Enfer et contre tous

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En 1940, dans un village de l'Entre-deux-Mers, une idylle se noue entre un notable et une domestique. Un enfant nait de leur amour. Pour lui épargner la honte et la rumeur ils éloignent l'enfant dans une famille d'accueil alors que la guerre fait rage. Plus que le récit de la vie d'un homme se construisant un destin malgré les manques et les blessures, Enfer et contre tous, est un livre sur la famille et l'identité, sur le pardon et le libre-arbitre.
Publié le : samedi 2 avril 2016
Lecture(s) : 17
EAN13 : 9782140005404
Nombre de pages : 332
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déInitivement perdus, Iliation volée et enfance
fait entrer le lecteur au cœur d’une réLexion qui éclaire,
don et le pardon, l’adoption enIn, et ses réalités trop
Enfer
JeanArmand
et
contre
Récit romancé
Préface de Nazir Hamad
tous
Enfer et contre tous
Écritures Collection fondée par Maguy Albet Clos (Yvonne),Quand je serai une dame et que tu seras morte, 2016. Cladart (Thierry),Une bien étrange compagnie, 2016. Fontaine Kerbellec (Laurence),Carmencita ou l’aqueduc aux oranges, 2016. Renaud (Dominique),Le Voyage imaginaire, 2016. Schved (Jean-François),La Croix byzantine. Aïvali ou la mémoire des oliviers, 2016. Cervoni (Alain),La Voie de l’orphelin, 2016. Sanchez (Patricia),L’Aube d’été, 2016. Labrique (Myriam),L’Âme du palmier, 2016. Lenoir (Jean-Yves),Dialogues avec mon horloge, 2016. Bosc (Michel),La Cendre et le calice, 2016. Dami (Olivier),Boulevard des Amériques, 2015. Auque (Hubert),Revoir Tübingen, 2015. Merlino (Benito),Îles vagantes, 2015. Tanguy-Taddonio (Anne),La Signature de l’âme, 2015. Maeght (Brigitte),La Vie sauve, 2015. * ** Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Jean ARMANDEnfer et contre tousRécit romancé
Préface de Nazir Hamad
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08642-2 EAN : 9782343086422
Un enfant est abandonné. L’expérience clinique en adoption nous révèle que l’enfant est plus abandonné qu’adopté. Sur ce plan, les témoignages des personnes adoptées sont souvent concordants. L’enfant nous pose une question qui revient souvent : « Qui est ma vraie mère ? » Ou encore : « Qui est ma vraie famille ? » Il est question de vrai et ce vrai n’est pas facile à cerner, car il met en jeu la subjectivité de la personne qui pose cette question. Répondre que c’est la mère biologique qui est la vraie, ou encore la mère adoptive, ne clôt pas la question. Une question est toujours plus ouverte qu’une réponse. Elle ne dit pas tout. Quand quelqu’un demande « Qui est ma vraie mère ? », il a souvent son idée. Et celle-ci ne paraît pas dans la question. Autrement dit, une question en cache une autre. L’interrogation pénible sur le « pourquoi m’a-t-elle abandonné ? » nous donne une idée sur la difficulté qu’ont les adoptés à trancher et à se satisfaire de toute réponse qu’on leur donne. L’abandon comme acte, semble marquer définitivement l’histoire de chaque personne adoptée. « Je suis un enfant adopté » revient souvent dans le discours, au point de laisser penser qu’il devient un trait identitaire majeur. Et pourtant, si un enfant est abandonné à sa naissance, ou très tôt dans sa vie, il y a lieu de croire que ses géniteurs sont incapables de le prendre en charge pour des raisons diverses, mais souvent dramatiques. L’adopté n’est pas sans savoir que ces raisons, les raisons de son abandon, sont humainement complexes pour les géniteurs, mais il adopte vis-à-vis d’eux, et notamment en regard de sa génitrice, une position ambiguë. Il est révolté contre elle, tout en cherchant à la sauver. L’ambiguïté de cette position le maintient dans l’impasse et pour cause. La solution la plus fréquente consiste à prendre la faute sur soi. « Si elle m’a abandonné, c’est que j’étais vraiment moche. » Mais plus il prend la faute sur lui, plus il se vit comme un « déchet ». Accepter son destin de « déchet » semble être plus supportable à ses yeux que de savoir objectivement qu’il est né d’une génitrice perçue comme « déchet » elle-même. Et voilà le dilemme : il est pris entre la nécessité de sauver la figure maternelle comme un moyen de se sauver lui-même, mais plus il œuvre à sauver cette figure, plus il renonce à son statut d’homme ou de femme ordinaire, pareil à tout le monde. Cette impasse fait que le récit familial cesse de se dérouler et que la personne adoptée a du mal à franchir les frontières de la génération comme un moyen de déployer son imaginaire. Un récit familial permet ce franchis-sement-là. On raconte l’histoire de ses parents, de ses grands-parents, de ses arrières grands-parents et puis il y a le reste. Celui-ci n’est qu’un récit transmis, et d’une génération à l’autre. Un récit qui nous porte, autant que nous le portons. Un récit efficace puisqu’il est capable de m’amener à m’identifier à un de ses personnages au point de vouloir l’incarner.
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Exemple : « On m’a dit qu’un de mes ancêtres était poète et me voilà identifié à lui, et voulant devenir poète à mon tour. » Mieux encore, on entend des affirmations qui donnent à toute une lignée un trait de caractère qui se veut immuable : « C’est typiquement nous, nous les Martin. » Un trait d’identification qui s’impose, qui s’infiltre par les interstices inconscients de chaque individu, pour lui donner un type, un modèle et un trait d’identification qui fait chaîne générationnelle. Cependant, comment faire quand on est enfermé dans les frontières de la première génération et qu’on ne trouve pas d’issue pour les franchir ? Un oiseau pris au piège d’une pièce fermée tente de s’échapper par la fenêtre. Il voit le monde extérieur à travers les vitres et va s’y heurter. L’oiseau insiste, s’épuise, se meurtrit et ne renonce que quand il tombe. Les frontières de la première génération perdue représentent ces vitres. La personne adoptée part souvent de l’hypothèse que la clef qui lui donne accès au monde se trouve entre les mains de sa génitrice et pour cette raison, il veut la retrouver. Une quête s’engage, souvent inutile puisqu’elle enferme encore plus la personne sur elle-même. Cette quête est sans fin, parce qu’elle objective le malaise de la personne et lui donne ainsi l’alibi grâce auquel il va pouvoir justifier ses impasses. De nos jours, beaucoup de jeunes adoptés se trouvent en difficultés. Les analystes sont souvent consultés au sujet de ces jeunes qui n’ont plus de repères. Ils décrochent, se marginalisent, se mettent en danger, mais refusent strictement de consulter ou de discuter avec leur entourage. Ils errent. Le récit de Jean ARMAND nous éclaire. Un homme, peu importe son histoire, n’est pas sans adresse et pour ainsi dire, n’est pas sans clef. Il a la clef, pourvu qu’il accepte de s’en servir. Jean ARMAND nous apprend que la seule histoire familiale dramatique est celle qui nous tue, mais tant qu’on est vivant, on n’est pas mort. Toute histoire qui se laisse raconter devient un récit banal. On découvre dans l’après coup que ce qui faisait notre honte et notre douleur est susceptible de devenir drôle, dans un récit qui se laisse dérouler. C’est d’ailleurs pour cette raison que les récits universels sont des récits familiaux. On s’identifie aux personnages, on se reconnaît dans leur douleur, dans leurs impasses et dans leurs bonheurs. Les récits familiaux sont notre humanité et, à circuler, un récit fait lien étroit entre les hommes. Le récit de Jean ARMAND est de cet ordre. Nazir Hamad
Docteur d’Etat en Psychologie clinique. Psychanalyste spécialisé dans le traitement des traumas de l’enfant. Auteur de nombreux ouvrages :Destin d’enfantsco-écrit avec F. Dolto ; Editions Gallimard.L’enfant adoptif et ses familles; Editions Denoël.La langue et la frontière; Editions Denoël – « Adoption et parenté questions actuelles » ; Editions Eres.
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Je n’écris ce livre que pour elle, sans qui je ne serais pas ; que pour eux, mes enfants ; que pour moi, moi qui suis si nombreux…
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