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Folie blanche et magie noire

De
350 pages
Au milieu du XVIIIe siècle, il fallait être fou pour oser s'aventurer dans la forêt équatoriale. Mais Manuel, bien décidé à retrouver ses enfants métisses kidnappés par leur grand-mère, osa le faire. Gagnera-t-il son combat contre le mâle dominant d'une famille de gorilles et surtout celui contre Nika, la grand-mère sorcière ?
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Aurore COSTA
Folie blanche et magie noire
Nika l’Africaine IV
Folie blanche et magie noire
Nika l’Africaine
Encres Noires Collection fondée par Maguy Albet et Emmanuelle Moysan La littérature africaine est fortement vivante. Cette collection se veut le reflet de cette créativité des Africains et diasporas. Dernières parutions N°373, Kouka A. OUEDRAOGO,La tragédie de Guesyaoba, 2014. N°372, Kanga Martin KOUASSI,La signature suicide, 2014. N°371, Ayi HILLAH,L’Exotique, 2014. N°370, Salif KOALA,Le cheval égaré, 2013. N°369, Albert KAMBI-BITCHENE,Demain s’appelle Liberté, 2013. N°368, Diagne FALL,Mass et Saly. Chronique d’une relation difficile, 2013. N°367, Marcel NOUAGO NJEUKAM,La vierge de New-Bell, 2012. N°366, Justine MINTSA,Larmes de Cendre, 2012. N°365, Ralphanie MWANA KONGO,La boue de Saint-Pierre, 2013. N°364, Usmaan PARAYAA BALDE, Baasammba maa Nibhe nder koydol, 2012 N°363, Stéphanie DONGMO DJUKA,Aujourd’hui, je suis mort, 2012. N°362, Néto de AGOSTINI,Immortels souvenirs, 2012. N°361, Epi Lupi ALHINVI,Pays Crépuscule, 2012. N°360, Elie MAVOUNGOU,Les Safous, 2012.N°359, Cosmos EGLO,Du sang sur le miroir, 2012. N°358, AYAYI GBLONVADJI Ayi Hillah,Mirage, Quand les lueurs s’estompent, 2012. N°357, Léonard Wantchékon,Rêver à contre-courant,2012. N°356, Lottin Wekape,J’appartiens au monde, 2012. N°355, Kolyang Dina Taïwé,La rupture ou les déboires d’une conversion,2011. N°354, Blaise APLOGAN,Gbêkon, je journal du prince Ouanilo, 2011. N°353, Sa’ah François GUIMATSIA,Des graines et des chaînes, 2011. N°352, Sémou MaMa DIOP,En attendant le jugement dernier, 2011. N°351, Lottin WEKAPE,Montréal, mon amour, 2011. N°350, Boureima GAZIBO,Les génies sont fous,2011. N°349, Aurore COSTA,Les larmes de cristal. Nika l’Africaine III, 2011. N°348, Hélène KAZIENDE,Les fers de l’absence, 2011. N°347, Daniel MATOKOT,La curée des Mindjula. Les enfants de Papa, 2011. N° 346, Komlan MORGAH,Étranger chez soi, 2011. N°345, Matondo KUBU TURE,Des trous dans le ciel, 2011.
Aurore Costa Folie blanche et magie noire
Nika l’Africaine
Tome IV
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03110-1 EAN : 9782343031101
PROLOGUE
Les explorateurs, en charge de la découverte du cœur de l’Afrique Centrale, préférèrent s’aventurer dans les terres en suivant les cours d’eau. En utilisant leur bateau à vapeur plutôt que d’y aller à cheval ou à pied, ils savaient que, non seulement ils avanceraient beaucoup plus vite, mais surtout, ils s’éviteraient de biens mauvaises rencontres. En forêt ou en savane, derrière chaque buisson ou chaque arbre, des animaux bizarres et surtout dangereux, guettent. A l’époque, la faune de ce vaste continent était encore méconnue. Ces valeureux conquistadors remontèrent les fleuves ou les rivières tout en restant éloignés du rivage. Ils étaient certains que derrière cette haute et foisonnante végétation bordant les rives vivaient des êtres étranges. Ils avaient entendu parler de magie noire et de leurs possibles ravages. Aussi, craignant pour leur vie, du capitaine aux moussaillons, ils ne se lassaient pas de scruter d’un œil inquisiteur, l’épaisse broussaille du sousbois et les cimes des arbres. Pensaientils apercevoir une représentation lumineuse de la Mamy wata? Possible! Car la peur se lisait dans leurs regards et l’abondante sueur qui mouillait leurs habits n’était pas due seulement à la forte chaleur. Quelle réaction auraientils eu si, malencontreusement, ils voyaient apparaître des horribles masques audessus de ces broussailles?... En effet, de leurs cachettes, des autochtones portant des déguisements effrayants, les épiaient. Ces indigènes qui les observaient, bien qu’étant barder de gri gris, tremblaient eux aussi. C’était la première fois qu’ils apercevaient ces hommes à la peau étrange. Comment ne pas être effrayé en entendant ce bruit assourdissant et bizarre que faisaient leurs «pirogues » ? Silencieux et surtout inquiets, ils détaillaient le moindre de leurs mouvements tout en se demandant qui ils étaient et ce qu’ils cherchaient. Étaientils des revenants venus de l’audelà pour prendre leurs âmes ? Ces guetteurs furent rassurés lorsqu’ils comprirent que ces revenants n’étaient pas des fantômes mais des humains au corps simplement dépourvu de peau. Ils étaient bien réels et bien vivants. Ils décidèrent donc de les chasser hors de leurs terres. Pour ce faire, ils s’armèrent d’arcs, de flèches, de lances et de coutelas, puis partirent les combattre.
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Ces hommes ne manquaient pas de volonté, de courage. Cependant, très vite, ils comprirent que ces étrangers étaient les plus forts, et que face à eux, ils ne pouvaient rien. Leurs adversaires possédaient une magie plus puissante que la leur. Effrayés, ils s’enfuirent en abandonnant derrière eux leurs ridicules armes. Puis le soir, autour du feu, après un long débat ou il était question de ces bâtons qui ôtaient la vie chaque fois qu’ils étaient pointés dans une direction ; leur direction, ils conclurent qu’ils étaient plus sages de céder aux exigences de ces sorciers sans peau. C’est ainsi que les vainqueurs prirent possession de leurs gains; les terres. Au début, ces hommes à la couleur du palétuvier, furent peu nombreux à profiter de ce nouveau bien. Puis, au fil des ans, ils affluèrent par dizaine et ensuite par centaine. Bientôt, des familles entières emménagèrent au détriment de ces Africains. Ces étrangers exploitèrent le sol et le soussol, transformant les lieux selon leurs convenances et leurs traditions. Cependant, il eut un lieu où ils n’osèrent pas se risquer ; la grande forêt. Cette immensité verte était, pour eux, encore bien trop dangereuse. Pourtant, il y eut un homme de race blanche qui, bravant sa peur, osa pénétrer dans cette jungle de tous les dangers. Manuel Dalmeida de Oliveiro avait déjà vécu dans les forêts aux arbres rabougris des savanes en compagnie de Kinia, sa petite amie noire de l’époque qui fut tuée aux abords du village de Mulé. Avec elle, il avait appris comment se déplacer, se nourrir, vivre à la manière des indigènes dans ces endroits incultes. Mais, les enseignements de Kinia serviraientil dans une immense jungle où les arbres touchent le ciel et dont le sousbois est dense, sauvage?... Qu’est ce qui poussait cet homme à vouloir entrer dans cet endroit de tous les dangers ? Sa passion pour la belle négresse minait continuellement Manuel Dalmeida de Oliveiro. Il devint violent, intraitable. Aussi, sa sœur Linda avec l’aide de Naboa la bonne mais néanmoins amie de la famille, consulta une guérisseuse qui promit de guérir son frère. Cependant, cette libération se faire, obligatoirement, dans la grande verte. Bien que certain que la dite soignante serait incapable de le libérer d’un quelconque envoûtement, Manuel accepta sa proposition. Dans sa tête, il y avait une tout autre raison qui le poussait dans cette jungle. Manuel avait réussi à savoir que sa défunte maîtresse lui avait donné deux enfants. Ils vivaient justement dans la grande forêt en compagnie de leur grandmère qui s’y était réfugiée. Il se sentait donc responsable de ces gamins et voulait coûte que coûte retrouver leurs traces et peut être les ramener avec lui. Il demanda donc à Naboa, en qui il avait très confiance, de l’y accompagner. C’est ainsi que tous deux, avec la guérisseuse et ses collègues, ils s’enfoncèrent dans la grande verte.
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La première semaine se passa merveilleusement bien. Mais, lorsqu’ils arrivèrent dans la vaste clairière où allait se tenir la cérémonie, l’ambiance changea. Naboa, grâce aux enseignements de son oncle grand sorcier de Massa, comprit aussitôt que les guérisseurs étaient en réalité des cannibales et qu’ils s’apprêtaient à les sacrifier. Le soir même, Manuel et elle leur serviraient de repas. Naboa réussit alors à surmonter sa peur puis à déjouer le plan macabre de leurs hôtes. Profitant d’une inattention des cannibales, elle chargea sur ses larges épaules un Manuel drogué et courut, en pleine nuit, droit devant elle. Dans sa course folle, elle ne put, bien évidemment pas, tracer son chemin. Au petit jour, ils comprirent qu’ils étaient perdus. Réussirontils un jour à sortir de cette jungle ? Il leur fallait tenter de retrouver l’air libre. Après plusieurs jours d’errance, le malheur fit que les deux fugitifs dérangèrent une famille de gorilles. Le chef de cette tribu de primates, gros mâle à dos argenté, bien évidemment, défendit sa famille. Il se précipita sur Manuel après avoir balancer d’une main la grosse Naboa. Réussitil à les tuer?... Manuel et Naboa avaient vaincu les cannibales. Mais qu’en étaitil de leur lutte contre le dos argenté ?... Mort ou blessé, dans la jungle l’odeur du sang attire tous les fauves mais surtout les magnans. Ces fourmis carnivores dépècent jusqu’à l’os tout animal ou personne dans l’incapacité de fuir. Manuel et Naboa auraientils la chance d’être retrouvés par quelqu’un avant que ces vilaines bêtes ne les dépècent ? Il y avait un espoir. Nika habitait dans cette partie de la forêt. Chaque jour, transformées en oiseau ou en animal, elle et Manola, sa petitefille, erraient ça et là en quête de nourritures. Croiseraientelles le chemin de ces deux malheureux ? Nika dépasseraitelle sa rancœur envers les blancs et aider Manuel et Naboa ? Au village de Ndapé, Miguel et Linda désespérés de ne pas voir revenir Manuel et Naboa décidèrent d’aller à leur recherche. En compagnie du capitaine Carlos et d’une dizaine de soldats, ils se préparèrent à leur tour à affronter la grande verte. Arriveraientils à temps pour sauver Manuel et Naboa ? Cette partie d’Afrique, à cause de la folie de Manuel, allait vivre des moments de turbulences où amour, magie, mystère, folie, haine et violence s’entrechoqueront.
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LIVREI PAOLO