Frontière(s)

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L'amitié entre les auteurs se teinte souvent d'ombres inquiétantes, brouillée d'envieuses pointes de jalousie ... Rien de tel chez ces dix compagnons de route, fidèles et attentifs les uns aux autres, à travers les aléas de la vie et malgré les stigmates du temps qui passe. Tous répondirent présent dans cette anthologie domestique. De 1985 à 2015, une nouvelle par an égaie donc ce recueil.
Publié le : mercredi 2 septembre 2015
Lecture(s) : 4
EAN13 : 9782336390307
Nombre de pages : 208
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Jean-Jacques Michelet présente Le collectif 10/10
F r o n t i è r e ( s ) Ou l’art de donner des nouvelles...
Frontière(s) Ou l'art de donner des nouvelles...
Jean-Jacques MICHELETprésente Le collectif 10/10
Frontière(s) Ou l'art de donner des nouvelles...
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris www. harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06766-7 EAN : 9782343067667
Le collectif 10/10Berjac Thomas (1952-) Né à Cosne-sur-loire, dans une maisonnette surplombant le Nohain. Pressé en effet de mordre la vie à pleines dents, il ne laissa point le temps à sa mère de se rendre à l’hôpital. Cette anecdote s’avère d’ailleurs constitutive de son caractère car plus de soixante ans après, il habite toujours cette modeste demeure. Grâce à une imagination débordante – à l’instar de son fleuve fétiche –, il se lança à corps perdu dans l’écriture. La littérature nourrissant rarement son homme, il exerça tour à tour les professions d’enseignant, de comique troupier, de pêcheur sur Loire (il possède plusieurs gabares restaurées avec passion) et enfin d’ouvrier viticole dans le sancerrois. « Pourquoi bouger ? L’eau le fait à ma place. Mes pensées sur son fil m’entraînent tellement plus loin que vos automobiles ! » Se plaît-il à ressasser. Spécialisé dans le court récit, on lui doit à ce jour plus de mille nouvelles. Bobet Louise (1945-) Outre ce troublant homonyme, Louise Bobet n’a aucun rapport avec le cycliste de légende. Le seul sport qu’elle pratique consiste à activer son redoutable quadrille de mâchoires lorsqu’elle croise une pâtisserie ! Plus sérieusement, cette femme passionnée dans la force de l’âge écrit toutes sortes de textes depuis sa prime jeunesse. Du théâtre aux chansons, elle avoue toutefois une prédilection marquée pour les romans sentimentaux. Et lorsqu’un goujat lui dit en ricanant que ses œuvres fleurent bon l’eau de rose, elle remercie dans un sourire en rétorquant qu’il s’agit de la reine des fleurs depuis l’antiquité…
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« Sombres tropiques »une de ses meilleures reste productions. Boulou Louis (1806/1889)Issu d’une famille très pauvre originaire de Loudéac, le petit Louis n’eut point la chance de fréquenter l’école car son père exigeait – le plus souvent à coups de ceinturon – sa présence aux travaux de la ferme. Le destin du garçonnet bascula un soir de moisson, lorsqu’il entendit l’un des plus grands conteurs du Trégor. Son horizon bouché se déchira instantanément et il s’enfuit pour entendre ailleurs d’autres histoires aussi belles. Il réussit à se faire embaucher comme mousse et devint durant un demi-siècle un terre-neuvas accompli. Bien que les campagnes durassent six mois dans des conditions dantesques, jamais il ne manqua un embarquement ; cela lui permettait de rencontrer des gaillards des quatre coins d’Armorique afin de recueillir leurs meilleures anecdotes apprises auprès de l’âtre. Ses œuvres complètes en trente volumes parurent aux éditions Kernonen & Portal. Cortado Bruno (1954-) Commissaire divisionnaire à la célèbreP.J., accaparé par la fourmilière du Quai des Orfèvres et les dizaines d’enquêtes glauques auxquelles il dut se colleter, il demeura quarante années la tête dans le guidon… Abandonné de tous, moqué pour sa surcharge pondérale, son amour pour la poésie (né lors d’une cure au fond de la Haute-Marne), puis la science-fiction permit à sa passion pour la lecture de grandir beaucoup, réussissant ainsi tant bien que mal à surnager. Longtemps rétif à l’idée de prendre la plume, il décida un moche matin de se colleter à nombre de ses idoles, non
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pour tenter de les imiter mais simplement leur rendre hommage. La parution de« Chagrin d’amour »en 2010 lui donna la force de continuer. Del Vivier Juan Martin (1932/2004)Littérateur et syndicaliste engagé, Juan Martin dut fuir la dictature sauvage qui étrangla l’Argentine entre 1976 et 1983. Arrivé en France après une longue errance depuis le port de Buenos-Aires – où il vécut un temps de dangereux expédients –, il fut recueilli par un collègue nouvelliste, bouleversé par le massacre féroce de toute sa famille. Cet hôte attentionné lui redonna peu à peu goût à la vie et à l’écriture, grâce à une association qui jusqu’à sa disparition brutale ne se démentira jamais. Leur indéfectible amitié déboucha en outre sur la création de plusieurs dizaines de pièces de théâtre écrites à quatre mains… Desmarceaux Jean (1939/2011) Après moult refus des maisons d’édition de différentes tailles, il dut se résoudre à entrer dans la vie active et devint inspecteur des impôts. Il ne renonça cependant jamais à ses premières amours et connut un certain succès avec sa trilogie icaunaise :« Les poyaudins sont là ». Il ne cesse de claironner pourtant que ce fut sa rencontre avec son ami sud-américain - débouchant sur une collaboration étroite - qui améliora grandement ce style caractéristique, tout en le propulsant vers les sommets escarpés de leur art. « Derrière le miroir du monde »en demeure le dernier exemple frappant. Jacquey Jean-Michel (1929/2010) Après avoir travaillé dans un orphelinat de Pondichéry en Inde, mangé du beurre de cacahuètes à Savannah aux
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