Enfin éclos d'un vase clos

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Les parents de Ningaye et Anda ont divorcé quand ils avaient deux et quatre ans. Après la mort de leur grand-mère paternelle qui s'occupait bien d'eux, ils vont connaître beaucoup de moments difficiles en allant vivre chez les membres de la famille. Anda subira des abus et aura à vaincre plusieurs obstacles pour rejoindre Ningaye auprès de leur mère, Imba. Intelligent et plein d'ambition, ce dernier rencontrera d'autres défis qu'il relèvera jusqu'à l'université, où il s'épanouira enfin.
Publié le : samedi 2 mai 2015
Lecture(s) : 3
EAN13 : 9782336379326
Nombre de pages : 212
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Jean-Pierre EYANGA EKUMELOKO
Enfi n éclos d’un vase clos
Enfi n éclos d’un vase clos est une œuvre qui a pour scène
la République Démocratique du Congo. C’est l’histoire Enfi n éclos d’un garçon (Ningaye) et de sa grande sœur (Anda)
dont les parents ont divorcé quand ils avaient deux et
quatre ans. Après la mort de leur grand-mère paternelle d’un vase clos
qui s’occupait bien d’eux, ces enfants vont connaître
beaucoup de moments de vie diffi ciles quand ils iront
Romanhabiter chez les membres de la famille.
La fi lle subira des abus et aura à vaincre plusieurs
obstacles pour aller auprès d’Imba, leur mère, après
que celle-ci ait récupéré le garçon et l’ait mis dans de
meilleures conditions d’éducation chez les Jésuites,
à Kinshasa. Intelligent et plein d’ambition, Ningaye
rencontrera encore d’autres défi s qu’il relèvera jusqu’à
l’université où il va vraiment se découvrir et éclore pour
mieux s’épanouir.
Dr Jean-Pierre EYANGA EKUMELOKO est
né au Congo-Kinshasa. Il y a travaillé au
Ministère de l’Agriculture et au bureau
du Premier Ministre. Depuis 1997, il vit
à Dublin où il a créé Integrating Ireland
et dirige GEE Consulting and Partners. Il
enseigne à l’UT Bel Campus à Kinshasa.
Ecrire l’Afrique
ISBN : 978-2-343-05941-9
Ecrire l’Afrique19,50
Jean-Pierre EYANGA EKUMELOKO
Enfi n éclos d’un vase clos











ENFIN ECLOS D’UN VASE CLOS

Écrire l’Afrique
Collection dirigée par Denis Pryen

Romans, récits, témoignages littéraires et sociologiques,
cette collection reflète les multiples aspects du quotidien des
Africains.


Dernières parutions

Jules ERNOUX, La Précarité quotidienne en Afrique de
l’Ouest. Culture et développement, 2015.
Éric BOUVERESSE, Celui qui voulait être roi. L’Afrique,
terre des esprits, 2015.
Joseph Marie NOMO, L’envers de l’argent, 2015.
Françoise UGOCHUKWU, Bribes d’une vie nigériane.
Mémoires d’une transformation identitaire, 2015.
Athanase RWAMO, La rue, refuge et calvaire, 2015.
Judicaël-Ulrich BOUKANGA SERPENDE, Et si brillait le
soleil…, 2015.
Abdoulaye MAMANI, À l’ombre du manguier en pleurs, suivi
de Une faim sans fin, 2014.
Baba HAMA, Les amants de Lerbou, 2014.
Parfait DE THOM ILBOUDO, L’Amante religieuse, 2014.
Mamady KOULIBALY, Le miraculé des bords du fleuve
Mano : Souga, 2014.
Jean-Célestin EDJANGUÉ, La République des sans-souci,
2014.
Casimir Alain NDHONG MBA, Au dire de mes aïeux. Une
facette du passé des Fang du Gabon, 2014.
Darouiche CHAM et Jean EYOUM, Mon continent À Fric, Un
essai à deux voix sur l'attractivité du continent Africain et de sa
jeunesse, 2014.
Marie-Françoise MOULADY-IBOVI, Étonnant ! Kokamwa !, 2014.
Réjean CÔTÉ, Un sorcier africain à Saint-Pie-de-Guire, 2014.
Mamadou DIOP, Rahma, l’école d’une vie, 2014.
Simon DIASOLUA, Entre ciel et terre, Les confidences d’un
pilote de ligne congolais, 2014.
Kasoum HAMANI, Niamey cour commune, 2014.
Roger KAFFO FOKOU, Les cendres du temps, 2014.
Jeean-Pierree Eyanga Ekumelooko





ENFIN ECLOS D’UN VASE CLOS


Romana

















































© L'HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05941-9
EAN : 9782343059419

Remerciements

À toi mon Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, pour Ton
Œuvre de Salut, Ta Grâce et Tes Bontés infinies sur moi ;
À ma chère épouse, Marie-Germaine Mbokani Basele,
pour ta présence à mes côtés et ton soutien infaillible
durant les grandes épreuves ;
À mes enfants que j’aime de tout mon cœur et qui ne
m’ont jamais déçu ;
À mon père Pierre Lombala Bakombela, pour tout ce que
tu fis pour moi ;
À ma mère Joséphine Bionge Imbanda dont le cœur bat
toujours d’amour inconditionnel et dévoué pour moi ;
À ma sœur bien aimée Marie-Claire Ntando Lombala,
pour tous tes sacrifices ;
Aux familles Mobhe, Simba, Eale, Lokoso, Efekele et
Nyampala ;
À Léopold Bossekota Watshia ;
À mes tantes et oncles ;
À mes cousins et cousines ;
Aux amis et amies ;
Je dédie ce livre, fruit d’un effort de mémoire fictive.




Sommaire

Préface…………………………………………………11
Chapitre 1. Des mains expertes qui perdent…………...13
Chapitre 2. Chez la famille de mon père………………17
Chapitre 3. Moi aussi, j’ai une mère………………….. 47
Chapitre 4. Kinshasa, me voici……………………….. 59
Chapitre 5. Tout connaître, être tout………………….. 83
Chapitre 6. Une fille cherche sa mère………………… 99
Chapitre 7. Les humanités testées……………………..135
Chapitre 8. La fierté d’un père ………………………..147
Chapitre 9. L’aigle sort de sa coquille………………...167
Chapitre 10. D’où l’on vient…………………………..189
Chapitre 11. L’envol a un lieu géographique…………195
Chapitre 12. L’aigle s’envole…………………………201



Préface

Enfin Eclos en Vase Clos est une œuvre aux
caractéristiques très intéressantes, et dans le fond et dans
la forme.
En effet, l’auteur a marqué toute l’histoire avec cette
impression que toutes les scènes se déroulent
effectivement devant le lecteur. C’est le miracle du temps
présent de l’indicatif qui est utilisé dans la quasi-totalité de
la narration.
Tout commence dans la province de l’Equateur où les
destins de notre héros Ningaye et de sa sœur Anda vont
naître et connaître de sérieux problèmes qui les garderont,
chacun de son côté, dans des conditions rugueuses à
étreindre pour des personnes de leur âge.
L’envie de réussir dans la vie, le courage, la
détermination et la persévérance tenace des deux enfants
nous montrent à suffisance comment la main de Dieu
fonctionne : elle donne avec grâce, à ceux qui cherchent et
trouvent la capacité qu’il faut pour recevoir.
En outre, cette merveilleuse œuvre pose le problème des
enfants victimes de divorce. Que les parents qui prennent
cette décision l’assument au moins avec dignité.
Enfin Eclos en Vase Clos est une histoire
incroyablement vivante, captivante et facile à lire que le
lecteur aura beaucoup de mal à oublier.

Léopold Bossekota Watshia


Chapitre 1. Des mains expertes qui perdent

– Ne pleure pas Ningaye. Un homme digne de ce nom
ne doit pas pleurer face à la douleur. Retiens-toi. Tu dois
être maître de la douleur. Cramponne-toi aux bras de
grand-père.
Ningaye, le petit garçon de quatre ans qui subit sa
circoncision, retient son cri de douleur et serre à les
blesser les bras velus et forts d’Ikenga, son grand-père
maternel. Cette opération se déroule depuis cinq minutes
environ, à l’aide d’une lame de rasoir qui semble ne pas
être à son premier emploi.
– Et voilà ! dit Ikenga apparemment satisfait. C'est
fait. Tu es un vrai chef courageux. Les courageux pleurent
après l’épreuve, pas avant. Pas de moindre gémissement ni
de moindre cris. Maintenant, tu peux pleurer, si tu veux.
Il se met alors à s’essuyer les mains avec un morceau
d’étoffe blanche.
– Crois-moi grand chef, dit le vieil homme à l’enfant,
avec un sourire difficile à décrire : ton grand-père Ningaye
Amukko est sûrement très fier de toi là où il est.
Tout en parlant, il revient sur le petit organe sanglant du
jeune noble du village Anonka. Il crache dessus des herbes
et des racines mâchées, l'enduit des jus de diverses feuilles
chauffées au feu, avant de le panser avec une bandelette de
raphia dûment préparée pour cet usage.
13
– Et voilà ! s’exclame-t-il encore, heureux de finir son
travail. Bientôt, il va s'endormir. Il est vraiment brave.
Tout en regardant Nkoy droit dans les yeux, comme
pour s’assurer que ses mots produisent bien l’effet qu’il en
escompte, Ikenga se donne soudain un air grave.
– Le petit soleil qui est entre nos mains nous montre
ce dont il est capable. Ne dit-on pas que l’adulte conscient
d’aujourd’hui n’est que l’enfant inconscient d’hier ? Moi,
je vois déjà le grand soleil, l’adulte conscient de demain.
Ningaye dort paisiblement dans les bras de son
grandpère. Le groupe se dirige alors vers la maison du vieux
Ekala, l’autre grand-père paternel. Viennent d'assister à la
cérémonie : Ekala, Nkoy, Iteke, l'oncle paternel de
Ningaye, et Ilombe son père.
Le petit enfant, âgé de quatre ans, vient d'être circoncis
aujourd'hui lundi, le 20 Mai 1960, à cinq heures du matin
à Anonka, un village situé à soixante-douze kilomètres de
Mbandaka, le chef-lieu de la province de l'Equateur, dans
la cuvette centrale de ce vaste pays qu'est la République
Démocratique du Congo. Ilombe, son père, est un digne
membre du clan Yembele, né dans ce même village en
1920, avant d’aller étudier chez les Frères des Ecoles
Chrétiennes à Bamanya, une banlieue à dix kilomètres de
la ville de Mbandaka.
A 20 ans, Ilombe, beau et bouillant jeune homme,
choisit le métier des armes et va s’enrôler à la Force
Publique le 14 Juin 1940. Il reçoit sa formation militaire à
Irebu, toujours dans la province de l’Equateur. Comme il
est brave, alerte et volontaire, les officiers coloniaux le
remarquent très tôt dans cette armée sans sous-officier ni
14
cadre congolais. Il connaît alors l'un des meilleurs sorts de
l'époque : la formation dans une école spécialisée. La
hiérarchie l’envoie à l'Ecole d'Artillerie de Thysville, dans
le Bas-Congo, située à plus ou moins mille deux cents
kilomètres de Mbandaka et à environ deux cents
kilomètres de Kinshasa, où il fait montre d'intelligence et
d'esprit d'initiative, raisons suffisantes aux yeux de ses
supérieurs pour le retenir comme Assistant-Instructeur, à
la fin de sa formation, avec le grade de caporal, en
décembre 1942.
A partir de ce moment, le caporal Ilombe doit beaucoup
voyager à travers le pays, dans les différents centres
d'entraînement et d'instruction, comme celui de Kamina
dans la province du Katanga, Kitona dans le Bas-Congo
ou encore Rumangabo dans le Kivu.
Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, le caporal
Ilombe participe à la campagne de Saïo et à celle
d'Abyssinie, avant de rentrer au Congo en 1945. Plus tard,
en 1946, l'administration militaire coloniale l'envoie
former des recrues à Bujumbura, dans le Ruanda-Urundi.
Il y travaille passionnément et avec abnégation jusqu'en
1948. C’est l’époque où il s’épanouit au contact d’autres
cultures et parfait ses compétences de meneur d’hommes.
Il en apprend énormément dans la façon d’établir et de
gérer les relations avec les autres.
De retour au pays, le caporal rencontre Imba, jolie jeune
fille de seize ans du clan des Ebonza, dont il tombe
follement amoureux. C’est le genre de jeunes filles qu’on
ne doit jamais louper. Elle est belle, tout simplement belle.
De leur union naît Anda, leur fille, en 1951 à Irebu, et
Ningaye, le garçon, en 1955 à Mbandaka.
15

Chapitre 2. Chez la famille de mon père

Inganda est un village célèbre car il compte parmi les
illustres personnages venus lui rendre visite le 9 Juin 1883
un certain Sir Henri Morton Stanley, le premier blanc à
passer le fleuve Congo à hauteur de ce qu’on va appeler
1plus tard Equateurville , ensuite Coquilhatville et enfin
Mbandaka. C’est une bourgade de quelque deux cents
habitants ; elle se situe au bord du fleuve Congo, à environ
quatorze kilomètres de Mbandaka sur la route qui mène à
Bikoro.
Construites avec des adobes et des toits de pailles, les
maisons sont visibles de chaque côté de la route. Celle-ci
longe le fleuve qui coule à environ cent mètres des
maisons. De nombreux cocotiers bordent cette unique voie
de communication carrossable par laquelle la ville de
Mbandaka reçoit les provisions venant du sud de la
province.
Des arbres fruitiers divers et nombreux séparent les
maisons du fleuve dont l'eau, d’un brun sombre, coule
majestueusement du nord au sud avec une force tranquille.
Ce grand cours d'eau est le plus long d'Afrique après le
Nil, et le plus puissant au monde après l'Amazone. La
décomposition permanente des feuilles qui y tombent est à
l’origine de cette couleur caractéristique des cours d’eau
qui traversent les forêts. Les manguiers, les cocotiers et les
goyaviers semblent éternels dans ce village. On peut croire
qu’ils sont ici depuis la nuit des temps.

1 http://www.jstor.org/discover/10.2307/25836291?uid
17
La forêt et le fleuve sont les deux principales sources
d'aliments pour les habitants de la région en général et
ceux d'Inganda en particulier. Toutes les activités
productrices émanent de l'un ou l'autre de ces deux
écosystèmes. Nikombe est de ceux qui vivent cette réalité
au quotidien.
Elle s'occupe de ses petits-enfants Anda et Ningaye
depuis bientôt deux ans et demi. Son fils, leur père, ne vit
plus avec sa femme, leur mère. C’est du fleuve et de la
forêt qu’elle s’approvisionne en presque tout. Sans eux, la
vie est impossible dans cette partie de la terre.
A la mort de son mari Ningaye Amukko, Grand Chef du
clan des Yembele, Nikombe rejoint le cercle très fermé de
veuves nobles affranchies. Cela dure depuis dix ans. Elle
est l’objet d’une attention particulière de ses enfants :
Iteke l’aîné, Tuka, Mengo et Ilombe le cadet. Elle vit à
Inganda depuis sept ans, avec Lenga, son second mari, un
membre du clan des Bonsole.
Pour Nikombe, la vie est une suite de va-et-vient entre
la forêt, la maison et le fleuve. Finis les privilèges d'antan.
Elle doit travailler elle-même. Et cette vie ne semble pas
lui déplaire du tout. En forêt, elle possède des champs de
maïs, d'igname, de manioc, d'arachide, de bananiers et de
patate douce.
Les habitants d'Inganda utilisent la houe, la hache et la
machette pour les travaux agricoles, comme la plupart des
paysans congolais. Tout se passe selon un ordre précis et
identique depuis des siècles. Ils commencent d'abord par
abattre les arbres qui se trouvent sur le site choisi ; ensuite,
ils coupent les arbustes et enlèvent les herbes. Puis ils
brûlent tout et labourent la terre tout en extrayant des
18
souches ou des racines indésirables. C'est alors que
viennent les semis. Le travail d'entretien consiste
seulement à désherber, l'arrosage se faisant naturellement
par les pluies qui tombent au moins tous les deux jours
tout au long de l'année, vu le climat équatorial humide de
la région.
Chaque habitant d'Inganda ne cultive des hectares de
champs que pour ses besoins et éventuellement ceux de sa
famille. Comme le cycle de la vie agricole est permanent
et continu en forêt, il y a toujours quelque chose à récolter.
La nature donne parfois gratuitement. Souvent, il suffit de
procéder à la cueillette pour trouver de quoi se mettre sous
la dent. Il y a du tout : fruits, légumes, racines féculentes,
et même des chenilles.
En femme avertie, Nikombe connaît assez bien les
secrets de la forêt. On peut dire qu’il y a presque toujours
de l'abondance. L’abondance qui fournit aussi du gibier.
Même si la chasse est un domaine quasiment réservé
uniquement aux hommes, il arrive quelquefois à l'épouse
de Lenga d'attraper ou d'abattre du gibier. En effet, il n’est
pas rare que cette femme de forte constitution ramène à la
maison de la viande de python, de vipère, de porc-épic ou
de rat de Gambie abattus et éviscérés par elle.
Quatre à cinq fois par an, Nikombe et les autres femmes
d'Inganda organisent des parties de pêche traditionnelle
collective dans les cours d'eau situés en pleine forêt. La
méthode la plus utilisée est celle de barrage. En effet, sur
une rivière, elles mettent en place un barrage comprenant
de l'argile, des troncs d'arbre, de la paille, des feuilles
mortes et des morceaux de pierres. A quelques mètres en
amont, elles installent un autre barrage permettant de
19
détourner le cours d'eau qui ne rejoint son lit qu'au-delà du
barrage en aval. Avec des seaux, des marmites, des
cruches, des gobelets et de bien d'autres récipients, elles
procèdent à la vidange de la portion de rivière située entre
les deux barrages. Au fur et à mesure que l'étang ainsi
aménagé s'assèche, on capture des poissons de tous
genres: des carpes, des silures, des anguilles, de gros
poissons-chats, etc...
Mais aujourd'hui, à cette heure où le soleil se couche,
Nikombe ne rapporte à la maison que du manioc à cuire.
En fait, c’est du manioc immergé pendant les sept jours
précédents dans une petite rivière qui n’est qu’à un
kilomètre du village et ensuite pressé pour en enlever de
l’eau. Même si la fabrication de la « chikwange » – pain
de manioc – requiert du travail et beaucoup de temps, elle
est au moins sûre que ce traitement à l'eau met les siens à
l'abri du goitre que peut provoquer la consommation
fréquente de manioc non-trempé et mal-préparé. La
fermentation dans le cours d'eau favorise l'élimination du
« poison » de ces tubercules.
Assis devant la porte d'entrée, le vieux Lenga, friand de
la viande de gibier, attend de pied ferme le retour de son
épouse pour se régaler avec le « liboke à l'antilope »
préparé il y a deux jours, et mis à côté du feu pour garder
la chaleur nécessaire au bon goût.
En cette matinée du 30 juin 1960, les habitants
d'Inganda ont une sensation indéfinissable. Ils ont
l'impression que quelque chose d'important va se passer.
Mais quoi ? Ils n'en ont aucune idée. D'habitude, le trafic
routier est assez intense, fait des véhicules transportant
surtout des produits agricoles de l'intérieur de la province
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