Heartland tome 15

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Laura et sa soeur Lou s'envolent vers l'Australie. Destination : le ranch de leur père ! C'est l'occasion de rencontrer la femme de Tim et leur demi-soeur, Lily. Si tout se passe bien pour Lou, Laura cherche encore comment se comporter avec cette nouvelle famille... Heureusement, il y a les chevaux et avec eux, Laura est en terrain connu. À la demande de Tim, elle s'occupe de Mistral et de Spirit. Un moment de répit, car loin d'Heartland, Laura oscille entre vrai bonheur et étrange malaise. Difficile de trouver sa place...









Publié le : jeudi 8 mars 2012
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EAN13 : 9782266224352
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Lauren Brooke



Une autre famille
Traduit de l’anglais par Bertrand Ferrier


Seule Laura peut comprendre
leur douleur,
 
seule Laura sait
comment soigner leurs blessures,
 
seule Laura leur redonnera
confiance en la vie...
 
Partagez avec elle à
Heartland
sa passion des chevaux.
Merci tout spécialement à Elisabeth Faith.
Dédié à Amber Caravéo. Merci d’avoir fait de Heartland un endroit si particulier.
1
— J’abandonne ! s’écria Laura en tournant les talons. Quand Daz est comme ça, je ne peux rien en tirer…
À l’autre bout de l’enclos, un magnifique étalon poussa un hennissement retentissant. La queue dressée, il fixait la jeune fille de ses yeux vifs.
— J’ai l’impression qu’il aime bien jouer avec toi, plaisanta Ted.
Laura leva la tête vers le jeune homme et sentit son pouls s’accélérer. Ted était encore convalescent. Lors d’une tempête qui avait frappé Heartland de plein fouet, il avait eu un accident qui l’avait plongé dans le coma pendant de longues semaines. Il était revenu depuis peu au ranch ; et Laura ne s’y était pas habituée. À chaque retrouvaille, c’était la même surprise – le même bonheur, aussi. Le beau palefrenier comptait tant pour elle : il était à la fois son meilleur ami, son conseiller technique, son assistant… et son amoureux.1
Elle se dirigea vers la barrière où s’était placé le jeune homme. Elle lui prit les mains et murmura :
— C’est bon de te revoir ici…
— C’est bon de savoir que je t’ai manqué…, répondit Ted avec douceur. Tu me laisses essayer, pour Daz ?
Laura acquiesça. Le palefrenier s’avança vers le cheval. Daz était un mustang sauvage. Sa propriétaire, Louise Abrahams, l’avait acheté sur Internet. Le Bureau de Gestion des Terres, un organisme officiel chargé de s’occuper de la vente des chevaux sauvages, avait confié Daz à sa nouvelle propriétaire : à elle de prouver un an plus tard qu’elle savait s’en occuper. Mme Abrahams adorait les chevaux, mais elle se sentait incapable de dresser Daz. Aussi avait-elle demandé à Laura de le faire pour elle. La jeune fille avait été ravie de relever un tel défi ; après des débuts difficiles, elle avait constaté que le cheval fier et indépendant commençait de s’amadouer2… Cependant, Daz avait encore de grands progrès à accomplir. Le retour de Ted tombait à point nommé ! Le palefrenier saurait sans doute comment accélérer le dressage du cheval.
Il s’avança vers l’étalon calmement. Éviter le moindre mouvement brusque : c’était une règle absolue en équitation. Daz observa Ted se diriger vers lui. Laura était sidérée : pourquoi l’étalon le laissait-il approcher, lui… et pas elle ? La victoire de Ted fut de courte durée. Dès qu’il fut à portée de main, le cheval poussa un hennissement suraigu et battit en retraite. Le jeune homme hocha la tête. Au lieu de se précipiter après Daz, il fit demi-tour et le laissa tomber. Pour attirer son attention, l’étalon hennit encore, racla le sol avec ses sabots – en vain. Ted l’ignora et s’immobilisa, dos au mustang.
Lorsque le cheval comprit que son dresseur ne bougerait pas, il se calma, sembla hésiter, puis s’avança vers le palefrenier. Il le poussa du bout du museau. Ted ne réagit pas. Étonné, Daz renâcla ; puis il posa la tête sur l’épaule du jeune homme. La méthode du consentement que la mère de Laura lui avait enseignée n’avait plus de secret pour Ted3 ! Avec une extrême lenteur, celui-ci lui caressa les naseaux, puis il lui passa la longe et le conduisit sans problème vers la barrière.
*
— Même pas vexée, commenta Laura en suivant Daz et Ted vers l’écurie. Je m’occupe de lui depuis beaucoup plus longtemps que toi, et c’est à toi qu’il obéit…
— Parce que tu l’avais bien fatigué avant que je n’intervienne, suggéra le jeune homme.
— Mouais, c’est ça…
Laura cachait sous un air bougon son bonheur de constater que son petit ami n’avait rien perdu de son talent. Excellent professionnel, habitué des manèges depuis sa plus tendre enfance, passionné par les chevaux dont il avait la responsabilité, Ted avait le petit « plus » qui faisait de lui un palefrenier exceptionnel. Il possédait un don inouï pour communiquer avec les chevaux. À ses yeux, Laura aussi avait cette qualité ; et cette estime réciproque nourrissait l’affection que les jeunes gens avaient l’un pour l’autre.
— Avant de partir, John a préparé les rations pour les repas du soir, annonça Laura. Il n’y a plus qu’à les distribuer.
— Génial ! s’exclama Ted. On va gagner du temps…
— Laura ? Tu pourras venir quand tu auras une seconde ?
Lou appelait sa petite sœur depuis la maison. Ted sourit :
— Allez, file ! Je me débrouillerai tout seul. Ça doit être important !
— Tu es sûr que…
— Hé-oh ! Je ne suis plus malade, il faut que j’en profite ! Sérieusement, vas-y. On se revoit demain matin.
— Merci, Ted. À demain matin !
Son petit ami l’embrassa sur le front – il n’avait jamais été très expansif ! Laura caressa une dernière fois Daz, puis elle fila rejoindre Lou.
1 Lire du même auteur, dans la même série, Coup du sort, t. 13.
2 Lire du même auteur, dans la même série, Tout change, t. 14.
3 Lire, du même auteur, dans la même série, Le Guide de Laura, hors-série.
2
Tradition oblige, c’est dans la cuisine qu’avait lieu la réunion de famille.
Autour de la table, étaient rassemblés Lou, Jack Bartlett, le grand-père des filles, et Scott, le vétérinaire officiel de Heartland. Comme, parfois, l’amour fait bien les choses, Scott était aussi le petit ami de Lou ! Peu à peu, il était devenu un membre à part entière de la « famille Heartland ». Hélas, il avait un gros défaut : excellent vétérinaire, il était très demandé. De sorte qu’il avait peu de temps libre, et Lou s’en agaçait fréquemment !
— Qu’est-ce qui se passe ? demanda Laura après avoir embrassé tout le monde.
— J’ai peur que tu me détestes pour l’éternité, anticipa Scott.
— À ce point ! Qu’est-ce que tu mijotes ?
— Scott part à la fin de la semaine faire une tournée de conférences en Australie, expliqua Lou.
— En Australie ? s’exclama Laura. C’est génial ! Et c’est pour ça que je devrais le détester ? Je ne comprends pas…
— En fait, il me propose de partir avec lui, trancha Lou.
— Combien de temps ?
— Eh bien, les conférences ne durent qu’une semaine. Pendant ce temps, papa m’a invitée à lui rendre visite… Ensuite, Scott passerait me chercher, et nous pourrions prendre des vacances, tous les deux…
Le père de Lou et Laura, un ancien sauteur de niveau international, était parti en Australie avec sa nouvelle femme, Helena, et Lily, sa troisième fille. Là-bas, il s’occupait d’un ranch. Laura regrettait souvent qu’il fût allé s’installer si loin d’elle.
Elle prit un moment pour réfléchir aux nouvelles. Quand sa mère était morte d’un terrible accident de la route, Lou avait abandonné son travail dans une banque pour s’installer à Heartland et s’occuper du côté administratif de l’affaire. Elle laissait Laura responsable des soins apportés aux chevaux.
— Je vois…, murmura celle-ci. Et vous avez peur que je me roule par terre en pleurant pour vous retenir ? Ça va pas la tête ? Filez, et amusez-vous bien !
« … même si sans comptable et sans vétérinaire, ce ne sera pas du gâteau », ajouta Laura pour elle-même.
— Je me suis trouvé un remplaçant, annonça Scott. Il a une excellente réputation… quoique un peu inférieure à la mienne, faut pas exagérer !
— Avant de partir, j’aurai rattrapé mon retard dans les paperasses, affirma Lou à son tour. Si tu dois régler des factures, n’oublie pas de mettre les doubles dans la chemise verte du dossier jaune posé sur l’étagère supérieure de la bibliothèque qui est à l’entrée de…
— Assez, assez ! intervint Jack en riant. Chaque chose en son temps ! Je suis sûr que tu laisseras une liste d’instructions détaillée avant de partir, voire une liste d’instructions pour bien suivre l’autre liste d’instructions – c’est ton genre. Et je promets que j’essaierai de faire mon maximum pour te suppléer : je sais que tu es déjà très prise, Laura.
— Merci, Grand-père ! J’ai toujours pensé que nous nous débrouillerions très bien sans Lou, plaisanta la jeune fille. Toi et moi, nous allons le prouver !
*
Laura ne s’attarda pas à la cuisine. Dès que Lou empoigna le téléphone pour signaler à son père que tout le monde était d’accord, elle ressortit dans la cour et se dirigea vers le box de Sundance, son poney chéri. Même si elle ne le montait plus en compétition depuis longtemps, c’est avec lui qu’elle aimait partager ses grandes émotions – bonheurs ou tristesses – depuis leur première rencontre, dans une vente aux enchères1
Le poney accueillit sa maîtresse avec joie. Laura lui raconta les derniers événements en le caressant. Elle lui expliqua ce qu’elle n’avait pas osé dire à sa sœur : elle aurait tant aimé, elle aussi, aller en Australie pour passer du temps avec son père et sa demi-sœur… Sans compter Heartland : l’équilibre des tâches était fragile ; il y avait tellement de travail ! Or, à peine Ted était-il de retour que Lou s’en allait… La course contre la montre ne finirait-elle jamais ?
— Nous allons nous en sortir, dit la voix de Grand-père derrière Laura. Je ne suis pas inquiet.
La jeune fille se retourna.
— Tu… tu étais là ?
— Je viens d’arriver. Je me doutais que la nouvelle te causerait un choc, donc que je te trouverais au milieu des chevaux.
Laura grimaça :
— Tu me connais bien…
— Oui, et je comprends ton inquiétude.
— Il n’y a pas que ça, Grand-père. Je crois que je suis un peu jalouse, aussi.
— C’est normal de vouloir voir son père, non ?
La jeune fille acquiesça.
— Tu sais ce que tu devrais faire ? reprit Jack. Aller parler à Lou. Mettre les choses au clair. Je suis sûr que cela te soulagerait. Et elle aussi.
Laura caressa avec tendresse la crinière de Sundance avant de dire :
— Tu as raison. J’y vais de ce pas.
*
Lou était seule dans la cuisine quand Laura rentra à la maison.
— Scott est déjà parti ? s’étonna la jeune fille.
— Oui, il a encore un milliard de détails à régler avant notre départ, répondit sa grande sœur. Dis-moi, Laura, honnêtement, est-ce que tu m’en veux de partir ? Tout à l’heure, j’ai eu le sentiment que…
— Je suis très contente pour toi. C’est juste que… Moi aussi, j’aurais aimé revoir papa. J’ai l’impression qu’il est parti en Australie avec Helena et Lily depuis des siècles !
Lou soupira :
— Je comprends… Écoute, j’ai une idée ! Tu pourrais prendre des photos de Heartland : papa n’a pas vu la nouvelle écurie restaurée, il ne connaît pas les chevaux qui te tiennent à cœur en ce moment. Moi, j’emporterai tes clichés là-bas, et je ramènerai des photos de Lily et compagnie…
— Et des chevaux de papa, insista Laura.
— Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais que tu allais dire quelque chose dans le genre !
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