Hystérésis

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Paul a une soixantaine d'années et il souffre d'hystérésis. Il accepte de raconter au narrateur certains passages de sa vie. Dans les récits fragmentaires qu'il nous livre, passé et présent se contaminent l'un l'autre dans une grande confusion. Peut-être cherche-t-il à tendre d'anciens ressorts pour impulser un nouveau cycle de sa vie.
Publié le : dimanche 6 septembre 2015
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EAN13 : 9782336390635
Nombre de pages : 176
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PierreMIRALLÈS
Hystérésis
/ Récits
Rue des Écoles
Récits
Rue des Écoles
Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique, politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction (romans) et des textes autobiographiques.
Déjà parus
Aufan-Benazeth (Nicole),Les crapauds-buffles, nouvelles, 2015. Mottelay (Candice),La mer de mon père, récit, 2015. Chessex-Viguet (Christiane),Penser l’école, essai, 2015. Antoni (Petru),Le petit mousse d’Aboukir, roman, 2015. Thurmel (Thierry),La distance du corbeau, roman, 2015. Isabelle Guyon,Le Grain du Temps, récit, 2015. De Beaucoudrey (Olivier),Hippo Valley, récit, 2015. Bestard (Gérard),tribulations d’un petit prof d’allemand Les , récit, 2015. Sezionale Basilicato (Isabelle),L’égide du papillon, roman, 2015 Wasselin (Julie),Couleur sépia, récits, 2015. Bekaert (Jacques),Le Vieux Marx, roman, 2015. Favret (René),Les années d’études, récit, 2015.
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Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
HYSTÉRÉSIS
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06981-4 EAN : 9782343069814
Pierre Mirallès
Hystérésis
Récits
DU MEME AUTEUR
Le Management des Talents- L'Harmattan (2007) Rêve d'Iles- L'Harmattan (2014)
-Celui que vous avez pu dire ou faire il y a quarante ans m’importe peu. C’est vous que je connais et ça, rien ne peut le changer. Je ne connais pas celui d’alors. -Celui d’alors ? dit Ranz. Je suis encore ce-lui d’alors, ou du moins son prolongement, son ombre, son héritier ou son usurpateur. Personne ne lui ressemble autant - et ces souvenirs doivent bien appartenir à quelqu’un. Javier Marias –Un cœur si blanc
Le vide permet certainement de conserver les souvenirs intacts. Même si on revenait en arrière, il serait diffi-cile de revenir au point de départ, dit le Maître. Le monde est une lutte sans fin entre un souvenir et un autre souvenir, qui lui est op-posé. Haruki Murakami –1Q84 (Livre 1)
DURE MERE
C’est ton frère qui t’a appris la nouvelle : « L’hôpital vient de m’appeler, papa est mort. On se retrouve là-bas dans une heure ». Tu attendais cet instant depuis quelques jours déjà, mais quand même ça fait un choc. Tu as accusé le coup quelques secondes, serré ta bouche entre tes mains pour étouffer un sanglot, puis tu as lentement repris tes esprits, lentement repris ta respiration, qui malgré tes efforts est restée un peu oppressée. Le trajet en voiture, tu as conduit comme un automate, et une fois arrivé tu t’es dirigé droit vers le service et enfin tu as pénétré pour la dernière fois dans ce couloir angoissant, ce couloir que tu as traversé tous les jours depuis deux semaines. Il est vide à cette heure, c’est l’heure du déjeuner, en principe l’accès aux soins intensifs n’est pas autorisé à ce moment de la journée, mais on t’a laissé entrer vu les circonstances, les aides-soignants fuyant ton regard humide et flou, parlant peu et avec douceur. Tu as longé la rangée des boxes vitrés jusqu’au numéro sept, et là tu as entr’ouvert la porte et tu t’es glissé à l’intérieur. Ton frère était déjà là. Il t’attendait dans la pénombre silencieuse, assis, la tête entre ses mains. Quand il t’a vu, il s’est levé et il t’a longuement embrassé sans rien dire, et tous les deux, vous tenant par la main sans même vous en rendre compte, vous vous êtes approchés du lit. Le père était allongé là, mort, quelqu’un avait fermé ses yeux et il paraissait calme enfin, après cette tempête qui avait secoué son corps des jours durant. Sa peau ridée, jaunie, tavelée de tâches brunes, était comme un vieux parchemin dont il avait enfin terminé la lecture. Tu es resté là un long moment à le regarder, sans bouger et
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