Fièvres d'Afrique suivi de trois récits inédits

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En Afrique équatoriale, Louis Charbonneau, commerçant et prospecteur minier, rédige ces histoires à partir de son journal intime. Obsédé par la jeune Mambu qui avait partagé sa vie, il revisite les lieux peu avant son retour définitif en Europe. Le présent recueil comporte quelques nouvelles exotiques de la période coloniale et des récits inédits qui poursuivent l'histoire souvent cocasse et coquine de personnes qu'il a croisées au cours de son séjour africain. La véracité des textes fournit une documentation précieuse sur l'A.E.F. de l'époque et la mentalité d'un mercanti français.
Publié le : dimanche 5 janvier 2014
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EAN13 : 9782336334868
Nombre de pages : 248
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LoUIS ChaRbonnEaU
Fièvres d’AFrique SUIVI DE tRoIS RécItS InéDItS
PRéSEntatIon DE rogER LIttlE aVEc la collaboRatIon DE ClaUDE AchaRD
FIEVRES D’AFRIQUE
COLLECTIONAUTREMENT MÊMES conçue et dirigée par Roger Little Professeur émérite de Trinity College Dublin, Chevalier dans l’ordre national du mérite, Prix de l’Académie française, Grand Prix de la Francophonie en Irlande etc. Cette collection présente en réédition des textes introuvables en dehors des bibliothèques spécialisées, tombés dans le domaine public et qui traitent, dans des écrits de tous genres normalement rédigés par un écrivain blanc, des Noirs ou, plus généralement, de l’Autre. Exceptionnellement, avec le gracieux accord des ayants droit, elle accueille des textes protégés par copyright, voire inédits. Des textes étrangers traduits en français ne sont évidemment pas exclus. Il s’agit donc de mettre à la disposition du public un volet plutôt négligé du discours postcolonial (au sens large de ce terme : celui qui recouvre la période depuis l’installation des établisse-ments d’outre-mer). Le choix des textes se fait d’abord selon les qualités intrinsèques et historiques de l’ouvrage, mais tient compte aussi de l’importance à lui accorder dans la perspective contem-poraine. Chaque volume est présenté par un spécialiste qui, tout en privilégiant une optique libérale, met en valeur l’intérêt historique, sociologique, psychologique et littéraire du texte. « Tout se passe dedans, les autres, c’est notre dedans extérieur,les autres, c’est la prolongation de notre intérieur.»Sony Labou TansiTitres parus et en préparation : voir en fin de volume
Louis Charbonneau FIEVRES D’AFRIQUEsuivi de trois récits inédits : LA RECLUSE, LA DUCHESSE et MINNE WATER :LAC D’AMOUR(extraits) Présentation de Roger Little avec la collaboration de Claude Achard
L’HARMATTAN
En couverture : Photo de Louis Charbonneau collée en tête de l’exemplaire de la réédition de 1930 deMambu et son amourqu’il avait remis à Raymond Escholier avec la dédicace suivante: « Elle revit, Mambu ! Elle revit grâce au si beau talent de Clément Serveau. À Raymond Escholier qui l’a fait naître, ma reconnaissance infinie. Louis Charbonneau » © L’Harmattan, 20145-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02555-1 EAN : 9782343025551
INTRODUCTION par Roger Little
Du même auteur sur la représentation du NoirComme auteur : Between Totem and Taboo : Black Man, White Woman in Francographic Literature, Exeter (G.-B.) : Presses universitaires, 2001 (texte anglais) Nègres blancs: représentations de l’autre autre, Paris: L’Harmattan, 1995Comme éditeur intellectuel : Louis Charbonneau,Contes d’A.É.F. 1888-1910, ouvrage inédit accompagné de documents inédits, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 93, Paris: L’Harmattan, 2014Louis Charbonneau,Mambu et son amour, avec de nombreux documents inédits, présen-tation de R.L., coll. Autrement Mêmes 92, Paris: L’Harmattan, 2014Raymond Escholier,Mahmadou Fofana, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 90, Paris: L’Harmattan, 2013Alfred Séguin,Le Robinson noir, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 88, Paris : L’Harmattan, 2013Pierre Mille,L’Illustre Partonneau, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 84, Paris : L’Harmattan, 2013JulieGouraud,Les Deux Enfants de Saint-Domingue, suivi de Michel Möring,L’Esclave de Saint-Domingue, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 82, Paris : L’Harmattan, 2012Nouvelles du héros noir: anthologie 1769-1847. Textes réunis et présentés par R. L., Autrement Mêmes 50, Paris : L’Harmattan, 2009Lucie Cousturier, les tirailleurs sénégalais et la question coloniale: actes du colloque international tenu à Fréjus les 13 et 14 juin 2008, augmentés de lettres adressées à Paul Signac et à Léon Werth. Textes réunis et présentés par R. L.,Paris : L’Harmattan, 2008Gaspard Théodore Mollien,Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, aux sources du Ségégal et de la Gambie, fait en 1818,présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 41, Paris : L’Harmattan, 2007Louise Faure-Favier,Blanche et Noir, présentation de R.L., avec la collaboration de Laurent de Freitas, coll. Autrement Mêmes 28, Paris : L’Harmattan, 2006 Anonyme,Histoire de Moulay Abelmeula, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 12, Paris : L’Harmattan, 2003Lucie Cousturier,Mes inconnus chez eux, t. 1 :Mon amie Fatou, citadine; t. 2 :Mon ami Soumaré, laptot, suivi d’un Rapport surle milieu familial en Afrique occidentale, présentation de R.L., avec des textes de René Maran et de Léon Werth, coll. Autrement Mêmes 9, Paris : L’Harmattan, 2003Aperçus du Noir: regards blancs sur l’Autre, n° spécial d’Interculturel Francophonies[Lecce, Italie], 2 (juin-juillet 2002), éd. R.L. Lucie Cousturier,Des inconnus chez moi, présentation de R.L., préface de René Maran, coll. Autrement Mêmes 1, Paris : L’Harmattan, 2001Pigault-Lebrun,Le Blanc et le Noir, présentation de R.L., Autrement Mêmes 4, Paris : L’Harmattan, 2001Anonyme,Histoire de Louis Anniaba, présentation de R.L., Textes littéraires CVIII, Exeter (G.-B.) : Presses universitaires, 2000 Black Accents : Writing in French from Africa, Mauritius and the Caribbean.Actes du colloque ASCALF tenu à Dublin, 810 avril 1995, éd. J. P. Little et R.L., Londres : Grant et Cutler, 1997 (textes anglais et français) Jean-François de Saint-Lambert,Contes américains: L’Abenaki, Ziméo, Les Deux Amis, présentation de R.L., Textes littéraires XCIX, Exeter (G.-B.) : Presses universitaires, 1997Bernardin de Saint-Pierre,Empsaël et Zoraïde, ou les Blancs esclaves des Noirs à Maroc,présentation de R.L., Textes littéraires XCII, Exeter (G.-B.) : Presses universitaires, 1995 Claire de Durfort, duchesse de Duras,Ourika, présentation et étude de R.L., Textes littéraires e LXXXIV, Exeter (G.-B.) : Presses universitaires, 1993 ; 2tirage, 1993 ; nouvelle édition revue et augmentée, Textes littéraires CV, 1998 ; édition mise à jour, 2005
INTRODUCTION L’œuvre d’un seul tenantPresque tous les écrits de Louis Charbonneau (1865-1951), quils aient été publiés de son vivant ou laissés inédits, ont trait au séjour quil a fait en Afrique équatoriale française, au Gabon ou dans la région du Congo, entre 1888 et 1922 en sa qualité de prospecteur minier et commerçant. Le présent volume comporte à lan des extraits de lunique exception, le texte inédit intituléMinne Water: Lac damour, centré sur sa rencontre avec celle qui sera son épouse et repris partiellement ici pour ne retenir, contextualisés quand même, que les rares passages qui portent sur lAfrique. La réédition deFièvres dAfrique, publié pour la première fois en 1926, est suivie de lédition dans leur intégralité de deux récits inédits. DabordLa Duchesse autitre éventuellement trompeur mais dont lauteur élucide le sens dans sa note préliminaire : cest « lhistoire désopi-lante et assez osée dune certaine duchesse noire qui doit son surnom au fait quelle était lépouse de la main gauche dun titi parisien que les hasards de la vie avaient conduit à tenir une factorerie à Chim-bété, dans leeuve Chiloango, quelques années avant que je my installasse moi-même » (p. 126 ci-dessous). En effet, il sagit non dune aristocrate mais bien de la femme africaine dun certain Marcel Duch. Le récit se termine sur un échange épistolaire qui amène Libono à rendre visite à Duch dans son appartement cossu du parc Monceau à Paris. Et cest à Paris que le personnage portugais Baréto (sous son vrai nom João Varèto) poursuit dansLa Recluselhistoire de son premier mariage, auquel allusion est faite vers lan deLa Duchesse. Ces deux textes se succèdent dans le manuscrit relié que nous avons pu consulter et que notre ami Claude Achard a eu lamabilité de transcrire. Baréto, rencontré dansFièvres dAfriqueet surtout dans ses dernières pages,gure aussi, on sen souvient, dans Mambu et son amouret lesContes dA.É.F. puisquil avait exercé sa profession de médecin dans la région autour du fleuve Congo où Charbonneau lavait connu. Cest lun des nombreux personnages récurrents que nous retrouvons dans le présent volume, à commen-cer notamment par Mambu elle-même, omniprésente, inoubliable.
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Le présent ouvrage poursuit donc notre édition ou réédition de 1 lœuvre littérairede Charbonneau , encouragé dans notre entreprise par lheureuse découverte, chez les héritiers dun de ses meilleurs amis, Raymond Escholier, dune boîte métallique contenant plu-sieurs textes inédits du Morvandiau. Les années passées en Afrique ont de toute évidence été capitales pour Charbonneau, au point quil nest pas faux de parler dob-session. Obsession pour les expériences quil y a vécues, obsession pour ses amours africaines, nombreuses et variées (témoin entre autres les « mariages à la mode du pays » dAzizéet deLOrchidée noire) avant de découvrir Mambu, ménagère efcace, maîtresse de la maison et enn du maître, obsession dénitive. De retour en Europe, il ne fait, sur le plan littéraire, que reprendre ses carnets de lépoque et polir ses récits, sans même se soucier, après 1930, de les publier. Ce fait a certes des causes extérieures : son éditeur Ferenczi connaît des difcultés nancières. En effet, en 1929, léditeur aurait prié Charbonneau « de reprendre momentanément » le manuscrit de Mayumbéretrait qui sera en l’occurrence dénitif –suite à la chute 2 de la banque Oustric . Mais il est loisible de penser quune certaine évolution de la mentalité de lauteur ait pu contribuer à son silence et quune fois rentré en France, ses modestes gagne-painpointeur de métro ou caissier de banque entraînaientune certaine inertie. Létat de santé de son épouse devait aussi lui peser. Sil soccupe dans un premier temps à rédiger ou à récrire ses récits à partir des notes prises sur le vif, il a pu penser que le succès de son premier roman, auquel avait été attribué en 1925 le Prix de littérature coloniale, ne serait jamais répété. Il reconnaît même, en ce qui concerne ses vingt-cinqContes dA.É.F., quil serait préférable den 3 interrompre la lecture : « les lire daflée pourrait être barbant » . 1  Voirles volumes déjà parus en 2014 dans la collection Autrement Mêmes : Mambu et son amour, avec de nombreux inédits dont plusieurs reproduits en fac-similéetContes dA.É.F. 1888-1910 : ouvrage inédit accompagné de docu-ments inédits. En nous efforçant de ne pas nous répéter, nous invitons le lecteur à se reporter notamment à lintroduction deMambu et son amourpour de plus amples informations bibliographiques2 Dans sa lettre inédite à Raymond Escholier, datée de « Bruxelles 23/4 50 », Charbonneau y fait référence. Albert Oustric avait fondé en 1919 une banque qui poussait à lextrême lidée de spéculation. Une banqueroute frauduleuse spectaculaire entraîna la chute de létablissement en novembre 1929 et, avec lui, celle de nombre de ses créanciers. 3 Lettre inédite à Escholier, « Bruxelles 15 Janvier 1950 ».viii
En revanche, sa méthode de travail ne devait pas varier. Henri Drum, parlant deMambu et son amour, a raison décrire que « cest 1 du noté-noté au jour-le-jour [sic] sans nul apprêt » . Ce qui est vrai de ce roman, à part la section intitulée «Le Rêve»y nous reviendrons, lest aussi de tous les autres textes, quils soient romans ou nouvelles. En un sens, Charbonneau ninvente donc pas, et cest là en partie lintérêt de ses écrits : on apprend la vie quoti-e dienne dun prospecteur-mercanti en A.É.F. à lan duXIXsiècle e et au début duXX, les présupposés de lépoque, que ce soit sur les rapports entre commerçants européens ou, professionnels ou in-times, entre Blancs et Noirs. Le fait même que Charbonneau ne soit pas un ange, malgré (ou à cause de) son éducation au Petit Séminaire de Nevers, quil ne masque ni son machisme ni son racialisme, prête à ses écrits une valeur documentaire au-delà de leur visée littéraire. Il aime réellement à sa façon les Africains quil fréquente et ne sera jamais autant à laise, que ce soitnancièrement ou psychologique-ment, après son retour en Europe. Fièvres et rêves Fièvres dAfrique comportesix parties de nature très variée. Les deux premières font écho, quinze ans plus tard, à des personnages rencontrés dansMambu et son amour, et Charbonneau boucle la boucle en rappelant, au tout début du dernier récit du livre, « Adieu à lAfrique », les quinze ans passés depuis un départ analogue. On y retrouve également, ainsi que dans les trois dernières parties de louvrage, les habitudes décriture de Charbonneau, retravaillant tant soit peu ses carnets de route journaliers, mais sans recourir ici aux techniques narratologiques de mise en abyme que nous avons 2 relevées dans sesContes dA.É.F. La partie suivante, intitulée « Le Rêve », propose une vision du passé et de lavenir de lAfrique. On la dirait inspirée deLIle des pingouins dAnatole France (1908), moins les dimensions épique et satirique. Suivent quatre « Causeries africaines » où nous retrouvons encore des personnages récurrents et deux nouvelles (remaniées) extraites desContes dA.É.F. Les deux 1 «Mambou [sic] et son amourde Louis Charbonneau (Grand Prix de Littérature coloniale de 1925 », inLa Femme noire vue par les écrivains africanistes, Bruxelles, Académie Royale des Sciences dOutre-mer, 1967, p. 59-66 (p. 65).2 Voir notre édition, coll. Autrement Mêmes, Paris, LHarmattan, 2014.
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