//img.uscri.be/pth/732744d4c84594e7aea73b8043913114e2227d90
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Fatale obsession. Roman

De
146 pages
Sous l'emprise d'une mère détestée dans son village du fait de son exentricité et de son arrogance, un jeune garçon développe une agressivité maladive qui le conduira à perpétrer des actes d'une cruauté insoutenable à l'encontre de ceux de son âge. Plus grand, le jeune homme n'hésitera pas à perpétrer les crimes les plus odieux pour parvenir à ses fins. Devenu président de la République à l'issue d'un sanglant coup d'Etat, arriviste et opportuniste, il plongera son pays dans un chaos absolu du fait de sa gestion calamiteuse.
Voir plus Voir moins
Rebecca De Ibende
Fatale obsession Roman
  
‡„‡……ƒ ‡ „‡†‡    ‘ƒ
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris Š––’ǣȀȀ™™™ǤŠƒ”ƒ––ƒǤˆ” †‹ˆˆ—•‹‘ǤŠƒ”ƒ––ƒ̷™ƒƒ†‘‘Ǥˆ”  ǣ ͻ͹ͺǦʹǦ͵Ͷ͵ǦͲͻ͹ͻͳǦ͸  ǣ ͻ͹ͺʹ͵Ͷ͵Ͳͻ͹ͻͳ͸
Šƒ’‹–”‡ ͳ
‡ ‡ˆƒ…‡ ˜‘Ž±‡ ’ƒ” —‡ ƒ—˜ƒ‹•‡ ±†—…ƒ–‹‘ Dans un petit village d’un pays potentiellement riche habitait un garçon paresseux, égocentrique et grincheux qui s’appelait Molili. Molili était le fils unique de Botutu, une femme solitaire et peu aimable. Celle-ci détestait toutes les femmes de son village, car elle se sentait méprisée par elles. La mère de Molili haïssait son corps et n’osait point se mettre en valeur, préférant ainsi se cacher derrière le rideau de la fenêtre de sa chambre pour insulter les autres femmes, elles qui prétendaient être plus belles qu’elle, maudire leurs progénitures en jurant qu’un jour son fils serait le chef de tous leurs enfants. Botutu était une virago, sa voix était grave comme celle des hommes, alors que les autres femmes pouvaient se prévaloir d’une voix féminine naturelle à ce genre. Elle était en plus barbue. Elle devait supporter tout le temps les remarques sardoniques de sa mère. « Pourquoi ta voix est-elle masculine ? Pourquoi as-tu à 18 ans la barbe et aucun homme ne veut de toi ? » l’accablait souvent celle-ci. Il avait fallu qu’elle consulte plusieurs marabouts pour rencontrer un homme qui lui donna un enfant, l’unique qu’elle avait. Malheureusement, cet homme avait formellement refusé de le reconnaître. Un jour, Molili rentra à la maison. íBonjour ma tendre mère, dit-il à celle-ci. íBonjour mon cher fils, le fruit de mes entrailles, la force de ma vieillesse, répondit sa mère dans le noir.
5
íMaman, tu vas bien ? Ta voix tremble, et pourquoi es-tu assise dans l’obscurité ? íMon fils, tu me poses plusieurs questions à la fois. Elle vint vers lui en disant qu’elle était dans le noir parce que son heure de gloire n’était pas encore arrivée, elle irait mieux le jour où il vengerait sa honte. Molili vit la douleur dans les yeux de sa mère. Il avait toujours eu ce sentiment bizarre que sa mère voulait qu’il devienne Président. Comme une chaleur dans le dos, il avait toujours ressenti cette pression. Il partit dans sa chambre presqu’en courant, il s’allongea sur sa natte et se mit à réfléchir. « Je suis le seul fils de ma mère. Pour moi, elle est la plus belle femme du monde, mais ce village a toujours été méchant avec elle. Que ferais-je pour me venger de cette maudite bourgade ? Je sais que le plus grand souhait de ma mère est de me voir à la tête de ce pays. Oui, comme tous ces hommes politiques bien habillés qui volent l’argent de l’Etat mais qui sont respectés par les villageois. Mais comment vais-je faire pour devenir Président ? Je n’aime pas l’école et je déteste mes camarades de classe. » Molili s’assit par terre et se mit à bâtir son plan avec un simple crayon et un papier de toilette, car il ne pouvait pas se permettre d’écrire sur ses cahiers ; sa mère était trop pauvre pour lui en acheter d’autres. Il écrivit avec conviction son plan. « Pour devenir Président de la République, j’établis trois règles : - règle n° 1 : je tricherai sur les autres. - règle n° 2 : je serai un obstacle pour tous ceux qui seront susceptibles d’être meilleurs que moi.
6
- règle n° 3 : je vendrai mon âme au diable et, enfin, je ferai de ma mère un mythe. » Après la rédaction de son plan, il sourit en disant : « Ça c’est ma bible, je la garderai et l’emmènerai partout. » Il se leva et garda son plan sous sa natte. Après cinq minutes, Molili entendit chanter des enfants du village. Il sourit et dit en s’adressant à lui-même qu’il allait se joindre à eux. A la rive de la rivière qui arrosait le village où les enfants entendus chantaient, riaient et criaient, l’ambiance était au beau fixe. Apendi, une jeune fille du village, dit à son amie : íJ’espère vraiment que Molili ne viendra pas. ínon, pas lui. Il est vraiment l’incarnation duAh ! mal. Soudain, une voix rauque retentit. íBonjour tout le monde ! fit la voix. Je vois qu’on fait la fête sans moi. L’ambiance se rompit d’un seul coup. Un calme bizarre s’installa et le temps devint lourd. Lokumu, un garçon du village qui faisait à peu près la taille de Molili, sortit de l’eau et dit à celui-ci : íQue veux-tu ? Qu’est-ce que tu viens faire ici ? íDu calme, répondit Molili en levant ses deux mains au ciel et en souriant. Je veux juste jouer avec les enfants de mon village. íNous ne voulons pas jouer avec toi, dit Apendi en se dirigeant vers lui. Molili regarda le visage de tout le monde et comprit que personne ne voulait de lui dans le groupe, il reprit son souffle et demanda :
7
íEt pourrais-je savoir pourquoi vous ne voulez pas de moi dans votre groupe ? íC’est simple, nous ne voulons pas de toi au sein de notre groupe, c’est tout, Molili, fit un autre garçon en s’approchant de celui-ci avec un regard rempli de haine. íMême toi, tu oublies que je suis ton cousin. Je n’ai jamais compris pourquoi vous, les enfants de ce village, avez toujours nourri cette haine contre moi. í! hurla Lokoumou.Arrête de raconter des sottises Nous ne te voulons aucun mal, nous ne souhaitons juste pas t’inclure dans notre groupe. íPourquoi donc ? voulut savoir Molili en tremblant. íMolili, as-tu déjà oublié ce que tu as fait la dernière fois que nous avons accepté de jouer avec toi ? lui dit Pea, le fixant dans les yeux. íJe plaisantais. Enfin, pourquoi vous prenez tout au premier degré ? íToi, quand tu plaisantes, tu étrangles les enfants, rétorqua alors Apendi. í! chercha à seJe voulais juste faire rire ce petit défendre Molili. íS’il te plaît, arrête. Ce petit a cinq ans de moins que toi. Tu savais qu’il aurait pu perdre la vie quand tu faisais ça si nous n’étions pas venus à temps. Quel genre de personnage es-tu, Molili ? Nous ne voulons pas de toi au sein de notre groupe, répliqua Pea. Molili regarda encore une fois tout le groupe dans les yeux et comprit que tout le monde était unanime. Il se retourna en disant qu’un jour ils auraient besoin de lui. Ils le chercheraient, et il fallait qu’ils le croient, ce jour-là il serait sans pitié.
8
Ces paroles retentirent comme de la foudre dans les oreilles de Pea qui le regardait en train de partir avec les épaules carrées et sûr de lui. Pea eut froid dans le dos et dit que leurs ancêtres ne les livrent pas entre les mains de ce monstre. Très énervé, Molili rentra dans la forêt en murmurant tête baissée. Quand il leva sa tête juste à l’entrée du village, il vit le chien d’un sage du village très respecté. íAlors toi, que fais-tu ici ? Sale chien ! Le chien se mit à courir rapidement comme s’il avait vu un monstre. Molili le rattrapa en disant : « Viens ici, toi ! Je vais te faire payer les outrages de tous les enfants de ce maudit village ! » Le chien était complètement terrifié. Molili le prit par son cou avec ses mains robustes. Il était très fort. D’une voix imposante, il dit au chien : « Tais-toi, sale bête ! » Boléké, l’enfant du sage du village, traumatisé par la façon dont Molili traitait le pauvre chien sans défense, s’était caché derrière un arbre, il transpirait à grosses gouttes. Car, il avait peur de se retrouver nez à nez avec le dangereux garçon. Molili éclata de rire. « Joue encore au petit malin », dit-il en sortant un canif de sa poche. Le chien titubait et regardait Molili avec un regard inoffensif. Celui-ci l’égorgea avec un regard sarcastique. Le sang se répandit partout. Le petit psychopathe abandonna le corps du chien sous un arbre et courut au village. Boléké, pris de peur, se mit à pleurer en courant aveuglement vers son père assis paisiblement sur une chaise en lianes. Ce dernier vit son enfant terrifié venir en pleurant. Il se leva en disant à sa femme :
9