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Escale à Brazzaville

De
184 pages
Une jeune fille part à la découverte de la ville de son père, Brazzaville. Au-delà de l'histoire coloniale, elle découvre une capitale littéraire qui fut qualifiée par certains de "quartier latin d'Afrique". Il s'agit d'un voyage initiatique qui permet à cette jeune Parisienne de se frotter à une culture étrangère dans laquelle on ne se mouche pas en public et où enlever ses crottes de nez devant les autres n'a rien d'impoli. En un mot : le choc des cultures.
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Gaston M’bemba-Ndoumba
Escale à Brazzaville
Escale à Brazzaville
Roman
Ecrire l’Afrique Ecrire l’Afrique
Escale à Brazzaville
Écrire l’Afrique Collection dirigée par Denis Pryen
Romans, récits, témoignages littéraires et sociologiques, cette collection reflète les multiples aspects du quotidien des Africains.
Dernières parutions
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Gaston M’BEMBA-NDOUMBA
Escale à Brazzaville
Roman
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Ces Noirs qui se blanchissent la peau : la pratique du « maquillage » chez les Congolais. L’Harmattan, Paris 2004. Les Bakongo et la pratique de la sorcellerie : ordre ou désordre social. L’Harmattan, Paris 2006. La femme, la ville et l’argent dans la musique congolaise : regard sociologique sur l’imaginaire urbain. L’Harmattan, Paris 2007. Un coup de théâtre : histoire du théâtre congolais. L’Harmattan, Paris 2008. La folie dans la pensée Kongo. L’harmattan, Paris 2010. Ma première colo. Ed. Bénévent, Nice 2010. Transports urbains publics et privés au Congo : Enjeux et pratiques sociales. L’Harmattan, Paris 2010. La Gare d’Austerlitz dans les yeux d’un Africain, Ed. Bénévent, Nice 2011. L’École d’expression française en Afrique : Histoire inachevée de domination et d’émancipation sociale. L’Harmattan, Paris 2012. Mes toutes premières règles. Ed. Bénévent, Nice 2012. L’Écureuil de Montréal. Ed. Bénévent, Nice, 2012. Sociologie de la chanson congolaise : cours expérimental sur la Rumba congolaise. L’Harmattan, Paris, 2013. Nous sommes des enfants de France. L’Harmattan-Congo, Paris, 2014. Naître, vivre et mourir en pays Kongo. L’Harmattan, Paris, 2016.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-10384-6 EAN : 9782343103846
À Gloria et Claire.
I
Les vacances d’été sont terminées. Nous sommes en septembre et l’année scolaire vient de commencer. Je suis en classe de seconde au lycée BUFFON dans le quinzième arrondissement de Paris. L’établissement est réputé très élitiste. Il va falloir travailler dur pour passer en première. Les choses sérieuses commencent, car de mon travail de cette année dépendra l’option que je choisirai en première. Mon choix devra se faire entre les séries scientifique, économique et sociale ou littéraire. Nous n’en sommes pas encore là pour l’instant.
Lors de son premier cours, la professeure de français, Madame NAGASAKI PARK nous a demandé, en dehors des contrôles réguliers que nous aurons pendant l’année, de travailler indivi-duellement sur un thème de notre choix. Le résultat de ce travail sera présenté sous forme d’exposé au printemps prochain. Il ne faut pas attendre le printemps pour commencer les recherches, a martelé notre Professeure. C’est la première fois que je vais travailler seule sur un thème. Au collège, nous avions l’habitude de faire ce type de travail en groupe, y compris l’exposé, et nous recevions une note collective. Mais cette fois-ci c’est d’un travail individuel qu’il s’agit, un travail totalement différent. L’appré-hension et le doute commencent à s’installer chez moi, mais je ne suis pas la seule à redouter ce travail complexe et difficile. Je sens monter chez de nombreux condisciples une tension palpable.
La semaine suivante, au cours de français, Madame Nagasaki PARK est revenue sur le travail thématique. Elle nous a demandé
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si nous avions réfléchi sur la question et si chacun avait trouvé un thème pour le travail demandé. Le cours fut particulièrement animé et la professeure fut obligée de rassurer les élèves en précisant à nouveau ce qu’elle attendait de nous. Dans l’ensemble chaque élève avait déjà retenu un thème. Madame PARK nous avait donné carte blanche sur le choix des sujets.
Pour le lecteur, une parenthèse s’impose à moi afin de lui présenter cette professeure atypique, à la fois brillante et mystérieuse, cette professeure charismatique qui nous impres-sionnait tant. Qui était donc Madame Nagasaki PARK ? Au lycée personne ne connaissait vraiment son histoire. Son passé est sujet à toutes les spéculations. Ce qui est sûr, c’est que personne n’ignore ses origines asiatiques. Elle s’appelle Nagasaki, car elle serait née dans la banlieue de la ville de Nagasaki au Japon le 9 août 1945 à 11 h 1, le jour même où les Américains larguèrent la deuxième bombe atomique sur cette ville, après celle lancée sur Hiroshima, le 6 août de la même année. La bombe atomique avait fait près de 75.000 morts dans la ville de Nagasaki. On raconte que sa mère était japonaise. Cette dernière avait perdu toute sa famille lors du bombardement de la ville de Nagasaki en 1945. La mère de Madame PARK est restée orpheline après la mort de ses parents. Le nom de PARK serait celui de son père, un marine américain, pilote d’avion de chasse, qui faisait partie des bataillons américains établis sur la base militaire située sur l’île d’Okinawa. Il a participé aux bombardements des forces militaires pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme beaucoup d’autres militaires, à la fin de la guerre il était reparti aux États-Unis sans laisser d’adresse. Lorsque Madame PARK est née, sa mère était encore jeune, elle devait avoir dix-neuf ou vingt ans. Madame Park était le fruit de l’unique acte sexuel que sa mère avait eu avec un homme. Ce qui, selon la légende, faisait d’elle une enfant de l’amour.
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À la fin de la guerre et durant toute sa vie, sa mère a essayé de retrouver les traces de cet amour d’un soir, mais en vain. Madame Nagasaki PARK a elle-même fait des recherches pour tenter de retrouver son père, et là aussi ses investigations sont restées infructueuses. Elle s’est même rendue aux États-Unis où elle a enseigné quelques années à New York. On ne sait pas pourquoi elle a choisi de s’établir en France, mais surtout d’avoir osé la gageure d’enseigner le Français aux jeunes Français, dans une langue qui n’est pas sa langue maternelle. C’est d’ailleurs la preuve qu’il ne suffit pas simplement d’être « l’enfant d’une langue » pour en avoir la maîtrise. Quoi qu’il en soit, la vie de cette dame est entourée d’un grand mystère. Elle n’en parle jamais. Elle n’est pas mariée et n’a pas d’enfant. Elle est polyglotte, agrégée de Lettres modernes et docteur en philosophie. Elle enseigne dans ce lycée depuis une dizaine d’années. Elle est appréciée des élèves et de ses collègues. Elle fait beaucoup travailler les élèves. C’est une excellente formatrice. Tous les élèves qu’elle a enseignés ont obtenu le baccalauréat de français avec mention. C’est une référence en la matière. Pour revenir au thème de recherche, j’ai choisi de travailler sur la littérature congolaise. Il y a longtemps que je souhaitais travailler sur ce sujet, car, depuis mes vacances au Congo, il y a deux ans, je me suis lancée dans une collecte d’informations sur l’évolution de cette littérature, des origines à nos jours. Madame Nagasaki PARK fut intéressée par l’originalité de mon sujet. Elle me conseilla, pour une meilleure visibilité de faire précéder mon exposé d’un chapitre introductif sur la littérature africaine. Son idée me parut à la fois intéressante et excitante, car j’avais peur de ne pas disposer d’assez de temps pour être prête au printemps.
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