpILDQWH HW EXWpH HVW XQ WDQWLQHW WDTXLQ Un jour, un aéropage de ces guignols s’était mis en tête de SUHQGUH VXU OH IDLW XQ YLWLFXOWHXU TXL DYDLW OD PDXYDLVH KDELWXGH GH GLVWLOOHU GH OD JQROH (Q VRUWDQW GH OD SURSULpWp LOV FRQVWDWqUHQW TXH OHXU YpKLFXOH DYDLW pWp VXEWLOLVp 0DOLQV FRPPH GHV EXVHV OHV DUFKHUV DYDLHQW ODLVVp OHV FOpV VXU OH FRQWDFW ¬ WUHQWH NLORPqWUHV GH Oj HQ UDVH FDPSDJQH JLVDLW OH IRXUJRQ ,O DYDLW IDOOX PRELOLVHU XQ KpOLFRSWqUH DX[ IUDLV GX FRQWULEXDEOH SRXU UHWURXYHU OD GLOLJHQFH GH FHV JXLJQROV Inutile de dire la soufflante qu’ils avaient prise dans les bronches par le commandant de ce corps d’élite. L’aventure DYDLW IDLW OH WRXU GX FDQWRQ HW GX GpSDUWHPHQW HW SRXU ILQLU GH la région. On s’en tenait les côtes encore dans les rangs de YLJQHV SDUPL OHV VDLVRQQLHUV YHQXV IDLUH OD WDLOOH GH SULQWHPSV 'DQV OHV ELVWURWV DOHQWRXU OHV H[SORLWV GH FHV FORZQV IDLVDLHQW VH WRUGUH GH ULUH OH PRLQGUH DXWRFKWRQH Dès qu’on voyait leV IOLEXVWLHUV SRVWpV DYHF XQ UDGDU VHQVp VXUSUHQGUH HQ SOHLQ GpOLW OH FRQWUHYHQDQW OHV SRUWDEOHV crépitaient d’une sonnerie imitant le pimpon militaire afin de réduire l’allure à la vitesse réglementaire.Qu’estce qu’y a encorH "des menaces… V’là qu’iO D XQ PHXUWUH GDQV VD FRPPXQH  9RQt m’emmerder jusqu’au ERXW FHV &KDUHQWDLV 

6DQV GpFROpUHU HW DSUqV DYRLU UpTXLVLWLRQQp TXHOTXHV subalternes, le commandant s’était déplacé sur les lieux afin de vérifier les propos du maire. Breton d’origine, il n’aspirait qu’à prendre une retraite méritée. Cet univers de circulaires, d’ordres ministériels, de procédures avec des procureurs jeunes et péremptoires lui pesait. L’uniforme qu’il avait enfilé au temps de sa jeunesse comme d’autres l’aube de premier communiant QH OXL SURFXUDLW SOXV DXFXQ SODLVLU ,O DWWHQGDLW DYHF LPSDWLHQFH OH MRXU R LO VHUDLW UHQGX j OD YLH FLYLOH VRXFLHX[ GH IDLUH RXEOLHU VRQ DQFLHQ PpWLHULa population bretonne ou charentaise n’aime pas les flics. 2Q QH FHVVH GH QRXV GpQLJUHU j ORQJXHXU GH MRXUQpH SHQVDLWLO 6DXI GDQV OHV DFFLGHQWV GH OD URXWH /HV JHQV VRQW WURS RFFXSpV j SOHXUHU OHXUV SURFKHV Il en avait vu de toutes sortes. Il lui semblait que l’humanité QH EDLJQH TXH GDQV OD EDVVHVVH OD YLROHQFH HW OD ErWLVH Jusqu’à supporter difILFLOHPHQW FHV MHXQHV UHFUXHV fraîchement sorties de l’école et arrivant dans sa JHQGDUPHULH GH SURYLQFH 9RXODQW PHWWUH DX SDV XQH SRSXODWLRQ SRXU ODTXHOOH OH VSRUW ORFDO pWDLW SUpFLVpPHQW d’enfreindre la loi. Dès qu’ils tombaient sur un chauffeur en pWDWd’ébriété, un contrôle automobile où la moindre assurance n’était pas en règle, ils donnaient l’impression d’avoir arrêté Mesrine. Sauf que dans le moindre coin de FDPSDJQH FKDFXQ FXOWLYDLW VD GRSH HW GLVWLOODLW VD JQROH JUkFH j XQ FOLPDW RFpDQLTXH SDUWLFXOLqUHPHQW SURSLFH (Q PrPH WHPSV RQ pGLFWDLW j 3DULV GHV UqJOHV VpYqUHV HQIUHLQWHV DYHFd’autant plus d’allégresse en province. Il avait fallu faire duFKLIIUH DYHF OD GURLWH DX SRXYRLU HW oD FRQWLQXDLW DYHF OD JDXFKH 0ais l’écart se creusait entre ce qXH UDFRQWDLHQW OHVédiles et ce qu’il voyait chaque jour.
Chavrier l’attendait.Il n’avait même pas fait l’effort de sortir de la maison pour l’accueillir.Un grognement plutôt qu’un salut.