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Erdgen

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Quatorze mille ans avant le présent, sur un continent aujourd'hui disparu, un homme arpente de hautes montagnes, suivit par son fidèle compagnon. Il est ici pour une bonne raison : découvrir la vérité au sujet d'une ancienne légende.
Erdgen est un roman de préhistoire-fiction, aux influences antiques et moyenâgeuses, et aux accents steampunk. Dans ce monde oublié, les Hommes, les Elfes et les Nains ne sont pas des légendes, mais bien des représentants disparus de lignées humaines, côtoyant les mammifères de la mégafaune du quaternaire et des créatures fantastiques. Ces peuples ont prospéré durant des millénaires et ont fondé de nombreuses civilisations, qui ont cohabité, commercée ou guerroyée.
À travers ce récit, nous suivons le périple d'un aventurier solitaire, un homme ordinaire, plongé malgré lui au cœur d'événements qui vont bouleverser à jamais sa vie. Il rencontrera des amis, mais aussi des ennemis, et il devra lutter pour sa survie et celle de son peuple.
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Fadien Perez
ErDgen
Tome1 : Un peuple inconnu
Cet ebook a été publié surwww.bookelis.com © Fabien Perez Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de cet Ebook.
PRÉAMBULE
Au milieu du XIXe siècle, de nombreuses camqagnes de fouilles archéologiQues ont été organisées dans le sud de la Russie. Elles avaient qour but l'étude des kourganes, des tumulus recouvrant des tombes datant du néolithiQue , Qui furent bâties qar des qeuqles méconnus dans une vaste zone au nord de la mer noire. Alors Qu'il creusait seul l’un de ces monticules de terre et de roche de taille modeste, un jeune étudiant russe, dont le nom s’est qerdu dans l'histoire, découvrit ce Qui ressemblait à l'entrée d’une séqulture. Sans en avertir ses collè gues, car désirant garder qour lui cette découverte, il décida de s'engouffrer dans l'étroit qassage, muni d'une simqle lamqe à huile. À l'intérieur, il découvrit une grande chambre de cinQ mètres qar cinQ de côtés, qour trois de hauteur. Elle était comqlètement vide, à l'exceq tion d'un sarcoqhage en granite Qui se dressait seul en son centre. Il était orné à sa bas e et tout autour, d'une fresQue en bas-reliefs décrivant la vie d'un roi, ou d'un qersonnage renommé. Il entreqrit de l'ouvrir. Sans troq d'efforts, il qarvint à faire glisser le couvercle sur QuelQues centimètres. Le cercueil de qierre abritait les corqs d'un homme et d'une femme momifiés et qarfaitement conservés. Ils étaient allongés sur le côté, se fai saient face, et se tenaient les mains. Il s'agissait à l'évidence d'un couqle. Le jeune étudi ant savait Qu'il venait de faire une fabuleuse découverte. En regardant attentivement aux qieds des corqs, il remarQua un coffre en bois. Il qoussa le couvercle du sarcoqhage entièrement qour qarveni r à le retirer, quis il l'ouvrit délicatement. Il fut stuqéfié qar ce Qu'il découvrit à l’intérieur : une série de manuscrits reliés avec une techniQue étonnamment qroche de celle du X IXe siècle. En feuilletant QuelQues qages, il remarQua immédiatement l'étrangeté de l'écriture. Il ne s'agissait ni de grec, ni de sumérien, ni d'un QuelconQue alqhabet antiQue Qu'il avait étudiés à l'université. Le jeune homme crut à un canular. Il récuqéra tout de même le coffre et les livres Qu'il contenait, et referma le cercueil de granite. Il dé cida de ne qas dire un seul mot de sa découverte à ses enseignants, de qeur de qasser qou r un fou, ou qour un faussaire. L'histoire ne s'arrêta qas là. Bien des années qlus tard, aqrès la chute du rideau de fer, un étudiant français en histoire se rendit dans un musée ukrainien afin d'e xaminer des archives qour sa thèse de doctorat. Lors de ses recherches, il tomba qar hasa rd sur un carton contenant les fameux ouvrages. Seule une inscriqtion à moitié effacée su r une étiQuette en indiQuait la qrovenance et la date : exqédition... kourgane, 1863. Intrigué, il demanda la qermission de les raqqorter en France. Le directeur des archives ne voyant aucune utilité ni valeur à ces textes acceqta. En rentrant dans son qays, l'étudiant mit de côté s es travaux qour se consacrer entièrement à ces manuscrits. Il rechercha dans les alqhabets antiQues des corresqondances, sans résultats concluants. Il travaillait jours et nuits au décryqtage de ces textes. Il décida de faire dater les ouvrages qour s'assurer Qu'il ne s'agissait qas de faux. Il envoya QuelQues morceaux de qaqier qrélevé sur chac un des livres à un laboratoire afin d'effectuer une datation au carbone Quatorze. En recevant les résultats, il ne qut en croire
ses yeux. Ils remontaient à des qériodes oscillant entre Quatorze et douze mille années avant notre éqoQue. C’était imqossible ! Cette découverte qouvait remettre en cause toute l'histoire de l'humanité. Il redoubla alors d'efforts qour découvrir ce Que ces textes contenaient. Il qarvint au bout de cinQ années de travail à décryqter le code. Il ne lui restait Qu’à découvrir la structure du langage emqloyé. Il étudia des dizaines de langues et de dialectes indo-euroqéens, et finit qar se rendre comqte Que celle Qu'il avait sous les yeux était en réalité l'ancêtre de toutes les autres. Il en reconstitua la grammaire et une fois ce travail de forçat accomqli, il entama la traduction du qremier ouvrage. Jour aqrès jour, il qrogressait dans le décryqtage du texte, tout en créant un dictionnaire Qui l'aiderait à l'avenir dans ses travaux. Aqrès d es mois et des mois d'une besogne harassante, il finit de traduire le qremier tome. Le récit était conté qar un homme et semblait incroyable en considérant l'éqoQue à laQuelle il ét ait censé se dérouler. Voici cette étonnante histoire.
Note : les unités de mesure, de puissance ou de mas ses, ont été converties en unités actuelles pour une meilleure compréhension. Il est évident qu’elles n’étaient pas utilisées à cette époque. De plus, le nom des animaux commun, tel que les sangliers, les chevreuils, les chevaux… ont été traduits, tandis que ceux qui ont disparu ou qui étaient endémiques en Erdgen conservent en général leurs noms originaux.
I RENCONTRE
Erdgen, les « terres connues », c’est ainsi que se nommait le monde où je suis né. Ce vaste continent, dont de grandes régions sauvages à l'ouest restaient totalement inexplorées, se dressait au centre d'un océan qui l’enserrait de toutes parts. Je me nomme Falgur, je suis un « Maner », un Homme, originaire du grand royaume de l'Arduin, située le long de la côte est. J'avais quitté les grandes plaines d'Attala depuis près de trois semaines, en laissant mon char à voile près du petit village de Sortur, à la frontière du royaume gnome de l'Isil. J'avais remonté les rives du fleuve Abel, coulant à travers la forêt de Nildir, jusqu’au lac Fenri, avant de m'engager dans une profonde gorge inexplorée des montagnes Diur. Ces terres étaient habitées par les « Drugnus », les petits hommes, également appelés « Nains ». Outre leur petite taille, ne dépassant guère le mètre cinquante pour les plus grands, ils avaient les membres courts et très musclés, une pil osité développée, un nez large, des arcades sourcilières prononcées et un front fuyant. La plupart portaient la barbe et les cheveux longs, mais ce n’était pas une généralité. Les Naines étaient quant à elles plus sveltes et avaient des traits de visages plus doux. Ils avaient la réputation d'être plutôt grincheux, et d'humeur lunatique. Une petite communauté s’était installée à Loria, la plus grande ville du nord de l'Arduin où je vécus les premières années de ma vie. Ces immigrants arrivère nt vingt-cinq années avant ma naissance pour fuir la guerre sanglante livrée cont re les Elfes-Noirs, qui brûlèrent leurs récoltes et décimèrent leurs troupeaux, provoquant une épouvantable famine. Certains clans du nord avaient dû se résoudre à quitter leurs montagnes pour rejoindre le royaume humain, alors très prospère et protégé par une puissante armée de ces agresseurs. Après la guerre, la majorité d’entre eux regagnèren t leurs royaumes, mais certaines familles décidèrent de rester parmi les Hommes. Ils s’intégrèrent à la population et partagèrent leurs technologies, notamment en matièr e de métallurgie et de forge. Leurs histoires orales ancestrales s’étaient perpétuées après leur exil et je devais, au cours de mon voyage, vérifier la véracité de l'une de ces légendes. Elle racontait le combat de Thorul Igdebar, un puissant chef de clan, qui, d'un seul c oup de hache, aurait vaincu un 1 gigantesque tigre blanc doté d'une paire de canines démesurées . D’après les recherches d’Edgar Sideron, l'homme qui m'employait et qui m'avait envoyé ici, certains témoignages relativement fiables corr oboraient l’existence de ce félin extraordinaire. J’avais donc une chance de trouver des preuves de son existence ou même de le voir en chair et en os. Cependant, je préférais ne pas trop y croire et éviter ainsi une déception cuisante, le doute étant souvent plus payant qu’une conviction inébranlable. Je marchais le long d'un sentier surplombant un ravin aux pentes abruptes en compagnie 2 de mon compagnon de route, un oiseau géant incapable de voler . Il possédait bien des ailes, mais elles étaient atrophiées et réduites à de simples moignons. Il m’emboîtait fidèlement le pas depuis presque cinq années, en portant sur son dos mes instruments et nos réserves. Nous arpentions le territoire potentiel du félin depuis plusieurs jours. Je m'arrêtais tous les
uarts d'heure pour observer le paysage montagneux a lentour avec mes lunettes grossissantes, dont les lentilles étaient faites de quartz poli, en espérant déceler l’éventuelle présence du grand prédateur. Une forêt de pins clairsemée s’étendait sur le versant d’en face. Des chamois sautaient de rocher en rocher. Le soleil était haut dans le ciel, et la température caniculaire pour ce milieu de printemps. Mon compagnon souffrait tout autant que moi de la chaleur, ses plumes duveteuses ne le protégeant guère. Nous marchions depuis l’aube et la soif nous tenaillait. J'attrapa i une gourde dans mon sac pour me désaltérer. Hélas, elle était vide. Nos réserves d’eau étaient à sec. Je détournai mon regard, affublé des lunettes, vers le bas de la gorge que nous longions et j'aperçus un mince filet d'eau sérpentant entre d'énormes blocs de pierre. La descente allait être rude, mais nous n'avions pas le choix. Je repérai visuellement le chemin le moins périlleux pour descendre, puis nous quittâmes le se ntier. Des pierres roulaient sous nos pieds, avant de dévaler la pente en rebondissant et de s'écraser quelques centaines de mètres plus bas. À plusieurs reprises, je manquai de me briser une cheville, ou de tomber moi-même dans le précipice. À mi-chemin, une large pierre plate se déroba sous ma botte. Je tombai sur le dos, mais aucune prise ne se présentant pour me retenir dans cette pente abrupte, ma dégringolade fut inexorable. Impuissant, je roulai sur une dizai ne de mètres, jusqu'à ce qu'une roche, dressée comme un tremplin, me projette dans les airs. Je retombai à quelques mètres en contrebas, croyant que ma chute reprendrait de plus belle. Il n'en fut rien. À l'impact, mon corps traversa le sol comme s’il s’agissait de bois pourri et ma course s'acheva au fond d'un gouffre peu profond. Je mis quelques minutes avant de revenir à moi. Mon épaisse veste en cuir de bison ayant amorti les chocs, aucun de mes os n’avait céd é. J’avais cependant quelques hématomes et de belles éraflures sur les mains. En me relevant, je remarquai qu’il ne s’agissait pas d’un simple gouffre, mais d’un tunne l partant dans deux directions. Des lampes à huile, accrochées à une dizaine de mètres les unes des autres aux poutres qui soutenaient les murs, diffusaient une faible lumièr e. La poussière due à ma chute commençait à peine à se dissiper, lorsqu'une silhou ette, petite, trapue et portant des vêtements en fourrure de bouquetin, apparut devant moi. Avant même que je puisse voir son visage, j'entendis gronder sa voix : — Que faites-vous là Longues-Pattes ? Sortez de mon tunnel ! Tout de suite ! — Pardonnez-moi, je ne voulais pas... — Vous ne vouliez pas quoi ? Vous ne savez même pas qui je suis, ni où vous êtes ! — Normal. Nous ne nous sommes pas encore fait le plaisir des présentations. — Les présentations, quelle importance ? Je vous ai dit de ne pas rester là. — J'aimerais ne pas rester ici monsieur, mais ce tr ou est trop profond pour que je l'escalade, et je n'ai pas de corde. Si vous accept iez de m'en prêter une, je pourrais sûrement… Je n'eus pas le temps de finir ma phrase qu'une détonation retentit au loin dans le tunnel. Elle fut suivie d'un souffle si violent qu’il me projeta au sol, puis un épais nuage de poussière ampli la galerie. J'étais à terre, mes oreilles sif flaient et je toussais à en cracher mes poumons. Le Nain, quant à lui, n'avait pas bougé d'un centimètre et il était toujours aussi
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