Entre deux mondes

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Les rêves sont parfois plus tangibles que la réalité. Dans son sommeil, Alan est involontairement entraîné dans un monde parallèle fabuleux qui présente d’étranges similitudes avec sa vie. Le scientifique devenu chevalier traverse un Moyen-Âge irlandais onirique et découvre les trahisons qui menacent l’année 2043. Entre légende celte et manipulation politique, un roman qui s’installe admirablement à la croisée de deux univers en questionnant notre perception de la vérité. Entre deux mondes est le premier roman de Sabine Haubertin-Dalle.
Publié le : vendredi 17 juin 2011
Lecture(s) : 237
EAN13 : 9782304032468
Nombre de pages : 92
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Entre deux mondes


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Sabine Haubertin-Dalle
Entre deux mondes

Science-fiction



Éditions Le Manuscrit
Paris


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© Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-
2010
ISBN : 978-2-304-03246-8 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304032468 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-03247-5 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304032475 (livre numérique)
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Sabine Haubertin-Dalle




I



Une brume épaisse flottait au dessus de la
rivière. Le clapotis de l’eau contre le bois de la
barque résonnait dans le silence engourdi de
l’aube, et semblait vouloir réveiller les créatures
invisibles peuplant les berges. Tandis que le
passeur ramait d’un geste mécanique et
silencieux, Alan contemplait le château de Cahir
qui se dressait devant eux. Les imposantes tours
médiévales trouées de meurtrières ne
constituaient pas une menace. Bien au
contraire, la vision de cette architecture
guerrière ancestrale si solidement ancrée dans le
sol irlandais lui était familière et bienveillante,
comme ces anciennes maisons de famille que
l’on quitte avec joie et que l’on retrouve avec
bonheur des années plus tard.

Les deux hommes naviguaient sur la rivière
Shannon, qui traversait le village du même nom
puis s’écoulait au-delà des monts verdoyants en
un interminable ruban d’argent. L’aube blanche
dévoilait la beauté des plaines et des dômes,


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désertiques et magiques, parés de toutes les
nuances de vert que l’œil puisse déceler. Seuls
quelques rochers, et des moutons, rythmaient
l’immensité du paysage du comté de Tipperary.
Contournant le grand saule, ils empruntèrent
le bras de rivière qui menait aux douves. L’eau y
était d’une clarté irréelle. Le calme régnait lors
de ces premières heures du jour et Alan était
serein, tout au moins jusqu’au moment où il
aperçut dans l’eau l’une des créatures aquatiques
qui peuplaient les douves du château. La
lumière matinale dansait sur les écailles d’un
immense reptile couleur d’ambre, qui nageait
nonchalamment à cinq mètres sous la barque.
C’était une sorte de serpent à quatre pattes et à
la tête de dinosaure, qui devait faire dans les six
ou sept mètres de long. Alan sentit les
battements de son cœur accélérer, et sa gorge se
serrer. Des poissons hideux de toutes tailles se
croisaient, tandis que d’autres exploraient
d’anciens bouts qui jonchaient le fond. Aucune
plante aquatique ne semblait pouvoir croître
dans cette eau couleur de terre, et pourtant si
translucide qu’elle ne masquait rien du combat
pour la vie qui s’y déroulait depuis des siècles.
D’autres lézards bizarres allaient et venaient,
certains surgissant des berges percées pour
escorter paisiblement la barque. Le passeur,
imperturbable, ne cillait pas, et les gardes postés
sur le ponton côtoyaient ces créatures étranges
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sans y prêter la moindre attention. Une trêve
semblait avoir été déclarée ce matin-là, un pacte
de non-violence dans cette zone blanche aux
frontières du monde des hommes et de la
brutalité. La barque heurta le bois rongé du
petit ponton situé à l’arrière du château.

« Elle vous attend », lui dit en s’inclinant avec
respect l’un des deux gardes en faction.
Alan sauta prestement de la barque sur le
ponton grinçant. Les avant-bras recouverts de
cottes de maille des deux hommes se heurtèrent
fraternellement. Alan franchit une porte basse,
traversa d’un pas rapide la grande cour pavée, et
poussa la lourde porte du donjon de Victoriane.



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