GeMs - Paradis Perdu - Episode 5 : Les Voies impénétrables

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Ce cinquième épisode voit l'arrivée d'un groupe de moines à EDen, alors que la communauté se remet à peine de la terrible inondation qui l'a frappée. Dans le même temps, Tasha est confrontée à une épidémie inconnue pour laquelle elle a beaucoup de mal à trouver un remède. Elle finit d'ailleus par tomber malade. Gabriel prend alors le relais pour trouver un remède. Mais y parviendra-t-il avant qu'il ne soit trop tard ? Sous le Dôme parisien, une jeune scientifique est contrainte de s'enfuir, accusée d'un meurtre qu'elle n'a pas commis. Quel lien l'unit à EDen, Tasha et Gabriel ?

Publié le : mercredi 1 mars 2006
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782364750715
Nombre de pages : 450
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Episode 5 : Les voies impénétrables

Le petit prince s'en fut revoir les roses.
— Vous n'êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n'êtes rien encore, leur dit il. Personne ne vous a apprivoisées et vous n'avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient gênées.
— Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosée. Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe. Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose.


Antoine de Saint-Exupéry, "Le Petit Prince", extrait.

I

Extrait du journal de Natasha Hélénus.

12-04-08 GD.
Aujourd’hui, Gabriel est venu me voir et m’a demandé tout de go: «Tasha, c’est quoi, une âme ? » Ne pouvait-il me poser une question plus simple du genre : « Pourquoi le ciel est bleu ?» Non, il aurait trouvé la réponse tout seul, dans un livre.
Je ne pouvais me permettre de répondre à cette question par une pirouette, car j’en devinais une autre, sous-jacente : « Est-ce que les clones ont une âme ? » J’ai honnêtement répondu : « Je ne sais pas. » Puis j’ai expliqué que depuis qu’il savait penser, l’Homme s’interrogeait sur l’Âme. « Alors moi, je ne peux pas te donner une réponse toute faite, juste te faire part d’un avis personnel. Mais ce n’est pas LA réponse. » Gabriel m’a regardé gravement. En quelques mois, je l’ai vu passer du statut de brute épaisse tout juste capable de se débrouiller seul, à celui d’être sensible, curieux et avisé. Je crois qu’il a apprécié ma sincérité. Il a pris la pose qui dit « je vous écoute. » J’ai cherché mes mots. « L’âme serait une part de nous qui survit à la mort. Quelque chose qui poursuit le voyage interrompu par la disparition du corps. Une autre étape de notre évolution. Certains pensent que les hommes vont dans un au-delà directement après leur mort, d’autres qu’ils se réincarnent et qu’ainsi, leur âme apprend jusqu’à atteindre un niveau de sagesse leur permettant de rejoindre un plan supérieur. D’autres enfin pensent que l’âme n’existe pas. Qu’une fois mort, rien de nous ne survit. » Gabriel m’a regardée et très lucidement, a remarqué : « Je ne sais toujours pas ce qu’est l’âme. Où la trouve-t-on ? » Impossible de biaiser, avec lui. « Elle n’a pas d’emplacement précis : Le cœur ? ce n’est qu’un muscle, en fin de compte. Le cerveau ? mais dans quelle partie ? Et puis le cerveau meurt, comme tout le reste. Peut-être qu’elle nous enveloppe, qu’elle est autour de nous, au-dessus... » Il m’écoutait en silence, puis m’a demandé : « Avez-vous déjà vu une âme, Tasha ? » Je secouai la tête. « Moi non plus, » me confia-t-il. « Alors peut-être que ça n’existe pas. » Mais cette réflexion ne parut pas lui plaire. « Pourquoi en parle-t-on autant, en ce cas ? » « Ça nous rassure et nous fait espérer qu’on ne vit pas pour rien, » ai-je murmuré. « Donc l’âme, c’est une bouée de sauvetage, » résuma Gabriel. Cette image ne m’a pas vraiment satisfaite, ce qui est assez surprenant. Après tout, je suis athée. Alors j’ai cherché, ce soir, dans les livres que m’avait offerts un de mes patients pour payer la consultation (amusant le cliché dans lequel tombent les médecins : forcément, nous aimons lire). Notre conversation m’a fait réaliser que je déteignais sur Gabriel. Il n’a lu jusqu’à présent que des livres austères, pragmatiques, scientifiques : des traités de médecine, des essais de botaniques... Il est sans doute temps qu’il découvre l’imaginaire. J’ai deux livres, juste sous mes yeux. Lequel lui présenter en premier : Victor Hugo ou Alphonse de Lamartine ?

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