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Fantômes en exil

De
296 pages
Fin novembre 1918, Raymond est le seul survivant des trois jeunes Cht'imis, agés de 17 ans, qui avaient, l'été 1914, rejoint Paris à bicyclette pour s'engager dans les troupes combattantes afin de délivrer leurs familles restées dans le Nord. Aucun des deux ne revit ses parents. Raymond, lui, est vivant, mais il n'est pas sorti indemme de la Grande Guerre. Démobilisé, le jeune lieutenant d'artillerie de campagne s'embarque pour le bout du monde afin d'oublier ses années de guerre et leurs fantômes. Dans ce nouveau livre, nous l'accompagnerons jusqu'en 1929, pour vivre avec lui ses trépidantes aventures dans l'outback australien. Il y connaîtra successivement l'échec puis le succès, l'amour et le drame, la pauvreté puis la fortune, toujours à l'allure du galop de charge d'un puissant étalon...
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Urban JEAN
Fantômes en exil Roman
Les impliqués É d i t e u r
Fantômes en exil
Les Impliqués Éditeur Structure éditoriale récente fondée par L’Harmattan, Les Impliqués Éditeur a pour ambition de proposer au public des ouvrages de tous horizons, essentiellement dans les domaines des sciences humaines et de la création littéraire. Déjà parus Verdol (Joëlle), Verdol (Philippe),La voie de la fusion, essai, 2016. Chaput (François),Hier encore, récit, 2016. Legayet (Alexis),Le greffon sacré, roman, 2016. Mfouakouet (Léopold),Comment (ne pas) géophilosopher. Ou l’art d’imaginer Sisyphe heureux, essai, 2016. Konga Wanguwa (Désiré),La province du Nord-Ubangi et ses potentialités, essai, 2016. El baroudi (Saïd),Voler un sourire à son ombre, essai, 2016. Verdol (Joëlle),La méthode DPR, essai, 2016. So (David Landry),Souvenir d’un passé récent, témoignage, 2016. Cichalewska (Iwona),L’émoi et moi, essai, 2016. Melliti (Rosa),Terre de bien-être pour la femme africaine, essai, 2016.
Ces dix derniers titres de ce secteur sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site : www.lesimpliques.fr
Urban JEANFANTOMES EN EXILRoman
Les impliqués Éditeur
Du même auteur Bison Rouge Ainsi s'en vont les Héros Ce livre est une oeuvre de fiction. Les évènements, les personnages et les noms résultent de l'imagination de l'auteur. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait pure coïncidence.© Les impliqués Éditeur, 2016 21 bis, rue des écoles, 75005 Paris www.lesimpliques.fr contact@lesimpliques.fr ISBN : 978-2-343-09921-7 EAN : 9782343099217
PROLOGUEBienpassionné nos historiens,que ce fait n'ait pas beaucoup on estime à plus de vingt-cinq mille le nombre des jeunes volontaires français qui ont devancé l'appel pour s'engager dans les troupes combattantes en 1914.  Ils avaient dix-sept ans, voire moins.  Ils partaient délivrer leur famille...  Beaucoup de ces héros candides sont tombés au Champ d'Honneur.  Les survivants, de retour dans leur village, furent souvent critiqués par les familles endeuillées : ils étaient soupçonnés "de ne pas s'être battus, eux".  Certains de ces héros, miraculeusement épargnés, n'ont pas pu supporter cette injustice.  Ils ont quitté la France pour s'exiler dans des pays lointains.  ... Des pays aussi lointains que l'Australie...  Ils pensaient que, si loin, ils pourraient oublier... Ce livre d'aventures est le récit de l'un d'eux...
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Chapitre 1 FRANCE, FIN NOVEMBRE 1918 De retour dans son régiment, après les tristes moments passés dans son Nord, Raymond présenta immédiatement une demande de démobilisation à son colonel.  Ce dernier, déçu, essaya de faire comprendre à son jeune lieutenant, qu’il était devenu, après plus de quatre ans de combats, un guerrier exceptionnel, et qu’il pourrait réaliser une brillante carrière s’il restait dans l’Armée.  Raymond lui répondit calmement, en lui expliquant, d'une voix grave et triste, les motivations de son départ.  Mais son colonel était persuadé qu’il parviendrait à lui faire changer d’avis.  - Raymond, aujourd’hui l’Armée a besoin d’officiers comme toi, courageux et compétents, ayant le sens de l’honneur et de la patrie. Grâce à l'expérience que tu as des combats et des situations difficiles, tu seras l’un de nos meilleurs instructeurs et, avec toi, nos jeunes soldats se sentiront en confiance. Ils t’obéiront mieux qu’à quiconque.  Cette guerre nous a aussi montré que nous avons besoin de chefs charismatiques dans notre armée.  De plus, il faut que nous soyons toujours prêts à défendre notre pays, pour nous assurer que nous ne subirons plus jamais une invasion aussi criminelle et aussi dévastatrice.  Et puis nous devons surtout finir notre travail. Notre armée a gagné la guerre, mais il lui reste à accompagner le retrait total des Allemands et à assurer le respect des nouvelles frontières ainsi que des engagements et des conditions qui seront fixés à l’Allemagne.
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 C’est une lourde tâche pour notre armée qui a perdu tant d’hommes valeureux.  Raymond, tu comprends bien que tu ne peux pas nous quitter, comme ça, maintenant.  Le colonel s’arrêta, convaincu que Raymond serait sensible à son argumentation.  Il attendit, confiant, la réponse de son jeune officier.  Raymond, l’air affligé, regarda tristement son colonel droit dans les yeux :  - Désolé mon colonel, mais je ne peux pas rester dans l’Armée. Nous avions devancé l’appel, Anselme, Joseph et moi, pour aller délivrer nos parents.  Nous avions à peine dix-sept ans.  Anselme et Joseph sont morts. Moi je suis vivant, mais ce sont mes parents qui ont été tués par les Allemands.  Nous avons gagné la guerre, mais nous n'avons pas rempli la mission que nous nous étions fixée. Aucun de nous trois n’a revu ses parents.  En plus, mon pays me reproche d’avoir survécu et pense que je n’ai pas fait la guerre...  La réponse irrita le colonel.  Il tira à bout portant :  - Raymond, tu fais une bêtise. Tu ne te rends pas compte que, pendant plus de quatre ans, tu n’as fait que te battre.  Tu as arrêté tes études pour te battre.  Tu as intégré l’École d’Application de Fontainebleau pour mieux apprendre à te battre.  Tu ne sais que te battre.  Tu dois continuer à te battre pour l’armée française.  Tu es devenu, malgré toi, un guerrier. Tu n’es formé à rien d’autre qu’à la guerre.  Tu dois rester dans l’armée.  Où crois-tu pouvoir mieux réussir et quel autre métier pourrais-tu exercer, sans autre expérience que l’armée et la guerre ? poursuivit le colonel sur un ton menaçant.
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 - Mon colonel, je veux quitter ce pays qui ne me reconnaîtplus et refaire ma vie ailleurs pour tout oublier. Quant à savoir comment je réussirai ; vous l’avez dit vous-même, mon colonel : je ne sais que me battre… Je me battrai...  Le colonel plongea une dernière fois son regard dans les yeux de Raymond.  Il y retrouva la même détermination et le même courage qu’il lui avait montrés à tant d’occasions tragiques.  Il baissa la tête et répondit solennellement :  - Lieutenant, écrivez-moi une demande officielle de démobilisation. Je l’appuierai.  Vous pouvez disposer.  Raymond salua, puis exécuta un parfait demi-tour avant de sortir du bureau.  Comme il allait refermer la porte, il entendit :  - Raymond !  Il se retourna pour regarder son colonel :  - Bonne chance, mon petit !  Raymond sourit et referma la porte doucement.  Il était content : son colonel n’était pas fâché après lui…  Quelques jours plus tard, il était démobilisé et prenait le train pour Paris.
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