Grim Tales

De

Vous rêvez que votre vie soit un conte de fée? Méfiez-vous, peut-être êtes-vous déjà en train d’en vivre un... Car la route est longue avant le « ils vécurent heureux pour toujours », et même les plus belles histoires ne finissent pas toujours bien...


Dix contes revisités avec originalité, qui portent un regard nouveau sur les héros de notre enfance.


« Avec Grim tales, Chloé Boffy nous plonge dans un univers sombre et poétique réactualisant avec brio les célèbres contes de Grimm. C’est avec un cœur d’enfant que l’on redécouvre de grands classiques présentant une jeunesse moderne et désenchantée. Un recueil sensible et magique ! » Julia M Tean

Publié le : mercredi 18 mai 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782369761860
Nombre de pages : 449
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Chloé BOFFY
Le Loup de Fairview
Collection «In Amoris »
Mentions Légales
© 2013 Chloé Boffy. Illustration © 2013 Chloé Boffy. Édité par Lune-Écarlate 66 rue Gustave Flaubert 03100 Montluçon, France. Tous droits réservés dans tous payes.ISBN978-2-36976-008-5.Le code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou représentation intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon au terme des articles L,122,-5 et L,335-2 et suivant du code la propriété intellectuelle.
Chloé BOFFY
GRIMM tALES Le LoUp de Fàirview
Couverture Illustration de Chloé Boffy Page de titre Mentions Légales Titre Table des matières Le Loup de Fairview
Table des matières
LeLoup de Fairview
Le vent soufflait, faisant ployer le haut des palmiers. Scarlett gara son vélo devant la résidence pour personnes âgées « Fairview ». Une résidence américaine typique, composée d’un bâtiment en forme de U, encadrant une piscine rectangulaire mal entretenue. Bien qu’équipés de façon très sommaire – deux pièces, petite salle d’eau et kitchenette comptant uniquement un évier, un plan de travail étroit, un réfrigérateur et un four à micro-ondes – ces appartements avaient néanmoins l’avantage d’offrir à leurs résidents un peu plus d’indépendance qu’une maison de retraite classique. Ouvrant la sacoche fixée à l’arrière, Scarlett en sortit une pile d’une demi-douzaine de boîtes en plastique, contenant les repas qu’elle venait apporter chaque midi, entre deux cours. Elle aimait bien ce petit job d’appoint qui lui rapportait un peu d’argent de poche, pour s’acheter des vêtements et sortir s’amuser avec ses amis plus gâtés qu’elle. Ses camarades de classe se pavanaient toutes avec des smartphones dernier cri et des sacs à main haute couture. Ce n’était pas tous les jours facile d’être la seule élève boursière dans un lycée privé de Beverly Hills. Elle grimpa l’escalier de la coursive et frappa à la première porte. Une vieille dame avenante, aux cheveux argentés, lui ouvrit. — Bonjour madame Miller ! dit joyeusement la jeune fille. Je vous apporte votre repas. — Entre, ma petite Scarlett. Qu’y a-t-il de bon aujourd’hui ? — Salade de raiponces, poulet et légumes vapeur. Et en dessert, une délicieuse gelée rouge, dit Scarlett, ironique, en agitant la barquette où tremblotait une masse gélatineuse peu ragoûtante. — Pouah ! Pourquoi se sentent-ils toujours obligés de nous mettre ces immondes gelées au menu ? Nous ne portons pas tous des dentiers. Je rêve de croquer dans une belle pomme bien rouge et bien juteuse ! — Je vous en apporterai demain, promis. — Tu reviendras faire un Scrabble avec moi après tes cours ? demanda la vieille dame, en voyant Scarlett tirer sur le bas de son sweat à capuche rouge et se diriger vers la porte. Je te dois une revanche. — Volontiers, madame Miller. Même si je doute de réussir un jour à vous battre. À tout à l’heure. Le second appartement où elle frappa était celui de M. Fitzgerald, un ancien saxophoniste que Scarlett aimait beaucoup. Il ne manquait jamais de lui jouer un petit air de jazz ou de lui prêter un de ses vieux disques vinyles. Toujours avide de nouvelles anecdotes, Scarlett bavarda avec lui quelques instants avant de continuer ses livraisons. Comme d’habitude, elle termina sa tournée par l’appartement de Mme Wolf, une veuve revêche qui ne lui adressait jamais la parole et faisait comme si la jeune fille n’était pas là. L’appartement était poussiéreux et sentait le renfermé. Il ressemblait beaucoup à sa propriétaire, une petite femme sèche, négligée et terne, qui donnait l’impression que la vie l’avait déjà quittée. Scarlett posa le plateau-repas sur la table et ne s’attarda pas. Elle avala rapidement un sandwich, puis enfourcha son vélo pour regagner le lycée. Un coup d’œil à sa montre lui confirma qu’elle était en retard à son premier cours de l’après-midi. Elle courut jusqu’à sa salle de classe et réajusta son uniforme. Sweat-shirt zippé rouge arborant le blason de son lycée, polo et jupe écossaise, rien de très extravagant, mais qui avait au moins l’avantage de ne pas mettre en avant le fait qu’elle était moins riche que les autres élèves, et n’avait pas les moyens de s’acheter des vêtements griffés. Elle frappa à la porte, s’inquiétant un peu de l’accueil qu’elle allait recevoir et croisant les doigts pour ne pas être envoyée en retenue. Heureusement, le professeur était au courant de sa situation et se montra indulgent. Il lui rappela cependant que c’était déjà la deuxième fois ce mois-ci, et qu’au prochain retard, il se verrait obligé de sévir. Scarlett s’installa à son pupitre, sortit son classeur et tenta de suivre le cours attentivement. Sa meilleure amie, assise juste derrière elle, lui piqua l’épaule avec son crayon pour attirer son attention. — On fait nos devoirs ensemble après les cours ? demanda-t-elle. — Désolée, Holly, je ne peux pas. J’ai déjà promis à madame Miller d’aller lui tenir compagnie. Elle se sent seule en fin de journée. Mais tu peux venir avec moi si tu veux. Holly grimaça. Contrairement à son amie, les personnes âgées n’étaient pas vraiment sa tasse de thé. — Très peu pour moi. Scarlett haussa les épaules et se replongea dans Hamlet, que leur professeur était en train de leur expliquer, détaillant les différents thèmes présents dans la pièce.
Àquinze heures trente, la jeune fille était de retour à « Fairview ». Alors qu’elle allait frapper chez Mme Miller, elle vit un homme dans la trentaine, tirant une valise derrière lui, s’engouffrer dans l’appartement de la veuve Wolf. Il était grand, avec des épaules très carrées. Ses cheveux noirs, un peu trop longs, retombaient sur ses épaules. Juste avant que Scarlett n’entre chez Mme Miller, l’homme lui jeta un regard qui donna à la jeune fille la chair de poule. Elle eut même l’impression dérangeante qu’il l’avait toisée jusqu’à ce qu’elle disparaisse à l’intérieur de l’appartement. Elle se demanda qui il pouvait bien être. Elle ne l’avait jamais vu auparavant. Elle s’en serait souvenue, il avait un air si singulier. Elle décida de questionner sa vieille amie, qui, en véritable commère, était toujours au courant de ce qui se passait dans la résidence. Rien n’échappait à sa curiosité, et sa langue bien pendue n’épargnait personne. — Qui est cet homme qui vient d’arriver chez madame Wolf ? Mme Miller jeta un œil par la fenêtre et aperçut le nouveau venu qui finissait de décharger ses bagages. — Oh, lui. C’est son fils. Il ne vient pas souvent. Cela doit bien faire plus de cinq ans qu’il n’a pas rendu visite à sa mère. — Je le trouve un peu… — Bizarre ? Tu n’es pas la seule. Personne n’est très à l’aise quand il est dans les parages. On dit même qu’il a fait de la prison. Apparemment, il a été innocenté car il en est sorti très vite. Toujours est-il que la dernière fois qu’il est venu ici, une jeune fille du voisinage a disparu. Méfie-toi de lui, ma petite. Peut-être était-ce dû aux paroles de Mme Miller, ou alors au patronyme de l’inconnu, mais Scarlett ne put s’empêcher de se remémorer la chanson des trois petits cochons, « Qui a peur du grand méchant loup ? ». Ce regard glaçant qu’elle avait surpris hanta ses pensées tout le reste de la journée. Il y avait quelque chose de malsain dans ces yeux gris acier. Ce soir-là, allongée dans son lit, elle n’arriva pas à trouver le sommeil. Il lui semblait sentir encore ce regard étrange fixé sur elle. Elle frissonna et remonta sa couette sur sa tête. Devant la porte de Mme Wolf, le lendemain, elle hésita un instant. Les propos de Mme Miller l’avaient alarmée. Mais après tout, que pouvait-il lui arriver en plein milieu de la journée ? Et puis ce qu’elle avait entendu n’était que des rumeurs. Elle frappa. La veuve vint lui ouvrir, l’air aussi maussade que d’habitude. — Bonjour. Voici vos repas, madame Wolf. — Posez ça là, répondit la vieille femme en lui indiquant la table basse. Sans un seul mot de plus, elle retourna vaquer à ses occupations. Scarlett fit ce qu’elle lui avait demandé – ordonné serait d’ailleurs plus adéquat, se dit-elle. Soudain, l’homme se matérialisa devant elle. Scarlett sursauta. Elle ne l’avait même pas entendu arriver. La dominant de toute sa hauteur, il la dévisageait avec ce même regard intense et effrayant qu’il lui avait lancé la veille. Scarlett nota que ses pupilles étaient étrangement mobiles. — Bonjour, dit-il. — Bon… bonjour, balbutia la jeune fille. Mal à l’aise, elle voulut se diriger vers la porte d’entrée mais il lui bloqua le passage. — C’est très aimable à toi de faire la livraison des repas. Ma mère ne voit plus assez clair pour cuisiner seule, j’avais peur qu’elle ne se blesse. Comment t’appelles-tu ? Bien que sa mère lui ait répété des dizaines de fois qu’on n’adresse pas la parole aux étrangers, Scarlett sentit que l’homme ne la laisserait pas tranquille tant qu’il n’aurait pas eu de réponse à sa question. — Scarlett, souffla-t-elle d’une voix à peine audible. — Enchanté, Scarlett. L’homme s’écarta et la jeune fille, oubliant toute politesse, se rua vers la porte sans même dire au revoir. Elle sentait encore sur sa nuque le picotement de son regard d’acier. Rentrée chez elle, elle s’enferma à double tour dans sa chambre. Son cœur battait la chamade. Elle n’aimait pas cet homme. Il dégageait quelque chose de malsain et de dangereux, et son intuition la trompait rarement. Qu’allait-elle bien pouvoir faire ? Elle était obligée de retourner là-bas, sinon elle risquait de se faire renvoyer, et elle avait vraiment besoin de ce job…
Holly la trouva préoccupée pendant les cours du lendemain. Tout en démêlant du bout des doigts ses longs cheveux, qui lui tombaient juste en dessous des fesses, elle interrogea Scarlett sur les raisons de son mutisme. — C’est à cause de ce mec, lâcha Scarlett, laconique. — Oh, oh, un futur amoureux ? gloussa Holly. — Si seulement ! Non, c’est un type que j’ai croisé pendant que je travaillais. Si tu le voyais ! Il fait vraiment froid dans le dos ! C’est le fils d’une des petites vieilles à qui je livre des repas. Il séjourne chez elle en ce moment, et je ne me sens pas du tout rassurée en sa présence. J’angoisse rien qu’à l’idée d’y retourner. — Ben, n’y va pas. Scarlett leva les yeux au ciel. — T’es marrante, ironisa-t-elle. Ce n’est pas vraiment comme si j’avais le choix. Je risque de me faire virer. — Tu ne peux pas te contenter de déposer son plateau devant sa porte ? — J’ai été tentée de le faire, mais nous sommes régulièrement évalués sur la qualité de nos prestations, et la politesse est un critère crucial. Il va falloir que je prenne sur moi jusqu’à ce que ce gars s’en aille. Holly farfouilla dans son sac et en ressortit un petit aérosol. — Tiens, c’est ma bombe lacrymogène. Garde-la dans ta poche, on ne sait jamais. — Merci, c’est gentil. Le lendemain, elle marcha vers l’appartement de Mme Wolf, le plateau-repas dans une main, la bombe lacrymogène fermement serrée dans l’autre. La porte était déjà grande ouverte. Scarlett reconnut le chariot de la femme de ménage resté à l’extérieur. Celle-ci, en tablier vert et blanc et arborant une choucroute digne de celle d’Amy Winehouse, sortit en mâchant un chewing-gum. — Tu peux y aller, il n’est pas là, dit-elle à Scarlett en désignant l’appartement du pouce. Je crois qu’il a emmené sa mère au restaurant, j’ai entendu un bout de leur conversation en arrivant. — Merci, euh… Cindy, répondit Scarlett après un bref coup d’œil au badge épinglé sur la poitrine de la femme de ménage. — Je ne le sens pas du tout, ce gars-là. Quand il me regarde, j’ai l’impression d’être toute nue. Scarlett lui adressa un sourire compréhensif. Elle ressentait exactement la même chose quand les yeux de Wolf se posaient sur elle. Elle était un peu contrariée qu’ils aient oublié d’annuler leur commande et d’être venue pour rien, mais après tout, Mme Wolf avait payé pour ces repas, Scarlett devait donc le lui apporter. En déposant les Tupperware sur la table, la jeune fille avisa de vieux journaux et un classeur ouvert. Le logement étant désert, elle ne put s’empêcher de jeter un œil. Les journaux dataient de cinq ans plus tôt. Dans chacun d’entre eux, un article avait été soigneusement découpé avant d’être collé dans le classeur. Poussée par la curiosité, Scarlett en parcourut quelques-uns. Tous relataient le même événement : le supposé meurtre d’une jeune fille des environs, Gretel, disparue peu avant ses seize ans. Elle repensa à ce que lui avait raconté Mme Miller, et un frisson glacé parcourut son échine. Pourquoi les Wolf conservaient-ils les coupures de presse de cette affaire ? Les gens normaux ne s’adonnent généralement pas à des passe-temps aussi morbides. Les Wolf avaient-ils un lien quelconque avec cet incident ? De retour au lycée, elle s’empressa de faire le récit de sa découverte à Holly. — Carrément trop flippant ! s’exclama cette dernière. — Tu l’as dit ! — Je parie que c’est lui qui l’a tuée, reprit Holly. J’ai lu l’histoire d’un sérial killer qui gardait aussi tous les articles sur les meurtres qu’il avait commis. Il avait découpé les corps en morceaux et les avait planqués dans sa cave pour qu’on ne les retrouve pas. Si ça se trouve, Wolf a fait pareil avec Gretel ! — Très drôle. Je te rappelle que je dois aller chez ces gens tous les jours, et que j’ai déjà assez la trouille comme ça. Tu ne m’aides pas beaucoup. — Oups, désolée. Plus sérieusement, tu ne devrais pas retourner là-bas. Si jamais ce type est un criminel, la prochaine « jeune fille disparue » des journaux ça risque d’être toi. Tu veux te retrouver collée dans leur classeur, comme cette Gretel ? — Je t’ai déjà dit que je n’ai pas le choix, je ne veux pas perdre mon travail. — Bon, écoute, dit Holly en lui passant un bras autour des épaules. Plein de gens savent où tu vas. Si jamais je ne te vois pas revenir en cours, je préviendrai la police et je leur dirai d’aller directement enquêter à « Fairview ».
— Merci, mais le temps qu’ils arrivent, il peut se passer un tas de trucs. — Alors je viendrai avec toi. Ça m’étonnerait qu’il tente quoi que ce soit si on est deux. — Tu ferais ça ? — Bien sûr. Tu es ma meilleure amie. Je n’ai pas envie qu’il t’arrive quelque chose. Reconnaissante, Scarlett la remercia par un câlin. Holly rangea sa voiture le long du trottoir et aida Scarlett à sortir les repas du coffre. Mme Miller fut ravie de rencontrer l’amie de Scarlett, et elle approuva sa décision d’escorter la jeune fille tant que le fils Wolf serait à « Fairview ». — On n’est jamais trop prudent avec des types comme lui, affirma-t-elle en croisant les pans de son châle sur sa poitrine. Je n’aime pas sa façon de dévisager les gens, on dirait un prédateur ou un fou. Mais je ne vais pas vous retenir plus longtemps, mesdemoiselles. Bon courage, et surtout, faites attention à vous. Les jours qui suivirent, Holly continua à accompagner Scarlett. Elle avait eu l’occasion de croiser Wolf et, si elle avait pu constater par elle-même son aura inquiétante, l’homme s’était contenté de leur jeter un regard glacial avant de les ignorer comme le faisait sa mère. — Je suis d’accord avec toi, ce gars a quelque chose de louche. Elles étaient toutes les deux installées sur le lit de Scarlett, leurs livres de classe étalés autour d’elles. — Mais tu ne m’avais pas dit qu’il était aussi canon ! reprit-elle avec un clin d’œil. — Tu trouves ? — Tu sais à quoi, ou plutôt à qui il me fait penser, dans le genre beau et ténébreux ? — Oh, arrête Holly, on n’est pas dans un roman de bit-lit ou dans une série télé. Ce n’est ni un vampire, ni un loup-garou. — On peut toujours rêver, dit Holly en haussant les épaules. Elle avait toujours eu un faible pour les garçons plus âgés. Après des heures de discussion, Scarlett finit par admettre que Wolf avait quelque chose de séduisant, avec sa mâchoire carrée et son regard intense. Alors que la semaine s’écoulait, la jeune fille, rassurée par la présence de son amie, se surprit même à croire qu’elle avait tout imaginé. Elles avaient croisé l’homme à une ou deux reprises, mais à chaque fois, il s’était comporté de manière tout à fait normale, quoiqu’un peu distant. Scarlett se dit qu’elle devrait arrêter de regarder des séries policières, tout cela enflammait un peu trop son imagination et lui faisait voir des criminels à tous les coins de rue. Après un week-end agréablement reposant, où elle n’avait pas pensé une seule fois à Wolf, la jeune fille paniqua en voyant que Holly était absente du lycée. — Je suis malade comme un chien, toussa celle-ci au téléphone. Je ne peux pas sortir du lit, je tiens à peine debout. Promets-moi que tu n’iras pas là-bas toute seule. Je te rappelle ce soir, en espérant que ça ira mieux. Scarlett promit du bout des lèvres, avant de refermer le clapet de son téléphone portable et de serrer l’appareil contre son cœur. Une boule d’angoisse lui nouait l’estomac. Malgré sa promesse, elle allait devoir se rendre seule chez les Wolf, et elle ne s’en sentait pas le courage. Elle avait un mauvais pressentiment. Quand elle passa récupérer les plateaux-repas chez le traiteur, elle confia ses craintes à une collègue plus âgée qui avait déjà eu affaire à divers clients bizarres. Elle espérait que cette dernière aurait quelques conseils à lui donner. — Premièrement, avoir toujours une bombe lacrymo sur toi, dit sa supérieure tout en épinglant son badge sur son polo. — Ça, c’est bon, j’en ai une. — Ensuite, connaître les bases de self-defense. — À moins que je ne puisse prendre des cours accélérés de krav maga dans les cinq prochaines minutes, il va falloir trouver autre chose. Tu ne veux pas venir avec moi ? Juste pour cette fois ! — Désolée poulette. J’ai trop de travail. Et puis je vais être franche, j’ai d’autres chats à fouetter. Je n’ai pas le temps de jouer les nounous auprès de toutes les livreuses qui ont un souci avec un client. Tu es loin d’être la seule. Il faut apprendre à t’endurcir… Ou changer de travail. Désespérée, Scarlett fit la grimace, et regarda sa collègue monter dans une voiturette de fonction bariolée. À son tour, elle enfourcha son vélo, et pédala jusqu’à « Fairview » avec autant d’entrain que si on la conduisait à l’abattoir.
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