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Fragments de vie de rien

De
113 pages
Ce livre embrasse toute l'ambiance du Maroc des années soixante jusqu'aux années quatre-vingt-dix. Fragments de vie est une oeuvre de création qui emprunte au genre de l'autofiction son esthétique et ses modalités axées sur des faits réels. [...] Le voile et la barbe y poussent comme des champignons. la ville des ouvriers, du syndicalisme et de la gauche politique paraît se laisser dominer par un conservatisme étouffant. Le désordre touche presque toutes les activités. Les jeunes vivotent et désespèrent de jour en jour [...].
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Lettres du Monde arabe Fondée en 1981 par Marc Gontard, cette collection est consacrée à la littérature arabe contemporaine. Réservée à la prose, elle accueille des œuvres littéraires rédigées directement en langue française ou des traductions. Les œuvres poétiques relevant du domaine de la littérature arabe contemporaine sont publiées dans la collectionPoètes des cinq continentsle théâtre dans la collection et Théâtre des cinq continents. Derniers titres parus : Magharfaoui (Khalil),Les épines des roses, 2017. Chali (Nasser),L’Apatride, 2016. Satour (Djamal),Ligne de fuite, 2016. Abdelmalki (Sidi Abdellah),Comme si un appel, 2016. Redouane (Najib),Le legs du père, 2016. Jmahri (Mustapha),Figues et châtiment. Nouvelles mazaganaises, 2016. Berrada Ababou (Touria),Le quarantième jour, 2016. Redouane (Najib),L’année de tous les apprentissages, 2015. Mebarki (Farid),Du couscous dans le biberon, 2015. Khemmal (Abdelkrim),Les rebelles du mont noir, 2015. Ces dix derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le sitewww.harmattan.fr
Bouchta FARQZAIDFragments de vie de rien
Les luttes d’un jeune Marocain
Du même auteurL’Image chez Roland Barthes,France, L’Harmattan, Mars 2010 : Cinéma marocain,Essais critique II Imprimerie Ain Maroc, Asserdoune, 2010 L’image protéiforme chez Roland Barthes, Maroc, Dar Al Watan, 2011 Essais critiques IV : Photographie et cinéma,Maroc, Dar Al Watan, 2012 Essais critiques V : Cinéma et Littérature,Maroc, Dar Al Watan, 2013 L’image chez Roland Barthes, esthétique, mythe et philosophie,France, EdiLivre, 2014 Pour un cinéma au pluriel,Maroc, Dar Al Watan, 2015 Formes et significations de l’image chez Roland Barthes,France,Presses Académiques Francophones, 2016 © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11544-3 EAN : 9782343115443
A mon père ; A Bouchaïb Mouhid ; A Ahmed Wahidi; A Mohamed Chegdali.
I J’ai longtemps hésité d’écrire sur moi pour plusieurs raisons. D’abord, je ne maîtrise pas très bien la langue littéraire ni arabe ni française. Puis, issu de la marge d’une société où la parole est interdite aux enfants et aux femmes, il m’était difficile de parler de moi à la première personne. Ainsi, j’ai toujours eu du mal à m’exprimer aussi bien à l’oral qu’à l’écrit. La modestie et la honte coexistent chez moi à tel point qu’il est impossible de les séparer. Enfin, j’avais envie d’écrire un livre sur la Mère ; or la lecture d’un livre de Roland Barthes a provoqué en moi un sentiment d’immense frustration né de ma prise de conscience que je ne pourrais pas parler de ma mère comme il l’a fait de la sienne. C’est pourquoi ; j’ai pris la décision de me mettre à nu dans quelques fragments biographiques, qui, je l’espère, serviront de prolégomènes à des livres à venir. Le lecteur n’est point obligé de lire ces textes. Ou bien il peut déchirer ces feuilles où sont inscrites des banalités et les jeter à la poubelle.
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II En apparence, ma ville laisse croire qu’elle fait partie des villes modernes. Que de cafés à l’instar de ceux que l’on peut fréquenter en Occident ! Que de voitures de la nouvelle gamme ! Et que d’appartements et de villas ! Or, au fond, la ville est stagnante. Les gens n’investissent que dans le béton. Absence d’infrastructure culturelle et industrielle : pas de vrai centre culturel, pas de musée, pas de salle de cinéma, pas d’espace de divertissement pour les familles... pas d’usines, pas de vraie agriculture… C’est ce qui explique, semble-t-il, la tendance de la population à afficher la barbe dans une ville où le socialisme occupait autrefois le devant de la scène. A présent, il y a comme une espèce d’autisme qui règne dans cette partie géographique. Et les raisons en sont nombreuses. Le phosphate, qui a donné naissance à cette ville et qui lui a assuré une partie de sa modernité, commence à y faire défaut. Je crains que la ville ne se transforme en fantôme dans l’avenir à l’instar de certaines régions du Maroc. Le béton, qui est sujet à l’usure du temps, n’a jamais formé un être humain. La ville semble régresser et changer de visage. Forêt détruite, jardins disparus ; les tourbillons y sèment la zizanie. Le seul circuit de la ville est le boulevardlook at meoù les gens vont et viennent sans but précis, telles des bêtes. Le voile et la barbe y poussent comme des champignons. La ville des ouvriers, du syndicalisme et de la gauche politique paraît se laisser dominer par un conservatisme étouffant. Le désordre touche à presque
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