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Fursan - Tome I - Magie de la Charnie

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En Mayenne, le fort romain du Rubricaire servait à surveiller un village de Gaulois irréductibles !


Fursan, un jeune Gaulois, est arraché à sa famille, obligé d'apprendre le latin, de vivre avec les esclaves.... Il ne sait pas pourquoi les Druides ont ordonné cela. Il ne peut que subir. Il ne sait pas que sa mission est très importante pour sauvegarder son clan, sa religion, les sites sacrés de sa région.


Fursan parcourt la Charnie et les Coëvrons en apprenant à travailler le bois, le fer, l'argile... Il apprend à utiliser le magnétisme et la magie. Il risque sa vie pour sauver la religion druidique.


Un jour, il deviendra un homme important, il influencera les croyances de la Gaule :

 

Tome 1 : Fursan, magie de la Charnie

Tome 2 : Fursan, secret des druides

Tome 3 : Fursan à la découverte du Graal

Tome 4 : Fursan, le Graal en Mayenne et Orne


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FURSAN,MAGIEDELACHARNIE;EXTRAITS
Robert Christian SCHMITTE
Dédicace
Je pépie le tome 1 aux victimes pe la guerre pes Ga ules, au million pe morts, au million pe péPortés contraints à l’esclavage (y comPris la PoPulation Vénète pans sa totalité). À tous ceux répuits à la famine, sans Parents, sans famille, pans une Gaule en ruine. C’est sur ce terreau que, mille ans Plus tarp, est née la légenpe pu Graal, elle sera contée pans les tomes 3 et 4.
La source
Notes : En l’an 800 avant J.C., une population CELT E basée en Europe centrale à Hallstatt en Autriche av ance par le Danube, le Rhin, la Moselle à travers une piste que l’on peut identifier par ses fosses circulaires. Ils arr ivent en conquérant et sont porteurs d’une nouvelle technolo gie : la métallurgie du fer inventée par les Hittites en l’a n -1500. La possession d’armes en fer constitua vraisemblableme nt un argument convaincant pour favoriser leur installati on dans le Bas-Maine. Une deuxième vague, en l’an -600 venant de La Tène (Suisse), les Galli, marque l’installation déf initive des Celtes et a laissé de nombreux noms à nos forêts et nos cours d’eau. Cette appropriation du sol gaulois par une populati on Celte de plus en plus croissante fait dire à Tite-L ive, dans son histoire romaine que « La gaule fut si féconde en récolte et en hommes qu’il parut difficile de gouverner la foule débordante de ses habitants ». =*=*=*=*= Le soleil reste un moment au ras des arbres vers l’ Ouest. Je regarde le disque doré posé sur l’horizon. Je lui adresse une prière : « Reviens vite Ami Soleil ! Ces journées de décembre sont si courtes. Sans toi, le froid est le maître. Regarde Ami Soleil, l’eau se dépose en glaç ons sur les herbes autour de la source. » Je me penche vers l’eau qui gazouille, mes doigts c aressent le filet cristallin. L’eau fraîche descend de la Charnie pour surgir non loin de notre maison. La crête rocheuse de la Charnie est sacrée, l’eau de c ette fontaine nous est indispensable. Il fait si froid ! Je sens que la neige va tomber. Je pense à mon amie Naodhan, elle va dormir jusqu’au dégel dans le berc eau de roches, de terre et d’herbes de cette source. Avec ma sœur Chwaer, nous sommes les seuls à voir N aodhan, à lui parler. L’été, nous jouons longuement ici, mêlant cette fée à nos jeux charmants. Je me penche vers la source, je murmure à ma fée : « Bons oir mon Amie Naodhan, dors bien sous la neige. Dès que notre Ami Soleil t e libérera de la glace, je viendrais te raconter ce que nous avons fait. » Soich aboie. Notre chien est presque un loup ! Comm e eux, il est adorable, gentil, doux. Il court vers nous en remuant la queu e. Arrivé à portée de main, il rampe sur le sol, quémandant une caresse. « Fursan, dit ma sœur. Fursan, il faut vite rentrer . Les voisins et Feath sont arrivés. Allons vite avant que maman nous appelle. » Nous courons vers notre maison coiffée de chaume. E lle est toute simple. Un muret de pierres soutient des poutres verticales et la charpente du toit de chaume. Les murs sont en bois et en torchis, barbou illés de glaise pour empêcher le vent et le froid d’entrer. Sur le toit, un orifice pour que la fumée
puisse s’élever. À côté, un autre bâtiment contient notre bétail et l’outillage… Aux beaux jours, notre mère cuisine dans un abri pr ès de la maison afin d’éviter les risques d’incendie. Nettement séparée, une maisonnette sur pilotis cont ient nos provisions pour l’hiver : châtaignes, noix, racines, herbes comesti bles et médicinales, de la viande et du poisson séché ou boucané, du fromage. Chaque pilier est couvert d’une pierre plate débordant largement, ainsi ni le s insectes, ni les rongeurs, ne peuvent grimper et piller les provisions[1]. En rentrant à la maison, nous nous inclinons sur un e petite butte de terre herbée dominée par trois pierres verticales et une dalle plate. Un tronc sculpté, peint aux couleurs vives, marque le lieu où les cen dres de nos morts sont déposées. Notre grand-mère a désiré que son époux r epose là, entre la source et la maison. Ainsi, à chaque repas, quand nous all ons chercher un pichet d’eau, nous pouvons nous arrêter auprès de notre gr and-père, lui parler, lui raconter les petits événements de notre vie simple. Notre grand-mère vient tous les jours passer un moment avec son mari, son ami ; elle s’assoit sur un tronc évidé et elle file ou tricote en racontant les peti ts riens de sa vie. Bien sûr, elle est triste d’être veuve, mais elle apprécie d’avoir son époux près de la maison. À cause de l’invasion de la Gaule par les Romains, pa rce que César a battu les Vénètes et leurs alliés Diablintes, beaucoup d’homm es sont morts au loin ; ils n’ont pas de tombes ; leurs âmes errent dans les la ndes ; leurs familles ont été obligées de simuler leur enterrement…
[1]On peut voir encore ce genre de grenier dans les A lpes. Une maquette est visible au musée de Jublains.
Laveillée…
e Notes :À la fin du II siècle av. J.C., Rome soumet la Gaule méridionale et la vallée du Rhône, qu’elle ér ige en province romaine en 121 av. J.-C. Jules César engage la conquête de la Gaule en profi tant de la migration des Helvètes en mars 58 av. J.-C. Les Aulerques Diablintes occupent la partie nord de l’actuel département de la Mayenne. En 56 avant JC, ils participent au soulèvement des Vénètes du Morbihan, en compagnie de peuples proches de la mer. Cet essai d e résistance s’achève dans une défaite navale au larg e du Morbihan. Tous les Vénètes sont réduits en esclavag e. 52 avant JC, Jules César achève la conquête de la Gaule. Les Romains construisent un fort au Rubricaire pour surveiller des Gaulois irréductibles. Marcus Junius Brutus Caepio porte le dernier coup, en poignardant Jules César, le 15 mars 44 av. J.-C. De 300 av JC jusqu’à 300 ap JC, il y a eu un réchauffement climatique. Meilleur climat, meilleur es récoltes, moins de maladies… Ce qui a donné un supplément de population. Entre autres, les Germain s essayent de pénétrer en Gaule et en Italie. =*=*=*=*= Ma mère fouille les cendres avec son bâton de coudr ier au bout noirci par un long usage. Avec précaution, elle retire les tuberc ules d’orchidées, les éloigne des braises. Avec nos voisins, nous sommes tous autour du feu, a u centre de la pièce, assis sur des bancs posés sur la terre battue. Je s uis heureux d’être avec ma famille, car, à sept ans, mes parents m’ont confié à une autre famille ; c’est la coutume pour apprendre d’autres façons de vivre. À quatorze ans, je serais majeur. À cause du froid et de la première neige, les fenêt res sont occultées par des panneaux en bois. Une large peau de vache sert de p orte. Malgré tous nos soins, le vent glacial s’infiltre de toutes parts, attisant le foyer, faisant danser les flammes des lampes à huile. Notre voisine attend que ma mère se pousse un peu p our déposer les châtaignes sous les braises, les recouvrir de cendres. Le foyer est au centre de la pièce, entouré de pier res noircies. La fumée monte doucement jusqu’à l’ouverture du toit. Les bû ches de chêne se consument lentement, laissant un épais tapis de bra ises rougeoyantes. À chaque saute du vent qui s’immisce, les braises rou geoient. Les bûches de sapin embaument, la résine suinte, de petites flamm es orange à la pointe verte dansent au même rythme que la chanson du barde.
Mon désir de goûter au salep m’empêche d’écouter la voix grave de Feath, mon grand-oncle le barde. Les yeux clos, il chante notre histoire en grattant une harpe. Ma petite sœur fixe aussi les mains agiles de notre mère. Avec de petits gestes précis, elle enlève la peau grise de cendres qui recouvre les tubercules d’orchidées. Elle malaxe les bulbes bien cuits ; el le en fait une pâte fine qu’elle mélange avec du lait, du miel et des herbes aromati ques séchées. En refroidissant, cette bouillie odorante va devenir u n dessert savoureux ! Je ne me rends même pas compte que ma bouche reste entrouver te, qu’un léger filet de salive descend sur mon menton… Un léger coup de coude dans mes côtes me fait repre ndre mes esprits ! Une ride joyeuse au coin des yeux, mon grand-oncle modu le son chant guerrier tout en s’amusant de ma gourmandise. Je connais bien cette histoire, car je l’ai entendu e des dizaines de fois. Cela raconte… Depuis bien des années, les hivers s’étaie nt adoucis, les récoltes étaient belles. Bien nourris, les enfants grandissa ient en force et en sagesse. Peu de malades, peu de décès ; les anciens restaien t assis sur les bancs au centre du village goûtant la douceur des soirées pa isibles. Des colporteurs passaient, nous proposant des bijoux, de l’ambre de la Baltique, du lapis-lazuli de Bactriane, de l’Ivoire d’Égypte. Pour les harnai s, ils proposaient des parures en bronze. Ils vendaient surtout des outils en fer, des épées, des haches, des poignards au fourreau en cuir repoussé. Affaires fa ites, les colporteurs s’installaient au coin du feu et ils nous régalaien t avec des histoires parlant de contrées lointaines, de monstres marins, de fruits inconnus… Un léger choc contre mon bras me rappelle à la minu te présente. On me tend une large écuelle contenant quelques morceaux de vi ande, des châtaignes épluchées, des cerneaux de noix, des racines de car ottes sauvages, de panais. Je prends l’écuelle de la main gauche pour la passe r à mon voisin et, entre le pouce et l’index, je saisis quelque nourriture. Un léger parfum de serpolet parvient à mes narines. Fugace, l’image de ma mère en train de cueillir les herbes odorantes. Des cris ! Les regards exorbités se tournent vers l a porte. Une lame de fer vient d’écarter la peau de la porte. Avec l’air fro id et les flocons de neige, la peur panique s’engouffre dans la pièce ! Soich, notre de mi-loup, gronde, les poils hérissés ! Mais, vite le sourire revient sur les lèvres. Ma mè re s’avance pour accueillir le nouvel arrivant. Elle sourit poliment, mais son regard est terrible, glacé ! Comment cet homme ose-t-il pénétrer dans sa demeure en ennemi, une arme à la main ? Le soudard reste immobile, à demi sous la porte. Il prend conscience de son impolitesse, de la peur qu’il a générée. Il ne sait plus s’il doit entrer ou sortir, comment s’excuser, se faire pardonner… Mon père s’était levé pour nous défendre. Il fait d emi-tour, juste un pas en arrière pour saisir une coupe en terre emplie de ce rvoise et il s’avance pour l’offrir à Gustave, cet homme d’armes au grand cœur et aux plaisanteries douteuses. « Entre Gustave, tous sont bienvenus sous mon toit s’ils viennent en amis. Remets ton glaive au fourreau et assieds-toi devant le feu. Raconte-nous les raisons de ta venue. » Gustave n’a guère le temps d’agir, une main ferme l e pousse en avant. Du coin de l’œil, je vois mon grand-oncle le barde entourer les épaules de