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L’homme tatoué est mort. Enfin !

Les uns regardent, impassibles, ils sourient.

Les autres ne savent pas pourquoi, mais ils ont presque froid. Et le reste des policiers se contentent d’être désolés. Mais cela ne change rien à l’affaire. Un homme a été tué !


L’homme tatoué n’est pas un homme comme les autres. Ses tatouages ne sont pas des offenses envers ce peuple incrédule. Ce ne sont que ses vêtements à lui. Là d’où il vient, c’est ainsi. Il était venu retrouver un frère, une mère, un père, mais ils ne l’avaient pas reconnu !

Et ainsi, sans plus de considérations, dans le froid et l’indifférence d’un horrible matin de novembre 1975, l’homme tatoué est mort.

Cette affaire pourrait être la fin d’un sordide mais finalement très banal fait divers anglais.

Une affaire sans grande importance, et qui ne ferait la une des journaux locaux que quelques jours.

Mais il n’en est rien. Bien au contraire !

Cet évènement n’est que le prélude d’une très, très, très longue histoire qui ne fait que commencer.

En fait, elle a débuté vingt-cinq ans plus tôt et ne s’achèvera qu’en 2399.


Publié le : dimanche 1 janvier 2006
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 2952597030
Nombre de pages : non-communiqué
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Chapitre 2 : Etranges impressions Nous sommes au mois d’août 1950. Il fait très chaud en cette fin d’après-midi sur la campagne anglaise. Clive Martin avance lentement sur un petit chemin de terre près de Briscarghton, dans le Summerland. Il titube un peu, tombe, se relève ! Sans doute l’alcool et la chaleur ne font-ils pas bon ménage. Il tente de rejoindre la grande route qui mène à la ville. Il est heureux, sa femme vient d’accoucher. Et quoi de plus beau de que découvrir non pas un, mais deux bébés. Et puis, en plus, lorsqu’il s’agit de garçons, c’est tout simplement un véritable miracle. Enfin, c’est ce que Clive pense. Les deux garçons sont magnifiques. Comme tous les bébés le sont pour leurs parents, bien sûr. Cependant, il faut bien l’avouer, ils sont très, très, très beaux. Sharon a accouché à la ferme. Car elle et son mari n’ont pas eu le temps d’aller à l’hôpital. La voiture n’a pas voulu démarrer. Et prendre la charrette et les chevaux, c’était risqué. C’était à coup sûr provoquer l’accouchement sur le bord du chemin. Et ça, il n’en était pas question. Clive est allé cher-cher sa belle-mère et c’est elle qui a mis au monde les deux bambins. Le premier a été appelé Ted, le second, John. Clive veut annoncer la bonne nouvelle à ses copains. Et il est donc en route pour le pub « Le Lion du Roi » qui se trouve à l’entrée de Briscarghton. Clive Martin est un homme d’un mètre soixante-quinze. Il a la peau brune des gens du Sud. Pourtant, ses parents sont originaires du West-End de Londres depuis des géné-
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rations. Il a de grands yeux bleu très clair, une cheve-lure blonde généreuse et un visage accueillant mais ferme. Sa femme Sharon fait un mètre soixante-dix-huit. Elle est brune, et a cette complexion de peau typique des Anglaises de la région ; très claire. Elle est assez jolie et a su rester féminine, malgré le travail de la ferme. Clive est déjà saoul lorsqu’il arrive au pub. C’est normal, il vient d’avoir deux enfants. Et puis, c’est la tradition anglaise. Il a donc beaucoup bu avec son beau-père, juste après l’accouchement, même si la bière brune d’Irlande coulait à flots dès le début du labeur ! Tous ses camarades sont là. Et Clive offre des tournées, des tournées, des tournées. Pensez-vous. Deux garçons d’un coup ! Ça se fête, non ? Le retour à la ferme sera difficile. Il lui faudra même quelques heures. Car il se sent mal. Il se sent même très mal. Clive s’arrête et se pose lourdement sur un tas de pierres qui borde un champ. Il sent son corps se ramol-lir, s’assouplir, se détacher de son âme. Il somnole, il n’est pas au mieux de sa forme. Il divague. Il sent la bière lui remonter le long du gosier ! Il a trop bu, bien sûr. Et la sensation n’est vraiment pas agréable. Le lendemain après-midi, Clive surveille les bébés. Sa femme vient de les allaiter et elle se repose à présent dans leur chambre. Ted et John vont dormir au moins deux heures. Clive le sait. Il a regardé les deux bébés et ils dorment paisiblement. Clive est lui aussi, très fati-gué ; la séance au pub l’a épuisé. Il va dormir quelques heures, comme Sharon, comme Ted et comme John. La ferme est calme. Les parents de Sharon sont rentrés se reposer chez eux. Enfin ! Et quant aux parents de Clive, ils arriveront dans la soirée. Il fait doux sur le Summerland cet après-midi-là. Un temps idéal pour faire la sieste sous les pommiers en fleurs, près
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de la rivière qui coule calmement au fond du jardin, ou encore, en compagnie des grands chiens du domaine qui sont heureux de la présence humaine. Une journée calme, une journée délicate, une journée inoubliable, aussi. Clive s’est éveillé. Il aperçoit d’étranges formes autour de lui. Il voit des morceaux de peau qui lui ressemble, puis d’énormes parcelles transparentes lui tourner autour. Est-ce une farce ? Quelqu’un aurait revêtu une combi-naison qui laisserait passer la lumière. Quelle blague ! Il trébuche en essayant d’attraper l’une des formes qui l’encerclent. Il tombe à terre. Il rigole bêtement. Il est sur le dos. Il ouvre les yeux, un peu, pas beaucoup, les re-ferme. Il ressent une présence. Elle n’est pas désagré-able, tout au plus un peu incommodante car impalpable, secrète, imprécise. Clive ressent une douleur au poignet. Il se frotte un peu et découvre une légère bosse. Il s’est cogné. Mais tout ceci est tellement vague qu’il s’en dé-sintéresse aussitôt. Il nage entre l’imprécision d’un état éthylique, le bonheur de sa nouvelle paternité et l’envie de saisir l’une de ces étranges formes qui l’enveloppent. Il perd peu à peu pied. Il voit ses camarades. Il les en-tend le féliciter. Il les perd eux aussi. Il revoit sa femme lui sourire, les bébés crier, sa belle-mère en train de pleurer puis son beau-père, reversant de la bière à tout le monde ! Pourtant, il n’est pas saoul. Ça, c’était hier ! Non ? Qu’est-ce que tout cela veut dire ? Dehors, les pommiers se sont agités, la rivière semble être devenue un torrent et les grands chiens ont aboyé. Pourtant, tout est calme. Est-ce le calme qui précède les moments douloureux ? Peut-être, Clive et sa femme vont le découvrir dans un instant. Car, comme la vie sait tout donner, la vie peut aussi, tout reprendre.
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