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GLOSSAIRE DU ROMAN SENEGALAIS

De
783 pages
Relevé et explication détaillée des vocables, proverbes, toponymes ou patronymes typiques des cultures sénégambiennes, le Glossaire du roman sénégalais considère l'ensemble des romans sénégalais écrits entre 1920 et 1986 comme un texte unique (un architexte) qui fournit les soubassements religieux, moraux, politiques ou spirituels des sociétés évoluant dans l'espace sénégambien. Il est l'ébauche d'un travail plus complet à venir : un dictionnaire encyclopédique du roman sénégalais.
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Glossaire
du roman sénégalaisPAPA SAMBA DIOP
Glossaire
du roman sénégalais
L'HARMATTANPremière édition
Verlag für Interkulturelle KommunikationIKO -
Postfach 900421
D - Frakfurt
~ L'HARMATTAN, 2010
5-7, rue de l'École-Polytechuique ; 75005 Paris
http://www.librairiehannattan.com
diffusion.hannattan@wanadoo.fr
hannattan l@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-11508-8
EAN : 9782296115088Nombreux sont ceux qui m'ont aidé à réaliser ce travail. Il aurait été beaucoup
trop long de les citer tous. Qu'ils trouvent ici l'expression de ma profonde
gratitude.TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION GÉNÉRALE: 5-9
NOMENCLATURE: 11-14
LE CORPUS ROMANESQUE: 15-20
GLOSSAIRE: 21-639
GLOSSÉMATIQUE: 641-649
INDEX: 651-697
BmLIOGRAPHIE: 699-752INTRODUCTION GÉNÉRALE
En 1968, Recherches pour une sémanalysel s'élève contre la démarche critique
positiviste, à laquelle il reproche d'être trop explicitement fondée sur l'inventaire des
signes d'un texte, inventaire qualifié par l'ouvrage defunèbre.
Cherchant dès lors à dissocier l'herméneutique textuelle de l'acquisition de savoirs
historiques ou philologiques, Julia Kristeva préconise la mise en oeuvre d'un langage
critique (métalangage) tout aussi riche que celui des textes primaires: un langage
constitué de signes secondaires qui privilégieraient l'esprit et non plus la simple lettre de
la création de départ. Ainsi, la critique pourrait, en vue de saisir la quintessence d'une
culture, mettre en parallèle les textes primaires et les métalangages qui en dérivent:
Issus d'une même culture, littérature et métalangage en portent la marque, et à
condition qu'on analyse ses fondements, la métalangue peut cesser d'être un
inventaire funèbre2 de signes toujours déjà là pour se laisser ébranler du même
tourment de vie qui anime le texte littéraire] .
Ces propos s'appliquent à des sociétés de type européen où l'écriture4 et l'exégèse des
textes, outre qu'elles représentent une part essentielle de la culture commune, reposent
sur une longue tradition.
Rapportées à des communautés où une certaine forme de création littéraire - celle qui
s'effectue en français - constitue un phénomène relativement récent (car lié à la
colonisation fj-ançaise et à ses relais administratifs, scolaires ou religieux), les remarques
de Julia Kristeva demandent à être nuancées.
Textes et métalangages ne suffisent plus à renseigner sur la quintessence des sociétés
afiicaines écrivant aujourd'hui en fj-ançais.Ils n'en révèlent qu'un aspect. Le susbtrat reste
à découvrir au sein des langues et cultures de base qui, sans cesse, et sur les modes les
plus divers, nourrissent l'écriture et les gloses que celle-ci génère.
S'il faut souscrire à l'orientation générale de la pensée de Julia Kristeva, à savoir que
texte et métalangage sont imbriqués dans une même culture, il convient néanmoins de
1Julia Kristeva: Recherches pour une sémanalyse. Paris: Seui11968.
2
C'est nous qui soulignons.
]
Julia Kristeva: Op.cit: 6.
4 Telle que nos temps en connaissent la pratique, est vieille d'au moins six mille ans. Cf. Georges
Jean: L'écriture mémoire des hommes. Paris: Gallimard 1987.
5tenir l'inventaire des signes de ce substrat pour une phase importante dans la mise en
relief des traits spécifiques d'une littérature.
Pour établir la fiche d'identité d'une société, ou encore répertorier ses signes
particuliers5, le métalangage est tenu, au sein des langues et cultures originelles des
écrivains, d'appréhender tous les phénomènes inhérents à l'écriture dans une langue qui
n'est pas celle du substrat. Ces vont de l'approximation aux réussites les plus
incontestables, mais passent inéluctablement par la traduction interculturelle,
c'est-àdire, pour nombre d'écrivains en situation de diglossie dès leur prime jeunesse,
l'obligation, lorsqu'ils créent en langue française, de se soumettre à un bilinguisme
mettant en présence une langue officielle (le français) et une langue locale dominante.
En outre, le cas de beaucoup d'auteurs outrepasse le cadre ainsi défini, leur situation de
fait laissant toujours opérer deux langues de cultures et un idiome véhiculaire, ce qui
renvoie au moins à un triangle glossique6 .
Il en est ainsi pour Ousmane Sembène, né de parents lebu, élevé en milieu wolofophone,
et écrivant en français. En l'occurrence, le français et le wolof constituent les deux
langues de culture, à distinguer de la langue parlée enfamille7 , le lebu.
Parce que le roman sénégalais de langue française est souvent une oeuvre de traduction,
la tâche du critique consiste - en partant des langue et culture françaises8 - à restituer le
texte et son auteur à leur culture d'origine, la culture entendue dans son sens
anthropologique, c'est-à-dire les modes de vie d'un groupe social, ses façons de sentir,
d'agir ou de penser, son rapport à la nature, à l'homme, à la technique et à la création
artistique9 .
La langue du roman n'étant qu'un aspect infime de cette vaste réalité anthropologique, le
critique est tenu, s'il prétend proposer une lecture adéquate des textes, de déterminer,
5 Claude Abastado: Dérives des signes. Paris: Univcrsité dc Paris X. Publidix 1988: 285.
6 Cf. Jean-René Ladmiral et Edmond Marc Lipiansky: La communication interculturelle. Op.
cit.: 23.
7 Exprcssion préférable à celle dc langue maternelle, car, dans le contexte sénégalais, le wolof
étant prédominant, a tendance à être parlé, même en famille, par des groupcs dont il n'est pas la
langue maternellc.
8 Qui caractérisent unc nation ayant conscience d'elle-même et d'un fonds historique, religieux et
culturcl particuliers; par conséqucnt du fait que les ressortissants de son groupe entretiennent
avec ceux ayant adopté sa languc (et pas toujours ses religion et culture) unc distance vitale, que
seulc l'acculturation sinon l'enculturation, c'est-à-dire d'une manière ou d'une autre une
déculturation pourrait effacer.
9 Jean-René Ladmiral et Edmond Marc Lipiansky: La communication interculturelle. Op.cit.: 8.
6sous le texte /Tançais, tous les signes fournissant les coordonnées linguistiques,
historiques et sociales de l'oeuvre fictionnelle: les idéologèmeslO .
C'est ce relevé, puis l'explication et le commentaire de tous les termes pouvant renseigner
sur les cultures d'origine des auteurs, que nous nous proposons de mener à terme dans ce
volume.
Nous tenterons ensuite (dans un deuxième volume) d'établir que les traductions dont il
est question ne se font pas simplement d'une langue à l'autre, mais, de manière plus
complexe, d'une langue-culture à une autre langue-culture, mieux, d'une socio-langue à
une autrell .
Il s'agit de repérer et d'évaluer les stratégies diverses des romanciers pour inscrire dans
leurs oeuvres de création en langue française un univers traditionnel jusque-là porté par
l'oralité.
D'emblée, nous considérons l'ensemble de la production romanesque sénégalaise (entre
1920 et 1990) comme un seul et même texte que nous nommons l'architexte.
De cet architexte nous dégageons un sous-ensemble constitué d'éléments linguistiques,
historiques ou géographiques dont la pertinence tient à ce qu'ils traduisent des réalités ou
des pensées résolument différentes de celles qu'auraient pu exprimer des vocables du
français académique. Chacune des ces unités, appelée glossème, participe d'une entité
plus cohérente: un glossaire fournissant, parallèlement ou au-delà des explications
souvent sommaires des romanciers, l'étymologie des éléments linguistiques, la
localisation précise lorsqu'il s'agit de toponymes, l'origine culturelle des proverbes ou
expressions touchant à la religion ou à d'autres formes de croyances. Véritable fiche
d'identité du roman sénégalais, le glossaire permet, par son simple aspect factuel, de
saisir les traits dominants de cette production littéraire.
Le roman traduit, de par son genre, des préoccupations ou des thèmes propres à la
condition humaine: amours, haines, ambitions, croyance en Dieu ou athéisme, inquiétude
de l'homme devant la mort, prohibition de l'inceste...etc: des universaux dont il serait à la
fois banal et vain de chercher à fournir la liste exhaustive.
Cependant, bien vite, la facture panafricaine se découvre sous l'aspect universel. Dès lors,
se font jour certaines croyances communes qui vont façonner une mémoire collective.
Celle-ci peut s'articuler sur des faits historiques relatifs à la fondation de cités, ou encore
sur des événements liés à la guerre ou à des contacts pacifiques entre civilisations ou
10Cf. Recherches pour une sémanalyse. Op.cit.: 53.
II Expressions empruntées à 1. R. Ladmiral: Traduire: Théorèmes pour la traduction. Paris:
Payot 1979: 177.
7langues, enfin sur des luttes hégémoniques entre peuples ou empires anciens dont les
États afiicains modernes ne seraient que les avatars.
A un échelon plus réduit, certaines langues traduisent les réalités anthropologiques d'un
univers déjà plus intra-national en ce qu'il est circonscrit dans des dimensions
géographiques plus précises (le Sénégal). Ces langues sont le wolof, le séeréer, le joola
ou le halpulaar. Il s'y greffe les éléments d'autres idiomes en usage véhiculaire dans
l'espace considéré. C'est à ce niveau que s'exprime la conscience plus ou moins grande
des auteurs d'appartenir à telle ou telle culture locale. Nous appelons hypoculture
l'ensemble constitué par le palier panafiicain et celui traduit par l'une des langues locales
précitées.
Il est encore possible, au sein de l'hypoculture, de distinguer d'autres strates: celles du
bourg, du village, du hameau ou de la famillel2 par exemple. Le glossaire marque ces
subdivisions et fournit leurs significations sociales, politiques ou économiques.
qui apporte les définitions devant éclairer les structures socialesAu-delà du glossaire -
ou religieuses -, nous essaierons, dans l'analyse que nous ferons de certains idéologèmes,
d'établir leur tendance à se styliser en mythes: mythe de la supériorité physique d'un
groupe par rapport à un autre, mythe de l'éducation idéale, mythe de la société
archétypale, mythe de l'ancêtre commun, ou encore mythe de la race pure.
Cette descente au coeur des idées et des techniques diverses dont usent les romanciers
pour estampiller l'espace romanesque de signes hypoculturelsl3, passe nécessairement
par une phase d'inventaire. Celle-ci peut ensuite s'ouvrir aux dimensions du commentaire
et de l'analyse - par le menu - de ce que l'architexte aura permis d'établir comme étant
l'identité irréductible d'une production littéraire.
L'architexte se présente en dernier ressort comme le lieu de confluence de plusieurs
langues et cultures dont nous chercherons à établir les rapports hégémoniques et ce que
ceux-ci permettent d'apprendre sur les ressorts psychologiques des groupes humains en
question.
L'inventaire est une appréhension du roman sénégalais à la lettre. Il s'agit ensuite, en
affinant l'analyse, d'abandonner la lettre des textes pour être plus attentif à leur esprit,
passant ainsi du factuel à l'allégorique14. Cette démarche réside, après le détour par des
vocables isolés, en un retour vers les textes (ou organisations idéologiques de ces
12Il arrive, dans ccrtaines familles, que, pour la communication quotidienne, plusieurs langues
locales soient utilisées.
13Ou indices symbolectaux. Cf. Claude Hagège: Op.eit: 277.
14L'oeuvre de fiction, qu'elle soit verbale ou plastique, narrative ou lyrique, projette hors
d'ellemême un monde "qu'on peut appeler le monde de l'oeuvre". Cf. Paul Ricoeur: Temps et récit.
Tome 2. Paris: Seui11984: 15.
8vocables) afin d'en saisir la dimension allusive, celle-là même qui est signalée comme
l'une des vertus de la littérature, c'est-à-dire la capacité de cette dernière à prendre en
charge de multiples savoirs: historique, géographique, social, technique, botanique ou
anthropologique. Car toutes les sciences sont présentes dans le monument littérairelS .
15Roland Barthes: Leçon inaugurale de la Chaire de Sémiologie littéraire du Collège de
France. Paris: Seui11978: 18.
9NOMENCLATURE formules proverbiales. Dans l'index,
elle signale que les vocables ou
expressions mentionnés ne figurentABRÉVIATIONS ET SIGNES
pas dans les romans, mais procèdentUTILISÉS
de leur explication.
- RI est l'abréviation de Roman
numéro 1. Les romans sont classés CARTES ET PLANS
par ordre alphabétique selon leurs
titres. Lorsqu'un mot ou une Ils sont indicatifs des régions
expression se retrouve dans plusieurs traditionnelles du Sénégal, ou de
romans à la fois, par exemple dans les tracés de lignes de chemins de fer, ou
romans RI, R2 et ID, les différentes encore d'implantations de populations
indications de pages sont suivies d'un à tendance nomadisante.
trait horizontal (-). Soit: RI: 1,2,3. -
R2: 4,5,6- ID: 7,8,9.
LA GRAPHIE DES MOTSIl arrive qu'un mot soit employé
plus de trois fois dans un même
Vocables ou expressions sontroman. Dans ce cas, seuls sont
indiqués les numéros des trois reproduits tels qu'ils figurent dans les
premières pages où il figure. Ensuite, textes des auteurs. Toutefois, ils sont
regroupés lorsqu'ils renvoient à latrois points de suspension signalent
même signification. Exemple:qu'il est présent à d'autres pages qu'il
AAWA/AAWO/AWA/AWOIserait trop long de mentionner.
Exemple: BADOLO, ID2: AWOO: nom donné à la première
épouse dans le système matrimonial10,18,29. Lorsque cette
énumération se termine par, non plus de type polygamique.
Les caractères gras soulignent soittrois points, mais un seul, le mot n'est
plus présent dans l'ensemble du texte. l'entrée d'un vocable, soit son
Exemple: BAMBADO, RI2: 29,32. importance dans le contexte où il est
cité. Ils peuvent être suivis d'un- A.S. est l'abréviation d'Appellation
Scientifique. Elle est relative aux astérisque renvoyant à des
explications supplémentaires.noms donnés (en botanique) à des
arbres ou arbustes figurant dans le
glossaire sous leurs noms locaux.
LES RENVOIS
T.e.: est l'abréviation de [texte
explicatif]. Cette notation intervient
L'astérisque (*) placé après un motpour l'élucidation de certaines
indique qu'un complément
11d'information est fourni à un autre parenthèses, de sa transcription
endroit du glossaire. Exemple: phonétique.
ACARA = beignet obtenu à partir de - L'ordre alphabétique adopté classe
la pâte de NIEBE* En se reportant à toutes les voyelles, brèves ou
NIEBE on dispose d'une explication longues, portant un accent [à, Ii ou
plus complète: NIEBE, variété de àa, é, è, ê ou ée, 6, Ô, 0, ë, ï, Î, û]
haricots poussant au Sénégal. FamiIle après celles, brèves ou longues, qui
des papilionacées.. n'en comportent aucun [a ou aa, e ou
Le signe [»»] placé devant un ou ee, 0 ou oo...etc.]. Que ces voyelles
plusieurs mots renvoie à une famine soient en position initiale, médiane ou
sémantique: homonymes, antonymes finale.
ou synonymes.
Le même signe [»»] placé à l'intérieur
de crochets[...] indiqueune référence
CORRESPONDANCES
bibliographique importante, en PHONÉTIQUES
rapport avec le thème traité.
- Nous avons écrit les différents
vocables constituant le glossaire selonORTHOGRAPHE DES MOTS
WOLOF les normes orthographiques wolof!.
Aussi avons-nous jugé nécessaire d'en
indiquer les particularités.- Les différentes graphies d'un même
mot sont suivies d'une transcription
conforme aux normes les plus 1. VALEURS PHONÉTIQUES
actuelles, inspirées des textes wolof IDENTIQUES
les plus récemment publiés par le - Douze (12) consonnes ont la même
CL.A.D. (Centre de Linguistique valeur phonétique qu'en français: b,
Appliquée de Dakar). Lorsque
l'orthographe d'un mot risque de
Irendre celui-ci méconnaissable, nous Langue du groupe atlantique, de la
famille Niger-Congo. Elle estavons fait figurer entre parenthèses la
essentiellement implantée dans le Bawol,
forme la plus courante. Cela est le Jolof, le Kajoor, le Njaambur, le
Waalo, le Saalum, et en partie dans lasurtout valable pour les toponymes
presqu'île du Cap-Vert. Elle est l'une des
ou les noms de personnes. six grandes langues nationales du
Sénégal, avec le joola, le manding, leLorsqu'un vocable est écrit
pulaar, le séeréer et le soninke. Ces
conformément aux règles de langues sont dotées, depuis 1968, d'un
système d'écriture (à supportstranscription édictées par le
alphabétiques latins) fixé par le C.L.A.D.
CL.A.D., il n'est pas suivi, entre (Centre de Linguistique Appliquée de
Dakar).
12d, f, g (devant a, 0, u), k, I, m, n, p, u (postérieure fermée)
r, s, t. comme le ou de vous.
e (mi ouverte antérieure).
é (mi fermée2. CONSONNES A VALEURS
ë (mi fermée centrale)PARTICULIERES
comme le eu de gueux.- Elles sont au nombre de neuf [ c, j,
ouverte,ii, n, n, x, q, w, y ], et sont o (vélaire
prononcées: courte).
00 (vélaire ouverte,c (occlusive palatale
longue).sourde).
j (occlusive palatale o (vélaire arrondie,
courte), comme le au de maure.sonore) proche de dj dans djin.
00 (vélaire arrondieii (nasale palatale) est
longue).équivalente à gn de pagne.
n (nasale vélaire).
n (nasale gutturale). 4. LA GÉMINATION
x (constrictive vélaire) La gémination concerne
correspond à la jota espagnole, les consonnes suivantes:
comme dans jaula. b, c, d, f, g, j, k, I, m, n,
q (constrictive forte). 0, p, t.
D'un point de vue phono logique Elle peut aider à distinguer certains
équivaut à une gémination de x. mots très proches d'un point de vue
Phonétiquement, c'est la réalisation phonétique. Exemple: fek = mettre de
de k suivi de x. côté/ fekk = trouver.
w (semi-voyelle)
correspond à ou comme dans
5. CONSONNES NASALES
douane.
- Les consonnes nasales, assez
y (semi-voyelle) se fréquentes en position initiale, sont de
prononce comme y dans yaourt.
deux ordres:
a) consonnes simples:
3. VOYELLES A VALEURS m, n, ii.
PARTICULIERES b) suites nasales +
Les voyelles suivantes se occlusives (b, d, j, g): mb, nd, nj,
prononcent: ng.
à (centrale ouverte,
brève). Les vocables ou expressions
(glossèmmes) sont suivi(e)s de leur
13transcription phonétique, puis de
l'indication de leur (s) langue (s)
d'origine.
14LE CORPUS ROMANESQUE
(Classement par ordre alphabétique
des titres)
15A
B
RI -AïDA-MBENE OU LES
FANTASMES DE MOR R9 -BALCON DE L'HONNEUR
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Scorpion 1964. R14 -COLLIER DE CHEVILLE.
Adja Ndèye Bouri Ndiaye:
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D'ESCALIERS OU LA VIE
D'UN PLANTON. Seydou
Traoré: Dakar-Abidjan. N.E.A.
1975.
R64 -VIOLATION D'UN PAYS
(LA). Lamine Senghor: Paris.
Bureau d'Édition et de
Diffusion. 132 Faubourg
SaintDenis 1927.
X-y
R65 -XALA. Ousmane Sembène:
Paris. Présence Africaine 1973.
R66 -YâKâRE. Oumar Dia et Renée
Colin-Noguès: Paris. Maspero
1982.
20GLOSSAIRE
21»» LEUWEUL.
Nom donné à la première épouse dans les- AAKO [Manding]
ménages de type polygamique La AAWO»» FOULARD DE TêTE.
est généralement la confidente de l'époux.
Sa maison est appelée KëR GU MAG (la-AALI
grande maison). Elle a des WUJJë*Cousin, puis gendre de MUHAMMAD (il
(coépouses): NAAREEL (deuxièmeépouse FAATIMATA*), AALI est, de
épouse), NATTEEL (troisième épouse),656 à 661, le 4e KHALIFE* de l'ISLAM,
NENTEEL (quatrième épouse). Il peut s'yaprès ABU BAKR*, UMAR* et
ajouter une TAARA".UTHMAAN* .
Lorsqu'elle habite sous le même toit queSon nom est associé au SHII'ISME* qui
ses coépouses, la AAWO est appelée parest une abréviation de SHII AT'AALI (le
ses WUJJ": MAGUM KëR* (l'aînée de laparti d'Ali).
maison).Ce parti est celui constitué, après la mort
du PROPHETE MUHAMMAD (en »» AIYE, MOME, SIISKA T,
632), par les musulmans regroupés autour TOUR.
d'AALI, ancien compagnon de Ex.: - Toi, la awa, tu ne fais rien. Tu
MUHAMMAD, alors écarté de la es donc pour ce troisième mariage. Tu
as donné la bénédiction à El Hadji*,
UMMA *. AALI est assassiné par un hein?
KHAARIJIT* en 661.
(Ousmane Sembène: Xa/a. Paris: P.A.
L'autre parti se regroupe autour d'ABU 1973: 35).
RAKR* ,d'UMAR* et enfin
d'UTHMAAN* . -ABANTU
»» HÉGIRE, SHII'ISME. »» BANTOU
-AAT ABBÉ BOlLA
T[Séeréer] »» NJAAJAAN NJAA Y.
Garçon devant subir l'épreuve de la
circoncision. - ABDERRAMAN ABDALLAH BEN
IMRAN BEN AMIR ES SADI»» NDlOULI, NGOMAAR.
»» TARIKH.
- AAWA / AAWO / AWA / AWO /
AWOO - ABDUL ARBAAS AHMAD mN
MUHAMMAD AL MOKHTAAR(aawo - aawa)
AT TIJAANI[Arabe][Wolot]
Fondateur, au XVIIIe siècle, de la confrérieDe l'arabe AWW AL: le premier.
du TIDIANISME*
22ABDUL KADEER- -ABU BAKR mN UMAR
)»> ALMAMI, WAALO. »» JOLOF, NJAAJAAN NJAA Y.
-ABURE- ABDULLAHI
Frère d'USMAAN DAN FOOJO. Avec les NZIMA*, les ABURE comptent
parmi les peuples dit LAGUNAIRES* -»» SOKOTO.
une douzaine environ - de la
CôTED'IVOIRE* Ils sont installés dans le Sud-- ABEOKUTA
Est du pays.»» IFE.
»» BAOULÉ.
- ABIDJAN
Ancienne capitale de la république de la - ABU-SAiDmN ABI-L KHAYR
CôTE-D'IVOIRE* . »» SOUFI.
»» YAMOUSSOUKRO.
- ACADÉMIE DE BERLIN
»» CHEVALIER DE BOUFFLERS.-ABRAHAM
»» AID EL KABIR, HADJ, ISAAK,
-ACADÉMIE FRANÇAISEKAABA, MàKKA.
»» CHEVALIER DE BOUFFLERS,
SENGHOR (Léopold Sédar).-ABRON
Fraction du groupe AKAN*, le peuple
ABRON prend pied en CôTE- - ACARA / ACCRA / AKARA /
AKRA / AAKARA / ACRAD'IVOIRE* au XVIIIe siècle, à l'Ouest de
la VOLTA NOIRE, dans le Sud. (aakara)
[Wolof]
»» BAOULÉ, BÉTIÉ.
Beignet fait à partir de la pâte de NEBBE
(niebé*).
- ABU BAKR
ABU BAKR ABD ALLAH (573-634) est Ex.: Sa mère nous servait des galettes
de maïs arrosées d'une sauce à lad'abord un ami de MUHAMMAD, avant
tomate, qui me rappelaient les acaras
de devenir son beau-père. Après le 8 juin de Rufisque*
632, date de la mort de MUHAMMAD, il
(Nafissatou Diallo: Awa la petite
succède à ce dernier à la tête de la marchande. Dakar: N.E.A. 1981:
122).COMMUNAUTÉ MUSULMANE*, à
titre de premier KHALIFE* de l'ISLAM.
[Séeréer]-ACCE
»» AALI, BILAAL, HÉGIRE.
23"Est ici avec nous". -ACHURA
[Arabe]
Ex.: - Timoté accé, Timoté accé [...].
Ils s'accrochèrent si bien à lui [...] qu'il Anniversaire de la mort de HUSEIN*
ne pouvait plus avancer; il resta sur survenue le 10 MUHARRAM 61 (soit le
place, laissant les petits jouir de lui à
10 octobre 680 avant J.e.) à KARBALA.leur guise.
»» TAMKHARlT.(Jean Gerem Ciss: Le cri des anciens.
Dakar: N.E.A. 1980: 80).
- AÇORES
Archipel portugais, situé à 1.500 kilomètres-ACHA DOU EN LA ILLA ILLALA /
ACHO DOU EN LA ILLA HA en face du PORTUGAL (»»
ILLALA TOUGUEUL), à l'intersection de la crête
(axshadu an laa illaaha illa laah) de l'ATLANTIQUE et de l'axe de la
[Arabe] MÉDITERRANÉE.
Paroles du Coran: JE PROCLAME Les AÇORES constituent une région
QU'IL N'Y A DE DIEU QU'ALLAH. autonome, divisée en trois districts:
Par cette formule, on affirme sa foi de ANGORA DO HEROISMO, HORTA et
musulman. La même formule peut ouvrir et PONTA DELGADA. Au nord-ouest de
fermer les prières. l'archipel se trouvent les ILES
CANARIES.»» CHAHADA, HADJ.
Les plus importantes des îles constituant
l'archipel sont: FLORES, SAO MIGUEL
- ACHA DOU EN MOHAMED ROSSO
(où se trouve la capitale: PONTALOULA / ACHO DOU EN
DELGADA) et TERCEIRA.MOHAMED ROSSOLOULA
En hiver, l'ANTICYCLONE DES(axshadu anna muhammad rasuulu laah)
AÇORES*, centre majeur de la[Arabe]
distribution des masses d'air, se scinde enParoles du CORAN: JE PROCLAME
deux noyaux: le plus oriental, appeléQUE MUHAMMAD EST L'ENVOYÉ
ANTICYCLONE DES AÇORESD'ALLAH. Formule complémentaire de la
s'ébranle vers l'AFRIQUE, tandis que leprécédente, celle-ci sert aussi à la
plus occidental, appelé ANTICYCLONEproclamation de la foi musulmane.
DES BERMUDES, se dirige vers
»» CHAHADA.
l'EUROPE. Les deux anticyclones
renforcent la ceinture subtropicale des
- ACHETER A CRÉDIT
hautes pressions.
)}» KORlTÉ, SUR LE DOS DU
»» ALIZÉ.MOIS.
24leur communauté, ils font précéder toute-ADADA
(adada) [Wolof] formule proverbiale (excluant par
Onomatopée servant à exprimer un conséquent toute possibilité de contestation
sentiment d'exaspération. "Ça suffit, y'en a de la part du destinataire) par cet
avantpropos WOLOF NJAA Y NEENAassez!", "on t'a assez entendu!"
..(Wolof Ndiaye a dit..., le peuple wolof»» PAROLES NOMBREUSES.
pense que..., les Wolof disent que..., il est
Ex.: Tous me persiflaient, tous
incontestable que...).évoquaient en termes crus le pensum
qui m'avait été infligé le matin. Et moi Il appararaît ainsi que le peuple wolof
luije rétorquais adada [...].
même porte le patronyme NJAA Y*
(Moussa Ly Sangaré: Sourd-muet, je (Ndiaye), et non J60B*
demande la parole. Dakar: N.E.A.
1973: 17). Ex.: - Quel est donc notre sort, nous,
fils d'Adama Ndiaye? Ne serions-nous
que des petits cailloux ballotés dans un
-ADAMANDIAYE tamis par des mains malhabiles? Des
grains de sable un jour de tourmente?(aadama njaay) [Wolof]
Désigne le premier homme de la Création. (Cheik Aliou Ndao: Buur Tilleen, Roi
de la Médina. Paris: PA 1972: 110).NDIA YE est le patronyme wolof porté par
l'ancêtre mythique, NJAAJAAN
NJAA Y*, patronyme figurant parmi les ADANSON (Michel):
1727-1806.plus répandus en milieu wolof Botaniste correspondant au SÉNÉGAL de
Une enquête socio-démographique menée l'ACADÉMIE ROYALE DES
par CHARLES BECKER et VICTOR SCIENCES (France), MICHEL
MARTIN en 1980 [dont les résultats sont ADANSON parcourt le pays (la côte
publiés dans Réalités africaines et Langue surtout) de 1749 à 1753, tentant d'en
Française (»» Bibliographie)] le confirme. décrire la faune, la flore et les populations.
Le patronyme NJAA Y est suivi de près par
[»» Michel Adanson: Histoire
celui de J60B* (DIOP). En troisième naturelle du Sénégal (1757) / Famille des plantes (1763) /position vient FAAL (FALL), en
Nouvelle méthode pour apprendre à
quatrième GÉY (GUèYE) et en cinquième connaître les différentes familles de
plantes (1764SIISE (CISSÉ).
»» HIVERNAGE.
»» BANT, GAYNDE, MAME
YALL, MINDEF, NDIOULI, NIT,
SELBE, SOUNOU-BOROM. -ADARA
De même que par ethnocentrisme les (adara) [Wolof]
WOLOF adjoignent au nom du premier Surtout portée par les jeunes filles, la
être humaim (ADAM) le patromyme coiffure ADARA, en vogue entre 1939 et
NJAA Y comme la marque identitaire de 1945, consiste en une dizaine de longues
25torsades de cheveux et de YOOS*. »» ADJARATOU, HADJ, HADJA.
Repliées, puis cousues, elles ont la forme
du chiffre huit et recouvrent le devant de la - ADINA
tête. »» ADUNA.
Ex.: La mode était alors aux adara
pour les jeunes filles, et aux diamona - ADJAME
kura* pour les dames. »» GRAND-BASSAM.
(Nafissatou Diallo: De Tilène au
Plateau. Dakar: N.E.A. 1975: 29).
- ADJARATOU / ADJA / ADIAA /
ADJAA
-ADDAX
(ajaratu) [Arabe]
Antilope (addax nasomaculatus) vivant
1. De l'arabe HAJARA: aller en
dans les zones de savane herbeuse.
pèlerinage.
Une ADJARATOU est (au SÉNÉGAL)
-ADDINA une dame ayant accompli le pèlerinage à la
(àddina)
MECQUE*. Elle porte le titre
»» ADOUNA AMOUL, ADUNA.
(HADJARATU ou AJARATU) comme
gage de sa notabilité.
-ADDUNA
»» SOKHNA.
(àdduna)
2. Dame fiivole.»» ADOUNA AM OU L, ADUNA.
Ex. : Le pèlerinage à la Mecque*
consistait pour ceux de la Ville en un-ADEAAN
ahurissant trafic, un malicieux prétexte
»» BAïNOUK. d'enrichissement. Où était Dieu dans
tout ça se demandait Tafsir. Sur sa
toile, l'artiste savait bien, lui, où il
-ADHAAN l'avait mis, Dieu. Il l'avait campé dans
[Arabe] le voile béat d'une adjaratou qui avait
le visage grave de Grand-mère Nancy.
Premier appel à la prière, l'ADHAAN est
(lbrahima SalI: Les routiers desuivi d'un deuxième appel, le IQAAMA
chimères. Dakar: N.E.A. 1982: 85).
qui précède immédiatement la prière à la
mosquée.
- ADJA-TADô
Chez les SUNNITES* l'ADHAAN est
»»FON.
constitué par sept formules, alors qu'il en
comporte huit chez les SHIITES.
- ADJA-TADôNOUS
»» MUEZZIN, SHII'ISME. »»FON.
- ADIARATOU - A DOOM
26(aa doom) [Wolot] "Tant pis pour celui qui n'aura pas su
A (eh bien!) DOOM (mon fils, ma fille, profiter de la vie." "La vie ne vaut rien,
mon enfant!). mais rien ne vaut la vie".
L'expression a un tel air d'archaïsme qu'il a
Ex.: Elle évoquait Tialis et Méry qui
cessé d'avoir cours dans le langage parlé avaient chanté et dansé avec la
compagnie l'an passé encore, mais queordinaire. La langue des romanciers la
le destin avait anéantis en pleine
reçoit encore, mais avec l'intention de jeunesse:
marquer, outre la saveur du parler
Adouna amoul solo wtrye kou tchi dé
campagnard (dans ses intonations surtout), ya gnak sa bakano!
l'origine très humble du locuteur. (Ousmane Socé Diop: Karim. Paris:
Nouvelles Editions Latines 1948:
»» AiTA_ CffiITI, BULL FAALE, 117).
CAMMIN, FRERE, KERSA, NDEI
SANE, SASS DOOM, SOKHNA,
SOUTOURA.
- ADUNA / ADINA / ADDUNA /
Ex.: A doom! J'attends que tu aies fini ADDINA
avec ceux que tu considères*, lance (àduna, àddina, àdduna)
Dior de sa case.
[Arabe]
(Cheikh Badiane: Aida Mbène ou les
Terme emprunté à l'arabe (DUNYAA), ilfantasmes de Mor Diop. Dakar:
N.EA 1982 130). désigne le monde, l'existence terrestre.
ADDUNA NEEXUL: la vie est semée
-ADOTÉVI (Stanislas) d'embûches de toutes sortes. La vie n'est
»» NÉGRITUDE. pas facile, elle n'est pas une sinécure.
Ex.: - Je t'ai fait appeler, El Hadji*
ADOUNA AMOUL- Wellé, parce que depuis un certain
temps je te vois dans la maison.
(àduna/àdduna/àddina amuI...) Adduna neexul. C'est pourquoi je te
[Wolot] demande l'objet de tes visites.
ADOUNA AMOUL SOLO, KOU TCHI (Arninata Sow Fall: Le revenant.
DE VA GNAK SA BAKANO Dakar: N.EA 1976: 32).
(àdduna/àddina amuI solo, ku ci dee yaa
-ADVAfiàkk sa bakkan).
(aadiya) [Arabe]ADOUNA (la vie, l'existence sur terre)
1. Cadeau, étrenne.AMOUL (n'a pas) SOLO (d'importance),
2. Sorte de dîme volontairement donnéeKOU (celui qui) TCHI (y) DE (meurt)
soit à une institution religieuse, soit à unVA (a) GNAK (perdu) SA (son)
marabout*, soit à un nécessiteux.BAKANO (nez, âme).
»» SARAX.
27Ex.: - Qu'est-ce qui t'empêche d'être »»FON.
un vrai talibé*, d'aimer le travail et de
donner le adya?
- AGLIN(Ibrahima Sèye: Un trou dans le
»» FON.miroir. Dakar: N.E.A. 1983: 113).
-AHEME- A.E.F.
L'AFRIQUE ÉQUATORIALE »» FON.
FRANÇAISE (A.E.F.) regroupe, de 1910
à 1958, le TCHAD au Nord, - AHL AL-LITHAAM
Du vocabulaire des voyageurs arabes,l'OUBANGUI-CHARI au Centre, le
MOYEN-CONGO et le GABON au Sud; AHL AL-LITBAAM (PEUPLE DU
VOILE) désigne les TARGI*.l'ensemble ayant pour capitale
BRAZZAVILLE. Cependant, en 1958,
»» FOUCAULD, SBA AKHAL,
chacun de ces territoires devient membre SENUSI, TOUAREG.
de la COMMUNAUTÉ FRANÇAISE*,
puis, en 1960, un État indépendant: - AHMAD EL MANSUUR
TCHAD (le premier pays d'A.E.F. à rallier »» SONGHAï.
en 1940 la FRANCE LIBRE),
RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE, AHMET TIDJANI- POPULAIRE DU »» TIDJANE.
CONGO ou CONGO-BRAZZA VILLE,
GABON. -AHô
»»FON.»» BATOUALA, ÉBOUÉ (Félix).
- AIN MAHDI- AFTOUTS / AFTOUS
»» TIDIANISME.Sables brûlants du désert du Sahara.
Ex.: En effet, on l'avait vu tomber
- AIYE / AYEglorieusement dans une embuscade
[...], dans la tragique solitude des (aye)
aftous [...].
[Wolof]
[Massylla Diop: Le réprouvé. R.A.AL 1. Une occasion quelconque de
No 6 (1925): 336].
réjouissances.
2. Nombre de jours que l'époux (JëKKëR)
-AGAAR
passe avec chacune de ses épouses
»»HADJ.
(JABAR) dans les ménages de type
polygamique. On trouve aussi MOOME
- AGBôMê
(MOME*) ou TUUR (TOUR*).
28Ex.: Son ayé fini, Adja Awa Astou vit Littéralement: GRANDE FETE.
son mari la quitter pour six autres
Fête musulmane célébrant le sacrificenuits ailleurs, chez les coépouses.
d'ABRAHAM. Cette tète religieuse est(Ousmane Sembène: Xala. Paris: P.A.
appelée (au SÉNÉGAL) TABASKI* A1973: 69).
cette occasion, chaque chef de famille est
tenu de faire le sacrifice (REY IRAY) d'un- AiCHA
Fille d'ABU BAKR*, AiCHA (614-678) mouton (XAR*).
est la troisième épouse de
Ex.: L'Aid-el-kébir, la tabaski*, est un
MUHAMMAD*. Elle n'est encore qu'une jour de bonheur, un jour de la paix de
l'âme.enfant (en 623) lorsque le PROPHETE
l'épouse. Elle a dix-huit ans à la mort de (Pape Pathé Diop: La poubelle. Paris:
PA 1984: 142).MUHAMMAD (632).
Ennemie implacable d'AALI*, elle soulève
- AiD ES SEGHIRles musulmans contre lui quand celui-ci
»)} AiD EL FITRdevient calife*
-AillA CmIT!
- AiD EL FITR
(ayca cibiti, ayca sibiti)
[Arabe]
[Wolot]
Littéralement: tète de la fin du petit
Expression indiquant qu'on intime àdéjeuner.
quelqu'un l'ordre de quitter les lieux.Fête musulmane marquant la fin du mois du
Formule très irrespectueuse. "Fous le campjeûne. Elle est appelée au SÉNÉGAL
d'ici", "oust!", "décampe!", "prends laKORITE* Le repas rituel à cette occasion
porte!".est le LAAX* ou SANGLE* La même
tète est encore nommée AiD-ES- Ex.: - L'homme-là m'a dit que c'était
ici, les cartes d'identité [...].SEGHIR.
- Dehors! hurla le gars. AWa cibiti.»» AiD EL KABIR, KëPP,
RAMADAN, TABASKI,
(Ousmane Sembène: Le mandat. Paris:TAMKHARIT.
PA 1976: 131).
Ex.: Arriva l'Aid el FUr, grande tète
musulmane appelée Korité* Alphonse
- AJOORvint rendre visite à sa tante.
[Wolot]
(Adja Ndèye Boury Ndiaye: Collier de »» DIOR-DIOR.
cheville. Dakar: N.EA 1983: 151).
- AKAN-AiD EL KABIR / AiD-EL-KEBIR Groupe ethnique important en
CôTE[Arabe]
D'IVOIRE*, le groupe AKAN est
29Ex. : Les paumes ouvertes, tournéesoriginaire du GHANA. Son nstallation ici , il commença àvers la Kaaba *
s'est faite petit à petit à partir des XVe et psalmodier:
XVIe siècles.
-Allaou Ackabarou [...].
[»» Atlas JA. de la Côte-d'Ivoire . (Ousmane Sembène: Les bouts de bois
Paris: EJA 1978: 26] de Dieu. Paris: Presses Pocket 1960:
Il est composé par les ABRON, les ANI*, 361).
les BAWULE (Baoulé*) et
LAGUNAIRES*. -AKOA
»» PYGMÉES.
- AK HOL BU TALL!
(ak xol bu tàlli) [Wolof] - AKSIRI
AK (avec) HOL (un coeur) BU (qui est) Chef de tribu.
TALL! (droit). "De bon coeur". »» OULAD M'BAREK.
Ex.: - Par conséquent, je peux te le
donner, et je te le donne ak hol bu -AKU
talli.
[Lebu]
(Jean Gerem Ciss: Le cri des anciens. Tissu en coton léger et transparent, le
Dakar: N.EA 1980: 174).
AKU sert exclusivement à la confection de
vêtements féminins.
- AKKA
»» LEGOS.»» PYGMÉES.
~~.: .Le mouchoir de tête* ce jour-là,
n etlUt pas en aku [...] comme
ALLAHOU- AKKAHOU AKBAR / d'ordinaire, mais en soie [...].
ACKABAROU / ALLAOU
(Adja Ndèye Boury Ndiaye: Collier deACKABAROU, ALLAH
cheville. Dakar: N.EA 1983: 67).
AKBAALLAHOU / ALLAH
AKBAROU / ALLAHOU
-ALAARBILAARANAKOUBAR
[Arabe]
(allaahu akbar, allaahu akbaru)
Paroles de très jeunes TAALmE (talibés*)[Arabe]
que leurs marabouts* envoient demander
Prononciations (et transcriptions) plus ou
l'aumône (SARAX) en faisant du porte-à-moins altérées de allaahu akbar: ALLAH
porte.
EST LE PLUS GRAND: formule
Elles sont une profonde altération de
scandant les litanies des MUEZZIN*
l'expression arabe: ALLAH RABBANAA
lorsqu'ils appellent à la prière. Elle marque
(DIEU NOTRE SEIGNEUR). C'est à son
aussi le début et la fin des RAKA *
nom que la générosité des gens est
»» CHAHADA, FATIHA.
sollicitée.
303. Aujourd'hui un ALKAATI est un
policier, un gardien de la paix.- ALBIN MICHEL
}}}} BATOUALA. »» KOU TENGA, SAMORI TOURÉ.
Ex: Avoir oublié le tollé, la colère
- AL BURAX gr~ndante des vendeurs iti,?-érants[.:.],
la panique suscit~e par l'm~erv~~tlOnJument ailée, dont la tête est humaine. Elle
des alkatis condUits par un mqUletant
est présentée par la mystique musulmane homme rouge à cheval.
(»» SOUFISME) comme la monture de
(Cheik Badiane: Aïda-Mbène ou les
plusieurs prophètes de l'ISLAM. fantasmes de Mar Diop. Dakar:
N.E.A. 1982: 127).»» MIRASSE.
- ALDIANA- ALBURI NJAAY
[Arabe]
»» CAYOR, LAT-DIOR.
»» ALJANA, ALJANNA VO.
- ALCAA TI / ALCA TI / ALKA TI
- ALDJANNA VO
(alkaati, alxaadi)
[Pulaar]
[Wolof] [Arabe]
Emprunt à l'arabe [AL JANNATU (le
1. Altération de l'arabe AL XAADI: le
Paradis)]. Il s'agit d'un arbrisseau Ses
juge. Celui-ci est investi du pouvoir de
feuilles sont utilisées en cuisine, les graines
juridiction,le QADAA*.. Il est un délégué
comme succédané du café. Les racines, en
nommé par le KHALIFE*'.
médecine, sont employées pour soulager
A l'origine, dans la UMMA *., il y a un
les maux de tête et les douleurs
XAADI siégeant dans la capitale, et
rhumatismales.
d'autres moins importants dans chaque
chef-lieu de circonscription territoriale. Ils
- ALFA
statuent souverainement sur l'application de
Abréviation probable de l'arabe AL
la SHARII'A, outre qu'ils sont chargés de
FAQIIH, jurisconsulte. Le terme ALFA
l'administration des mosquées (W AQF), et
est employé sur tout le térritoite du
du maintien de l'ordre public (SHARTA).
SUDAN*' pour désigner un docteur, un
2. Titre donné par les anciens
savant, ou simplement un lettré. On
GOUVERNEURS du SÉNÉGAL aux
rencontre également des variantes:
responsables de villages ou de régions
ALFAKA, ALFAKI
chargés du maintien de l'ordre et du
»» ALFA MOOLO, JAAWARA.prélèvement des impôts. Les ALKAA TI
(alkati) portaient le chapeau de général
- ALFA EGUEavec un sabre. Ils rendaient aussi la justice.
Autrenomd'ALFAMOOLO*
31- Al hamdulilai; Ndiaye.
-ALFA MOOLO (Aminata Sow Fall: La grève des
Bàttu. Dakar: N.E.A. 1979: 37).Encore connu sous le nom d'ALFA
EGUE, ALFA MOOLO a vécu de 1807 à
- AL HAJJ [Arabe]1884.
AL (le) HAJJ (pèlerin). Se retrouve sousFULA-JOON, car son grand-père aurait
la forme: EL-HAJJ (EL-HADJ*, EL-été acheté par un noble PEUL *, ALFA
HADJI*). Il est écrit par les romanciersMOOLO est le libérateur du FULAADU*
avec ou sans trait d'union.(du joug des MALlNKE* du GAABU*).
Son père, affranchi, avait épousé une
- AL HAJJ UMAR T AALfemme de la famille de son ancien maître.
(al hajj umar, al hajj omar, el hajj umar, el
hajj umar)
- AL FAQIIH
Au FUUTA-TOORO*, région où le guide(Arabe)
musulman a vu le jour, AL HAJJ UMARJurisconsulte.
TAAL est plutôt nommé SAïKU. Ce nom
»»ALFA.
est une déformation de l'arabe SHAYKR
()>»CHEIKH). 11arrive aussi, toujours au
- ALGÉRIENS
FUUT A-TOORO, que HAJJ UMAR soit)>»S.O.N.A.C.O.T.R.A.
appelé UMAR SAYDU. L'appellation AL
HAJJ UMAR est étrangère au
FUUTA- AL HAMDULLlLAï / AL HAMDOU TOORO.
LI LAH / AL HAMDOU LI LAHI
)>»EL HADJ OMAR./ AL ALDULLY LAAY /
ALHAM DOULILAH /
[»» Madina Ly-Tall: "Le jihaad
ALXAMDULILAAHI / AL omarien dans le royaume de Segu
AMDULLY LAAY / AL (1859-1861)". ln Papa Samba Diop
(éd.): Sénégal-Forum. Bayreuth 1995:HAMDULLlLAï / AL HAMDOU
114-134]
LI LAH / AL HAMDOUL LILAH
)>» BOUNDOU, EL HADJ OMAR,/ AL HAMDOU LI LAHI / AL
TIJAAN.HAMDOULlLLAH
(al xamdu Ii laay)
-ALI[Arabe]
»» AALI.ALLAH SOIT LOUÉ.
Ex.. - Mour, Ndiaye, Ndiaye, Ndiaye.
-ALI
Te portes-tu bien?
1. Roi songhaï*
- Sidibé, Serigne, Sidibé. Je me porte
»» MALI.très bien, Sidibé.
2. )>» AALI.
32-ALlAN
»» BASSARI.
-ALI BER
ALI BER (ALI-LE-GRAND) est encore
connu sous les noms de CHî ou SONNI
ALI. Il règne sur l'empire SONGAï
(Songhaï*) de 1465 à environ 1492,
laissant le souvenir d'un roi cruel et
iconoclaste, que le TARIKH
ELFETTACH* décrit en ces termes:
Le Chî Ali fut un roi tyrannique, d'une
telle dureté de coeur qu'il lui arrivait
de faire jeter un enfant dans un mortier
et d'obliger sa mère à le piler [...]. Il
était débauché et impie, à tel point
qu'on demanda [...] si ce prince était
un musulman ou un infidèle [...]. Que
de villages il détruisit, faisant périr
leurs habitants dans les flammes!
(Mahmoûd EI-Kâti: Tarikh
ElFettach. Publication de o. Houdas et
M. Delafosse. Paris: Maisonneuve
1981: 82).
cm désigne en SONGAï* littéral l'acte de
KOY-BENENDI, c'est-à-dire: remplacer
le chef ou assister le chef
»» MALI, TOMBOUCTOU.
- ALlU BARO
»» M'BOUL.
33wolof) est connu sous le terme de-ALIZÉ
Masse d'air provenant de XUTBA: prononcer un mariage
l'ANTICYCLONE DES musulman.
AÇORES*. Elle souffle du Nord au
»» AAWO, DJOUMA,
Nord-Ouest. Lorsqu'elle est maritime, G~JBEUL, IMAM,
JEEGGEL, JEKKER,l'ALIZÉ est un vent frais et humide
KENDE, KILIFA, SERIGNE,
qui s'assèche très vite au contact du SEY, SOKHNA, TOUD.
continent. C'est la branche finissante
Ex.: Karim ne se possédait plus
de cet ALIZÉ continental qui est de bonheur depuis qu'il avait
épousé Marième; depuis queappelée HARMA TT AN*.
l'Imam* avait dit la parole
sacramentelle: Al Khayeri!»» MBOYO.
(Ousmane Socé: Karim. Paris:Ex.: De faux alizés venaient de
N.E.L. 1966: 147).derrière les falaises qu'on disait
reposoirs des génies marins [...J.
-ALLADA(Mbaye Gana Kébé: Le décret.
Dakar: N.E.A. 1984: 81). »» FON.
- ALJANA - ALLÉES DU CENTENAIRE
[ArabeJ »» MÉDINA.
Paradis.
»»HADJ. - AL-MAKRISI
»» KANKA MOUSSA.
- ALKAA TI
[Wolof][ArabeJ - ALMAMI / ALMAMY
(al imaam,al maami)»» ALCAA TI, BA WOL, CADI.
[ArabeJ
AL (le) MAMI (imam).- AL KHA YERI
1. Chef de prière.[Arabe]
1. Le meilleur. »»ALFA.
2. Chef d'une communauté de»» KHAiROU-DYNI.
croyants. C'est ce sens qu'il revêt au2. Mots d'un IMAM* sacrant le
FUUTA-TOORO, après lamariage. Manière de rendre grâce à
ALLAH, AL KRA YERI (le révolution TOROODO* de
SULA YMAAN BAAL en 1776.meilleur qui puisse intervenir entre un
Afin d'éviter l'accaparement du titrehomme et une femme), est une
de ALMAAMI (almami) par unexhortation à l'entente conjugale.
même lignage, ce souverain religieuxL'acte de l'IMAM (YELIMAAN* en
35(l'ALMAAMI) devait être élu par un A cet effet, IBN YASlIN construit
collège de grands électeurs. En un RIBAA T ()»>MARABOUT) au
pratique, ce système fonctionnera très SÉNÉGAL, étape intermédiaire pour
mal à partir du début du XIXe siècle, la conquête spirituelle de l'empire de
après la mort du premier GHANA. Mais ce n'est que près
ALMAAMI: ABDUL KADEER d'une vingtaine d'années après sa
mort (1059) que l'ISLAM est
»» ELIMAAN, IMAM,
réellement implanté au GHANA, enFOUTA-TORO.
3. Chef 1076.
»» JOLOF, LÉBOU, NJAAJAANEx.: Ton père, Princesse Kesso,
l'Almamy Ibrahima Sorry Barry NJAA Y, TEKROUR
de Dara, dernier souverain de ce
peuple fier et profondément
religieux, était le descendant de - ALOME / ALOMÉ
ces hommes (les Peul*), éleveurs (aloom) [Wolof]pacifiques qui savaient se muer
en guerriers intrépides quand il 1. L' ALOOM est un arbre de grande
s'agissait de défendre leurs taille, présent dans les zonesfamilles ou leurs troupeaux, leurs
seuls biens. marécageuses. Ses feuilles sont vert
foncé, son écorce noire et couverte
(Kesso Barry: Kesso, Princesse
peule. Paris: Seghers 1988: 16- d'aspérités. Son feuillage est
17).
clairsemé. Le fruit est sphérique (25
mm environ) et contient une pulpe
- AL MANSUUR sucrée. Cet arbre est encore appelé
»» SÉGOU, TOMBOUCTOU.
DOKI.
Ses fruits mûrissent entre les mois de
- ALMORAVIDES janvier et de mars. L'arbre appartient
De l'arabe AL MURAABITUUN
à la famille des ébénacées (ébénier,
(»» MARABOUT).
plaqueminier). A.S.: diospyros
Les ALMORAVIDES sont des
mespiliformis.
souverains bérbères (du MAROC*)
2. Des fruits on obtient des boissons
qui ont régné sur l'AFRIQUE DU
fermentées et du vin.
NORD et l'ESPAGNE mususlmane,
3. Contre la malaria, la syphilis et la
de la fin du XIe siècle au début du lèpre, mais aussI toute sorte
XIIe siècle.
d'affections dermatologiques, on
L'un des chefs, LAMTUUNA, fait
utilise des extraits de feuille
appel à IBN YASlIN (?, mort en
d'ALOOM.
1059), parce qu'il désire introduire
Ex.: Il était dans ce site un autrel'ISLAM dans l'empire de GHANA.
arbre qui ressemblait fort à
l'alomé, par son écorce noire, sa
36cime roulée en boule, ses feuilles La rencontre entre les deux hommes
vert foncé. Mais cet arbre n'avait
pas l'aspect grotesque de est pourtant tardive. Après son
l'alomé. diplôme de Docteur vétérinaire qu'il
(Cheikh Badiane: Aida-Mbène obtient au mois de novembre 1933,
ou les fantasmes de Mor Diop. BIRAGO DIOP est nommé
Dakar: N.EA 1982: 50).
responsable du SERVICE DE
L'ÉLEVAGE en A.O.F. le 29 juin*[aluwa]-ALOUHA
1934 (»» MAMELLES).[Arabe]
Il séjourne au NIGER*, au MALI*,1. Tablette.
en GUINÉE, au BURKINA FASO*2. Mot intégré dans le vocabulaire
et en MAURITANIE, à titrewolof où il correspond à une tablette
d'INSPECTEUR du SERVICE DEen bois sur laquelle un
L'ÉLEVAGE.MARABOUT* (SëRIN*) inscrit les
C'est au cours d'une des trèssourates (SAAR) que le TAALIBE*
nombreuses tournées qu'il effectuedoit apprendre à réciter par coeur.
dans ce qui s'appele encore le
»» DAARA, KHALIMA, SOUDAN* FRANÇAIS, que, dansMARABOUT, NDAKAROU,
NDONGO, NJANGAAN, la région de KAA Y (à cheval entre le
SAAFARA, SERIGNE, SÉNÉGAL et le MALI), un de ses
SOU FI, TEKROUR,
TORODO, YARLOUANE. oncles maternels, AMMADU
JAA WARA, commerçant de la
place, lui présente un vieux griot*:- AMAAR FAATIM BORSO
BARAK (BRACK*) du WAALO* AMMADU KUMBA NGOM, qui,
)}}) dès qu'il a entendu le nom (SANT*)NDER.
de la mère (YAAY) du médecin
vétérinaire (SOXNA JAA WARA- AMADOU KOUMBA
SIRA NDAW), décline tout un pan(ammadu kumba) [Wolof]
de la généalogie de BIRAGO DIOP.En intitulant deux de ses recueils de
AMMADU KUMBA NGOM révèlecontes LES CONTES D'AMADOU
ensuite à son visiteur (GAN) qu'il estKOUMBA et LES NOUVEAUX
un ancien griot (GÉWÉL) de saCONTES D'AMADOU
famille maternelle, une familleKOUMBA, BIRAGO DIOP
(1906originaire du SllN-SAALUM1989) a rendu célèbre le personnage
(Sine*, Saloum*) où elle procède ded'AMMADU KUMBA NGOM
deux patronymes: JAA WARA et[AMMADU, fils de (DOOMU)
NDAW. AMMADU KUMBAKUMBA] qui est originaire du
NGOM dit s'y être attaché jusqu'àNJAAMBUR (Diambour*).
l'âge de seize ans, période à laquelle il
37quitte le SÉNÉGAL pour suivre Outre les révélations qu'il lui fait sur
SÉEX" AXMADU BàMBA sa propre famille, AMMADU
(Cheikh* Ahmadou Bamba*) dans KUMBA NGOM enrichit le
son exil (GàDDAAY) au GABON. répertoire de contes du médecin -
Au moment de la rencontre entre déjà assez fourni - de plusieurs autres
BIRAGO DIOP et le généalogiste fables.
de sa famille, AMMADU KUMBA BIRAGO DIOP prend des notes. La
NGOM est un homme de soixante rencontre a lieu en 1935. Douze ans
ans. BIRAGO DIOP ne peut plus tard, le médecin livre au public
séjourner légalement plus d'une son premier recueil de contes (LES
semaine dans la région de KAA Y. CONTES D'AMADOU
Aussi, pendant une semaine, dans le KOUMBA), suivi en 1953 d'un
local où l'oncle AMMADU second, LES NOUVEAUX
JAA WARA expose ses CONTES D'AMADOU
marchandises, AMMADU KUMBA KOUMBA.
NGOM, tous les soirs, devant un AMMADU KUMBA NGOM
public composé de BIRAGO DIOP, n'étant pas l'auteur de tous les contes
qui figurent dans ces deux livres,de son oncle et de quelques amis,
laisse libre cours à sa mémoire BIRAGO DIOP hésite longtemps
prodigieuse, débusquant dans la toile quant à leur titre définitif C'est
d'araignée des alliances familiales de LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR
qui le convainc de les intitulerson hôte, le long fil conducteur sur
plusieurs générations: CONTES D'AMADOU
KOUMBA.
Soxna Jaawara, Sira Ndaw
En vérité, BIRAGO DIOP doit laBiram Penda, Tagut Kumba
Dagga, Layti Sira Lingeer, plupart des contes à un autre griot,
Jogop Ndaw, Decceew Xuraja,
GëWÉL MBAY (Guewel M'Baye)Wal Kumba Simbi, Sangule Wat
Mbaam, Jëmb logo Kumba, auprès de qui il a séjourné plus
Màkka Guy, Wal Ndumbe Sira,
longtemps, puisqu'une pièce étaitMasàmba Sira, Fara logop
Njaay, Naataago Majëmb, réservée à ce dernier dans la maison
Ngaone J60b Jikket, Soxna
paternelle du futur médecin.Jaawara, Bànjugu Jaawara,
Damaan Gille Jaawara, Pulla Le personnage de GëWÉL MBA Y
Jaawara, Masiga Jaawara,
est mis en scène dans le conte intituléWaali Siga Bobbo
Silman Jaawara. LE PRÉTEXE (dans LES
(Birago Diop: La Plume NOUVEAUX CONTES
raboutée. Dakar: N.E.A. 1978: D'AMADOU KOUMBA).
14-15)
LE PRÉTEXTE est le deuxième
conte du recueil, le premier étant
38L'OS, titre que BIRAGO DIOP a
d'abord pensé devoir donner à - AMARI NGoONE SOBEL
l'ensemble du livre: »» JOLOF, MAURE.
Amadou Koumba n'a été qu'un
AMÉRIQUE DU SUDprête-nom, un pavillon commode -
pour couvrir presque toute la »» MANGIN.
marchandise que j'ai essayé de
présenter et qui m'est venue de
plusieurs sources, depuis
- AMIN / AMINE / AMllNl'enfance jusqu'au retour au
(amiin)bercail, après mes longues
randonnées, mes multiples [Arabe]
rencontres et mes innombrables
Hérité de l'HÉBREU [AMEN]: c'esthaltes.
vrai, il en est bien ainsi, qu'il en soit
(Birago Diop, in Mohamadou
aInsI.Kane: Birago Diop. Paris: P.A.
1971: 207).
Ex.: - Ah! Que Dieu vous gardeN.B.: Le nom d'AMADOU
de cette vision.
KOUMBA est, selon les cas, écrit de
Amine, Amine.-deux manières, avec [C], ou avec
[K]. (Ousmane Sembène: 0 pays,
mon beau peuple! Paris: Presses
Ex.: Cette légende s'était tissée Pocket 1977: 18).
au fil des temps et transmise de
père en fils. Sa popularité était
telle que tous les gens du pays la - AMIN AT A SOW FALL
connaissaient par coeur. On la
»» BA TTOU.
disait comme Amadou Koumba
l'eût contée.
AMIRAL D'ESTRÉES-(Cheikh Badiane: Aida-Mbène
Amiral commandant les forcesou les fantasmes de Mar Diop.
Dakar: N.E.A. 1982: 57). françaises mobilisées pour la reprise
de GORÉE*
- AMADU WàDD
Auteur d'une des versions de la
- AMIRU
légende de NJAAJAAN NJAAY*.
»» MORO NABA.
- AMAL -AMITIÉ
(arabe)
»» S.I.C.A.P.
Droit coutumier.
»» MALÉKISME. - AMON NAFI / AMOON NAFI
(amoon nati) [Wolof]
-AMARFALL IL ÉTAIT UNE FOIS. Ainsi
»» PIR-SANOXOOR. commencent les contes (LÉEB)
39wolof qui sont introduits par un
rituel, immuable, consistant, entre le
AMULETTEconteur et l'auditoire, en ce dialogue
»» BOROM XAM-XAM,
de préambule: CAURIS, DEM, DIAFOUR,
FACC KATT, FALLEY,
GOUDI, GRIS-GRIS, KAR,1. Le conteur: -LéebOon (Un
conte). LAAR, NDOMBO,
SERIGNE, TANI, TERE.
2. L'auditoire: -Lippoon (Nous
écoutons).
- ANACARDIER
3. Le conteur: -Amoon nafi (Il
A.S.: anacardium occidentale.
était une fois)
»» DARKASSOU.
4. L'auditoire: -Daana am (Il
était une fois). Ex. : Du dehors lui parvenait
nettement le gazouillis des
5. Le conteur: -Ba mu amee oiseaux mêlé au froufrou du vent
yéena fekke? (En étiez-vous à travers le feuillage des
témoins?) anacardiers qui clôturaient la
demeure.
6. L'auditoire: -Yaa wax nu dégg
(Non, mais c'est toi qui as cette (Mamadou Dia Mbaye: Au-delà
prétention, puisque tu vas dire de la vertu. Saint-Louis:
un conte). Imprimerie Officielle 1982: 18).
7. Le conteur: -Waxu tey
matalaa gëm (Méfiez-vous des - ANAMOU
paroles des hommes de notre
(anamu) [Wolof]temps).
ANA (où est?) MOU (il ou elle?).
8. L'auditoire: -Sa cos sa si raw
"Où est-il (elle)?"(Des tiennes tout
particulièrement) .
Ex. : D'un autre côté, elle ne
A la suite de ce dialogue, commence tolère pas qu'un vieux Noir entre
dans la maison pour dire desle conte. Lorsque celui-ci touche à sa
gentillesses à sa mère.
fin, le conteur prononce deux autres
-Anamou, Madou? dit Nirù quiformules rituelles:
tâche de parler un mauvais
ouloff" pour faire croire qu'elle9. -Foofa laa fa jogé (C'est à ce
ne comprend pas bien cettemoment-là que j'en suis parti).
langue.
Puis:
(Abdoulaye Sadji: Nini,
JO. -Foofa la léeb jogée tàbbi mulâtresse du Sénégal. Paris:
géej, bakkan bu ka foon dati PA 1954: 322).
àjjana [C'est ainsi que le conte
est allé se jeter dans la mer, tout
nez (toute personne) qui. en -ANANGO
respire l'odeur ira au Paradis).
(ànango) [Wolof]
»» LEEBON, LIPPOON, SE
JETER DANS LA MER.
40Vêtement masculin originaire du Brûle-parfum, encensoir.
NIGERIA où il est porté par le »» NEMMALI.
peuple YORUBA, les YORUBA
Ex. : Elle déposa une série de
étant appelés (au BÉNIN et au parfums aux pieds de la jeune
TOGO) par deux noms fille, mit l'encens dans le and
[...J, referma doucement la porte
phonétiquement très proches [..].
NAGO ou ANAGO.
(Nafissatou Diallo: La princesse
Quant au vêtement lui-même, il est de Tiali. Dakar: N.E.A 1987:
71.composé d'une chemise ample à très
large col et d'un pantalon bouffant.
-ANDAAR)}» MOM SA REEW.
(andaar) [Wolof]
Ex.: Il sortit un mouchoir de la Unité de mesure des graines, le
poche de son pantalon et
s'épongea le visage. Sa chemise ANDAAR équivaut à deux kilos.
anango était collée à son dos.
De l'ombre nulle part.
-ANDAL
(Aminata Sow Fall: Le revenant. »» CAYOR.
Dakar: N.EA 1976: 14).
- ANDANDôZAN- ANA NJOGGAN AL LI
»»FON.(ana njoganalli)
[Wolof]
- ANGORO DO BEROISMOANA (où est) NJOGANAL (repas
»» AÇORES.de quatre heures) LI (le). "Où est le
casse-croûte de quatre heures?", "Où
-ANGRAND (Armand)est le QUATRE HEURES?". Le
»»SOCÉ.NJOGANAL est souvent constitué
des restes réchauffés du repas de
-ANI I ANINmidi.
(aniin)
Ex.: - Tante Lika, tante Lika ana [Wolof]njoggan alii?
Pierre argileuse de couleur bleu
- Tout de suite mes enfants, tout indigo, avec laquelle les femmes se
de suite. Allez d'abord vous
laver les mains. fardent les lèvres et les paupières.
»» KHOL, PIMPI, TUSNGUEUL.(Adja Ndèye Boury Ndiaye:
Collier de cheville. Dakar:
Ex. : Elle colora sa lèvreN.EA 1983: 13).
inférieure en bleu, avec une
pierre légèrement huilée et qui
avait pour nomani.-AND [Wolof]
41(Adja Ndèye Boury Ndiaye:
(MUHADJIRUUN) venus aussi bien
Collier de cheville. Dakar:
de la MECQUE* que des autresN.EA 1983: 67).
villes d'ARABIE.
-ANNASSARA
[Arabe] -ANSE BERNARD
)}»CAP VERT.1. Défonnation de NASRAAN:
nonmusulman, originaire de
NAZARETH en terre de ANTHOLOGIE DE LA
GALILÉE. Le [AN] de NOUVELLE POÉSIE
NEGRE ET MALGACHE DEANNASSARA est une altération du
LANGUE FRANÇAISE[AL] arabe: le, la.
En 1948, célébrant le centenaire de la
»» YEEFëR.
RÉVOLUTION FRANÇAISE de
2. Désigne un homme de race
1848 (abolition de l'esclavage),
blanche, quel que soit son pays
LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR
d'origine
réunit dans un ouvrage succinct les
»» TOUBAB.
meilleurs textes poétiques publiés par
3. Indifféremment: juif, chrétien. C'est
des écrivains noirs du monde
un non-musulman de race blanche.
francophone, l'ANTHOLOGIE DE
Ex.: Avant, les indigènes ne LA NOUVELLE POÉSIE NEGRE
passaient sur le même trottoir
ET MALGACHE DE LANGUEqu'un Annassara [...].
FRANÇAISE.
(Ousmane Sembène:
Si les auteurs présentés par L. S.
L'Harmattan. Paris: P.A. 1980:
91). SENGHOR ont déjà acquis une
renommée assez importante, ce qui
contribue par-delà tout à assurer une
- ANNUAIRE DU SÉNÉGAL ET
DÉPENDANCES audience internationale à
l'ANTHOLOGIE, c'est la préface»» MONITEUR DU SÉNÉGAL.
qu'en a faite JEAN-PAUL
SARTRE, ORPHÉE NOIR*.
- ANSAR
Abréviation de AL ANSAR
AL- ANTILLESNABU (LES DÉFENSEURS DU
)}» MANDELEAU (Tita).PROPRETE). Il s'agit des premiers
croyants de MÉDINE*
-ANZOURU(Y A THRIB*) qUi soutiennent
)»>KADO.
MUHAMMAD* au lendemain de
les distingue ainsil'HÉGIRE* On
-ANIÉMIGRANTSdes
42Peuple de CôTE-D'IVOIRE* devient le propriétaire. Alors organe
du S.F.I.O*, il sert de tribune à
»» BAOULÉ, BÉTIÉ,
l'avocat et homme politiqueLAGUNAIRES.
sénégalais pour la défense des intérêts
politiques des non-ressortissants des-A.O.F.
Fédération regroupant, de 1895 à QUATRE COMMUNES*' Le
1958, les territoires limités au Nord journal disparait en 1968.
par le RIO DE ORO et le SAHARA
algérien, au Nord-Est par la LffiYE,
APITHYà l'Est par le TCHAD, au Sud par le »» FÉDÉRATION DU MALI.
GOLFE DE GUINÉE, la GUINÉE
portugaise, le LffiÉRIA et les AQU JIGEEN
BAAXULterritoires du COMONWEAL TH; à [Wolof]
AQ (la peine) U (d'une) JIGEENl'Ouest par l'OCÉAN
ATLANTIQUE. Ce vaste espace, de (femme) BAAXUL (n'est pas bonne).
plus de 4.425.000 km2, a DAKAR "Cela porte malheur que de ne pas
pour capitale. Il regroupe les pays respecter la peine d'une femme"/"Cela
porte malheur que de ne pas respectersuivants:
SÉNÉGAL, MAURITANIE, les femmes"/"Cela se paie toujours
SOUDAN (ancien Haut-Sénégal- que de faire souffiÏr une femme".
Niger), HAUTE-VOLTA (»»
Ex.: Il (Mour) éprouvait du
Burkina Faso), NIGER, GUINÉE remords et aussi de la peur: il
craignait qu'une sanction divineFRANÇAISE (Conakry),
CôTEne le punît des soufftances qu'il
D'IVOIRE, et DAHOMEY infligeait à cette personne de
chair et d'os [...]. Aqu jigéen(Bénin*).
baaxul.
»» FON, MANGIN,
(Aminata Sow Fall: La grève desTIRAILLEUR
Bàttu. Dakar: N.E.A. 1979: 42).SÉNÉGALAIS, WILLIAM
PONTY.
-ARAFAT
-A.O.F. »»HADJ.
Journal fondé au SÉNÉGAL en 1907
par GEORGES TERV AUX, ARAKIY
A[Arabe]l'A.O.F. connaît une longévité
exceptionnelle. Il est racheté par Coiffe masculine (en coton ou en
CARPOT, maire de SAINT- laine).
LOUIS, en 1916. A partir de 1924,
»» FEZ, MBAXANA, MOKE,
c'est LAMINE GUEYE* qui en NJOOLAA y.
43E~.: - Il. !TIe doit*, répliqua appeléARDO, quelquefois
Dleng sollIcItant le soutien d'un
MBANNTU ou CUBABEL.homme d'âge mûr habillé d'un
caftan* et d'un arakiya couleur
»» PEUL, TOUCOULEUR.chocolat.
(Ousmane Sembène: Le mandat .
Paris: PA 1976: 16). - ARDOOJI
(Pulaar)
»»ARDO.
- ARBRE A PALABRE / ARBRE
A PALABRES
-ARGUSLieu de réunion des notables d'un
Nom de l'un des quatre naviresvillage ou d'une ville.
affrétés par la FRANCE [au
»» BAYE BAYE YENE
lendemain du TRAITÉ DE VIENNENDEUND:MBOTAY,'
PINTH. (1815)] pour reprendre possession de
la colonie du SÉNÉGAL.Ex.: Ewémbé dit les derniers
mots et leva la séance, fier, lui
»» ÉCHO, LOIRE, MÉDUSEaussi, d'avoir projeté quelqu'un,
NDAR. 'de l'avoir hissé, d'en avoir fait
celui dont on parlerait, le soir,
dans les cours et sous les arbres
- ARITà palabres.
[Séeréer]
(Mbaye Gana Kébé: Le décret.
»» BÉÉR.Dakar: N.EA 1934: 27).
-ARKAAN- ARCHINARD
[Arabe]»» SÉGOu.
1. Prescription islamique.
2. Obligation.
- ARDO
3. Devoir.(ardo) [Pulaar]
4. Pilier.ARDO (sing.) ARDOOBE (plur.).
Du verbe ARDAADE: venir avant,
-ARMAprécéder, diriger.
»» SÉGOU, SONGHAï.1. Lorsque ce mot désigne un
conducteur, un chef de tribu, son
-ARWATAMpluriel est ARDOOJI.
Danse érotique.2. Titre honorifique dans la classe des
pasteurs. »» LAOBÉ.
3. Certains villages du
FUUTATOORO ont encore pour chef un
ASAMAAN[Arabe]
44Ciel. D'IVOIRE où il fonde le royaume
»» WALAGAAN. BAWULE (BAOULÉ*).
L'apogée de la civilisation ASHANTI
se situe dans la première moitié du- ASBOUNALLAH / ASBUNALA
XIXe siècle, sous le règne d'OSAI(hasbuna'llaah)
[Arabe] KWAMINA (1800-1824). Le
1. Exclamation équivalant à: "Dieu royaume constitue, alors,
l'arrièrenous en préserve!", "Dieu nous pays de la région appelée depuis le
XVe siècle la CôTE-DE-L'OR. Il asuffit".
2. Exclamation marquant la surprise, pour capitale KUMASI. Elle est
ou le désespoir de ne pouvoir rien occupée en 1896 par les
changer dans la marche du monde. BRITANNIQUES qui en chassent le
souverain.
Ex.: - On sera bien obligés d'en
parler souvent car je suis
enceinte.
- ASKAN (askan)
[Arabe][Wolof]- Asbounallah! Enceinte?
Ensemble des ancêtres d'un groupe
(Cheikh Badiane: Aïda-Mbène.
Dakar: N.E.A. 1982: 186). social. Plusieurs familles se
constituent encore aujourd'hui en
associations pour reconstituer leur- ASHANTI
Estimées à près de deux millions généalogie. Elles répondent ainsi au
d'individus, les populations besoin de retrouver les branches les
ASHANTI sont surtout présentes plus reculées d'un grand groupe
dans les régions du centre de social et de ses collatéraux issus
l'actuelle république de GHANA. d'autres geflO par le fait du mariage.
Entre les XVIIIe et XIXe siècles, ces Nous reproduisons ici le procès
populations, par des opérations verbal de la première réunion d'un
militaires, se sont étendues sur un ASKAN d'origine HALPULAAR*,
espace compris entre le BÉNIN (la mais installé depuis plusieurs
république actuelle) et la CôTE- générations dans le bassin arachidier
D'IVOIRE. du SÉNÉGAL (entre JURBEL et
Le royaume ASHANTI est fondé par MBàKKE) et autour de la ville de
OSAI TUTU, mort vers 1731. Sa KAWLAK (Kaolack), et,
succession est difficile et les querelles aujourd'hui, en GAMBIE. Il s'agit du
entre les différents prétendants au groupe social des CONGAAN
(Thiongane):trône ont pour conséquence
l'émigration du groupe d'un de ses
neveux (vaincu) vers la CôTE- -ASKIA [Sonray]
45Roi, prince.
-ATHAïA / ATHiA / ATAYA
»» ESKAI, FOUTA
(attaaya)TORO,KADO, SONGHAï,
TARIKH. [Arabe]
Thé (WARGA) à la menthe, bu après
- ASKIA MUHAMMAD le repas de midi (AN) ou à toute
TARIKH, occasion de réunion ou de rencontre.»» FOUTA,
ZARMA, KADO. Il est fait de trois services, un premier
amer, un second légèrement sucré et
-ASSABA un troisième très sucré. L'acte de
»» DIERI.
préparer ainsi le thé est appelé XIIM.
Le thé est bu (NAAN) dans de petites
ASSALAMALEC / tasses (KAAS), et préparé dans un
ASSALAMOU ALEIKOUM
BARAADA.
/ ASSALAMU ALLEYKUM
»» AYE, BARAADA,/ ASSLAMOU ALUKOUM
DAHIRA, KHARIT,
(salaamu haleykum) LEUWEL, MBOTAYE,
MOME, TOUR, TROIS[Arabe]
NORMAUX.
1. Salutations adressées à plusieurs
[»» A. Leriche: "De l'origine dupersonnes: LA PAIX SOIT AVEC
thé au Maroc et au Sahara" .
VOUS. Dakar: B./.F.A.N. T.XV NO 1
(1953) 731-736.]2. Manière très courante, au
SÉNÉGAL, de saluer une assemblée. Ex.: Ils ne prennent plus à cette
heure le sangara* ni le seungue*
[...], ils les ont remplacés par le
-ASSICO (asiko) thé, l'athaïa des Marocains.
[Manding]
(A. Mapathé Diagne: Les trois
1. Tambourin. volontés de Malic. Kraus
Reprint 1973: 11).2. Danse de groupe très en vogue
dans le DAKAR des années 1940.
Elle est animée principalement par - ATHiA
»» A THAïA.des ASICO: accessoires sonores
aussi variés que des barres de fer, des
bouteilles ou même des boîtes de - ATLAS CATALAN
»» TOMBOUCTOU.conserves remplies de cailloux.
-AUDU- ATA-EMIT
»» MAMELLES.Nom donné par le peuple JOOLA * à
ROOG SEEN*.
46celui que tu te figures dans- AURIOL (Vincent): 1884-1966.
l'esprit viendra d'ailleurs.
»» TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS.
Axakan, répondit-elle avec
uneironie amère.
-AURORE(L')
(Jean Gerem Ciss: Le cri des»» BATOUALA.
anciens. Dakar: N.E.A 1980:
131).
- AVENTURE AMBIGUë (L')
Roman de CHEIKH HAMIDOU - AXMADU
»» SÉGOU.KANE* (Paris: Juillard 1961),
L'A VENTURE AMBIGUë
continue de compter parmi les - AXMADU-AXMADU
»» MACINA.classiques de la littérature africaine
écrite en langue ftançaise. Il est cité,
dans leurs propres oeuvres - AXMADU BàMBA
»» CHEIKH.romanesques, par d'autres romanciers
afiicains:
- AXMADU SÉEXU[»» Boubacar Boris Diop: Le
»» MACINA.temps de Tamango. Paris:
L'Harmattan 1981 / Les
tambours de la mémoire. Paris.
Nathan 1987) / Cheik Aliou - AXMADU SÉEXU fi
Ndao: Excellence, vos épouses! »» MACINA.
Dakar: N.E.A 1983 / Ousmane
Sembène: Le dernier de
l'Empire. Paris: 2 tomes 1981.] -AYE
»» TIRAILLEUR SÉNÉGALAIS. [Wolof]
»» AIYE, MOME.
- AWESSOU
»»FON. - AY GAAF
(aay gaat)
[Wolof]- AWULBE
[Pulaar] AY (méchant) GAAF (effet).
»» GA WLO. Influence néfaste d'une personne dont
le LàMMIN [(langue), c'est-à-dire
- AXAKAN l'ensemble des propos] porte malheur.
[Séeréer] La croyance superstitieuse dit qu'il
"Tu as raison". suffit que ce genre de personnes
admirent une fortune (ALAL), uneEx.: - Dans ce pays, je n'ai pas
vu un Sééréér* de cette valeur; beauté (TAAR), la chance
(WERSEG) de quelqu'un ou son
47(Jean Gerem Ciss: Le cri des
intelligence (XEL) pour que la
anciens. Dakar: N.E.A. 1980:
personne soit vouée à la perdition. 82).
Toujours selon la croyance
superstitieuse, une femme (ou un -BA
homme) AAY GAAF sera veuve (ou [Bambara]
veuf) sept fois avant que son Selon le ton:
influence néfaste (GAAF) ne se 1. Fleuve.
neutralise. 2. Chèvre.
L'expression est plus couramment 3. Adjectif: grand.
employée avec valeur d'adjectif »» DJOLmA.
qualificatif. On dit de quelqu'un, il
Ex. : Sous la conduite du plus
(elle) est AAY GAAF, pour dire qu'il âgé, ils étaient venus entourer la
(elle) a la guigne, porte la guigne aux vieille qui râpait une noix de kola
sur son pagne.
autres.
- Grand-mère, on va au bal»» BET BU BON.
Faites bien attention.-Ex.: Dévoreuse d'hommes,
incarnation d'une mort anticipée,
La bande turbulente avait
les hommes la fuyaient et les disparu avec son chargement de
femmes préféraient divorcer pots, de morceaux de bois et de
plutôt que d'être veuves à ses bouts de ficelles.côtés, à cause de son crygaaf
(Ousmane Sembène: Les bouts
(Ousmane Sembène: Xala. Paris:
de bois de Dieu. Paris: PressesPA 1973: 54).
Pocket 1978: 159-160).
-AYNAABE
-BA
[Pulaar] Patronyme.
»» GAYNAAKO.
- BA (Amadou Hampâté)
[Séeréer]-AZAV
»» MALINKE.
"C'est bien, c'est bon, ça fait plaisir".
Ex.: - Yèrné, caac (bonsoir
grand-mère), se décida-t-il.
- BAABA MAAL
»» EL HADJ OMAR- Azav [...]. La vieille le retint
pendant un bon quart d'heure, le
caressant et lui demandant ce
qu'il pouvait bien avoir à faire en -BAADOLO / BAADOOLO /
ville pour y rester si longtemps BADOLA / BADOLO /
sans venir les saluer.
BADOULO
(baadoolo)
48[Wolof] BAAL (excuse) MA (moi).
1. Dans les royaumes wolof du "Excuse-moi" .
WAALO*, du KAJOOR*, du
Ex.: - Voilà des crimes que je ne
BAWOL* et du JOLOF*, tous leur pardonnerai jamais, jura
André en cognant sur le mur endivisés en deux classes de personnes,
tôle d'une boutique.
les GÉER* et les NEENO*, les
- Moo yèèn!* cria une dame.BAADOOLO sont les gens du
commun. Ils sont au bas de l'échelle - Baal ma, yaay* [...].
sociale (sans toutefois être des
(Jean Gerem Ciss: Le cri des
personnes castées) et ne participent anciens. N.E.A. 1980: 187).
pas au pouvoir politique.
/ BANA-- BAANA-BAANA
»» DIAMBOUR, GARMI,
GNEGNO, KANGAM. BANA
2. Homme de condition modeste (baana-baana)
(NÉÉW DOOLE*). [Manding][W olot]
1. Marchand ambulant avec lequel on»» CEDDO, DIAMBOUR,
peut discuter le prix de laKANGAM.
3. Homme sans envergure. marchandise. Il vend au détail et peut
se déplacer à domicile4. Personne sans dignité, bouffant à
tous les râteliers. 2. Avec une nuance péjorative: voleur
(SàCC), pour désigner un
»» THIAGA.
commerçant véreux.5. Un pauvre hère.
»» BOUKI, mOULA, HAOUSSA.
Ex. : Certains quémandeurs
éconduits lui avaient fait la Ex.: Que voulait-il se prouver en
réputation d'un avare, d'un
se retrempant dans cette
égoïste [...]. Un baadoolo, un
ambiance, en se ITottant aux
homme sorti de rien, restera
vendeurs de poissons, aux
toujours un baadoolo,
portefaix, aux bana-bana, à tous
murmurait-on pour se consoler.
ces paysans encore stupéfaits des
merveilles de la capitale?
(Cheik Aliou Ndao: Excellence,
vos épouses. Dakar: N.E.A. (Cheikh Badiane, Aïda-Mbène
1983: 63). ou les fantasmes de Mar-Diop.
Dakar: N.EA 1982: 123).
-BAADOOLO
[Wolot] - BAASI / BASI I BASSI
(baasi) [Wolot]»» BAADOLO, DIAMBOUR.
Autre nom wolof: NJAXNAAT.
1. Gros milou sorgho, le BAASI est- BAAL MA
(baal ma) [Wolot] de la famille des graminées.
49»» SOUNA. - BAAY [Wolot]
2. Sauce d'arachide épaisse entrant Père. Par opposition à mère (NDEY
dans la préparation du BAASI ou YAAY).
SALTE (BASI SALTE*). Le
»» JOOM GALLE, NÉNÉ, YAYE.
BAASI est servi avec du couscous.
2. Honorable personnage, grand
maître.Ex.: C'est alors que Lika envoya,
pour dîner, chez oncle Daouda,
deux plats de baasi. Provo :G% naawu/, baay ba /a
niroo.
(Adja Ndèye Boury: Collier de
(Le singe n'est pas vilain, ilcheville. Dakar: N.EA 1983:
92). ressemble simplement à son
père).
T.e.: Si chacun s'était fait soi--BAASI SAL TÉ / BASSI SALTE
même, personne ne serait laid.
/ BASSÉ SAL TÉ
(baasi salte)
-BAAYÉ / BAYÉ[Wolof][Hasaniyya]
(baye) [Wolof]
1. Le nom procède de celui de la tribu
Terrain non clôturé, à l'intérieur d'une
mauritanienne des SAL TIIN dont le
ville ou d'un village, le BAYE sert à
sultan, MULA Y ISMAEL, vient
des manifestations culturellessouvent (1867-1869) razzier le nord
diverses. Synonyme: BAYAAL.
du SÉNÉGAL [)>» KHASSO,
»» GALLE, PINTH.MAURE, NAAR,
OULADM'BAREK, ROSSO]. Ex.: A vingt-deux heures, je
garai la CX à l'entrée de laCette tribu est mise en scène dans
maison. Le baayé était désert à
SIGNARE ANNA (Tita Mandeleau. cause du fToid vigoureux, de la
brume épaisse et du vent violent.Dakar NEAS. 1991: 13).
2. Le BAASI SALTE est un (Abasse Ndione: La vie en
spira/e. Dakar: N.E.A. 1984:couscous de mil aux raisins secs,
147).
mélangé à du DIWU NOR. Il
constitue le repas rituel le jour de la
- BAAY FAAL / BAAY FALL /TAMXARlT* .
BAYE FALL / BAYE-FALL,
Ex.: Le dîner préparé aux hôtes BAAY-FAAL / BAYE-FALL
toubabs* par l'une des maisons - (baay faal) [Wolot]
puisque les Camara n'étaient pas
Un BAAY FAAL est un disciple derentrés - se composait d'un plat
fameux du pays: le bassé sa/té. SÉEX mRA FAAL qui lui-même
(Pape Pathé Diop: La Poubëlle. était l'un des plus fidèles taalibe* de
Paris: PA 1984: 114). SÉEX AXMADU BàMBA*, le
fondateur de la confTérie religieuse
50des MURID* Né vers 1858, dans le BAAY (homme, père) JAGAL
Cercle de LUGA (Louga), SÉEX (réparer, rendre utile).
IBRA FAAL est mort à JURBEL en Artisan très habile à remettre en état
1930. toute sorte de vieux ustensiles ou
A l'origine, le BAAY FAAL est un d'objets domestiques.
CEDDO* de son entourage (de
Ex.: Ce jour, chez Salla Niang, il
SÉEX IBRA FAAL) ayant choisi n'y a qu'un absent: c'est Madiabel
le boiteux. Il était forgeron dansparmi les prescriptions religieuses
son village natal. Un baay
d'en honorer particulièrement une: le diaga!.
travail. Il ne se soucie ni d'instruction
(Aminata Sow Fall: La grève des
ni d'érudition (»» SOUFISME). Bàttu. Dakar: N.E.A 1979: 17).
Lors du MàGGAL* de TUUBA
(Touba*) les BAAY FAAL assurent
- BAAY-LAAY I BAYE LAYE I
le service d'ordre. Ils se distinguent BAAY LAAY I
BAYEpar leur habillement multicolore, mais LAYE
Une des quatre subdivisions deaussi par les multiples et brillantes
COLOBANE*amulettes dont ils sont bardés. Ils
portent les cheveux longs et sont }»)NAAGOOR, SAAKURA, XOK
armés d'un gourdin avec lequel ils se
mortifient. - BAAYO
(baayo) [Wolof]»» CHEIKH AHMADOU
BAMBA, TAKKDER 1. Bande de tissu à carreaux, de
petite largeur (environ 20Ex.: Goor Gnak se retrouva sur
la corniche, face aux centimètres), le BAAYO sert à
scintillements des lumières de la
égayer les vêtements de couleur unie.ville; les fenêtres tapissaient le
ciel de taches jaunes, rouges, BAAYO désigne les petits carreaux.
blafardes, comme des pans
La bande de tissu elle-même estmulticolores sur un vêtement
rapiécé de Baay Fal!. appelée SOR SORU-BAA YO est
l'expression complète désigner une(Cheik Aliou Ndao: Excellences,
vos épouses. Dakar: N.E.A bandelette à carreaux.
1983 114).
2. Une orpheline de mère.
Ex.: Entre deux entrechats, un
- BAAY JAGAL I BAYE pagne tout blanc, dont les
DIAGAL I BAAY DIAGAL bandes étaient séparées par des
baayo noirs et blancs offiant leI BAAY-JAGAL I
BAYEmême dessin que la bande deDIAGAL I BAAY-DIAGAL
henné* qui teignait le pied de
(baay jagal) [Wolof] Yama, s'écartait et laissait voir
des jambes qui semblaient sortir
51d'un moulage sculptural tant 2. Chant entonné en l'honneur d'un
elles étaient fines [...].
lutteur, pour le galvaniser.
(Aminata Sow Fall: Le revenant.
»» DIEURÉ, LAMB, M'BEUR.Dakar: N.EA 1976: 27).
Ex.: Le back royal du seigneur
des terres et des mers réunies-BABA
retentit: "Ndeuk! Ndeuk!(baaba)
Ndeuk!"
[Pulaar]
L'immensité et la beauté du
CapPère.
Vert* à ses pieds!
(Mariama Bâ: Un chant
-BABONGO écarlate. Dakar: N.EA 1981:
»» PYGMÉES. 215).
BACOUYA LEBAC CA-- BACCA MORl
CYNOCÉPHALEMORl
Roman de RENÉ MARAN*, publié(bacca môri) [Wolof]
en 1953.Wolof argotique, BACCA MoRl
signifie indifféremment: gendarme, »» BA TOUALA.
policier, surveillant, flic.
-BADAMIEREx.: Je tournai la clé dans la
serrure en me frottant encore les Nom wolof: GERTE- TUBAAB
yeux, à demi-réveillé. Trois
(GERTE: arachide/TUBAAB:bacca mari en uniforme vert
firent irruption dans la pièce, la Blanc). [Arachide de Blanc].
porte à peine ouverte.
Variété d'arbres introduite au
(Abasse Ndione: La vie en Sénégal. Les fTuits ont une longueur
spirale. Dakar: N.E.A. 1984:
de quatre à six centimètres et63)
contiennent une amande. L'arbre peut
atteindre quatre mètres de hauteur.
- BACCILI
On le trouve assez fréquemment dans»» GADIAGA, XAASO.
les cours des maisons. Il est de la
famille des combretacées. Il est connu
BACHIR BEN Y
AHMEDen français sous le nom de»» JEUNE-AFRIQUE.
AMANDIER DE GAMBIE. A.S.:
terminalia macroptera.
- BACK / BAKK / BAKKE
1. Son bois, brun clair ou jaunâtre,(bàkk) [Wolof]
est résistant aux termites et fournit un1. Chant en l'honneur d'un roi, a'un
excellent charbon. Séché, il estsouverain.
aromatique, alors que les rameaux,
52pris en infusion, sont efficaces contre
la fièvre. - BADIENE / BAJAN
(bàjjan) [Wolof]2. La cendre s'emploie beaucoup en
cosmétique. 1. Soeur du père.
2. Dame de confiance à qui une mère
Ex.: Elle se frayait un passage,
délègue ses pouvoirs pour organisernoire et luisante, entre une
double haie de maisons aux les détails de la cérémonie de mariage
tuiles recouvertes de feuilles
de sa fille.mortes tombées des manguiers,
des badamiers, des caïlcédrats*
[...] qui ombrageaient les cours BECCO,»» AAWO,
JONGAMA,sablonneuses. JEKKER,
KENDE.
(Moussa Ly Sangaré: Sourd- 3. Dame d'honneur, maîtresse de
muet, je demande la parole.
Dakar: N.EA 1978: 49). cérémonie.
Ex. : Plus de dix notables,
cérémonieusement vêtus, furent- BADDIO / BADIO
reçus par la Badiène qui les(bajo) [Wolof]
installa puis les servit
Synonyme:1. Organe sexuel féminin. copieusement [...].
UF.
(Ousmane Sembène: Xala. Paris:
2. Exclamation exprimant la PA 1973: 22).
commisération: "le (la) pauvre!".
- BADOLA»» NDEï SANE.
»» BAADOLO.
Ex.: - Tu sais qu'il est débauché?
Il paraît qu'il n'a même plus une
chemise à se mettre sur le dos, -BADOLO
Baddio!
»» BAADOLO.
(Cheik Badiane: Aïda-Mbène ou
les fantasmes de Mor Diop.
-BADOULODakar: N.EA 1982: 158).
»» BAADOLO .
- BADffiU
[Manding] - BAFING
[Manding]Région ancienne du SÉNÉGAL, le
BA (fleuve) FING (noir). Avec leBADffiU était situé entre le NUUMI
BAKOY*, le BAFING constitue, auà l'Est et le JARA à l'Ouest. Elle était
niveau de BAFULABE*, un grandlimitée au Sud par le fleuve
cours d'eau: le fleuve SÉNÉGALGAMBIE.
qui, après un parcours de 1.700 km,Ainsi que le NUUMI*, elle était une
se jette dans l'OCÉANdépendance du grand royaume
manding* du GAABU*.
53ATLANTIQUE au rnveau de BAILLI (laisse) KA (le ou la) MOU
SAINT -LOUIS-DU-SÉNÉGAL *. (qu'il ou elle) VARE (s'exprime).
"Laisse-le parler".
- BAFULABE [Manding] »»WAX.
BA (fleuve) FULA (deux) BE (se
Ex.: Mais, déjà, dans la foule, on
renconter). Nom de la ville où se entendait quelques cris vite
repns:rencontrent le BAFING* et le
BAKOY*, les deux cours d'eau dont
Baillika mou vahe [...].
la réunion constitue le fleuve
(Ousmane Sembène: Les bouts
SÉNÉGAL. de bois de Dieu. Paris: Presses
Pocket 1978: 335).
»» JOLmA, XAASO.
-BAïNOUK (baynuk)
- BAGAME / BAGANE
Populations de la BASSE-(bagaan) [Wolof]
CASAMANCE, les BAYNUK
Grand récipient en bois, un
constituent un groupement homogèneBAGAAN sert à contenir des mets.
dans la région d'ADEAAN, face auGrande CALEBASSE*.
SONGRUGRU. La principale
»» M'BA TTOU*.
branche des BAYNUK est le peuple
Ex.: On a fini de dîner. La vieille KAASA, dont le chef MANSA a
servante Bineta ramasse les
donné son nom à la rivièrebaganes [...].
CASAMANSA (CASAMANCE).
(Ahmadou Mapaté Diagne: Les
La capitale du royaume BAYNUKtrois volontés de Malic. Kraus
Reprint 1973: 9). était BIRKAAMA, sur la rive
gauche, en amont d'ADEAAN.
-BAGANDA Rejetés vers l'Est par les JOOLA
Langue de la famille BANTU*. (Diola*), puis chassés vers le Nord
par les BALANTES*, enfin arrêtés
-BAGDAD par les MANDING* et les
»» QUADIRIYY A. SARAXOLLE*, les BAYNUK sont
aujourd'hui un peuple dominé par ses
voisins, et menacé de disparition.- BAGIELLI
»» PYGMÉES.
- BAJARANKE
»» BASSARl- BAILLIKA MOU VARE
(bàyyika mu wax)
[Wolof] - BAJ-GÉWÉL
54(bëj-géwél, béj-géwël, bëj-gewël)
[Wolof] BAKW
AGriot de cour. Il est lié au Pouvoir »» PYGMÉES.
royal. Principal agent de la
production des récits épiques, il se - BALAA
troouve souvent à côté des soldats, [Wolof]
pour stimuler leur ardeur au combat. Epidémie, catastrophe naturelle.
Il est encore un élément vital du XAS })}}
NDAR.
qui est la veillée d'armes animée par
des chants et des danses, et
- BALA FASEKE
abondamment arrosée au PUUX*. })}}SOUNDIATA.
»» GUEWEL.
- BALAFON / BALAFONG
- BAKAN [Wolof] [Manding]
»» BAKKAN. BALA (instrument de musique
constitué de lames de bois sous
-BAKK lesquelles de petites calebasses*
[Wolof] servent de caisses de résonnance)
»» BACK. FONG (jouer, parler).
Ex.: La musique amcaine!
BAKKAN- Qu'elle naisse subitement de
cordes tendues des koras*, à[Wolof]
peine effleurées par les doigts
I. Nez. initiés, qu'elle naisse des
gorong*, des tama *, des sabar*2. Par extension: la vie.
ou des ndeud*, qu'elle s'envole
allègre du balafon ou qu'elle»» ADOUNA, JURER SUR
s'égrène des balancements d'uneLE NEZ, NEZ.
clochette!
(Mariama Bâ: Un chant- BAKOY [Manding]
écarlate. Dakar: N.EA 1981:
BA (fleuve) KOY (blanc). Le 142).
BAKOY constitue, avec le
BAFING*, au niveau de -BALANT
BAFULABE*, un grand cours d'eau Peuple habitant la
MOYENNE(le SÉNÉGA) qui se jette dans CASAMANCE*, dont le territoire,
l'ATLANTIQUE au large de chevauchant le RIO CACHEU*, est
SAINT-LOUIS-DU-SÉNÉGAL *, limité au Nord par le BUJE, et au
après un parcours de 1.700 Sud par le RIO MANSOA *.
kilomètres.
»» SONINKÉ.
55sont d'origine peul* Leur effectif est
-BALANTAKUNDA assez réduit. Ils sont essentiellement
Pays des BALANT*. des chanteurs, des guitaristes, des
généalogistes ou des laudateurs.»» CASAMANCE.
Le guitariste BAMBAADO est, dans
la société toucouleur*, le musicien
- BALKANISA nON
par excellence. Sa mémoire,»» FÉDÉRA nON DU MALI.
prodigieuse, peut retenir un nombre
incalculable de partitions non écrites.- BALLA KANTE
Fils de SUMAWURU KàNTE* roi Ex.: Ah! Reconnais-tu le
diassare* entre le violon peulh*du SOSO*. Il est capturé par
et le halam*? Les Bambado de
FAKOLI* Kaffiine en connaissent l'art; il a
enflammé plus d'un
»» SOUNDIATA. Ndaokounda* jusqu'au
crépuscule ultime sur les plaines
de Gouye* Ndiouli*
-BAMAKO
(Cheik Aliou Ndao: Buur
»» FÉDÉRA nON DU MALI, Tilleen. Paris: PA 1972: 29).
R.D.A., SOUNDIATA.
- BAMBARA
- BAMANA
1. Nom de l'une des grandes tractions
Nom de l'une des fractions de la
de la famille dite MANDE* ou
grande famille MANDING* La
MANDING (»» BAMANA), mais
littérature ethnographique trançaise a
aussi celui du pays habité par la
légèrement altéré ce mot en
famille MANDE*.
BAMBARA *.
Ce pays s'est étendu, du XIIIe au
»» BAMANAKAN, MAABO.
XVIIe siècle, de BAMAKO à
JENNE (Djenné), le long du fleuve
- BAMANAKAN NIGER et du BâNI*
Langue parlée par les BA MANA *.
(Bamana*)Les BAMBARA
constituent un groupe minoritaire au
- BAMBAADO SÉNÉGAL. Ils y forment une aire de
»» BAMBADO.
peuplement homogène en
MOYENNE-CASAMANCE*, entre
- BAMBADO SEJU (Sédhiou) et KOLDA, dans le
(bambaado)
vOlsmage du peuple SOOSE
[Pulaar]
(Socé*). Islamisés, ils sont très
BAMBAADO fait son pluriel en
souvent adeptes de la confrérie
WAMBAABE. Les WAMBAABE
religieuse KHADRIA *.
56»» BAMANA, BOUNDOU, les MALIENS du SOUDANCOUCHANT, DIOULA, EL
FRANÇAIS* sont si nombreux àHADJ OMAR, FOULAH,
JOLOF, KARAN, THIES qu'on dit de cette ville du
KASSONKÉ, . KAYAN
Sénégal qu'elle est la plus malienneMAGAN KOUEROBRO,
MACINÀ, MAFÉ, MALI,
des villes du pays, de même que
MALINKE, MANDINGUE,
NIAKORO, .QUADIR)YYA, KAYES, à cause du chemin de fer
SARAKHOLE, SEGOU, (»» DAKAR-NIGER), est dite la
SOCÉ, SONGHA~
plus sénégalaise des villes du MALlSOUSSOU, TOMBOUCTOU,
WOLOSO, XAASO, ZARMA. Le fait est dû à ce que la direction du
2. La tradition orale insiste sur la
chemin de fer emploie de nombreux
parenté entre SONGHAï,
auxiliaires bambara *, mais aussi des
BAMBARA et ZARMA auxquels
SARAXOLLE* ou des
elle attribue une origine commune: le
XASONKE* originaires de l'ancien
WAGADU ou l'empire des
SOUDAN". Beaucoup d'entre eux
SONINKO. L'affirmation n'est pas
font en même temps du commerce et
dépourvue de fondement si l'on sait vivent regroupés dans un quartier de
que dans les pays
SONGHAïTHIES appelé précisément
ZARMA les griots (JESERE)
BAMBARA.
utilisent encore la langue SONINKE,
Celui-ci est décrit par OUSMANE
et que le terme HORSO désignant un
SEMBENE dans LES BOUTS DE
captif "familial" dérive du
BOIS DE DIEU*:
BAMBARA (Bamana*): WOLOSO
Des taudis, des soupentes(WOLO: être né I SO : maison).
branlantes, des to~beaux
3. Le BAMBARA est la plus renversés, des tapates en tl~es de
milou de bambous, des pIquetsimportante branche de la grande
moitiéde fer, des palissades ~famille linguistique mandinglmande*. écroulées. Thiès: un Immense
terrain vague où s'amoncellentAu MALI*, il est parlé par plus de 2
tous les résidus de la ville, des
millions d'individus (en tant que pieux, des traverses, des r~)U,es
de locomotives, des fûts roUIlles,langue maternelle). En outre, en
des bidons défoncés, des ressorts
GUINÉE, dans le Nord de la de sommiers, des plaques de tôle
cabossées et lacérées puis, unSIERRA LEONE, en GAMBIE (»»
peu plus loin, sur le sentier de
GAABU), à l'Est du SÉNÉGAL, en chèvres qui mène vers Bambara,
des monceaux de vieilles boîtesCôTE-D'IVOIRE et au BURKINA
de conserve, des amas d'ordu~e,
FASO*, il est utilisé comme une des monticules de potenes
cassées, d'ustensiles de ménage,langue courante.
des châssis de wagons
démantibulés, des blocs-moteurs»» BAMANA, BAMANAKAN.
ensevelis sous la poussière, des
4. Jusqu'en 1960, date de l'éclatement carcasses de chats, de rats, de
de la FÉDÉRA nON DU MALI*,
57poulets dont les charognards se coule du Nord vers le Sud où il se
disputent les rares lambeaux.
jette dans la lagune de GRAND
(Ousmane Sembène: Les bouts LABOU. Il est grossi lors de son
de bois de Dieu. Paris: Presses
parcours par deux importants coursPocket 1978: 35).
d'eau: à l'Ouest par le BANDAMA»»BANT.
ROUGE encore appelé
Ex.: Là, au son d'un orchestre
MARABOUÉ* -, à l'Est par lemalinké*, je me mis à rêver aux
délices des pays bambara où les NZI*
femmes avaient la voix si chaude
»» BAOULÉ.et le parler si harmonieux.
(Abdoul Baïla Wane: Le
BANDAMA ROUGEtourmenté. Paris: La Pensée -
Universelle 1978: 23). Important cours d'eau se jetant dans
le BANDAMA *.
- BAMBUK
>}»MARABOUÉ.
>}» TOUCOULEUR,
XAASO.
BANDIAGARA- BAMBUTU
>}»DOGON, EL HADJ OMAR.
>>>> PYGMÉES.
-BANE
-BANCO
(baan) [Wolof]
Le BANCO est un matériau de
Vocable du jargon des jeunes
construction très ancien. Il est fait de
Sénégalais des années 1930-1960.
terre argileuse délayée et mélangée
Une BANE est une femme (peu
avec de la paille, quelquefois avec du
importe de quelle race) jeune et jolie.
gravier ou du sable fin. Il sert à daller
>}»JONGAMA.les sols (DëR) ou à construire en dur
(TABAX) Ex.: Ils évoquaient aussi leurs
vies passées, leurs succès, là-bas,
Ex.: Vu de loin, le village, tout à N'Dar*, auprès des banes, un
en banco et toitures de paille jour de tam-tam* ou de grande
sèche, semblait s'offiir comme cérémonie.
une vierge à la vie.
(Ousmane Socé Diop: Karim.
(Ken Bugul: Le baobab fou. Paris: Nouvelles Editions Latines
Dakar: N.E.A. 1984: 18). 1979: 32).
- BANDAMA - BANI
Le est le seul fleuve, en Cours d'eau du MALI*, le BANI est
COTE-d'IVOIRE*, dont le bassin le plus importants des affluents du
est entièrement situé dans le pays. Il NIGER (»» FOUTA-DJALLON)
58sur sa rive droite. Il est fonné par la CORAN, sourate dite DE LA
réunion du BAWULE et du PURETÉ DU DOGME, composée
BAGOWE venus de la HAUTE de quatre versets:
CôTE-D'IVOIRE*' C'est au niveau
1. Dis: c'est un Dieu unique,
de la ville de MOPTI qu'il conflue
2. un Dieu d'une unité absolue,avec le NIGER*'
3. qui n'a pas conçu et qui n'a»» SÉGOU.
pas été conçu,
4. et qui n'a point d'égal. Aussi- BANJAGARA
a-t-il créé le ciel et la terre et les
»» BANDIAGARA. hommes d'un trait de plume
(XALIMA).
- BANJARS »» DOME, MAME YALLA,
M'BAME BANTE, MINDEF,»» JOOLA.
SOKHMAT, SONOU
BOROM.
-BANT 4. BANT intervient dans une
(bant, banta) expression métaphorique:
[Wolof] DAMMOO BANT (se casser les
1. Bois. bouts de bois): cesser toute relation
2. Brin d'allumette. avec une tierce personne.
3. De façon métaphorique: un être
»» JEGGEL.
humain, graçon ou fille, homme ou
femme. Cette appellation est d'origine
MBAN- BANTAMAREsuperstitieuse: en ne nommant pas les
TAMAARE /
personnes, on les préserve du CAT*'
MBANTAMARE
qui, en l'occurence, est le mauvais (mbantamaare) [Wolof]
sort. Arbuste poussant près des villages,
Selon des croyances anciennes, Dieu, mais surtout dans les champs, à l'état
pour délimiter le monde, a tout sauvage, le MBANTAMAARE
d'abord planté (SAMP) des bouts de appartient à la famille des
bois BANTI MAAM YàLLA (»» caesalpinacées. Ses noms fTançais
Ousmane SEMBENE). Il les a sont CASE PUANTE ou CAFÉ
ensuite animés, ce qui a donné les NEGRE.
êtres humains. L'infusion de MBANTAMAARE
Il existe une expression équivalente soulage des affections gastriques.
de BANTI MAAM YàLLA: Dans les villages, la plante est surtout
XALIMA MAAM YALLA. Elle utilisée pour édifier des haies de
fait allusion à la sourate NO CXII du protection. A.S.: cassia occidentalis.
59Bantu is now the generally»» GALLE, M'BAGNE GA THIE.
accepted name for those natives
of South Aftica (the greatEx.: Thiès: au milieu de cette
majority) who are neitherpourriture, quelques maigres
Hottentots nor Bushmen -That isarbustes, bantamarés, tomates
say, mainly, the Zulus, Xosassauvages, gombos* [...].
(Kafirs), Basuto, and
Bechuanato whom may be added the(Ousmane Sembène: Les bouts
Thongas (Shangaans) of thede bois de Dieu. Paris: Presses
Delagoa Bay region and thePocket 1978: 35).
people of Southern Rhodesia,
commonly, though incorrectly,
called Mashona. / Abantu is the-BANTOU
Zulu word for people (in Sesuto
(bàntu) batho, and in Herero ovandu)
which was adopted by Bleek, at1. Ensemble de populations vivant
the suggestion of Sir, as the
entre l'ÉQUATEUR et le KENYA. name for the great family of
languages now know to voverL'appellation BàNTU provient des
practically the whole southern
linguistes. Selon eux, ces 65 millions half of Aftica. It had already
been ascertained, by more thand'individus parlent des langues issues
one scholar, that there was a
de la même famille. Les plus remarkable resemblance between
the speech of these Southreprésentatives sont le BASA et
African peoples and that of the
l'EWONDO au Cameroun, le Congo natives on the one hand
and of the Mozambique nativesXOSA, le SHONA et le SOTHO en
on the other. It was left for
Afrique du Sud; le BAGANDA en Bleek - who spent the last
twenty years of his live at theUganda et le KIKUYU au Kenya.
Cape - to study these languages
Le terme BàNTU est employé pour from a scientific point of view
and systematize what wasla première fois dans le sens qu'il
already know about them. His
revêt encore de nos jours par W.H.I. Comparative Grammar of South
African Languages, though leftBLEEK* (1858). Il provient de
unfinished when he died, in
ABANTU signifiant (en ZULU) 1875, is the foundation of ail
later work done in this subject.HOMME.
Les langues BàNTU font partie des (Alice Werner: Op.cit.: 15).
grandes langues africaines à classes,
[»» Théophile Qbenga et Simao
telles que le SWAHILI, le FUL et Souindoula (Edit.): Racines
bantu. Libreville: C.I.C.I.B.A.toutes les langues XOSA, ainsi que
1993]
celles du KORDOFAN et du groupe
Ex. : Des savants noirsNIGER-CONGO.
démontrent les étroites relations
2. Dans l'introduction de MYTHS culturelles et linguistiques entre
Bantous et Egyptiens.AND LEGENDS OF THE BANTU
(New York: Frank Cass and Co. Ltd. (Mariama Bâ: Un chant
écarlate. Dakar: N.E.A. 1981:1968), ALICE WERNER précise:
143).
60(baft gacce nangoo/nangu dee)
-BANTU BALE BAN (refuser) GA TIA (le
(bantu baie) [Wolof] déshonneur) NANGOO (accepter)
1. BANT (bois, bout de bois) TU DEE (la mort, de mourir). "Plutôt la
(de) BALE (balais). Poils du balais. mort que le déshonneur!".
2. Manière de teindre un tissu à »» CEDDO, DAMMEEL.
l'indigo.
Ex.: Ce n'était pas sans nostalgie
que Bakar se répétait un retTainEx. : Le regard ne cessait
qu'il entendait souvent chanterd'admirer toute une gamme
par sa mère [...]:d'indigosde leurs boubous* [...],
les palmaan* [...], banti baie,
Baii gatia nangoo dee.yumé* . -
(Aminata Sow Fall: Le revenant.(Adja Ndeye Bouri Ndiaye:
Dakar: N.EA 1976: 31).Collier de cheville. Dakar:
N.EA 1984: 86).
-BANUN
-BANTY »» SONINKÉ.
(banti) [Wolof]
BOUT DE BOIS DE.. De BANT -BAOBAB
(bouts de bois) et YI (de). [YII] est (buuhibab)
le pluriel de [U] [BANTU MAAM [Arabe]
YàLLA (bout de bois de Dieu) I Arbre à énorme tronc spongieux, le
BANTI MAAM YàLLA (bouts de BAOBAB appartient à la famille des
bois de Dieu]. bambacacées. Il en existe une dizaine
d'espèces. Son nom wolof est GUY*.»» BANT, MAME.
Le tTuit, BUY (en wolof), ovoïde ou
arrondi, est utilisé en médecine pour-BANAAJI
lutter contre la diarrhée. A.S.:[Pulaar]
adansonia digitata.»» GAYNAAKO.
»» S.I.C.A.P.
-BANARU résumeH.-J. VON MA YDELL
[Pulaar] propriétésamsl ses nombreuses
»» GA YNAAKO. thérapeutiques:
. Feuilles: colliques, asthme, vers
- BAN GATIA NANGOO DEE de Guinée, transpiration
excessive, fièvre, diarrhée,
inflammations, dysenterie,
affections urinaires (diurétique).
t Manière propre à Ousmane Sembène de
transcrire le [I).
61. Écorce efficace contre: Au milieu du XIVe siècle, des
inflammations, fièvre, rachitisme.
MAURES* (NAAR*), appelés
. Gomme: désinfectant pour les NAARU-BA WOL, s'y installent et
blessures, calmant pour rage de
contribuent à y renforcer la présencedents.
de l'ISLAM. Les rois du BAWOL
. Coques des fruits concassées:
portent Ie nom de TEENcontre dysenterie et désinfectant.
(TEIGNE*).
. Pulpe de fi-uit (riche en
vitamine C): dissoute dans l'eau »» BA WOL.
ou pulvérisée, contre les
diarrhées des enfants et fortifiant
[...] -BAOL-BAOL
(bawol-bawol) [Wolof]. Graines: contiennent de
l'adansonine, un antidote de la Habitant du BAWOL*
strophantine" .
AJOOR, DIOR-DIOR,
(H.-I. von Maydell: Arbres et DOMOU-NDAR, KAO-KAO,
arbustes du Sahel. Eschborn NDAR-NDAR,
SAAFEEN1983: 58). SAAFEEN, SAAFI-SAAFI,
WAALO-W AALO.
Ex.: Osera-t-il? Il bandait son
courage pour se libérer. Mais se Ex.: Les Baal-Baal, bien qu'en
libérer des noeuds qui le rivaient majorité apparentés aux
aux baobabs de sa terre était-ce Cayoriens*, différaient de leurs
une entreprise aisée? [...] voisins. Les moeurs et coutumes
Choisir sa femme en dehors de la n'étaient point les mêmes.
communauté était un acte de L'Islam avait marqué de son
haute trahison et on lui avait sceau le Cayor*, alors que le
enseigné: Dieu punit les traîtres. Baol* gardait ses traditions
tiédos*, païennes.
(Mariama Bâ: Un chant
écarlate. Dakar: N.E.A. 1981: (Nafissatou Diallo: Le fort
58). maudit. Paris: Hatier 1980: 73).
-BAOL
- BAOULÉ (bawule)
(bawol, bawal) Langue et peuple - le plus important
[Wolof] sur le plan démographique - du centre
Le BAWOL s'étend de la CôTE-D'IVOIRE*, dont
approximativement, de l'Est à l'Ouest l'implantation ici procède d'une
entre les villes de LàMBAA Y et émigration ancienne.
MBàKKE, du Nord au Sud entre Vers la fin du XVIIe siècle, des luttes
celles de GEUL et MBA YAAR. Sa hégémoniques opposent constamment
face Est donne sur l'OCÉAN diverses fractions du peuple AKAN*,
ATLANTIQUE. Il est la région par fractions installées au GHANA. Ces
excellence du mil, en raison de. son rivalités suscitent des mouvements
sol argileux. migratoires.
62[»» Atlas 1970 de la Côte- HOUPHOUëT-BOIGNY* (né à
d'Ivoire: carte NO 2, Groupes y AMOUSSOUKRO* en 1905) quiculturels et ethniques: 26-27]
Vers 1700, une vague migratoire est resté PRÉSIDENT de la
CôTEANI* quitte le GHANA pour D'IVOIRE de 1960 au 7 décembre
déferler vers la COMOÉ* Deux 1993, date officielle de sa mort.
royaumes y sont fondés: celui du »» BÉTIÉ, WILLIAM PONTY.
NDENE (Ndénié) et celui de BE CE
Ex. : Lokamba était habillé en
(Bétié). Tous deux sont placés sous dignitaire djerma* du Niger* Il
portait les bottes jaunes desl'autorité d'un roi ASHANTI*: OSEI
cavaliers haoussas* du Nigéria et
TUTU. tenait la canne en bois d'ébène
sculpté des patriarches baoulés
[»» La Côte-d'Ivoire, hier et de Grand-Bassam*.
aujourd'hui. Ouvrage publié par
le Ministère ivoirien des Affaires (Mbaye Gana Kébé: Le décret.
Culturelles. Abidjan 1981: 48] Dakar: N.EA 1984: 23).
Ce roi meurt vers 1718. Son fils, N.B.: Le romancier commet une
OPOKU WARE, lui succède. Après erreur. GRAND-BASSAM* n'est
la mort de celui-ci, vers 1750, les pas le pays des BAWULE, mais une
querelles fTatricides sont telles qu'une ville où prédominent plutôt les
nouvelle vague migratoire se crée: NZIMA * et les ABURE*.
celle qui va installer le peuple
BAWULE dans son territoire actuel. -BARA
Elle est elle-même divisée en deux (baara)
groupes. Le premier fTanchit la [Bambara]
COMOÉ, puis le NZI*, et refoule ou 1. Instrument de musique à
assimile les GURU*, les SENUFO* percussion, proche du gros tambour.
et les MALINKE* installés dans la
»» GADIO, GOUMBE,
région. NDAWRABIN, NDEUND,
SABAR, TAMA, XAWAARE.Le second groupe, plus important, est
2. Réjouissances populaires animéesconduit - vers 1753 - par une reine: la
au son du BAARA.reine ABLA POKU, soeur du prince
ashanti* DAKO. Il s'installe sur le Ex.: Où est ta mère? Va la
chercher. Il y a un grand bara cesite de SAKASU* (Sakassou), qui
soir sur la place, je vous emmène
devient la capitale du grand royaume toutes les deux.
BAWULE.
(Ousmane Sembène: Les bouts
Les BAWULE font partie du groupe de bois de Dieu. Paris: Presses
Pocket 1978: 368).linguistique AKAN, comme les
ASHANTI* et les ANI (Agni). C'est
-BARAADAun membre de ce groupe, FÉLIX
63(baraada) - BARI
[Wolof] Patronyme d'origine pulaar*.
1. Théière. »» DIALLOBE.
2. Mais aussi l'un des trois services du
ATHAïA*. - BARKE YàLLA
[Arabe-Wolof]»» AYE, LEUWEL, MOOME,
NANA, TROIS NORMAUX. Juron pour convaincre de sa sincérité:
"Au nom de la BARAKA *Ex. : - Monsieur était grand
amateur de thé; il en prenait d'ALLAH!" "Dieu est mon
après le déjeuner, vers dix-huit
témoin!".heures après son travail, et le
soir après le dîner. Tous les jours
Ex.: Barke yàlla [.. .] que tuouvrables il disait:
m'enterres! [...] continua-t-il de
protester.- Salla, garde-moi le dernier
baraada.
(Cheikh Badiane: Les longs
soupirs de la nuit. Dakar:(Aminata Sow Fall. La grève des
N.EA 1982: 60)Bàttu. Dakar: N.EA 1979: 35).
- BARMA GÉY- BARAKA / BARKÉ / BRAKE
[Arabe] (barma géy)
»» KOCC BARMA.1. Bénédiction divine.
2. En wolof BARKE (légère
altération de BARAKA) signifie à la - BARMAïSME
1. Philosophie de KOCC BARMA *.fois la bénédiction divine et le
bien2. Scepticisme.être matériel.
Ex.: Epargne-moi ton»» MARABOUT,
barmaïsme. Ce qui m'intéresseMOURIDISME, SOUFI.
c'est d'avoir compris, à cinquante3. Chance doublée d'une bonne ans passés, il est vrai, que
l'amitié sincère d'un simple valetrenommée.
vaut plus que tout l'or du
»» VERSEQ. Galam*
Ex. : Père accueillait tout le (Cheikh Badiane: Les longs
monde avec le sourire. Certains soupirs de la nuit. Dakar:
l'embrassaient, d'autres gardaient N.EA 1982: 208).
longuement ses mains dans les
leurs afin de profiter de sa
baraka. - BAR1~I
»» CAP-VERT.
(Nafissatou Diallo: De Tilène au
Plateau. Dakar: N.E.A. 1975:
62).
- BARO (Aliu)
Nom de marabout*.
64»» M'BOUL. qui ignore le début du texte coranique
(AL QURAAN), celui de la
-BARTH FATIHA* (SOURATE* DE
HEINRICH BARTH est un L'OUVERTURE): BISMI
géographe et un passionné de LAAHI...(Au nom d'Allah...). Les
langues, né à HAMBOURG en 1821 premières syllabes en sont BAA (Ba)
et mort à BERLIN en 1865. Au et SDN (sine).
siècle dernier, il figure parmi les IJJ est le verbe wolof pour désigner
Européens les plus convaincus du le fait d'épeler ainsi le début du
haut degré de culture atteint par les CORAN, ce qui est le propre des
peuples du SAHEL. tout débutants.
Etre incapable de procéder à cet IJJ»» TOUAREG.
est, selon une croyance très répandue
dans les milieux musulmans-BARUMBI
»» PYGMÉES. sénégalais, la marque d'une grave
infirmité intellectuelle.
- BASA »» BAYE FALL, DAARA,
Peuple de langue BANTU*. MEDERSA, N'DONGO,
SëRIN, SURGA, TAKKDER,
TALmE, YARLOUANE.
- BASIGnS
Ex. : Enfin, mon maître m'a»» GORÉE.
demandé si je faisais mes prières.
Je lui ai dit que je ne savais pas
réciter le Coran* Un
- BASIIRU SIISE Foutenqué* m'a dit:
Bibliothécaireayant recueilli auprès
- Si tu veux, je vais t'apprendre.d'AMADUWàDD l'une des versions
de la légende de NJAAJAAN J'ai acheté un cahier. Il m'y a
écrit quelques versets. Tous lesNJAAY*. soirs, après mon travail, j'allais
interroger les enfants, qui se
moquaient de moi d'ailleurs, car
- BAS-SÉNÉGAL un gaillard comme moi ne savait
»»SOCE. ni Bâ ni Sine. Cela m'a fait
beaucoup de mal, et j'ai juré de
savoir comme eux.
- BA...SINE
(N.G.M. Faye: Le débrouillard.[Arabe- Wolof] Paris: Gallimard 1964: 65).
NE SAVOIR NI BA NI SINE est
une formule imagée pour dire:
ignorant (e), ignare, illettré (e),
cancre. Ainsi désigne-t-on quelqu'un
65A ce jour, le travail le plus important- BASSARI
Les forment un groupe consacré aux BASSARI est celui de
minoritaire au SÉNÉGAL (4.900 JEAN GIRARD.
hommes et 6.200 femmes en 1989),
[Les Bassari du Sénégal, Fils du
qui vit à la ITontière de la GUINEÉ Caméléon. Paris: L'Harmattan
1984](Conakry), près de la GUINÉE
L'auteur a vécu plus de dix ans auBISSAU où ils partagent leur
Sénégal où il a été Directeur duterritoire avec des PEUL*, ceux-ci
MUSÉE ETHNOGRAPHIQUE
habitant le plus souvent dans les
DE L'I.F.A.N., puis Professeur à lavallées cependant que les villages
FACULTÉ DES LETTRES.BASSARI sont perchés sur les
crêtes. Ex.1: Tu sais qu'actuellement on
tend à abolir toutes les coutumesL'appellation BASSARI est
locales, de telle sorte qu'on ne
européenne. Le se nomme puisse plus dire: ici nous sommes
dans un pays diola*, bassari oului-même ALlAN (pluriel BELIAN).
sééréér.
Les voisins immédiats des BELIAN,
(Jean Gerem Ciss: Le cri desles KONAAGI (Coniagui), les
anciens. Dakar: N.E.A. 1980:
désignent par VEY AON qui est le 143).
pluriel d'AYOON. Quant aux
Ex.2: Il y a six mois, un jeune
PEUL*, ils usent du terme TENDA Bassari qui travaillait dans la
capitale avait trouvé notre piste.pour désigner à la fois BEDIK,
Nous avons tenté de le
BASSARI, KONAAGI, corrompre en lui proposant un
important capital pour se lancerBAJARANKE, TENDA BOENI
dans les affaires. En vain. Il a
(BASSARI devenus musulmans) et tout rejeté et s'en est tenu à sa
misssion: ramener à OniatehTENDA MA YO, toutes populations
l'argent de l'Idole ou l'Idole d'or
que la littérature coloniale elle-même
ethnographique qualifie de
(Modibo Sounkalo Keita:
PALÉONÉGRITIQUES. L'archer bassari. Paris: Karthala
1984).Le groupe BASSARI sénégalais est
centré sur un sommet montagneux,
celui de PATE, à proximité du village - BASSE-CASAMANCE
de ETYOLO.
»}) CASAMANCE.
Dès 1908, des écoles de
missionnaires catholiques (PERES
- BASSE-SAISON
DU SAINT-ESPRIT) s'installent à
Terme utilisé par les FRANÇAIS du
NEGARE, au coeur du pays bassari SÉNÉGAL pour désigner la saison
sénégalais.
67bata et son kétérane* aux
sèche. Elle va du mois de mars au
émanations aphrodisiaques.
mois de juillet.
(Ousmane Socé Diop: Karim.
>)»HIVERNAGE. Paris: Nouvelles Editions Latines
1979: 96).
-BASSE SAL TE
- BATA-HELL»» BAASI SAL TÉ.
(bataaxal) [Wolof]
I. Faire-part, message, lettre. Le- BASSI
roman de MARIAMA BA, UNE SI»» BAAS!.
LONGUE LETTRE
[DakarAbidjan: N.EA 1980], traduit en
- BASUTO
wolof et adapté pour le théâtre, aPeuples d'AFRIQUE DU SUD.
pour titre BATAAXAL BI (LA
»» BANTU.
LETTRE).
2. Annoncer une nouvelle.
-BAT A
(bataa) [Wolof]
-BATEKE
I. Encore connu en wolof sous le
»» PYGMÉES.
nom de BëN FàLLEY, le BATAA
est une plante odorante qui appartient
-BATHO
à la famille des graminées. A.S.:
Equivalent, en langue SESUTO*, du
cymbopognon giganteus.
mot BANTU*.
2. Lotion à base de beurre (>)»
KARITE), agrémenté de parfums et
-BATOUALA
d'encens (CUURAAY), le BATAA
Prix GONCOURT 1921,
est obtenu par ébullition sur feu
BATOUALA de RENÉ MARAN*,
moyen.
dont le sous-titre est VÉRITABLE
3. Il sert (dans les anciens royaumes
ROMAN NEGRE, suscite une vive
du KAJOOR, du BA WOL et du
polémique, à cause de sa préface qui
W AALO) à parfumer les jeunes
est un véritable réquisitoire contre la
mariées ou à embaumer leurs
vie de certains fonctionnaires dans les
chambres nuptiales.
colonies françaises d'Afrique. D'autre
[>>>> Fatou Niang Siga: Reflets de part le romancier s'en prend à la
modes et de traditions
saintcolonisation en général:louisiennes. Dakar:
C.A.E.C.Editions Khoudia 1990: 91]
Civilisation, civilisation, orgueil
des Européens, et leur charnierEx.: Karim passa cette nuit-là
d'innocents, [...]. Tu bâtis tonchez Aminata. La nuit parlait
royaume sur des cadavres. Quoiaux sens par son soumaré*, son
que tu veuilles, quoi que tu
68fasses, tu te meus dans le Après BATOUALA on ne
mensonge. [...] Mes frères en pourra plus faire vivre, travailler,
esprit, écrivains de France, cela aimer, pleurer, rire, parler les
n'est que trop vrai. C'est Nègres comme les Blancs. Il ne
pourquoi, d'ores et déjà, il vous s'agira même plus de leur faire
appartient de signifier que vous parler petit nègre, mais wolof*,
ne voulez plus, sous aucun malinke*, éwonslo* en français.
prétexte, que vos compatriotes, Car c'est RENE MARAN qui,
établis là-bas [en Afiique noire], le premier, a exprimé l'âme noire
déconsidèrent la nation dont avec le style nègre en français.
vous êtes les mainteneurs. / Et
plus tard, lorsqu'on aura nettoyé (L. S. Senghor: Présence
les suburres coloniales, je vous Africaine, NO spéc. 1956: 13.)
peindrai quelques-uns de ces
Toutefois, RENÉ MARAN esttypes que j'ai déjà croqués, mais
que je conserve, un temps obligé, à cause du succès de scandale
encore, en mes cahiers. Je vous de BATOUALA, de démissionner de
dirai qu'en certaines régions, de
malheureux nègres ont été son poste de responsable administratif
obligés de vendre leurs femmes à en OUBANGUI-CHARI, pour
un prix variant de vingt-cinq à
soixante-quinze francs pièce rentrer à PARIS y vivre de sa plume.
pour payer leur impôt de BATOULA est suivi de sept autres
capitation. Je vous dirai... / [...]
Car la vie coloniale, si l'on romans: DJOUMA CHIEN DE
pouvait savoir de quelle
BROUSSE (1927), LE COEUR
quotidienne bassesse elle est
faite, on en parlerait moins, on SERRÉ (1931), LE LIVRE DE LA
n'en parlerait plus. Elle avilit peu BROUSSE (1934), M'BALA,
à peu. Rares sont ceux, même
parmi les fonctionnaires, les L'ÉLÉPHANT (1942), BêTES DE
coloniaux qui cultivent leur LA BROUSSE (1942), UNesprit. Ils n'ont pas la force de
résister à l'ambiance. On HOMME PAREIL AUX AUTRES
s'habitue à l'alcool. [...] Ces (1948) et BACOUYA LE
excès et d'autres, ignobles,
conduisent ceux qui y excellent à CYNOCÉPHALE (1953).
la veulerie la plus abjecte. Cette
Excepté M'BALA L'ÉLÉPHANTabjection ne peut qu'inquiéter de
la part de ceux qui ont charge de (1942), publié chez ARC-EN-CIEL,
représenter la France. les autres romans de RENÉ
(René Maran: Batouala. Op.cit.: MARAN ont été publiés chez
13-14.). ALBIN MICHEL.
BATOUALA se déroule en
L'auteur a aussi écrit de la poésie, de
OUBANGUI-CHARI, une des
nombreux essais et des contes.
quatre colonies relevant en 1921
Lorsqu'il abandonne son poste en
encore du GOUVERNEMENT
OUBANGUI-CHARI pour rentrer à
GÉNÉRAL DE L'A.E.F. *.
Paris, il décide, pour continuer à
L. S. SENGHOR en écrit, dans un
défendre ses idées et à encourager de
hommage rendu à RENÉ MARAN
jeunes écrivains, de collaborer à
en 1956:
plusieurs publications françaises: LA
69Ex.: La terre devra s'abreuver duCORRèZE RÉPUBLICAINE, LA
sang de ce taureau; tu l'abattras
DÉPêCHE DE TOULOUSE, ici, dans la cour de cette maison;
tu en feras ensuite soixante-dix-L'AURORE, LE CRI DE LA
sept parts que tu distribueras à
FRANCE, LE JOURNAL DU des porteurs de bàttu.
PEUPLE, LES HOMMES DU
(Aminata Sow Fall: La grève des
JOUR, HISTORIA, LES Bàttu. Dakar: N.EA 1979: 78).
FEUILLETS BLEUS, LA
RUMEUR, L'ILLUSTRATION, - BA W AR
(bawar)NOTRE BORDEAUX,
GAVROCHE, LE MONDE »» CA YOR
ILLUSTRÉ.
Par ailleurs, il donne de nombreuses - BAWNAAN
conférences, en FRANCE, en (bawnaan)
[Lebu] [Wolof]EUROPE et en AMÉRIQUE
1. Cérémonie consistant, lorsque la»» ÉBOUÉ (Félix), ÉTUDIANT
pluie tarde à tomber, à procéder surNOIR (L').
une place publique à l'immolation
d'un taureau à des fins expiatoires. Le- BATTOU / BàTTU
(bàttu) [Wolof] BAWNAAN est accompagné de
chants et de danses.1. Le BàTTU sert à boire, ou à
Le groupe des chanteurs entonne (enmesurer des quantités de graines.
milieu wolof) le refrain suivant:2. Il peut tenir lieu de sébile.
3. Il provient du fruit séché et évidé
Bawnaan, nun danuy bawnaan,
d'une plante rampante de la famille
Maam Yàlla, Maam Bàrnba,
des cucurbitacées (concombres,
courges, melons, pastèques, Nun danuy naan walangaan*,
citrouilles, etc...). Son autre nom danuy naanAsamaan, nun
walangaan,wolof est KOOK
4. Au sujet du pluriel du mot
Maam Y àlla, Maam Bàrnba.
BàTTU, BIRAGO DIOP* fait
Woy ngoqi ngooxoo!
remarquer que:
(Bawnaan, nous chantons un
Aminata Sow Fall a écrit bawnaan,
BàTTU au pluriel, mais le
pluriel se dit WàTTU. Grand-père Dieu, Grand-père
Cheikh Ahmadou Bamba*,
(Birago Diop: Et les yeux Rour
me dire. Mémoires V Paris: Nous vous supplions pour avoir
L'Harmattan 1989: 54). des trombes d'eau,
70Au ciel nous demandons des KAJOOR* de la souveraineté dutrombes d'eau,
JOLOF*, se rend au BAWOL où
Grand-père Dieu, Grand-père vient de mourir son oncle [le TEEN
Cheikh Ahmadou Bamba*
(teigne*) NOXOOR NJAAY] et se
Pourvu que nous puissions fait offiir la couronne du royaume. Il
barboter dans les flaques d'eau et
est alors DAMMEEL-TEEN, c'est-entendre coasser les crapauds).
La cérémonie tient à la fois de rites à-dire qu'il porte les titres de roi des
animistes et de croyances religieuses deux royaumes réunis du KAJOOR*
islamiques. et du BAWOL. La capitale des deux
pays est MBUL (M'boul*), située au2. En milieu LEBU* traditionnel, on
accorde au JARAAF* (représentant KAJOOR.
du souverain au niveau des villages) C'est la dynastie des FAAL qui règne
des pouvoirs magico-religieux. C'est au BAWOL aussitôt après avoir pris
ainsi qu'il peut diriger le rite du le pouvoir au KAJOOR.
BAWNAAN: série d'offiandes et de Aux XVIIIe et XIXe siècles, le
prières adressées aux Esprits qui BAWOL et le KAJOOR sont
auraient retenu la pluie. souvent réunis en un seul grand
royaume.»}) BEEKOR.
De même que les royaumes
Ex. : Il régnait une chaleur
ITontaliers, le BAWOL est divisé entorride. Le ciel était bleu, sans
nuage. Le bawnaan n'avait provinces à la tête desquelles se
produit aucun effet: alors qu'on
trouvent des notables nommés par leétait au milieu de l'hivemage*,
aucune goutte d'eau n'était TEEN. Ces chefs de province portent
tombée du ciel.
des titres divers bien qu'ils aient à
(Abasse Ndione: La vie en exercer sensiblement les mêmes
spirale. Dakar: N.E.A. 1984:
fonctions: CALAW, BARJAAK,21).
BAAY, BUUR, CAJAAR, FARA
(»» FARI), SAX-SAX.
- BAWOL / BAOL
Le TEEN est choisi parmi les familles(bawol)
royales. Il est nommé par les chefs de[Wolof]
provinces dirigés par un JARAAF-1. Royaume ancien, ITontalier de ceux
BAWOL (»» JARAAF).du KAJOOR* au Nord et du SIIN*
Le JARAAF-BA WOL, personnageau Sud, le BAWOL est une entité
éminemment important, est lui-mêmepolitique particulièrement importante
nommé par le TEEN. Il est, par rangdans l'histoire de la SÉNÉGAMBIE.
d'importance, le deuxièmeEn 1549, AMARI NGOONE
personnage de la famille royale. VoilàSOBEL, après avoir libéré le
pourquoi son choix doit s'effectuer en
71dehors du cercle des alliés du TEEN. Le KABA, petite province placée
Il doit par ailleurs absolument être un sous l'autorité d'un FARA-KABA
GÉER*, c'est-à-dire de condition qui n'est autre que le chef des captifs
libre. de la couronne.
Quant à la cour du TEEN elle-même, Le NDAADEEN où règne un
elle est dirigée par le FARA-SëF. LAMASAS (LAMASAAS) de la
Celui-ci organise l'approvisionnement famille royale des FAAL (Fall).
en nourriture de la maison royale, Le TIJAAR généralement
ceci en temps de paix. En temps de administré par un TIJAAR, chef
guerre, il veille au bon ravitaillement recruté parmi les membres de la
de l'armée. famille des NJAAY (Ndiaye).
La ville de LàMBAA Y (»» Le WOOKAAN, région
M'BOUL) est la capitale la plus administrée par un SAX-SAX (»»
régulière du royaume du BAWOL. DIAWRIN)
. Le LAA, dépendance placée sous la»» GORÉE.
tutelle d'un BEESIN-LAA qui est2. A partir de la fin du XVIIIe
recruté parmi la famille des JUUFjusqu'au milieu du XIXe siècle, le
originaires du SIIN (Sine*).BAWOL compte principalement 19
. Le NGOY, avec à sa tête unprovinces:
BUUR-NGOY. Cette province estLe LàMBAA Y, dirigé par un
subdivisée en trois sous-régions: leFARA-LàMBAA Y. C'est dans cette
NGOY, le MBAYAAR* et leprovince que réside le TEEN
GUURGUREEN.(Teigne*), dans la ville de
Le JAAK, petite province dirigéeLàMBAA Y, dans un quartier appelé
par un BAR-JAAK.PÉEY.
. Le SàNDOK, où, comme auLe GEWUL, province frontalière
WOOKAAN, c'est un SAX-SAXdu KAJOOR, dirigée par un
qui dirige. Cette province a enCALA W (Calao*).
commun avec le WOOKAAN le fait. Le NDOGAL que dirige un SëRIN
d'être mal contrôlée par le pouvoir(serigne*) appartenant à la famille des
central. Les SÉERÉER yJENG (Dieng).
prédominent.Le SALAW, tout comme le
. Le NGàTT où légifèreun BUUR-GEWUL, dirigé par un CALA W.
NGàTT.Le PëG, province également
Le MBAADAAN, provincecommandée par un CALA W.. Ici
essentiellement habitée par desprédomine la famille des JUUF
SÉERÉER originaires du SIIN*. Un(Diouf).
72}»} DIAMALÉ, NDAANAAN,BUUR-MBAADAAN y représente
NOCER, PASAR-PASARE,le pouvoir central.
PITIÉ, SAMBA-LINGUERE,
. La province SAAFÉEN* qui
SEMEUR.
partage avec le SàNDOK et le
Ex. : Après les chants et lesWOOKAAN une insoumission plus
danses, les artistes, fortement
ou moins affichée à l'égard du applaudis par une foule en délire,
furent noyés sous les baxas parpouvoir central.
ceux qui en possédaient et
La province du PORTUDAL, n'avaient pas peur de les
dépenser [...].région dont la direction est confiée à
un ALKAATI (alcati*). C'est ici que (Mamadou Dia Mbaye: Au-delà
de la vertu. Saint-Louis:se trouve le principal port de traite du
Imprimerie Officielle 1982: Il).
royaume du BAWOL.
Le NAANING, administré par un
- BAY'AT AL-HARB
BUUR-NAANING.
Pacte d'acceuil et de protection signé
. Enfin le JEEGëM contrôlé par un
entre les ANSAR* de la ville de
BUUR-SAA WOo
MÉDINE* et le PROPHETE
MUHAMMAD* qui leur a juré (en
-BAWOL-BA WOL
signe de reconnaissance) qu'il
[Wolof]
resterait auprès d'eux (à MÉDINE)
»» BAOL-BAOL.
jusqu'à sa mort.
C'est en effet à MÉDINE que
BAXA- MUHAMMAD est enterré le 8 juin
(baxa) [Wolof]
de l'an 632, sous la cabane
I. Etre de couleur bleu ciel.
d'AiCHA *.
2. Teindre en bleu ciel.
}»} HÉGIRE, QURA YCH,3. Tout habit teint en bleu ciel.
YATHRIB.
Synonyme: ROMBAL-MBàND.
4. Percale passée à l'indigo. Utilisée
-BAYE
aussi bien par les hommes que par les
(baay) [Wolof]
femmes.
Père. Homme.
»» FOi-FOï.
}»} ASKAN, BAYE
5. Par extension, BAXA désigne, à
MALAMINE, BAYE YENE,
BAYE DIAGAL, GARMI,cause de leur couleur mais aussi du
GENO, KlLIFA,
bruit de feuilles séchées qu'ils NDAOKOUNDA, SERIGNE,
produisent, les billets de banque de YAYE.
cinq mille trancs C.FA
-BAYE DIAGAL
73(baay jagal) [Wolof] -BAYÉ
(baye)»» BAA Y JAGAL.
[Wolof]
Synonyme de BAYAAL.- BAYE FALL / BAYE-FALL
»» BAAY FAAL. »» BAAYÉ, PINCA.
- BAYE MALAMINE - BAYLO [Halpulaar]
(baay malamin) [Wolof] BAYLO, plur. WAYILBE. Le nom
PERE MALAMINE. Nom d'un définit une activité professionnelle: la
personnage de chanson populaire transformation (W AYLUDE) du
wolof métal brut en objets utilitaires.
»»NêNÉ. Cette classe est subdivisée en deux
sous-classes: les WAYILBE
BALEEBE sont spécialisés dans le- BAYE YÉNÉ / BAYE- YÉNÉ
(baay-yéene) [Wolof] travail des métaux non précieux, alors
BAYE (homme) YENE (annoncer). que les WAYILBE SAYAKOOBE
1. Homme de la cour d'un roi, dont la ne traitent que de l'argent ou de l'or.
fonction est de rendre publiques les Les premiers sont de simples
forgerons, tandis que les seconds sontdéclarations du souverain.
des bijoutiers.»» BATA-HELL, YENEKAT.
Les patronymes les plus usuels, aussi2. Crieur public, particulièrement
bien chez les WAYILBE BALEEBEpour le LAABAAN qui est l'annonce
que chez les WAYILBEpublique de la virginité prouvée de la
SAYAKOOBE sont CAAM,mariée (après la première nuit
FAAL, FEEN, JAW, MBAAY,nuptiale).
MBAW, PEN, KAANTE ou
»» ARBRE A PALABRE,
KOONTE.BAYE, KENDE, PINTH.
Dans la société halpulaar*
Ex.: Baye Yéné était le surnom
traditionnelle, les WAYILBE sont,de Diali Mor Fall, crieur public
de Banda. Son aïeul avait en dehors de la forge ou de la
occupé les mêmes fonctions à la
bijouterie, les circonciseurs attitréscour du Damel*; depuis, sa
descendance, répartie dans les (»» NGAMAN). Des croyances
différentes provinces du Cayor*,
superstitieuses les assimilent auxgardait ce privilège.
puissances infernales, dans la mesure
(Nafissatou Diallo: Le fort
où ils vivent de la connaissance intimemaudit. Paris: Hatier 1980:'
3738). du feu, élément dont ils tirent
l'essentiel de leurs ressources.
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