Hors Piste suivi de Trois Aamours, Aucun

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Le voyage ! C'est à dix-sept ans, nous confie Michel Dunand, qu'il fut atteint de "la maladie du voyage". Cette "maladie" ne l'a plus quitté, mais je parlerais plutôt d'une passion qui, d'année en année, le propulse aux quatre coins du monde. Dans cette frénésie du voyage, Dunand est à la recherche de quoi ? D'un ailleurs ? De l'inspiration ? De lui-même ? Tout cela à la fois, dirait-on, et voici, dans ce Hors piste, les traces littéraires que ces récents voyages ont laissées : traces singulières certes, et séduisantes par l'extrême concision des poèmes, la tension qui les habite, leurs connotations culturelles et émotionnelles. Jean JOUBERT.
Publié le : mardi 1 janvier 2008
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EAN13 : 9782336258775
Nombre de pages : 101
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HORS PISTE

cgL'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-04968-0 EAN : 9782296049680

Michel DUNAND

HORS PISTE
suivi de

TROIS AMOURS, AUCUN

Préface de Jean Joubert

L'Harmattan

DU MÊME AUTEUR

Dernières nouvelles de la nuit. Encre de Jacques de Féline. Édition simple et de luxe. Le Petit Véhicule. 1989. Péril en l'ocre jaune, suivi de Dernières nouvelles de la nuit. La Bartavelle. 1993.

Ailleurs, toujours, est au soleil, suivi de Roi sans arpent. Préface de Jacques Ancet. Illustrations d'Yves Mairot. L'Harmattan.2002.

Récents travaux d'artistes: Butin. Bosser. Melin. Bachès. Miralles. Ferrer. Yo. Riba. Mairot. Honoré. Portraits d'ateliers. Portraits d'artistes. Photographies. Couverture de Christophe Miralles. 2004. Les cent plus beaux poèmes publiés par la revue « Coup de Soleil ». Boîte à manuscrits. Opus et trait de plume de Claude Melin. 2004. Cartes-poèmes, marque-pages. 2003. 2006. Illustrations: Yves Mairot, Roudneff, Riba. * Des extraits du présent recueil ont été publiés dans les revues suivantes: Voix d'encre, Friches, Lieux d'être, Poésie Première, Bacchanales, Verso, Coup de Soleil, L'Arbre à paroles, Traversées, Résurrection.

PRÉFACE

C'est toujours avec plaisir et une certaine nostalgie que je me souviens de mes rencontres avec Michel Dunand aux Journées de Poésie de Rodez. Dans une foule en apparence disparate, mais unie par une même passion pour la littérature, j'éprouvai une sympathie, qui, d'année en année, devait se confirmer, pour ce jeune homme en qui me frappaient l'élégance des paroles et des attitudes, l'évidente sensibilité, la vivacité d'un regard qui donnait le sentiment d'aller au-delà des apparences, et où parfois se glissait comme une petite lueur malicieuse. Je voyais en lui l'un de ces « fous de poésie », qui, dans un monde de plus en plus prosaïque, restait attaché aux pouvoirs d'émotion et de révélation du langage. Créateur et directeur de la revue Coup de soleil, à Annecy, enseignant, animateur culturel, c'est avec ferveur et persévérance qu'il menait - et mène encore - le bon combat pour la poésie. Vingt ans après, si j'en crois ses messages et ses écrits, il n'a, au fond, pas changé. La flamme est là, qui brûle toujours vive, et que rien ne semble pouvoir éteindre. Ce « fou de poésie» est aussi « fou de voyage », et le manuscrit de Hors piste, son quatrième recueil, que j'ai sous les yeux, confirme que cet homme est toujours d'humeur vagabonde. D'ailleurs écriture et voyage sont étroitement liés, ainsi que le révèlent ces textes brefs, parfois très brefs, nés, dans un éclair, de l'intense

perception d'un lieu. Haïkus, aphorismes, notations fulgurantes, fragments d'un journal intime: le lecteur songe à tout cela sans réussir à bien définir l'évident pouvoir de suggestion de ces poèmes, dans leur concision et leur sobriété. Tout contribue à cet effet: le titre, le choix des mots réduit à l'essentiel, la localisation qu'accompagnent de brefs commentaires, parfois énigmatiques. Le voyage! C'est à dix-sept ans, nous confie Michel Dunand, qu'il fut atteint de « la maladie du voyage », et ce, semble-t-il, dans la fréquentation de l'œuvre aventureuse d'Arthur Rimbaud. Cette « maladie» ne l'a plus quitté, mais je parlerais plutôt d'une passion qui, d'année en année, le propulse aux quatre coins du monde. Je serais tenté de dessiner une carte de cette géographie culturelle dont des villes sont les repères: Vienne, Prague, Budapest, Liège, Paris, Madrid, Venise, et, audelà, l'Afrique du Nord et l'Afrique noire. Dans cette frénésie du voyage, Dunand est à la recherche de quoi? D'un ailleurs? De l'inspiration? De lui-même? Tout cela à la fois, dirait-on, et voici, dans ce Hors",pi~!!, les traces littéraires que ces récents voyages ont laissées: traces singulières certes, et séduisantes par l'extrême concision des poèmes, la tension qui les habite, leurs connotations culturelles et émotionnelles. «Un amour. Un poème. Un pays. Je suis ce que je cherche. » Ou encore, de manière plus énigmatique: «Il n y a qu'un seul but, la route. »

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De multiples lieux sont évoqués ici, et chaque lieu, ou presque, est hanté par des fantômes littéraires ou artistiques. Ostie, c'est Pasolini; Meudon, LouisFerdinand Céline; et bien sûr, à Charleville et dans le Harar rôde toujours l'ombre d'Arthur Rimbaud. Des poètes, des écrivains donc, mais à vrai dire, les références à la peinture sont beaucoup plus nombreuses, et je crois volontiers Dunand lorsqu'il affirme: « Un œil. Tel est mon portrait. » Celui d'un peintre, à sa manière, et qui salue au passage, avec une émotion partagée devant les rythmes visuels et l'harmonie des couleurs, de multiples artistes: Malevitch, Modigliani, Soutine, Bacon, Vuillard, Derain, Bonnard, Giotto - et j'en oublie sans doute, - que la découverte d'un lieu auquel ils sont associés, fait surgir de la mémoire et flamber avec un éclat nouveau. L'histoire n'est pas absente de cette quête. L'Holocauste à Auschwitz, la guerre civile à Beyrouth, la misère en Afrique noire, l'apartheid à Johannesburg, mais rares sont les images - toujours tragiques - d'un cauchemar dont, de toute évidence, Michel Dunand cherche à vite s'éveiller, pour étreindre des réalités plus exaltantes. Et si l'amour «comme la poésie donne aux mots leur vrai visage », il n'apparaît pourtant que comme un contrepoint mineur même dans la suite finale, dont le titre: «Trois amours, aucun» me semble à peine ambigu. Mais l'essentiel est ailleurs, dans l'interrogation et la célébration conjointes du paysage, de la peinture et de la poésie, que nous propose l'auteur.

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Hors piste, oui, avec ce que cela implique d'originalité, d'indépendance et de liberté. En ce début de siècle ou le conformisme, la standardisation aggravent leurs ravages, c'est avec de tels hommes, capables d'allier l'action culturelle et l'écriture, que nous pouvons et devons serrer les rangs, pour préserver, inventer et résister.

Jean JOUBERT

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