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ssise sur un petit banc en bois que son père avait d’abAoyer derrière la maison.C’était la première fois qu’ils fabriqué pour elle et qu’elle affectionnait,Essola se demandait bien pourquoi ses deux chiens ne cessaient agissaient ainsi.Au début elle ne fit pas attention alors qu’elle râpait en chantant les amandes grillées qui allaient, avec du poulet fumé et des ignames, constituer le repas du soir. Puis elle se rendit compte que sa voix n’arrivait plus à couvrir les aboiements de plus en plus bruyants. «Caboche etBlança-t-elle dans leTaisez-vous ! », abouche ! vide alors qu’elle ne les voyait pas. « Que se passe-t-il ? Pourquoi aboient-ils comme ça ? » Essola se retourna et vitEffire, sa mère, qui se tenait debout devant la porte.Elle ne semblait pas aller mieux.Elle tenait d’une main ferme son pagne contre sa poitrine, pagne qu’elle n’avait certainement pas eu le temps de nouer. « Maman, tu es réveillée ? » «Comment veux-tu que je dorme avec tout ce bruit.Ces chiens ont quoi ? », dit-elle doucement. « Je ne sais pas. Ils aboient comme ça depuis tout à l’heure. Pourtant ils ont mangé. » «Fais les taire s’il te plaît. J’ai toujours très mal à la tête et le bruit qu’ils font ne m’aide pas. » Sur ces motsEffire se retira.Essola se leva, abandonnant momentanément ses amandes. Lorsqu’elle fit le tour de la maison, elle assista à une scène qui lui parût quelque peu étrange. Les deux chiens étaient assis devant l’arbre qui se trouvait au milieu de la cour arrière commune. Ils avaient les poils du dos hérissés, manifestement irrités par quelque chose qui s’y trouvait. « Qu’est-ce qui se passe ici ? Pourquoi vous aboyez comme ça ? », dit-elle en s’approchant. La vue d’Essola sembla énerver de plus belle les chiens. Ils se levèrent et aboyèrent deux fois plus fort en contournant l’arbre.Essola les observa un moment et pensa à une poule ou encore à un chat qui avait du se loger sur une des branches pour leur échapper. « Mais qu’est-ce qui vous arrive ? Qu’est-ce qu’il y a dans cet
arbre, hein ? » En disant cela,Essola s’approcha et se positionna sous les branches pour voir ce qui irritait les chiens. La nuit commençait à tomber mais il y avait encore suffisamment de lumière pour qu’elle se rende compte qu’il n’y avait rien sur l’arbre qui pouvait expliquer pourquoiCaboche etBabouche étaient dans cet état. « Mais il n’y a rien ! », dit-elle en regardant les chiens qui s’étaient calmés.Alors qu’elle s’apprêtait à s’éloigner, une odeur fétide agressa ses narines.Elle se pinça fortement le nez quand tout à coupCaboche etBabouche détalèrent en poussant des sons de détresse.Essola eut l’impression qu’ils avaient vu le diable lui-même. « Mais qu’est-ce qui sent mauvais comme ça ? », lança-t-elle. Aussi rapidement qu’elle était arrivée, cette odeur nauséabonde se dissipa dans l’air. La nuit était tombée et tout ceci avait retardéEssola dans ses tâches.Elle n’avait pas encore mis la lumière dans la maison et aux alentours.Elle se dirigea vers le poulailler et en verrouilla les portes. Rapidement, elle retira le linge qui avait été déposé à sécher sur la corde le matin même par sa mère.C’est d’ailleurs à ce moment que cette dernière s’était sentie mal.Elle était alors allée se coucher pour ne ressortir de la maison que dérangée par les aboiements deCaboche etBabouche. Après avoir rentré le linge et les bancs,Essola se hâta de finir de préparer le repas pour son père qui n’allait pas tarder à rentrer des champs où il passait la journée. Une fois le poulet fumé et les ignames sur le feu, elle décida de prendre rapidement son bain.Elle était contente car elle avait réussi à rattraper le temps qu’elle avait perdu à cause de ces deux stupides chiens.En passant devant la porte de la chambre de sa mère qu’elle pensait endormie,Essola l’entendit gémir. Lorsqu’elle poussa la porte, elle trouva sa mère en nage et fébrile.Elle s’assit près d’elle et lui toucha le front. « Maman, mais tu es brûlante? »Elle courut à la cuisine, versa de l’eau dans une casserole et retourna au chevet de sa mère.A l’aide d’un gant,Essola lui essuya le front, puis le cou afin
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d’essayer de la refroidir en attendant l’arrivée de son père. Lui au moins saurait quoi faire. «Essola…», murmura la mère. « Maman ! » «Essola …», murmura encore la mère. « Maman! », répondit-elle. « Je vais partir…ils m’ont eu... » « Maman qu’est-ce que tu racontes, je ne comprends pas ! » « Les chiens…les chiens les ont vus…l’odeur...c’était eux. » « Mais eux qui maman ? Les chiens ont vu qui ? » « Il faut couper cet arbre… tu m’entends ! » Essola ne comprenait rien à ce qu’essayait de lui dire sa mère. Elle ne sut quoi répondre. « Il faut brûler cet arbre ! », insista la mère en lui serrant l’avant bras. « Oui ! », dit-elle finalement sous la pression. « Je vais chercher papa Mba. » «Ce n’est pas la peine. Je ne vais pas guérir. » « Mais qu’est-ce que tu dis Maman ? Il ne faut pas parler comme ça ! » « Il faut être forte ma fille.Ce qui arrive était prévu.C’est ainsi que les choses doivent se passer. » Les yeux d’Essola se remplirent de larmes lorsqu’elle entendit sa mère parler ainsi. « Maman, ne parle pas comme ça ! Tu me fais peur. », dit-elle en sanglotant. Puis soudain le regard d’Effire se figea.Elle écarquilla brutalement les yeux. « Maman ! Maman ! », criaEssola en la secouant aussi fort qu’elle le pouvait pensant que cela allait changer le cours des choses. « Maman ! Qu’est-ce qu’il y a ? Maman ! Parle-moi ! » Effire ne répondit pas.Elle était effrayée. On aurait dit qu’elle voyait la mort. Tout d’un coup,Effire expira bruyamment.Elle rendit l’âme dans les bras de sa fille.Essola tenta de la ramener à la vie en la secouant, mais rien n’y fit.Elle poussa alors un cri strident de désespoir qui alerta les voisins. Tout ce qui suivit s’enchaîna rapidement. Lorsqu’elle reprit ses
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esprits, sans pourtant le souvenir d’avoir perdu connaissance, Essola se rendit compte qu’elle était allongée sur son lit. Tout autour d’elle tournait. Sa tête lui faisait mal, très mal et elle essaya de se souvenir de ce qui venait de se passer.Elle se souvint qu’elle avait tenu sa mère dans ses bras.Elle se souvint qu’elle avait rendu l’âme.Elle crut pendant un court instant qu’il s’agissait d’un cauchemar mais elle entendit la voix de son père et de ses oncles assis au salon qui parlaient des funérailles. Essola se leva et s’approcha de la porte.Elle l’entrouvrit et put apercevoir son père, qui était visiblement peiné.Elle ne se souvenait pas du moment où il était arrivé à la maison.C’est alors qu’elle se rendit compte qu’elle avait réellement du s’évanouir à un moment donné.Elle ne s’expliquait pas comment elle était arrivée sur son lit. Il y avait papa Mba, son grand père paternel. Papa Mba était un homme d’une grande sagesse et aussi le chef du village. Il était très respecté de tous même si quelquefois il lui était reproché des décisions arbitraires. Papa Mba avait beaucoup d’affection pourEssola et elle le lui rendait bien. Il y avait également sa grand-mère :Asong Nze.C’était une petite femme sèche et autoritaire qui avait une ascendance incroyable sur son chef de village de mari. Les villageois aimaient dire que c’était elle le véritable chef de village.Cela se vérifiait de plus en plus par certaines des décisions de papa Mba qui allaient à l’encontre de ce qu’il prônait et de ce qu’il avait toujours été.Elle reconnut ensuiteAtsameElang, la seconde épouse de son père, ses trois tantes, les sœurs de son pèreAngone,Befole etEyang, puis quelques notables. Alors qu’elle parcourait, cachée derrière la porte, le visage de chacune des personnes présentes, les propos qu’avait tenus sa mère juste avant de mourir lui revinrent. Jusque là, elle ne les comprenait pas. « Il nous faut l’enterrer rapidement.Demain si c’est possible.», dit l’un des notables. « Non. Il nous faut d’abord prévenir sa famille. On ne peut pas l’enterrer comme ça. Ses frères et sœurs doivent être avertis. » « Mais le corps ?Comment va-t-on conserver le corps ? Il n’y a
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