Hélas sur le passé !

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Dans les Mille et une nuits, un roi emporté par un oiseau géant dans un château reçoit chaque nuit les faveurs d'une de ces dames, jusqu'au jour où il ouvre une porte interdite et devient exclu à jamais de ce paradis entre terre et ciel. Traduisant et commentant un conte parallèle des Cent et une nuits, Gaudefroy-Demombyne a attiré l'attention sur un petit roman manuscrit, Hélas sur le passé !, qui s'avère transmettre la tradition de cette mésaventure la plus proche de celles des Nuits.
Publié le : dimanche 1 septembre 2013
Lecture(s) : 16
EAN13 : 9782336322568
Nombre de pages : 164
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Traduit de l’arabe, présenté et annoté p Rachid Bazzi
Hélas sur le pass
Lettres du monde Arabe
Hélas sur le passé !
Lettres du monde arabe Collection fondée par Maguy Albet et Emmanuelle Moysan Mustapha BOUCHAREB,Les transformations du verbe être par temps de pluie, 2013. Mahmoud Turki KHEDHER,Tarbouch, foulard et casquettes, 2013. Raja SAKKA,Un arbre attaché sur le dos, 2012. Naaghi REMACHE,Square des pas perdus, 2012. Bouchra Belhaj BOURARA,À la lisière de soi, 2012. Hocéïn FARAJ,Instants de voix, 2012. VLADIMIR,Le Nain amoureux, etc., Nouvelles, 2012. Sami AL NASRAWI,La récompense, 2012. Mokhtar SAKHRI,L’illusion d’un espoir romain, 2012. Ahcène AZZOUG,Le destin sans frontière, 2012. Gérard BEJJANI,La parenthèse, 2011. Abdelkader BENARAB,La bataille de Sétif, 2011. Mohamed ARHAB,Les Aumônières de Dieu, 2011.Ridha SMINE,Tout lecteur est un ennemi, 2011. Sami AL NASRAWI,Fissures dans les murailles de Bagdad, 2011. Fouzia OUKAZI,L'Âge de la Révélation,2011. Rachida NACIRI,Nanna ou… les racines, 2011. Abdelaaziz BEHRI,Moha en couleurs, couscous light et autres récits…, 2011. Myriam JEBBOR,Des histoires de grands, 2011. Moustapha BOUCHAREB,La troisième moitié de soi, 2011. Ahmed-Habib LARABA,L’Ange de feu, 2011. Mohamed DIOURI,Chroniques du quartier, 2011. Nadia BEDOREH FAR,Les aléas de ma destinée, 2010. Sami Al Nasrawi,L'autre rive, 2010. Lahsen BOUGDAL,La petite bonne de Casablanca, 2010. El Hassane AÏT MOH,Le Captif de Mabrouka,2010. Wajih RAYYAN,De Jordanie en Flandre. Ombres et lumières d'une vie ailleurs, 2010. Mustapha KHARMOUDI,La Saison des Figues, 2010. Haytam ANDALOUSSY,Le pain de l’amertume, 2010. Halima BEN HADDOU,L’Orgueil du père, 2010. Amir TAGELSIR,Le Parfum français, 2010. Ahmed ISMAÏLI,Dialogue au bout de la nuit, 2010. Mohamed BOUKACI,Le Transfuge, 2009. Hocéïn FARAJ,Les dauphins jouent et gagnent, 2009. Mohammed TALBI,Rêves brûlés, 2009.
Traduit de l’arabe, présenté et annoté par Rachid Bazzi Hélas sur le passé !
© L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-30226-3 EAN : 9782336302263
AVANT-PROPOS
Bien qu’il puisse être corrompu par endroits, le manuscrit de la Bibliothèque nationale de France (n°3678, e XVIII siècle,variante A) intitulé:sur le passé! Hélas (Âhǥalâ mâ fât!) présente un texte de facture achevée et une charpente narrative assez élaborée pour donner prise à une traduction et à une analyse concluantes. À en juger par plusieurs indices, en particulier la technique scripturaire utilisée, le manuscrit est l’œuvre d’un copiste maghrébin. Bien plus, opéré par un copiste imprégné de culture lettrée, le manuscrit tel qu’il nous est arrivé se situe à la jonction de l’oral et de l’écrit. D’un côté, son propos est de mettre par écrit voire de donner une forme littéraire élevée à un conte de transmission orale. D’un autre côté, ce même conte n’a pas cessé, en dépit de sa fixation par écrit, de renvoyer à la culture de la voix vive où il s’est fait jour et de garder des vestiges de sa vocation orale première. On peut donc tenir pour assuré qu’en arrivant aux pays du Maghreb, ce récit y a essaimé, de sorte qu’il n’est pas resté confiné dans les manuscrits, et qu’il a été véhiculé par la voix vive des conteurs, cette fois-ci, jusqu’aux places publiques. C’est au crédit des conteurs maghrébins qu’il faut porter les touches successives qui ont permis aux personnages d’avoir leurs traits définitifs. Nous en voulons pour preuve leurs noms à consonance maghrébine, voire berbère, ainsi que quelques-uns des métiers qu’ils exercent, et qui continuent, jusqu’à nos jours, de faire partie intégrante de l’espace urbain marocain, pour nous en tenir à lui.
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Il est, par ailleurs, à signaler que dans la même bibliothèque se trouve un autre manuscrit (n °3622, 1190/1776, variante B) contenant une deuxième variante du même récit. Or, il s’avère dès l’abord que c’est bien le premier manuscrit qui a gardé la leçon la plus ancienne et la plus instructive. En outre, le sens scriptural du copiste de la deuxième variante le pousse, parfois, à pallier ce qu’il considère comme déficiences du récit et qui ne sont, en dernière analyse, que des indices d’oralité d’importance majeure pour ce qui est de l’étude du rapport de l’oral et l’écrit. Il n’est, pour s’en convaincre, que de remarquer le souci dont il fait preuve pour justifier les options narratives mises en œuvre par le conteur. Aussi s’accorde-t-il souvent la liberté d’opérer des amplifications adventices pas toujours heureuses et de proposer des explications pas toujours de nature à emporter l’adhésion. Les conseils de Mohamed Ainou, de Mohamed Chouaa, et d’Abdelilah Tabit m’ont été d’un grand secours pour l’établissement du manuscrit et sa compréhension. Par ailleurs, il m’aurait été impossible de mener cet ouvrage jusqu’à son terme sans l’aide précieuse d’Abdessamad Belkabir. Puissent-ils trouver ici le témoignage de ma gratitude pour leur amicale obligeance. Marrakech, le 19 mai 2012
PRÉSENTATION
La richesse et la diversité des traditions narratives qui se sont conjuguées pour donner consistance àHélas sur le passé !(désormais abrégé enHSP) se signalent d’entrée. Il n’est, pour s’en rendre compte, que de considérer les affinités probantes qu’il nourrit avec plusieurs thèmes ressortissant aux littératures anciennes indienne et persane sur le fond desquels il se détache et dont l’examen ne soulève pas de difficulté particulière.
ǥAbd Allâh, Saktideva et le prince persan
1 Le lecteur de l’histoire indienne desQuatre fillesne manquera pas de relever des points de contact entre son héros, le brahmane Saktideva, et celui deHSP,ǥAbd Allâh. Le premier dilapide sa fortune dans le jeu et n’a plus pour issue que de gagner la main de la princesse 2 Kanakarekha, mise au concours par son père. Pour ce faire, il doit s’employer à résoudre l’énigme se rapportant à la mystérieuse ville de Kanakapuri et se lancer alors dans un long et laborieux voyage, tout en sollicitant assistance auprès des personnages qui s’offrent, au gré de son périple, à l’accueillir, à savoir l’ascète, le frère aîné de celui-ci, le brahmane et le roi des pêcheurs.
1 P. 205 et s,in:Somadeva. Océan des rivières de contes, traduit par N. Balbiretal., Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1997. 2 Les héros indiens ne manquent pas qui se prennent de passion pour le jeu et finissent par dilapider leur fortune dans les tripots (Contes du VampireConnais-, traduit par L. Renou, Gallimard/Unesco, coll. « sance de l’Orient », 1963, p. 45 et 151).  9
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