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Francisco de Orellana

De
290 pages
Qui était Francisco de Orellana ? Cousin du célèbre conquistador Francisco Pizarro, il part vers le Nouveau Monde et rejoint son parent lancé à la conquête du Pérou et de l'empire Inca. Il participe à la célèbre expédition qui aboutit à Cuzco, avant de se lancer à la recherche du pays de la canelle puis à celle d'El Dorado. Sous forme de fausse autobiographie, le récit constitue une longue réflexion sur les sentiments qui traversent Orellana au long de sa vie.
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Jean-Marie Warêgne
Francisco de Orellana
Découvreur de l’Amazone
Romans historiques e Série XVIsiècle
Francisco de Orellana Découvreur de l’Amazone
Romans historiques Cette collection est consacrée à la publication de romans historiques ou de récits historiques romancés concernant toutes les périodes et aires culturelles. Elle est organisée par séries fondées sur la chronologie. SOREL(Jacqueline),L’Aigle et la Salamandre. Le roman de Jean Ango, armateur dieppois au temps de la Renaissance, 2014. DIJOUX(Colette et François),Les Mariés de l’an 9. Deux Destins dans la Grande Guerre, 2014. RAMONEDE(Célestine),Survivre sous la Terreur. Le destin d’une aristocrate, 2013. DIAZ(Claude),L’espoir des vaincus. Soldats perdus d’Abd el-Khader à Sète, 2013. THOUILLOT(Michel),En Lémurie ou Guerre et mythe dans l’océan Indien, 2013. GROSDIDIER (Christophe),Capitaine Stedman ou le négrier sentimental, 2013.CHALON(Tristan),La Reine Pharaon. Récit de la Nubie antique, 2013.SANDRAL(André),Une drôle de citoyenne, 2013. JOUVE(André Alfred),Les bactéries du Chemin des Dames, 2013. CAILLAUDet BLANC Christophe, (Hélène)Le nœud du monde.Un ambassadeur de circonstance au Kongo, 2013.SIMBERT(Jahel),Les ondes fugitives. Voyage à travers l’histoire des Antilles de 1785 à 1902, 2013. BERTHOME(Catherine),Les larmes de Cuba,2013. Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le sitewww.harmattan.fr
Jean-MarieWarêgne
Francisco de Orellana Découvreur de l’Amazone
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02742-5 EAN : 9782343027425
A Carmen et Sandrine
1. L’an de grâce 1541 L’an de grâce de Notre Seigneur Jésus Christ 1541 vient de commenceret je m’impatiente. Les montagnes, les volcans et les innombrables collines abruptes freinent notre avance. Au loin, le Cotopaxi couvert d’une blancheur éternelle déchire l’armure étincelante du ciel. Celui que les indiens nomment naïvement «masse de feu» a imprimé dans leur mémoire le souvenir d’éruptions sanglantes violant l’étole de neige qui le couvre et il demeure prompt à ravager les villages qui dorment à ses pieds dans cette vallée sans fin que nous traversons péniblement. La crainte des lahars et des rugissements du cratère leur révulsent les yeux: le souvenir d’il y a quelques années bouleverse leurs sens. Une éruption soudaine avait alors rendu service à notre compagnon Diego d’Almagro qui vit les soldats incas s’enfuir à toutes jambes, atterrés par les grondements surgis de la terre, les fumées voilant les rayons du soleil et les laves incandescentes éclaboussant et rongeant les flancs raides de la montagne. Un long frisson passe maintenant parmi les porteurs qui craignent les manifestations sauvages de leurs dieux barbares, mais je n’ai pas de temps à perdre à entendre leurs gémissements païens. Pour moi, la bouche du diable est ailleurs. Nous avons quitté Saquisili et repris le dur cheminement vers Quito. La roche arrache à nos corps de pénibles efforts. L’éclat minéral double nos armures, le vent glace chacun de nos mouvements. Mes hommes mettent pied à terre quand leurs chevaux sont fourbus et les Indiens semblent buter sur chaque caillou, chaque rocher, chaque anfractuosité. Eux, si habiles à courir sur les chemins de l’Inca me paraissent soudain gauches et maladroits. Comme sourds à mes imprécations silencieuses. A quoi bon le fouet ou l’épée? A quoi bon l’exemple? Ils sont muets et forment un long cortège résigné, abasourdis des charges posées sur leurs épaules courtes ou soutenues par un large bandeau de cuir ceignant leur front raviné par l’effort. Ils regardent obstinément leurs pieds nus. Sont-ils seulement des hommes me demandait parfois mon cousin Francisco Pizarro? Tout en feignant d’ignorer les règlements de notre Empereur. Ils sont de petite taille et semblent peu souffrir de l’altitude: les capitaines de mon cousin les ont enrôlés à la force du bâton, de l’épée et avec l’aide de chiens spécialement dressés, les ont soustraits aux contreforts montagneux où ils menaient une existence paresseuse.
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