Heartland tome 2

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La vie a bien changé à Heartland depuis la disparition tragique de Marion.



Avec courage, Laura fait face aux difficultés. Pourtant, lorsque Spartan, le cheval qui a causé la mort de sa mère, arrive à Heartland, elle n'est plus sûre de rien.



Qui pourra alors soigner le cheval traumatisé, si ce n'est Laura, malgré son chagrin ?





Publié le : jeudi 19 janvier 2012
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EAN13 : 9782266224222
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Lauren Brooke
Après l’orage...
Traduit de l’anglais par Jackie Valabrègue
Seule Laura peut comprendre
leur douleur,
 
seule Laura sait
comment soigner leurs blessures,
 
seule Laura leur redonnera
confiance en la vie...
 
Partagez avec elle à
Heartland
sa passion des chevaux.
À Jane, qui m’a tant appris sur les chevaux
1
... Marion Fleming s’assied dans le camion, tourne la clef de contact et aussitôt Laura, sa fille, se met à hurler. La tempête fait rage. À l’arrière, dans la remorque, Spartan rue des quatre fers. « Je n’aurais jamais dû t’écouter... », gémit Mme Fleming, les mains crispées sur le volant. Un éclair zèbre le ciel noir... Un arbre s’abat sur la chaussée. Marion freine. Trop tard. Les roues patinent... Camion et remorque quittent la route. C’est la chute dans le ravin.


— Non !
— Laura ! Laura ! Réveille-toi !
Laura ouvrit les yeux. Le visage angoissé de son grand-père était penché sur elle. Que faisait-elle allongée par terre dans la chambre de sa mère ?
— Qu’est-ce qui m’arrive ? balbutia la jeune fille en repoussant les cheveux de son visage.
— Tu as fait un cauchemar, ma chérie...
La porte s’ouvrit et Lou, la sœur aînée de Laura, s’avança.
— Qu’est-ce qui se passe ? J’ai entendu crier.
— Tout va bien, répondit Jack. Laura a fait une crise de somnambulisme.
— Oh, non ! s’écria Lou, désolée.
Ce n’était pas la première depuis la mort de leur mère
— Ça va maintenant, dit Laura en se redressant.
Elle n’avait plus qu’une envie : regagner son lit, rabattre l’édredon par-dessus sa tête et oublier que sa mère ne reviendrait plus. Si Laura ne l’avait pas entraînée dans la montagne pour voler au secours de Spartan — un étalon abandonné sans eau et sans nourriture dans un hangar —, rien ne serait arrivé. Jamais elle ne se le pardonnerait.
La proposition de Scott, le vétérinaire, était sans doute à l’origine de ce rêve affreux : il voulait soigner Spartan puis l’amener au refuge des chevaux maltraités, Heartland.
Marion Fleming aussi s’était juré d’aider les chevaux traumatisés à retrouver confiance en eux. Laura, elle, n’avait pas ce courage : elle ne supporterait pas de revoir Spartan. Il lui serait impossible de s’en occuper comme d’un quelconque pensionnaire de Heartland.


Tard dans l’après-midi, Laura finissait de nourrir les chevaux. Ted la rejoignit dans l’écurie éclairée par les derniers rayons du soleil d’été.
— Tu as fini ? demanda-t-il.
— Oui, presque.
Ted, dix-sept ans, était le seul palefrenier à temps complet à Heartland. Il avait partagé tant de joies et d’inquiétudes avec Laura... Il lisait en elle comme dans un livre ouvert.
— Ça ne va pas, hein ? ajouta-t-il doucement.
— Bof...
— Tu penses à Spartan ?
— Oui.
Ted hocha la tête. Il songea à l’étalon qui bientôt passerait sa tête au-dessus de la porte du box. En quête de nourriture, de soins et... surtout d’amour.
« Ça ne va pas être facile », pensa-t-il.


Le lendemain, à quinze heures, Laura attendait dans l’allée l’arrivée de Scott et de Spartan. C’était le jour de congé de Ted. Matt, le frère cadet de Scott, était venu lui tenir compagnie.
Matt shoota dans un caillou et jeta un coup d’œil sur sa montre.
— Scott ne va pas tarder.
— Mmm, murmura Laura, la gorge un peu moins nouée.
Il n’y connaissait pas grand-chose en matière de chevaux, mais Matt était là, et c’était déjà ça.
— As-tu des nouvelles de Soraya ? demanda-t-il soudain.
Soraya Martin, la meilleure amie de Laura, passait ses vacances dans un centre équestre. Tous trois fréquentaient le même collège.
— Elle m’a écrit la semaine dernière, et elle a l’air de bien s’amuser.
— Elle revient quand ?
— Dans trois semaines.
Laura consulta sa montre. Scott était en retard. Qu’est-ce qui l’avait retenu ?
Elle se dirigea vers un puissant cheval gris qui les observait depuis son box. Elle caressa son chanfrein et les naseaux frémirent. Pegasus la comprenait si bien ! Il avait appartenu à son père, l’un des plus célèbres cavaliers dans les concours de jumping. Douze ans plus tôt, à Londres, une chute avait mis fin à sa carrière. L’accident avait également brisé son mariage.
Pegasus, lui aussi, avait été blessé physiquement et émotionnellement. C’est en le soignant que Marion Fleming avait décidé de fonder Heartland.
Quant à Tim Fleming, réduit à vivre désormais dans un fauteuil roulant, il avait abandonné sa femme et ses filles. Il s’était senti incapable de supporter la vue des chevaux.
— Scott est en retard de vingt minutes ! lança Matt en rejoignant Laura.
Il n’avait pas terminé sa phrase que Pegasus dressait les oreilles.
— C’est sûrement Scott qui arrive, s’écria vivement Laura.
Une minute plus tard, le camion de Scott s’arrêtait dans la cour. Les sabots du cheval résonnaient contre les parois de métal de la remorque.
Matt et Laura échangèrent un regard anxieux.
— Quel voyage ! grommela Scott en quittant son siège. Spartan n’a pas cessé de ruer pendant tout le trajet.
Il y eut un bref silence, bientôt rompu par des hennissements de fureur.
— Il est vraiment dingue ! s’écria Matt, pas très rassuré.
— On peut le dire, déclara Scott en se tournant vers Laura. Je vais essayer de le tenir pendant que vous abaisserez la rampe.
Le cœur battant, Laura déverrouilla les crans de sûreté. Jamais elle n’oublierait cette nuit où sa mère avait réussi à l’apaiser pour le faire monter dans le van. C’était alors un super-étalon que Scott avait dû castrer depuis pour pouvoir le soigner.
— On y va ! cria le vétérinaire.
Laura et Matt inclinèrent la rampe. Ils eurent à peine le temps de reculer : Spartan bondit en hennissant de colère.
— Hé ! Tout doux ! aboya Scott.
Frémissant de rage, Spartan plongea en avant puis s’immobilisa. Il balaya du regard les paddocks dans lesquels broutaient les poneys. Sa robe baie était luisante de sueur et ses yeux lançaient des éclairs.
Laura sentit son sang se glacer. Spartan était méconnaissable. Tout en lui n’était plus que haine aveugle.
En découvrant les profondes cicatrices qui zébraient ses flancs et sa croupe, le remords envahit Laura. Elle éprouva brusquement l’envie de fuir le plus loin possible.
Spartan avait dû reconnaître son odeur, car il agita soudain la crinière et fonça droit sur elle, les dents en avant. Laura eut juste le temps de s’éloigner.
— Bon sang ! Tu n’as rien ? cria Scott qui se débattait avec la longe.
— Non... ça va.
— Vite ! Amenons-le dans une stalle.
— Je vais ouvrir la porte, bredouilla Matt.
Scott conduisit Spartan qui incendiait la jeune fille des yeux.
— Désolé, Laura, soupira Scott quand il eut enfin refermé la porte du box. J’ignore ce qui lui arrive. Il n’a jamais été facile, mais c’est la première fois qu’il se conduit comme un sauvage.
— Le trajet dans le van lui a peut-être rappelé l’accident...
Laura s’approcha de la stalle. Mais dès que Spartan la vit, il se mit de nouveau à ruer, hennir et montrer les dents.
— Whoo ! gronda Scott.
Spartan recula.
— Qu’est-ce qui le rend aussi teigneux ? demanda Matt, effrayé.
Laura croisa le regard de Scott.
— Il me hait, hein ? Il me rend responsable de ce qui lui est arrivé.
— Il ne te hait pas. Les chevaux ne sont pas rancuniers, tu le sais. Je crois plutôt qu’il t’associe à l’accident. Et comme il a été blessé, il ne veut plus que tu l’approches.
— Mais alors, que peut faire Laura ? interrogea Matt.
— Regagner sa confiance. Le processus sera long et difficile. Mais tu l’as déjà expérimenté, ajouta-t-il en scrutant le visage crispé de l’adolescente.
« Oui ! Mais jamais sans maman ! Et surtout jamais avec un cheval blessé par ma faute ! » eut-elle envie de crier.
Scott sentit le trouble de Laura et sourit.
— Tu en es capable, Laura. Je dirais même que tu es la seule à pouvoir y arriver. Si Spartan apprend à se sentir en sécurité avec toi, alors il aura confiance en tous ceux qui l’approcheront.
Laura ne répondit pas. Lui faudrait-il affronter Spartan, jour après jour ? Croiser son regard fou ? Subir quotidiennement sa haine ? En aurait-elle la force ?
— Écoute, si tu refuses de t’en occuper, je finirai bien par trouver quelqu’un d’autre, ajouta Scott.
Il tentait de cacher sa déception. De plus, Laura doutait qu’il puisse trouver quelqu’un.
— Non... je m’en charge, soupira-t-elle.
— Super ! Je suis sûr que tu réussiras.
Laura jeta un coup d’œil sur la stalle de Spartan : elle était loin d’en être convaincue.
2
En attendant que Spartan se calme, Scott demanda à voir Sugarfoot.
— Bien sûr ! dit Laura.
À la mort de Mme Bell, sa bien-aimée maîtresse, Sugarfoot s’était laissé dépérir. On l’avait retrouvé dans l’étable à moitié mort de faim et de soif et on l’avait ramené à Heartland. Mais il avait refusé de s’alimenter. Une broncho-pneumonie s’était déclarée. Et puis, miracle, Sugarfoot avait survécu !
Tous trois se dirigèrent vers les paddocks. Sundance s’avança et passa la tête par-dessus la barrière, en quête d’une pastille de menthe. Laura lui en donna deux.
Sundance, son poney favori, était aussi célèbre dans les concours locaux pour ses sauts d’obstacles que pour son fichu caractère !
— Il a bonne mine, constata Matt.
— Oui. Et attends de voir Sugarfoot ! Il va super-bien. Il mange, il boit, il dort : il a retrouvé toute sa joie de vivre.
Sugarfoot le leur prouva en trottinant gaiement vers eux.
— Quels fortifiants tu lui donnes ? demanda Scott.
— Je mélange à sa nourriture la préparation à base d’ail et d’orties de maman. Je le masse aussi avec de l’huile de bigaradier.
— On dirait que ça lui réussit. Tu l’as vraiment ressuscité.
— Non... C’est surtout à Lou qu’on doit le miracle.
— À Lou ? répéta Scott, étonné.
En effet, après l’accident de leur père et le divorce de leurs parents, Lou n’avait plus voulu entendre parler des chevaux. Entièrement absorbée par le poste important qu’elle occupait dans une banque new-yorkaise, elle n’était revenue à Heartland après l’enterrement de leur mère que pour régler les affaires en cours. C’est alors qu’elle était tombée sous le charme du petit shetland.
— Elle a ramené Sugarfoot à la vie en lui chantant son air favori, celui que Mme Bell fredonnait tout le temps, précisa Laura.
Scott n’en fut pas autrement surpris, mais Matt écarquilla les yeux.
— Lou compte-t-elle rester longtemps ? demanda le vétérinaire.
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