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282 pages
Dans un futur très proche, un virus informatique enraye le fonctionnement de l'économie mondiale. Les pays se sont alliés pour l'éradiquer, mais sans succès jusqu'à l'arrestation d'un homme.
Entre négociations, pressions psychologiques et manipulations, les membres de l'agence internationale sont persuadés de faire ce qu'il faut. Et pourtant, l'homme a un idéal auquel il tient: faire changer le monde.
Chacun tentera de manipuler l'autre pour arriver à ses fins, mais l'esprit humain n'est-il pas imprévisible ?
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FLI Fiji
Droits d'auteur – 2014 François Junillon Couverture : dessin aquarelle Victoria Junillon CopyrightDepot numéro 00052848-2 Tous droits réservés version 2, après un énième passage de correcteur orthographique... Publié sur Bookelis (utilisation pour la couverture de la police WatchD og créée par David Libeau sous licence CC-BY)
À toute ma « petite » famille (parce qu'on a le Qroit Q'avoir Qes rêves, mais qu'on a surtout le Qevoir Qe les réaliser...)
Chapitre 1 4 Dix-sept heures, le flash de clôture de la bourse en compagnie de Ryan Smith et Alexandra Cinetti : – Bonsoir à tous et à toutes, ce soir la morosité l’emporte une fois de plus du côté de la bourse centrale n’est-ce pas Alexandra ? – Oui Ryan, encore un jour sans surprise aujourd’hu i ! Les géants de l’informatique continuent leur lente descente aux enfers alors que l’industrie stagne sans connaître de réelles fluctuations. Les valeurs énergiques quant à elles consolident leur statut de valeurs refuges et poursuivent une consolidation sa ns précédent dans ce domaine. – Exact Alexandra, même si le baril n’a plus la cote, il se maintient honorablement à trente-deux dollars vingt-cinq alors que le T.U.P. confirme sa suprématie sur le marché des combustibles avec sa cote record à quatre-vingt-douze dollars quarante-trois. – Rappelons que le G60 qui aura lieu d’ici quelques mois devrait entériner définitivement l’avènement du triplet Thorium-Urani um-Plutonium comme valeur de régulation en remplacement des références actuelles . – Oui Ryan, cela fait plus de vingt ans que cette d écision est espérée alors espérons que la réunion des dirigeants saura prendre la réso lution tant attendue. Retrouvons maintenant en image et en résumé les valeurs des principaux titres. »
Chapitre2 Vincent était pensif, appuyé à une table du café qu i se trouvait à quelques dizaines de mètres du lieu où il se rendait. De là où il était, il pouvait facilement voir le ba llet des allées et venues de certaines personnes, mais ce qu’il voulait avant tout, c’étai t sentir s’ils étaient sur la bonne voie. Toute l’équipe n’était pas loin d’intervenir pour a rrêter un homme, et cela faisait tant de fois que l’enquête menait à penser que quelqu’un ét ait suspect qu’il en arrivait désormais à douter de trouver le bon. Venir ici juste à côté du lieu de la prochaine intervention était risqué, mais il n’était pas connu. Peu de chance de provoquer un problème. Il tentait de se remémorer la chronologie de tous l es événements pour vérifier une énième fois qu’il n’avait rien raté, être sûr que tout concordait. Personne n’était vraiment certain des premiers sign es de l’affaire. Les sociétés avaient commencé à se plaindre de leurs installatio ns informatiques se comportaient de manière chaotique. Elles fonctionnaient, mais montr aient de sérieuses lenteurs, une sorte de ralentissement progressif. Les spécialistes de l’époque avaient découvert ce q u’ils avaient appelé un virus « d’écoute ». Celui-ci se greffait sur tous les app areils. Une première. Il ne semblait pas détruire quoi que ce soit. Il était là, ancré, écou tant, émettant tout au plus un signal vers une destination qui paraissait aléatoire. Au début le phénomène, trop localisé, n’avait pas é té correctement traité, mais sa diffusion de plus en plus étendue avait donné lieu à quelques articles dans la presse spécialisée. Divers outils avaient été mis au point pour l’éradiquer, et leur utilisation systématisée. La recherche de son origine et de son créateur par les différentes polices n’avait aboutit à rien. Les pistes classiques des petits ha ckers en herbe n’avaient rien livré, pas plus que celles du terrorisme ou du vol industriel. Mais très vite, le programme avait muté. Chaque foi s qu’on pensait l’enlever d’un endroit, il se répliquait, se multipliait en se cry ptant différemment. Ils avaient découvert que le seul signal qu’il émettait était en fait une sorte de tissu relationnel, et qu’une partie installée en choisissait une autre pour ne pas rest er seule. Si on coupait le lien, les signaux reprenaient et une relation avec un autre s itué ailleurs finissait toujours pas se recréer. Vous le découvriez sur un appareil, tentiez l’élimi nation, et quasi immédiatement, vous vous aperceviez que l’écoute ne venait plus de l’appareil en lui-même, mais d’un voisin branché sur le même réseau. Tout ce qui était isolé semblait épargné. Cela sonn ait logique à l’oreille de Vincent. Avec son minimum de connaissance informatique, il c omprenait que ne pas partager d’information avec le reste du monde permettait aus si de ne pas échanger ses maladies. Mais les grands réseaux, ceux des entreprises gigan tesques rendaient la tâche de suppression trop difficile. Le programme allait vite, plus vite que les spécialistes. Les géants de la recherche sur le net firent partie des pires foyers, eux qui misaient tant sur l’interconnexion. Une fois infecté, il fut quasi impossible de les nettoyer. Ces moteurs particulièrement tentaculaires, utilisé s par tout un chacun dans la vie quotidienne, portaient la contamination à la vitess e de l’éclair. Tous ceux qui autrefois jouaient la course de cette grande recherche et êtr e les plus en vue, priaient désormais pour être assez bien cachés, et ne pas être touchés . Ce programme-là était nouveau. Le monde informatiqu e avait souvent affaire aux codes malfaisants, mais jamais d’une telle envergur e. Celui-là semblait simplement
profiter de tout, s’adapter à tout et ne se cantonn ait pas à une population fonctionnant en étapes simples de démultiplication, ce qui le renda it difficile à contrôler. Vincent savait que cela avait été impossible autref ois. Il n’était pas informaticien, mais en connaissait assez pour analyser les pratiques. I l avait par le passé fait un peu de programmation à l’école comme tout le monde, mais n ’y avait jamais porté un grand intérêt. Et pourtant, dans les faits, impossible ou pas, c’e st ce qui était en train de se passer. Petit à petit le phénomène s’était amplifié. Une fo is les plus grosses sociétés touchées, le virus avait dépassé les frontières et s’était exporté vers d’autres pays qui n’avaient pas réussi non plus à le contenir. Dans certains cas, la diffusion avait été tout au p lus, ralentie, mais il s’était de nouvelles fois adapté. La Chine forte de sa capacité de réaction avait ten té de traiter le problème comme une simple grippe aviaire. On abattait les poulets et le virus mourait. Ils tentèrent la même chose, arrêter un appareil et le jeter, puis l e remplacer par un neuf, avec une amélioration qui lui permettait de ne pas subir de nouvelles attaques. Mais la propagation était telle que les délais de réaction devaient êtr e très courts, et le coût devenait monstrueux. En plus de ça, les nouveaux appareils devenaient in compatibles avec les réseaux déjà en place, ceux-ci refusant de « discuter » ave c les nouveaux venus propres sur eux. C’est un peu comme si tout devait repartir de zéro. Car tout le monde avait fini par être touché, indus tries, gouvernement, communautés. L’informatique était partout, participait aux moind res secondes de notre vie, et le moindre habitant était susceptible de subir à un moment ou à un autre les effets de ce virus. Vincent tournait machinalement la petite cuillère d ans sa tasse de café. Pourtant il ne mettait jamais de sucre, mais c’était un réflexe, u n mimétisme de bar. Tout cela avait commencé on estime, il y a 5 ans. P endant cette période assez rapide finalement, la planète entière avait été touchée, l es polices s’étaient organisées pour synchroniser leurs recherches. Cela avait été rendu compliqué par l’impossibilité évidente d’utilisation de certains matériels et chaque état s’était adjoint des « trou pes » d’informaticiens qui travaillaient à créer des communications parallèles. La communauté regroupait ce que chaque pays avait de mieux et de pire. Entre les mathématiciens fous, les visionnaires, le s hackers de compétition et les terroristes du binaire, l’U.C.A. acronyme pour « Un iversal Computing Agency », avait vu le jour et organisait le combat. Ce n’était pas le premier regroupement mondial d’in formaticiens, mais c’était celui qui au grand jour, avait le droit de se faufiler où bon lui semblait, de développer et de diffuser des choses sans vergogne et sans limite déontologiq ue. Tout ce qu’on leur demandait c’était de trouver une solution et de régler le pro blème. Face à certains débordements, les pays avaient déci dé de mettre un peu d’ordre dans tout ça pour éviter le chaos, et avait placé à la t ête de l’U.C.A. une équipe de personnes aussi éclectiques que possible, en provenance de to us les états, dans l’espoir de ne pas brider l’inventivité de l’organisation tout en régu lant et en contrôlant leur pouvoir sans mettre en danger les constitutions. Très vite cette communauté s’était calquée sur des modèles existants, sectorisée, et Vincent avait été positionné comme « penseur » dans la branche « ingénierie de l’homme ». On lui demandait de réfléchir et de pilo ter tout ce qui pouvait avoir trait aux réactions humaines et aux manipulations possibles v ia l’informatique ou aux sources
d’informations. Le jour attendu était enfin arrivé. Cette nouvelle police planétaire avait peut-être ré ussi à remonter au point de départ. Et c’est là où il était précisément, à environ cent mètres de ce point. C’est pour cela qu’il buvait un café, ici. Au fond d’une petite zone industrielle, une société d’import-export avait été la première victime, suite à la probable insertion de ce programme malsain par un informaticien qui habitait dans cette rue. Retrouver sa trace n’avait pas été facile. Pour arr iver jusqu’à lui le chemin avait été tortueux, les déductions nombreuses et il fallait l e dire très empirique. Mais le coupable idéal était élu, résultat de mois voir d’années de recherches. On en était là. Le virus se multipliait, mais pour l’instant ne gênait pas. Il échangeait en permanence de plus en plus d’informations, crypt ées et recryptées, rendant la tâche de plus en plus difficile dans la course aux mathém atiques. Il était connu. Le monde était uni contre cet ennemi invisible. Cha que jour de nouvelles solutions étaient envisagées. L’U.C.A. était à deux doigts de l’arrêter et tout redeviendrait comme avant. L’idéal de l’arrestation et de la réponse à tous le s maux lui parut tout d’un coup trop simple. Ces deux mots tournaient dans la tête de Vincent. T rop facile. Trop simple. Trop évident. Trop standard. Trop informatique. Quelque chose ne collait pas tout à fait. Il le sentait. Quelque chose allait forcément finir de travers. Son téléphone, posé sur la table devant lui, vibra et afficha le correspondant. Il sortit de sa torpeur et fit glisser son doigt sur l’écran pour prendre l’appel de Rui, sa collègue chinoise. – Vincent, tu y es ? Alors ? C’est le bon ? Tu as r emarqué quelque chose ? On fait quoi ? Je te rejoins ? Rui était impatiente. Souvent pour laisser aller sa frustration de ne pas complètement maîtriser la langue dans laquelle elle devait commu niquer, elle laissait fuser un tas de petites phrases, lui donnant un air impératif. Rui en parlait pourtant très bien plusieurs, dont l ’anglais, qui était évidemment l’officielle de l’U.C.A., mais pour plus de connive nce, elle avait voulu connaître celle d’origine de ses partenaires et avait donc appris l e français, l’italien et même quelques mots d’allemand ce qui avait fini par impressionner ses collègues, totalement incapables de réaliser cette prouesse linguistique. Elle venait d’une petite ville non loin de Shanghai et avait grandi dans l’ombre de cette tumultueuse mégalopole. Elle ne cessait jamais de s ’intéresser aux autres et analysait en permanence les comportements avec toujours la même naïveté et le même point de vue totalement neuf. C’était une vraie force, nécessair e à la canalisation des « ténèbres » dans lesquelles s’enfonçait souvent Vincent. Le Yin avait retrouvé son Yang, et leurs échanges é taient à la foi remplis de sincérité, mais aussi d’affrontements sans pareil lorsqu’il s’ agissait d’analyser. Quand elle voyait de la gentillesse et de la simplicité, lui commença it par y voir de l’agressivité et du calcul. Parfois c’était tout le contraire. Rui attendait patiemment la réponse de son partenai re, et laissait le silence s’installer après sa tirade de question. – Rui, imagine, tu es informaticien, tu es marié, t u as des enfants, tu ne vis pas loin
d’une grande ville, tu as une petite maison sympa d ans une rue sympa, dans un village sympa, tu as un métier qui te plaît, tu as un peu d ’argent, et d’après ce que j’ai vu, ta femme et tes enfants sont souriants, ils ont tous l ’air paisibles… – Et ? – Tu crées un virus qui fout le monde entier à plat Vincent marqua une pause avant de se lancer puis re prit. – Toi tu continuerais à vivre dans ta petite séréni té, avec tes proches « à la cool », en pensant que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? – Peut-être qu’il n’a rien dit à personne ? – « Ben voyons ! » On construit une police spéciale , le monde entier te recherche, ça fait plus de cinq ans que tous spéculent sur qui tu es, les médias parlent de toi vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ce que tu as fait a déclenché des choses toutes plus improbables les unes que les autres, et toi, tu gar des tout pour toi, tu souris et tu continues ta petite vie… – Sa femme est avec dans le coup aussi ? Parfois de petites dérives grammaticales rappelaien t ses origines, mais surtout il n’y avait aucune conviction dans sa voix. C’était le je u, elle maintenait la proposition de culpabilité et lui la dénigrait. – Ça ne colle pas, même à deux ils ne tiendraient p as la pression. Et pour l’avoir aperçue, elle vit vraiment tranquillement sa « form ule » familiale. – Okay tu dis que ce n’est pas lui. Mais les traceu rs sont formels, il est à l’origine du dépôt non ? – Oui les traceurs sont formels, et je ne sais pas si ce n’est pas lui. Je dis juste que l’environnement ne colle pas avec l’idée qu’on peut se faire d’un type qui aurait mis le monde à genoux à lui tout seul. Il se refusait à dénigrer le travail des autres. – Vincent, tu regardes trop la télé, le grand mécha nt n’est pas forcément en train de ricaner lourdement en se pavanant. – Non, ça ne colle pas, ça ne colle tout simplement pas. Il y a quelque chose qu’on n’a pas compris, et on n’arrivera pas à obtenir ce qu’on veut, pas comme ça. S’il est vraiment coupable, il doit avoir une force intérieu re incroyable ce qui ne va pas nous permettre d’avancer. L’arrêter ne sera pas la solut ion. Ou alors peut-être qu’il n’est pas dans le coup. – Tu veux quoi, qu’on ne fasse rien ? – Je ne veux pas qu’on arrête le mauvais, rappelle- toi la dernière fois ! Tout le monde voulait tellement que ce soit celui qui était désig né, qu’on en a tous oublié d’essayer de comprendre. Le résultat a été lamentable non ? Elle avait été comme les autres, convaincue que c’é tait lui. Elle n’avait pas participé aux premiers interrogatoires et lorsqu’il avait fal lu qu’elle s’y prépare, il était trop tard, l’homme s’était suicidé. Dans une lettre expliquant son geste, il était apparu comme évident qu’il n’était pas à l’origine de l’affaire. L’agence avait à ce moment-là, édicté une nouvelle règle quant aux arrestations éventuelles pour ne pas reproduire l’affaire. Les « penseurs » comme Vincent et Rui devaient impérativement mener leur enquête parallèl e sur le comportement des personnes visées lorsque les accusations risquaient d’être graves, et c’est seulement après, une fois tout le monde convaincu, que les in specteurs pouvaient intervenir. Mais tout ne fonctionnait pas toujours aussi bien. Très vite les jeux de pouvoir et les rivalités étaient apparus, biaisant souvent les règ les et alourdissant nettement un