Heartland tome 14

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Pour Laura, rien n'est plus comme avant. Bien sûr, il y a le collège, les chevaux et surtout Daz, un nouveau pensionnaire impétueux et sauvage... Mais un sombre nuage obscurcit ses journées: Ted est toujours dans le coma. Et un terrible choc attend Laura. Elle découvre au chevet du garçon... Kerry-Ann. Cette dernière prétend être l'ex-petite-amie de Ted. Sauf que Ted n'en a jamais parlé à Laura...





Publié le : jeudi 8 mars 2012
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EAN13 : 9782266224345
Nombre de pages : 145
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Lauren Brooke



Tout change !
Traduit de l’anglais par Bertrand Ferrier


Seule Laura peut comprendre
leur douleur,
 
seule Laura sait
comment soigner leurs blessures,
 
seule Laura leur redonnera
confiance en la vie...
 
Partagez avec elle à
Heartland
sa passion des chevaux.
Merci tout spécialement à Gill Harvey.

Pour Dawn, Kate, Abbey et Jamie qui ont « tout changé » quand ils ont quitté l’Écosse pour la Nouvelle-Zélande en octobre 2002. Je les aime énormément…
1
Quand le petit poney bai passa au galop, ses sabots firent un bruit de tonnerre sur le sol. Laura sentit un frisson de bonheur la parcourir.
Le vent jouait dans ses cheveux ; le paysage, nimbé de la pâle clarté du matin, défilait devant ses yeux. L’automne avait repeint les feuillages des arbres avec sa palette d’ocre, d’or et de roux cuivré. Le soleil n’avait pas encore tout à fait dissipé le brouillard matinal. Parvenue en haut de la colline de Clairdale, Laura mit Willow au pas, puis l’arrêta le temps de contempler le décor.
Combien de fois s’était-elle levée aux aurores pour monter à cheval dans le jour naissant ? Des centaines de fois, peut-être des milliers. Pourtant, elle ne s’en lassait pas. « En plus, Willow a l’air heureuse », pensa la jeune cavalière en caressant tendrement l’encolure de sa monture. C’était peut-être le plus émouvant.
Le poney à la robe sombre était arrivé à Heartland traumatisé par son dernier propriétaire1. Celui-ci l’attachait à un piquet au milieu d’un champ et le frappait pour le punir. Ce qui, bien sûr, loin de le calmer, l’avait encore plus braqué.
Au début, Willow ne laissait personne s’approcher. Laura avait mis des mois à gagner sa confiance. Peu à peu, elle y était parvenue, jusqu’à lui faire accepter de nouveau la présence d’un cavalier sur son dos.
Cette promenade était donc pour Laura l’aboutissement d’un long travail. Elle pensa que Marion, sa mère, devait être heureuse de cette réussite. Marion était morte dans un accident de la route, un peu plus d’un an auparavant ; mais son amour des chevaux vivait toujours à travers l’écurie qu’elle avait fondée, Heartland. On y soignait des chevaux et des poneys qui souffraient, physiquement ou psychologiquement, ou qui présentaient des troubles du comportement. Ici, on privilégiait les méthodes douces… et une attention de tous les instants aux chevaux. Marion pensait que lorsqu’un cheval se sentait aimé, il était déjà à moitié guéri. Willow était la preuve (une fois de plus !) qu’elle avait raison.
Laura fit faire demi-tour à Willow. Il était temps de rentrer. Le poney parut ravi de retrouver l’écurie. Le cœur de Laura se serra. Willow se sentait bien à Heartland ; mais à présent qu’elle était guérie, elle ne tarderait pas à repartir chez ses propriétaires. C’était la règle. Les chevaux guéris devaient laisser la place à ceux qui avaient besoin d’être soignés.
Laura et Willow longèrent les enclos jusqu’à la grande écurie de douze stalles. Elle avait été entièrement reconstruite après la tempête qui avait arraché le toit, tuant un cheval et blessant gravement Ted Baldwin, le palefrenier en chef… et le petit ami de Laura. Le jeune homme avait été assommé par une poutre. Depuis lors, il était dans le coma.
Laura lui avait rendu visite presque tous les jours. Elle lui racontait les derniers événements ; elle le tenait au courant des potins ; elle lui parlait du temps qu’il faisait ; elle lui disait combien elle tenait à lui, et avec quelle impatience elle attendait qu’il se réveille. Mais, jusqu’à présent, l’état de Ted était « stationnaire », comme disaient les médecins. Le jeune homme ne réagissait pas. Et l’inquiétude rongeait Laura, même si elle refusait de se l’avouer : Ted finirait-il par sortir de son sommeil ? « Oui, oui, oui, se répétait Laura obstinément. Il va s’en sortir. Si je l’aime assez fort, il se réveillera… »
*
En sortant de la stalle de Willow, Laura aperçut Lou, sa grande sœur.
— Je viens de finir d’étriller Candy, annonça Lou.
— Comment était-elle ? demanda Laura.
— Un peu stressée, mais je l’ai massée, et elle s’est détendue. Est-ce que tu veux que je fasse autre chose avant de rentrer ?
— Non, tout va bien : John a déjà préparé les rations. Des gens ont appelé pour envoyer leurs chevaux ?
Heartland se relevait à peine d’une série de catastrophes. En plus de la tempête, l’écurie avait été frappée par une épidémie de grippe équine. Elle avait été placée en quarantaine et n’avait pas pu accepter de nouveaux pensionnaires pendant plusieurs semaines. Résultat, plusieurs stalles étaient vides.
— Les affaires reprennent, annonça Lou. Vers sept heures, une femme a appelé. Elle nous proposait de nous occuper d’un étalon sauvage, Daz.
— Wouah ! s’écria Laura, ravie.
— Elle l’a acheté sur un site d’enchères en ligne. Il n’a pas encore été dressé. Je ne savais pas si c’était dans tes cordes. Je lui ai dit que tu la rappellerais.
Lou préférait toujours avoir l’avis de Laura avant d’accepter de nouveaux patients. Après s’être longtemps tenue à l’écart des chevaux, elle avait peu à peu repris l’habitude de travailler à l’écurie. Mais elle avait conscience qu’il lui restait beaucoup à apprendre ! D’autant qu’elle avait vécu en Angleterre ; les chevaux sauvages américains lui étaient pratiquement inconnus.
— Faire travailler un mustang… murmura Laura. Ce serait génial !
Les yeux de la jeune fille pétillaient.
— D’où vient-il ?
— Du Nevada, je crois. Qu’est-ce que les mustangs ont de si particulier ? Tu as l’air tout excitée !
— Il y a de quoi ! D’abord, les mustangs, ce sont nos chevaux sauvages à nous, Américains. Ce sont les Européens qui les ont amenés ici, mais ils errent en liberté dans les plaines de l’Ouest et le désert depuis des siècles. Ils se sont adaptés à leur nouvelle existence ; ce sont des animaux durs au mal, des survivants. Et il y a autre chose : Monty Roberts a beaucoup travaillé avec eux.
— Monty Roberts ?
— Un homme que maman admirait, expliqua Laura. Il a énormément observé les chevaux, et surtout les mustangs. Il a compris que, pour dresser un cheval, il fallait se mettre à sa place, lui parler son langage, et non le forcer à obéir à tout prix.
— Pas de quoi casser cinq pattes à un mustang, plaisanta Lou. Ça me paraît logique…
— À toi, peut-être. Mais il reste beaucoup de gens à convaincre ! À Yellow Sun par exemple…
Lou acquiesça. Yellow Sun était une écurie dirigée par Valery Gorst, la mère d’Angela, une copine de classe de Laura. Enfin, une copine… Une ennemie, plutôt ! Hormis le collège, tout les séparait. Pour Angela, les chevaux n’étaient que de beaux objets qui permettaient de se mettre en valeur… notamment auprès des garçons ! Quant à sa mère, elle n’hésitait pas à recourir à des méthodes très dures afin d’obtenir ce qu’elle voulait des chevaux qui lui étaient confiés. Pour Laura, un cheval était un être vivant qu’il fallait respecter et aimer ; l’idée de devoir contraindre un animal lui répugnait.
— Allez, cours appeler Mme Abrahams, la propriétaire de Daz, dit Lou à sa petite sœur. Je sens que tu en meurs d’envie.
Laura ne se le fit pas dire deux fois. Elle fila vers la maison à toutes jambes, impatiente d’en savoir plus sur son futur élève !
1 Lire, du même auteur, dans la même série, D’obstacle en obstacle, t. 12.
2
C’est d’une main fébrile que Laura composa le numéro de la propriétaire du mustang.
— Louise Abrahams ? demanda-t-elle.
— C’est elle-même.
— Laura Flemming, de Heartland. Je vous téléphone au sujet de Daz.
— Ah ! Merci de me rappeler ! lança la femme d’une voix chaleureuse et enthousiaste. Daz est tellement spécial ! Je l’ai su dès que je l’ai vu en photo. J’ai eu le coup de foudre pour lui tout de suite.
— Ma sœur m’a dit que vous l’aviez acheté sur Internet…
— Oui, en effet. Le BGT – le Bureau de gestion des terres – organisait une vente en ligne. Ils sont durs, vous savez ? Daz ne m’appartiendra que si, dans un an, je parviens à prouver que je sais m’en occuper.
— Et vous l’avez depuis…
— Une semaine. Il est sauvage à cent pour cent. Je crois que j’ai besoin de l’aide d’un professionnel. C’est pourquoi je vous ai appelés.
— Vous avez eu raison. Nous serons ravis de nous en occuper.
— Vraiment ? Oh, c’est magnifique ! J’ai entendu dire tellement de bien de vous… Quand puis-je vous l’amener ?
— Quand vous voudrez. Nous avons de la place, en ce moment. Profitez-en !
— Je peux passer demain dimanche, dans la matinée ?
— On vous attend !
Laura raccrocha et se tourna vers sa sœur, qui l’avait suivie dans la maison.
— Daz arrive demain matin ! annonça-t-elle.
— Où le mettrons-nous ?
— Dans l’enclos de derrière. Il préférera ça à l’écurie. Par contre, il devra être seul.
Lou secoua la tête :
— Quand même… Acheter un cheval sauvage par Internet… C’est bizarre, non ?
— C’est sûrement la technique de vente du BGT.
— Le Bureau de gestion des terres ? lança Jack Bartlett.
Jack était le grand-père de Laura et Lou, le papa de Marion, le propriétaire de Heartland et le meilleur bricoleur de la maisonnée (ce n’était pas très difficile !).
— Tu connais cet organisme ? demanda Laura.
— Un peu. C’est lui qui est chargé de s’occuper des chevaux sauvages de l’Ouest. Il paraît qu’ils se reproduisent très vite, et qu’il faut donc contrôler leur nombre. Sans quoi, leur territoire deviendrait trop petit pour eux. Le Bureau de gestion des terres en capture donc un certain nombre chaque année pour les revendre. Certains trouvent ça scandaleux.
— Pourquoi ? s’étonna Laura.
— Ce serait la preuve que les fermiers font la loi : ils voudraient envahir l’Ouest, coloniser plus de terre, empiéter sur l’aire réservée aux chevaux… Les sommes en jeu sont considérables. Par le passé, beaucoup de chevaux ont été transformés en nourriture pour animaux.
— Mme Abrahams a dit qu’elle serait contrôlée dans un an, pour vérifier si elle s’occupait bien de Daz…
— Tant mieux. Quand les gens ont protesté contre leurs méthodes, les agents du BGT ont promis qu’ils s’assureraient désormais que les chevaux trouvent de bons maîtres. Je suis content qu’ils n’aient pas menti !
— Moi aussi ! Surtout que Mme Abrahams avait l’air sympa, au téléphone… Il faut absolument que j’aille raconter ça à Ted. Lou, tu pourrais m’emmener à l’hôpital ?
— Entendu. Rendez-vous au parking dans une demi-heure.
*
Trois quarts d’heure plus tard, Laura était à l’hôpital. Lou l’informa qu’elle passerait la chercher dans une petite heure – le temps de faire quelques courses en ville.
Laura monta quatre à quatre les étages qui la séparaient du service où Ted était suivi. L’odeur écœurante de désinfectant lui sauta au visage. Elle se souvint du premier jour où elle l’avait sentie – ce jour terrible où la vérité leur avait été révélée. « Ted est dans le coma », avait dit le médecin, avant d’ajouter : « Nous ne savons pas s’il se réveillera un jour. »
« Il se réveillera », pensa avec force Laura, tout en filant vers la chambre de son petit ami.
Elle ouvrit la porte et… s’arrêta sur le seuil. Là, au chevet de Ted, près de la fenêtre, il y avait une fille, qui devait avoir un an ou deux de plus que Laura. Elle avait de grands cheveux noirs qui tombaient en cascade le long de son visage. Et elle était belle, constata Laura, un peu agacée.
— Bonjour… murmura-t-elle, sous le choc.
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