FranceBitume

De
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Une cité HLM en banlieue parisienne. des jeunes traînent quotidiennement en bas des tours. Aziz, l'un d'eux, décide d'écrire un roman. Un roman parce qu'il veut fuir sa routine, et parce qu'il veut prouver qu'il est capable de produire, de créer, en dépit de son échec scolaire. De la Normandie à Paris, des débats sur la société de consommation aux soirées dans des squats, Aziz s'interroge sur les Hommes et le sens de l'existence. Il fait voyager son lecteur à la fin des années 60.
Publié le : dimanche 1 janvier 2012
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EAN13 : 9782296480599
Nombre de pages : 164
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57

rue

de

© L’Harmattan 2012
l’Ecole polytechnique 75005

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iffusion.hrmttnwnoo.fr
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B -40842-296-56978-
EA 8796922805644

Paris

France

Bitume

Du

même

auteur

Etiennerre e anuscrit aris2007

oturne

éleste

e

anuscrit

aris

2009.

Benjamin

France

osenberg

Bitume

roman

’armattan

À

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ntus

et

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ute

eanacques

l’intérieur

ousseau

es

et

sous

la

peau).

onfessions.

Fa–isaecqiusejejet’leia
unepute 
–Cesera àton père d’en juger.
a cave est sombre ethumide.ejeune homme allumeson
téléphoneportable et sembletaper un numéro.alumière du
cellulaire éclairelevisage delajeune fille elle estbelle c’est
inéluctable.es yeux sonthumides ellesuffoque et ses lèvres
tremblent.
–on T’asgagnés’exclametelle avec effroi en
attrapant les mainsdu jeune homme.
l sourit narquoisement puisfourreson téléphoneportable
dans sapoche déboutonneson pantalonetabaisse
brutalement levisage dela fillejusqu’àsavergetendue comme
lestipe d’un palmier.
lfait un signe delatête àunautrejeune assis surdes
cartonsempilés.Ce dernierenclenche aussitôt la commande
plydela caméravidéodesoncellulaire.
Elle fermeles yeuxet ses pleurs salés se confondentbientôt
avecle foutrelaiteux quis’étalesur son visage.
l reboutonneson pantalonet lesdeuxgarçons senfuient

dans l’obscurité aux odeursderemugle depisse etdemort
aux rats.Ellerestelà assise àterreles yeuxfixant lenéantla
bouche infestée d’uneodeurfétide et lesouffle courtlapeur
au ventre.

remièrepartie

isoudèrestonp.aruatpEismava’asjuisaps.nsuiesviistang
Au neuvième étage d’unimmeuble quineressemble
qu’àunassemblage d’une centaine de fenêtres prêtesà
s’étouffer mutuellement deux jeunesd’unevingtaine d’années
jouentàla console dejeu.l s’agit vraisemblablementd’un jeu
de football puisquele fond del’écrandelatélévision paraît
vert etdeminuscules pointsgesticulentdans tous les sens.
’undesdeuxbondit parfoisdesa chaisetouten pointantdu
doigt letéléviseurd’unair menaçant et l’autresouritencoin.
Auboutd’unevingtaine deminutes ils posent leur
manette et sortentdesous lelit ungenre de cigaretteroulée
mais quisembleplus longue et plusépaisse.’undesdeux
individus l’allume enaspirela fumée allongesatêtesur le
dossierdela chaiserecrachela fumée et tendlejointàson
ami.ls restentimmobiles assis sur leurchaisesilencieux et
le corpsentièrement tournévers la fenêtre dela chambre.
’und’euxécrasela findu jointdans un morceaude carton
auxextrémités relevéessaluesonami d’unepoignée demain
lymphatique et sortdelapièce.’autres’assoit sur le bord de
son lit courbele dospose chacundesescoudes sur ses
cuisses et laisseretomber satête entreses poingsfermés.l
attend.lattendqueletemps passequelajournées’achève
enfinpour qu’une autre désespérémentidentiqueviennela
remplacer.
evoilàqui bâille et quisaisit un objetdont la couleurest
difficilementdiscernable roseou peutêtreviolet.l le fait
passer nonchalammentd’unemainàl’autreune dizaineune
vingtainemêmeune cinquantaine de foispuis lejette àterre
saisit saveste et sortdesa chambre.
lentre dans lasalle de bainpressesonindexdroit sur
l’interrupteuret s’observe dans la glace unduvetchâtain qui
commencepeuàpeuàlaisser place àune fine barbe brune
descheveuxbrunscoupéscourtset une boucle d’oreille du
côté gauchequi donnentàpenseràsamèrequ’Azizest un
voyou ; un teintbasané etdes yeux noirs qui cataloguent
presque immédiatement lejeune homme dans la catégorie
iniviu en éhesolire ynt unsier juiiire
onsommnt et venntunnispossént unermee

12

sixièmetégorie et shnt se servir’unermeàfeu.êmesi
pour laplupartdes jeunesfrançaisau teintbasané etaux yeux
noirs cette généralité auraitétéréfutée dans le casd’Aziz elle
n’est quepartiellementincorrect ie l nepossèdepasd’arme
desixième catégorie.
l met sa capuchese dirigevers lapiècemitoyenne et
tournelatêtevers un sofa blanc cassésur lequelestassiseune
femme àlapeau ridée aux jouescreusesetaux yeux noirs.l
remueses mainsdans tous les senstape du piedsur lesol et
claquelaporte del’appartement.Azizdescendlesescaliers.l
passe àtravers lavitre inexistante delaporte d’entrée du
bâtimentet rejoint lazoneCunilun tabac et un vendeur
dekebabsenface desquels sontdisposésdeuxbancsde bois.
azoneCdésigneprincipalementcesdeuxbancsoùcertains
jeunesaiment seretrouver.Thomasetomain sontchacun
assis sur unbanc.Thomasestd’originemartiniquaisesamère
est technicienne desurface àl’hôpitalaintouiset son père
manutentionnaire dans unentrepôtàAubervilliers.Thomasa
obtenu sonbaccalauréaten section littéraire ilestinscrità
l’université en philosophie depuis le débutdel’année.
omainest né dans levingtième arrondissementde aris.
orsqueson père aperdu sonemploila famillen’a eud’autre
solution que d’aller vivre enoù leloyerétait moinscher.
l s’agitait toujoursenclasse etétait unélèvemédiocre.l
disait n’être intéresséparaucune des matières proposéesau
collège et se décritencore aujourd’hui comme autodidacte.
omaina doncmisfinàson parcours scolaire àl’âge de
quinze ans enfindetroisième.lalu quelquesbonnes
œuvresl’lie et l’ysséed’omèrejdeBreton
Antigonede ophocle ete pèreGoriotdeBalzac;et
feuilletterégulièrementdes manuelsd’histoire etde
géographiepour s’instruirepar luimême.
Depuis trois mois ilestbénévole dans une associationde
soutien scolaire il propose aux jeunescollégiensdela cité de
leurfaireréciter leurscoursoudelesaideràréviser tel ou tel
contrôle.omain leurest très utilepas tant par son savoir
mais par l’encouragementàpersévérer qu’ilinculque aux

13

élèves.lapoureux lerôle d’uncoach  il leurdonnel’envie
dese battrepour sortirde cette citéqui commetoute autre
destineses résidentsinfluençableset peuambitieuxàla
déchéance.Aziz s’assoit prèsde omain.
–Tufais tourner ?ditilàsonamiquitient un jointdela
maindroite entrelepouce et l’indexla fraise endirectionde
lapaume.
omain leluitend.

–Aziz egardequi arrivesécrie Thomas qui bonditdu
banc et s’esclaffe d’un rire forcé etbruyant.
–Arrête de crier ellevat’entendre.Vous pouvez quand
même avouer qu’elle estbelle s’exclameAzizen parlantde
plusen plusdiscrètement.
–C’est vraiqu’elle aunbon petitculquand estcequ’elle
y passe? reprend Thomasd’unair taquin.
–Ta gueule.Tu vasfinir pargrandir ?aëla est pas l une

de cesfilles quise font prendrepar une dizaine demecsdans
un parking aux odeursdepisse C’est pas unetraîn ée l
faudraitcommencer par larespecteravantd’espérer neserait
cequ unbaiser.

omain saute dubancsur lequelest toujoursassisAziz
rejointThomaset tape dans lamain que ce dernier luitendait.
esdeuxamis ricanentet setournent versAziz.
–orsdetonconte de féesAveclesfemmesilfautagir
ellesaiment pas qu’on réfléchissetrop.rends toncourage à
deux mainsetinvitela aucinéma au lieudela dévorer
bêtementdes yeuxà chaque fois qu’ellepasse devant toi Ah
non j’oubliais ceseraitirrespectueux ceserait mieux quetu
sonnesàsaporte avecun poème et unbouquetderoses.
–C’est vrai Agis mon vieuxrenchéritomain.i
t’attends tropunautremectenterale coup etil telapiquera.
–aissezmoi faire cequejeveux ’ai aucune envie
d’aller luiparler.
aëlasortenfinduillesbraschargés.Avecson teint
haléses yeux marronet sescheveuxbruns elle a au sens le
plusgénérallephysique classique d’unejeune femme
maghrébine.aisc’est son regard àla fois pudiquesensuelet

1

provotur t lronurss ptits fsss — mêmsins
un soui onn onsinil u mlàsl’mttr— qui
plisntàAziz.
–lui proposr toni oloss!Ell lsux mins
priss !C’st mintnnt ou jmis !ithoms.
–Allz oug-toi !itomin qui pousssonmins l
irtionljunfmm.
Aziz slnil s’pproh ’ll.
–lutël.Cs ss sont ps trop lours ?
–içl’st.D’illurs pourquoi ls rouluxsoplin
sont sinomrnts ?
–Euh…
–n in invnté s téléphons moils miniturs
ou mêm s orinturs miniturslors qulprmir
fisitux fois ltill mon frigo !Alors pourquoi pss
rouluxsoplin miniturs ?
–’n sis rinput-êtrqulprojtstnours…
Donn-mois ss it-il toutn ls prnnts mins
ël.Çspssllyé?
–C’st intérssnt.u sisjpnsqut’uris psû
t’rrêtrn troisièm.êmsi’st prfoisnnuyntt si on y
psslmjorité u tmps ’st grâ uxétus qu’on
pourrun jour s’éloignrl ité.
–’i unvnir moi t j’yrrivrilui rétorquAziz
onvinu qu’ilit.
–C’stqutousux quirrêtnt lsétusn
troisièm isntmis qu’spérz-vousvnirjouurs
footllrppurs lurs oïnou trfiqunts
’rms ?
Aziz nréponrin.l murt’nvi luinnonr qu’il
sr érivinoûtqu oût.u in qu’ilitéourtéson
prours soliril littérituoup t qu’il snt qus
plum stssz mûrpourérirson prmir romn.
–nstrrivésj’hitlà itëltoutn pointntu
oigt un immul u tint juni pr l rss.ri
m’voiriéAziz.
–Drinpssun onnsoiré.

15

Aziz rejoint lazoneCetaperçoit sesdeuxamis quilui font
des signesà caractères sexuels.
–AlorsDonuan ?Un numérodetéléphone?
–on.na discuté c est tout.

–ff.T es pas marrant.amaisde folies’indigne Thomas

.
–u’estcequetu voulais queje fasse?ueje
l’embrasse?
–arexempleoui 
–Tu l’auraisfait toi?
Thomashésite avantderépondre bafouillepuis en
baissant les yeux ’cle 
sexam
–Franchement non.
–Alorsarrête deme faire chieravec ça.
Aziz réclamelejointet leporte àses lèvres ilaspire
expirepuis sesent planer légèrement comme après un ou
deux verresdevin.l ouvre grandla bouche etaspire cette
foiscil’airfrais qui entre directementàl’intérieurdeses
jeunes poumons déjà envahis par lanoirceur qui annoncela
mort.
l jettelemégot sur lesolgoudronnésaluesesdeuxamis
et s’éloigne delazoneCendirectiondubâtiment.
l tournela clé dans laserrure delaporte d’entrée et
allumelalumière.Un sofa detissublanc casséunetable basse
de bois vernisur laquellereposeunancien poste deradio
poussiéreux.Unetable deplastiquejaunesafranet trois
chaisesdelamême couleur.Un parquet recouvertdelino
beige etdes mursblancs légèrement jaunis par l’humidité.
Unephotod’uncielétoilé accrochéesur lemuraudessusdu
divan.Un minuscule frigidairequelques tiroirset uneplaque
chauffante.Une corbeille à fruits videsur latable.Aziz rejoint
sa chambre.Un litde bois marronclair sur lequel reposeun
matelasblanc couvertd’undrapdelamême couleur.e
matelaset le drapentièrementenveloppésd’une couverture de
lainemarronclairet un oreillerblanc cassé.Un posterde
Zidane en préparationd’unereprise devolée enfinale dela
ligueeshmpionsdel’année2002avecleelriface
auByereverkusen et unetrentaine delivres rangés

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