Futurs Systems Genetics

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La Russie, de nos jours. Deux corps sont retrouvés gelés. Rachel, jeune journaliste du Saint Peters Burg Times, parvient à établir un lien fragile entre cet incident et west, énigmatique PDG de Futurs Systems Genetics, entreprise responsable du séquençage de l'ADN humain. Mais l'enquête piétine et les relations qu'entretient le géant de la génétique américaine avec le géant du pétrole russe inquiètent. D'autant plus qu'un mystérieux groupement religieux se mêle à la partie et que d'étranges données sur l'évolution de l'espèce humaine semblent se confirmer. Dans un climat de doute et de suspicion se profilent les contours d'une découverte fantastique.
Publié le : jeudi 6 mars 2014
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342020373
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342020373
Nombre de pages : 240
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Célia Berger Constantine – Milmo Mob FUTUR SYSTEMS GENETICS Tome 1
Mon Petit Éditeur
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1 L’air était froid. Froid et rude. Selidov marchait vite dans le blizzard. La masse d’air glacé venant de Sibérie avait plongé Moscou dans un froid terrible. La température avait plongé sous les moins trente-cinq degrés depuis quelques heures. Une première depuis quarante ans. On avait beau dire que la planète se réchauffait, Moscou, elle, gelait. La ville était littéralement pétrifiée par le froid. Selidov tenta d’enfouir ses mains gantées plus profondément encore dans les poches de son grand blouson de cuir, sa chapka était bien vissée sur sa tête, les oreilles rabattues, mais rien n’y faisait. Le froid était terrible et le vent cinglant lui labourait le visage, non sans infiltrer des tonnes de neige dans son col. Qu’importe. Selidov en avait connu d’autres. C’était un dur. Pas un méchant. Non. Il était juste solide. Et, ce soir, il avait quel-que chose à faire. On lui avait confié une mission. L’objectif était assez flou, et Selidov soupçonnait d’ailleurs ses employeurs de l’entretenir volontairement dans l’ignorance de la réelle portée de sa mission. Dans les grandes lignes, il de-vait juste «visiter »les locaux de Génétiques systèmes futurs, grand laboratoire américain de recherche dans le génie généti-que, dont les locaux high-tech étaient situés sur les rives de la Moskova. Selidov travaillait pour une société privée de sécurité. Ce fai-sant, il n’avait eu de cesse de changer de postes et d’entreprises
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ces trois dernières années, passant du simple videur au garde du corps politique appelé en renfort pour d’importantes missions diplomatiques. Mais depuis peu, il était parvenu à obtenir de rester assigné à la même société. Il commençait à en avoir marre de faire la na-vette pour assurer la sécurité d’anonymes qu’il ne reverrait jamais. C’était ainsi que, depuis quelque temps, et bien que son titre officiel n’ait jamais été clairement défini, il était en quelque sorte devenu le bras droit du chef de la sécurité les Enfants de Dieu, une organisation religieuse mal connue de Moscou. Tellement mal connue qu’avant de travailler pour eux, Selidov n’en avait tout simplement jamais entendu parler. Pourtant, plus il en ap-prenait à leurs côtés, et plus il se rendait compte que leur discrétion n’avait d’égal que leur influence. Ce mélange nauséabond de pouvoir et de religion, Selidov ne l’approuvait pas. Non pas qu’il fût religieux. Il trouvait simple-ment tout cela quelque peu déplacé. Mais il n’allait pas faire la fine bouche. Les temps étaient durs. Alors, tout ce qui lui im-portait, c’était d’être payé. Et il était bien payé. Alors, que ces prétendus hommes de Dieu s’immiscent dans la politique de la Russie et se tapent des putes dans les bania les plus under-ground de la capitale ne lui faisait ni chaud ni froid. Lui, il montait la garde. Les Enfants de Dieu avaient prétendument beaucoup d’ennemis – on n’avait eu de cesse de le lui répéter – mais, à bien y réfléchir, Selidov n’avait jamais eu de réels problèmes. Un travail simple et bien payé, en somme. Et dans l’actuelle Russie, se disait-il, ça n’était vraiment pas un luxe. Car tout allait mal à Moscou. Ne parlons même pas du reste du pays, engagé dans une étrange phase de capitalisation accélérée, grillant tou-tes les étapes. Sur la scène internationale, il était de bon ton de
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commenter la capitalisation accélérée de la Chine et ses effets positifs sur la population et l’environnement. Mais c’était encore bien pire en Russie. En moins de dix ans, Moscou s’était transformée en une masse informe de néons bariolés et de panneaux publicitaires gigantesques. Selidov ne regrettait nullement l’ère soviétique, mais il ne pouvait que constater la montée des inégalités, entre les nouveaux riches du gaz et du pétrole, de la mafia, les politi-ques corrompus et les pauvres Russes qui s’enfonçaient dans la misère. Selidov lui-même était de ces pauvres Russes, miséreux et oubliés, jusqu’à ce qu’il soit engagé par les Enfants de Dieu. Il était conscient qu’il avait eu de la chance. Car il n’était ni un ancien militaire, ni un ancien du KGB. Bref, il n’avait pas le profil type des agents de sécurité qui devenaient de plus en plus nombreux dans Moscou, nouveaux riches et mafia obligent. Il avait su faire son trou. Et il gagnait correctement sa vie. Et pour continuer à la gagner, ce soir, il devait s’infiltrer chez Génétiques systèmes Futurs pour ramener un maximum d’informations à ses employeurs des Enfants de Dieu. Il ne comprenait pas bien pourquoi on lui avait demandé de faire cela, puisque les Enfants de Dieu et Génétiques systèmes s’étaient, disons, plus ou moins « associés » il y a quelque temps. Mais, à ce que Selidov en avait compris, des dissensions étaient apparues, et les Enfants de Dieu voulaient s’assurer que Géné-tiques systèmes Futurs respectait bien ses «engagements ».Il devait donc récolter un maximum d’informations concernant le service CTC de Génétiques systèmes Futurs. Selidov n’avait pas la moindre idée de ce que CTC pouvait bien signifier, mais peu lui importait: il savait où aller, quels documents rechercher, photographier puis remettre à leur place. Il avait obtenu les codes de sécurité des différentes enceintes du bâtiment en soudoyant un des agents de Génétique Systèmes
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Futurs. Ça n’avait pas été bien difficile. Ces gars-là étaient si mal payés. Et puis, celui qui lui avait fourni les informations ne ris-quait rien s’il avait pris les précautions nécessaires. Ce dont Selidov ne doutait pas. Selidov tourna au coin de la rue puis se mit à longer les gi-gantesques locaux de Génétiques systèmes futurs. Un homme traînait dans un coin, recroquevillé sous une misérable couver-ture rapiécée. Il ne bougeait pas et était enseveli sous une importante couche de neige, bien qu’il eût pris soin de tenter de s’abriter. Illusoire, avec un tel blizzard. Difficile de dire si le pauvre bougre était mort. Selidov se sentit triste, frappé par le sort de cet inconnu. Mais il ne pouvait pas s’apitoyer sur le sort de ce pauvre type. S’il le faisait, il était mort. Moscou regorgeait d’individus du même genre, et les aider signifiait tout abandon-ner pour devenir comme eux. Selidov passa donc son chemin. Il parcourut encore une cen-taine de mètres pour atteindre la petite porte de service. À part ce fichu blizzard, la nuit était étrangement calme. Il était envi-ron quatre heures du matin. La nuit, portes bloquées, le bâtiment n’était surveillé que par des caméras vidéo. C’était presque trop facile, se dit-il. Enfin, c’était déjà bien assez exci-tant, et Selidov n’était pas vraiment du genre à se plaindre d’un travail trop facile. Les portes ne seraient pas un problème: il avait tous les codes. Quant aux caméras, il lui suffirait de dissi-muler son identité à l’aide d’une simple cagoule. Les capteurs de mouvement ne déclencheraient pas l’alerte une fois les bons codes entrés. Un vrai parcours de santé. Selidov enfila sa ca-goule, tapa les codes et entra. Il s’avança lentement dans le premier couloir. Les néons s’allumèrent. Selidov fut ébloui et mit quelques secondes à re-couvrer la vue. Il s’engagea rapidement, suivant ses indications. Au fur et à mesure qu’il avançait dans les gigantesques couloirs d’un blanc impeccable, aseptisé, presque médical, les néons
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