Fous de brousse

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Cinquième livre d'Alexis ALLAH, Fous de brousse narre les aventures de Djué le poisson, obligé d'aller vivre sur la terre ferme à cause de l'appétit insatiable et cruel d'Ozon le fourmillon et de Vié le criquet. Djué se retrouvera dans la position de l'accusé, obligé de comparaître face à un tribunal improvisé et corrompu. Tout autant fable que conte, ce roman pose subtilement la question de l'ingérence politique et économique.
Publié le : jeudi 2 juin 2016
Lecture(s) : 2
EAN13 : 9782140010880
Nombre de pages : 258
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Fable animalière à l’usage des âmes démocrates
Fous de brousse
Alexis ALLAH
Fous de brousse
Fable animalière à l’usage des âmes démocrates
Du même auteur, aux Éditions L’Harmattan La nuit des cauris, coll. « Encres noires », 1999. L’enfant-palmier, coll. « Encres noires », 2002. L’œil du marigot, coll. « Encres noires », 2005. (Prix de l’Académie internationale de Lutèce) Caméléon l’artiste d’Ahoussoukro,Contes baoulé de Côte d’ivoire, coll. « Légende des mondes », 2009. © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09068-9 EAN : 9782343090689
A ma mère N’GUESSAN N’Meh
A mes frères : – Konaté ABDOULAYE ; – Bertin Konan ALLAH ; – Célestin Konan KOUAME ; – Augustin Kouassi KOUAME.
A notre royauté : – Aimé Koffi N'GUESSAN ; – Sa Majesté Nanan Monique TANOU N'GA
Je tiens à exprimer ici toute ma gratitude à : Madame Emmanuelle THEIL Monsieur Franck LASSALAS, Pour leur soutien et pour leur hospitalité ;
Sissy ALLAH Isabelle CARDONA Fabienne DUFIS Chantal DUGNE Claire FAUQUERT Jean-Claude GALIRI Etienne GUICHARD Jean-Pierre WAUQUIER Alain WICK, Pour leur aide précieuse, pour leur disponibilité, pour leur soutien logistique et technique.
Avant-propos Ce récit n'est qu'une fiction pure et simple. Les noms, les personnages, les lieux, les événements sont les fruits de mon imagination et comme tels, ils sont utilisés de manière fantaisiste. Ils ne doivent pas être interprétés comme vrais. En conséquence, toute ressemblance avec des événements réels, des endroits, des organisations ou des personnes, pré-sentes ici-bas ou parties dans l'au-delà, est entièrement for-tuite. Je rapporte des propos que je n'ai jamais entendus, des attitudes que je n'ai pas vues. Cependant une certitude ne cesse de prendre à témoin ma conscience. Et je vous invite à y croire : les animaux mis en scène existent bel et bien dans le même univers que les hommes. Et vous pouvez y prêter foi. Regardons autour de nous. Certains sont nos fa-miliers : le coq, la poule, le mouton, le cabri, le chien... D'autres vivent à l'état sauvage : le lion, le héron, le zèbre, le crocodile, le poisson, le fourmilion, le porc-épic, l'agouti, la roussette, l'escargot, le colibri, le singe, la mante reli-gieuse, le rat, le cobra, etc. Ces êtres de la brousse, des vil-lages et des villes mènent le même combat, celui d'éviter de s'entre-tuer. Peu importe leur camp. Un dénominateur com-mun les a mis au banc de la violence : les criquets, voilà leur ennemi à tous. Les uns s'en accommodent, les autres veulent les combattre. Leurs aventures, je ne les ai pas vé-cues. Ne choisissons pas la facilité, aucune interprétation symbolique ne doit dissimuler le comportement exemplaire des animaux. Je vous propose de les imaginer comme ils apparaissent ou d'apprendre à les connaître comme ils vont se révéler sous vos yeux dans les actions qu'ils conduisent. J'ai bien conscience que, parfois, suivre le chemin de ma pensée peut être malaisé, mais derrière les mots, il faut s'at-tacher à trouver la réalité d'une autre culture. Ainsi vous conviendrez que la mante religieuse est toujours en train de réunir ses pattes de devant comme si elle priait ; le poisson
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vit dans l'eau et du jour au lendemain, il doit loger hors de son palais aquatique. Son esprit de tolérance permet aux adeptes du« tout pour soi et rien pour les autres »de sac-cager son magnifique domaine. Il survit grâce à sa capacité d'adaptation. S'il avait eu le réflexe de séparer le bon grain de l'ivraie, il aurait compris qu'autour de lui il n'avait pas que des amis. Et le fourmilion, est bien chanceux celui qui le voit sillonner les sentiers : sa sournoiserie n'est jamais éloignée de la cruauté des criquets. Les criquets ! Je vous le dis et je ne me trompe pas. Ils sont suffisamment présents, virulents au point de couvrir le monde de haine, de violence, de barbarie, de viols de toutes les intimités. Du Sénégal à la Côte d'Ivoire en faisant un détour par le Niger, ces insectes ont souvent ravagé des contrées entières livrant les hommes ainsi que les autres espèces à la famine et à la misère. Dans l'océan indien, ils ont également fait preuve de cette animo-sité soldée par l'implacable criminalité qui les caractérise : Madagascar a essuyé un affront plus terrible que la seule idée de leur existence. Les maudits ont sévi dans cet eldo-rado insulaire d'Afrique. Et ces insectes dans leurs actions malfaisantes se font un titre de gloire de leur malveillance destructrice. Quand j'étais petit, je les voyais s'acharner sur mon modeste champ d'arachides. J'assistais impuissant à la mise à nu de mes efforts. Mon grand-père me disait qu'ils avaient accompli tant de malheur comme s'ils étaient inves-tis du pouvoir de faire de la généreuse terre le siège de l'en-fer. Comme je ne comprenais pas le sens de ses propos, il en rajouta une couche et me résuma en une phrase que les criquets avaient réussi à faire du grand pays des Noirs la résidence principale d'Assiéhoussou le diable.« On n'aura jamais fini de souffrir avec eux », compléta-t-il. Avec le re-cul, je constate qu'en ce moment-là mon grand-père chercha simplement à me protéger d'un second choc. Et depuis, leur empire de désolation n'a cessé de s'étendre. Bientôt, les pays qui jusqu'ici ont trouvé grâce auprès d'eux ne seront plus à
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l'abri d'une conquête acridienne. La vérité aujourd'hui c'est que les criquets ont évolué sans pour autant renoncer à leur nature d'individus nuisibles. Mon grand-père avait raison : comment voulez-vous que l'Afrique connaisse un moment de répit dans la spirale de la Souffrance ? Les criquets ont changé en pire : ils sont devenus poilus. Savoir et ne point savoir observer ce que l'on observe naturellement est pire qu'être aveugle. Quiconque n'a pas remarqué la présence nocive de ces acridiens qui n'ont jamais aidé l'Afrique à émerger de sa léthargie est dans le mensonge : le même que celui des mortocrates. Quiconque ose admettre l'impunité à l'égard de ces insectes dans leurs actions répréhensibles et inadmissibles est dans le déni : il n'y a pas de fatalité au mal-développement. Il n'y a que ceux que l'émergence du continent dérange qui se voilent la face. Ceux-là travaillent à empêcher que l'Afrique se réalise. Cachés derrière ces êtres aux ailes maudites, ils contribuent à encourager ces derniers dans leur œuvre d'appauvrissement du continent. C'est ça qui est la vérité. SiFous de brousse ou comment accuser le poisson de mettre le feu dans le marigot… s'appuie sur les animaux, c'est qu'il n'y a qu'eux pour ignorer leur propre identité. Le bouc ne va plus au marigot parce qu'il a peur de sa propre image qui se tient dans la même position que lui dans la source. Il peut compter sur la solidarité animale pour se dé-saltérer quand il a soif. Quant aux hommes, ils se regardent dans le miroir ; ils se reconnaissent, s'apprécient et affichent une haute estime d'eux. Par modestie, ils se respectent et partant de là, ils manifestent une bienveillance vis-à-vis d'autrui. Certes ce dernier ne lui ressemble pas mais la mo-destie le conduit à le considérer comme étant son égal. L'être imbu de lui-même se fiche complètement de ce qu'est, représente et vit l'autre. L'être vaniteux fait triompher plus la délinquance à la fois verbale et physique que la politesse notoire. Il reste longtemps devant ce qu'il voit, outrepasse
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