Ikiza (le Fléau)

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IKIZA signifie Fléau en kirundi, la langue nationale du Burundi. Ce terme s'apparente à SHOAH et NAKBA identifiant en hébreu et en arabe palestinien la catastrophe qui s'est abattue sur le peuple juif et sur le peuple palestinien. Au Burundi, il s'agit de la guerre fratricide entre la majorité hutu et la minorité tutsi, qui partagent les mêmes langue, territoire, histoire, religion et culture.
L'auteur a voulu romancer son vécu de survivant de la tourmente de 1972, qui emporta des milliers de ses congénères hutu, tout en nous faisant découvrir l'existence de Justes (tutsi) au Burundi.
Publié le : mardi 1 mai 2007
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EAN13 : 9782296165427
Nombre de pages : 120
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Patrice NDET A

Ikiza

(le fléau)

Bujumbura 1972
Préfacé par Raphaël Ntibazonkiza

L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole Polytechnique F -75005 - Paris

L.auteur

Patrice Ndeta est né en 1953 à Buhonga, province de Bujumbura Rural, au Burundi. Il est Agrégé d'Enseignement Secondaire Inférieur (option français-histoire), de l'Institut Pédagogique National (IPN) du Rwanda et détient une Maîtrise en Sciences Economiques de l'Université du Québec à Montréal (uQUAM) au Canada. II a été successivement professeur de français et d'histoire aux Ecoles Normales pour filles de Zaza et Save (Rwanda) et à l'Ecole Moyenne Pédagogique de Ngagara (Burundi). En 1972, il travaillait comme commis chez Philips-Burundi. II doit partir en exil au Rwanda (1972-1983). En 1984, de retour à Bujumbura, il est incarcéré pendant six mois à la Prison Centrale de Mpimba. II doit alors s'exiler: en Tanzanie (1985-1987) puis au Canada où il exerce le métier de commis d'entreprise.

Copyright L'Harmattan 2007 http://www.editions-harmattan.fr www.librairieharmattan.com harmattan! @wanadoo.fr ISBNlo: 2-296-02558-7 ISBNl3: 978-2 296 02 558-5 EAN: 978 2296 025585

PRËFACE

« Votre réconciliation ne consiste pas en l'oubli du passé. Vous devez regarder en face, vous devez retrouver et dépasser ensemble ce qui vous divise pour bâtir une unité nouvelle. » Jean-Paul II, visite pontificale au Burundi (septembre 1990)

Un an après l'Accord d'Arusha pour la Paix et la Réconciliation du Burundi, signé le 28 août 2000 entre les différents protagonistes politiques burundais, au lendemain de la mise en place du premier Gouvernement de Transition conformément à cet accord, les paroles ci-dessus adressées par le pape à ses hôtes burundais n'en acquièrent que plus d'actualité. Prononcées à l'époque presque dans le désert, aux lendemains des massacres de Ntega et Marangara (aoûtseptembre 1988), elles ont frappé cependant le cœur des Burundais mais à long terme, y compris de ceux qui vivaient déjà les dures réalités de l'exil. Ce qui était le cas de Patrice Ndeta, l'auteur du présent roman. Accueilli au Rwanda, au Collège de Rilima destiné à l'enseignement secondaire des jeunes réfugiés burundais qui fuyaient le pogrom génocidaire en cours dans leur pays, Patrice Ndeta termina ses études à Butare (Rwanda). Après quoi, il exercera son métier de professeur au Rwanda, avant de regagner son Burundi natal en 1983. C'est durant son séjour au Rwanda qu'il rencontra le futur premier Président démocratiquement élu du Burundi, Melchior NDADA YE, avec qui il liera une grande amitié. En 1984, Patrice sera jeté en prison par les services du dictateur de l'époque (Jean-Baptiste Bagaza). En 1985, il devra fuir à nouveau son pays pour demander l'asile, successivement en Tanzanie (1985-1987) puis au Canada, où il réside depuis 1987. Aujourd'hui, l'auteur nous invite, à travers un livre écrit 5

dans un style alerte et une description romancée de la vie sociale burundaise, à revisiter ou à découvrir la tragédie vécue par un couple de jeunes burundais affrontés soudainement au génocide, comme des milliers de leurs compatriotes d'ethnie hutu, tant intellectuels que paysans, hommes, femmes, jeunes et enfants. A l'époque, Patrice Ndeta était lui-même employé dans une société privée de Bujumbura, et c'est par miracle qu'il échappera à la mort. Car, si les données rétrospectives brossent la fresque d'un conflit politico-ethnique matérialisé par des massacres cycliques, le calvaire de milliers de citoyens burundais, entre le 29 avril 1972 et la mi-mai 1973, victimes du pouvoir dictatorial du Colonel Michel Micombero, se transforma en «génocide sélectif» (selon le professeur René Lemarchand dans son rapport sur le Burundi en 1972) dirigé contre l'élite paysanne et intellectuelle hutu. L'éclatement de conflits à Nyanza-Lac, Rumonge (sud du Burundi) et Bujumbura est porté au compte de «rebelles venus de Tanzanie », selon la version officielle. L'armée burundaise se livre alors à une chasse à l'homme. Elle est secondée par la Police, l'Administration et la Justice (les Parquets), avec l'appui du parti unique UPRONA (Union pour le Progrès National) via les groupes para-militaires de la JRR (Jeunesse Révolutionnaire Rwagasore), le mouvement des jeunes intégré au parti-Etat. Un détachement militaire zaïrois sera même dépêché par le Président Mobutu Sese Seko. Arrestations arbitraires, exécutions sommaires au fusil ou à l'arme blanche dans les prisons, massacres collectifs de quartiers et de collines entières, aucun coin du Burundi ne sera épargné. Dans leur folie meurtrière, les tueurs au service du pouvoir burundais s'en prirent à tout ce qui représentait l'élite hutu: ministres, militaires, prêtres, religieux et religieuses, étudiants, élèves, écoliers, fonctionnaires publics, employés du secteur privé, ouvriers, paysans, hommes ou femmes. Aucun secteur social ne sera épargné. Les actes les plus horribles de cette extermination systématique et sélective, sur base de listes préétablies, eurent lieu à l'intérieur des principales prisons burundaises : Rumonge, Gitega, Ngozi et surtout Mpimba, la Prison Centrale de Bujumbura, ici longuement décrite. L'armée du Colonel Micombero et ses aides exécutèrent leur mission avec un tel zèle que l'hécatombe fera plus de 6

300.000 victimes hutu! Le régime de Micombero, dans son Livre Blanc sur les événements de 1972 publié en juin 1972, n'admettra que...80.000 victimes! Environ 450.000 Burundais furent jetés sur les routes de l'exil, en Tanzanie, au Rwanda, au Zaïre, en Europe... Ainsi donc, le génocide anti-Hutu de 1972 se termina par le triomphe de l'armée burundaise, qui en sortit « épurée» de tout élément hutu, situation qui perdurera longtemps. Quant à la société burundaise, elle en sortira traumatisée et polarisée jusqu'à nos jours. Certains Tutsi en tirèrent une conscience de « peuple dominateur », et nombre de Hutu, celle de «peuple martyr». Les premiers en tireront un complexe de supériorité, les seconds un complexe d'infériorité. Certains Tutsi allaient répétant, à qui voulait les entendre, qu'ils s'étaient « donné la paix (ethnique) pour une génération» ! En l'absence d'une véritable compétition, faute de «concurrents », les membres de l'élite tutsi ont pu monopoliser par la suite toutes les charges et revenus de l'Etat, leurs compatriotes hutu ayant été exclus de tous les rouages de la vie publique nationale. Ce qui, en effet, a duré près d'une génération! L'Administration, l'Armée, la Police, la Justice, ont été monopolisées par les Tutsi. Période sombre que nombre de burundais ont qualifiée d'« Apartheid qui ne dit pas son nom ». L'élite hutu disparut entièrement de l'intérieur du pays, seuls seront politiquement actifs les jeunes hutu réfugiés en Europe ou dans les pays limitrophes, et parmi eux notre auteur, Patrice Ndeta. Plus de 15 ans après cette interpellation du Pape à ses hôtes burundais, la réconciliation des fils et filles du Burundi n'a pas encore eu lieu. C'est sans doute parce que des forces nihilistes et anti-démocratiques se sont liguées pour gommer, faire oublier ou pour le moins déformer leurs forfaits du passé, en particulier leurs crimes perpétrés durant la tragique année 1972-1973. Car depuis lors, aucune enquête, aucun jugement n'ont été initiés au sujet de ces massacres sans précédent dans l'histoire du Burundi, qui s'abattirent sur le pays tel un fléau (ikiza). C'est ce qui donne à l'écrit de Patrice Ndeta une brûlante actualité, puisqu'il vient rappeler à point que tant les Burundais que les amis du Burundi et la Communauté Internationale, ont contracté auprès du peuple de ce malheureux 7

pays, une dette de sens: il faut restituer aux Burundais leur mémoire des tragédies du passé, en particulier celle de « 1972 ». C'est alors que l'on pourra ériger un monument aux morts, avec gravé en lettres d'or: « PLUS JAMAIS ÇA ! ».
Raphaël Ntibazonkiza*

* Le préfacier est un historien burundais vivant actuellement au Burundi. Il a publié 3 textes: Au Royaume des seigneurs de la lance: une approche historique de la question ethnique au Burundi, Ed. Bruxelles, Droits de L'Homme, Tome 1, 'Des origines à l'indépendance de 1962', La Louvière, 1991. - Au Royaume des seigneurs de la lance: une approche historique de la question ethnique au Burundi. Ed. Bruxelles, Droits de L'Homme, Tome 2, 'De l'indépendance à nos jours (1962-1992)', Gembloux, 1993. - Biographie du Président Melchior Ndadaye, L 'homme et son destin. Ed. Bulgarian, Helsinki Committee, Sofia, 1996.

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A mon grand frère, Tharcisse Bizimana, décédé en 1985, paysan honnête et citoyen loyal, pourtant victime de la barbarie du régime autocrate de Bujumbura. A mon cher ami, Paul Nzokirantevye alias Beauregard, qui, de 1973 à 1975, a connu presque toutes les prisons du Burundi: Kirundo, Muyinga, Ngozi, Mpimba, Rumonge, etc.. , qui est revenu à Mpimba en 1984 alors qu'il allait terminer ses études de médecine à l'Université Nationale du Rwanda, et qui, finalement s'est éteint en 1986, victime de ce même régime sévissant à Bujumbura. Son témoignage, le souvenir de sa détermination, de son patriotisme et de sa perspicacité restent ma source d'inspiration. A mes amis intimes: Rémi, Eraste, Zénobe, et Antoine (Papa Chantal) qui ont été arrachés en 1972 à leur famille, à leur jeunesse, à leurs rêves et à leur vie par le régime militaire burundais.

A tous les Burundais qui sont morts et qui meurent encore de l'exil intérieur ou extérieur. A toutes les victimes des génocides, au Burundi et ailleurs.

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AVANT-PROPOS

Le 1er Mai 1972, les trois millions de Burundais
fêtaient dans la fébrilité la Journée du Travail. Durant le week-end, dans les coulisses de la kermesse nationale, les autorités politiques du pays avaient mis en marche la machine infernale des massacres. Au lendemain de cette fin-de-semaine, le troisième jour du mois de mai, le constat fut amer pour l'ensemble du pays. Les ministres, les hauts fonctionnaires hutul avaient déjà été tués. Dans les bureaux des administrations publiques et privées, dans les écoles et université, dans les bars, dans les restaurants, dans la rue, à domicile, déjà partout régnait la chasse implacable au hutu. L'Armée, la Police et la Milice du Parti-Etat arrêtaient et massacraient tout hutu rencontré. Au début, tous les Hutu et même un bon nombre de Tutsi n'ont rien compris. Se croyant victimes d'un simple cauchemar, ils ont docilement laissé les massacres suivre leur cours. Il leur était impensable qu'une autorité politique établie, si brutale fût-elle, puisse s'acharner aussi cruellement et massivement contre ses sujets! Passées trois ou quatre semaines, tout le monde commença à réaliser l'état de fait, mais il était trop tard! L'étau s'était hermétiquement refermé et le bilan - évalué bien après ces événements - était de près d'un demi-million de morts... Les personnages de notre récit, des êtres humains, ont été les victimes de cette barbarie. Ce sont des citoyens burundais, meurtris dans leur chair et dans leur âme, qui ont rejoint leurs ancêtres sans même comprendre l'étendue du désastre qui s'abattait sur leur pays. Et c'est ce mot
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Hutu, Tutsi et Twa sont les 3 composantes ethniques du Burundi.

Dans la langue nationale (kirundi), on dit: au singulier umuhutu, umututsi et umutwa. - au pluriel abahutu, abatutsi, et abatwa Le morphème du nombre est toujours préfixal. pluriel, le s ne figure pas à la fin du mot.

-

C'est

pourquoi, au

Il

désastre oujléau

- Ikiza

en kirundi

- qui

s'est imposé aux

survivants pour nommer cet événement sinistre. «Ikiza », expression adoptée par les seuls Hutu au lieu de génocide afin d'échapper aux éventuelles représailles du pouvoir militaire. La version officielle veut que la cause de ces massacres soit l'insurrection armée ayant éclaté dans le sud du pays. Mais cette explication est controversée, et elle est battue en brèche par les faits. C'est la position de certains des personnages de ce roman. Mais il revient aux historiens d'analyser les causes et d'énumérer les conséquences de cet épisode sanglant de l'histoire burundaise. Loin de nous la prétention de nous substituer aux spécialistes du Passé. Nous pouvons, néanmoins, nous qui en avons été les témoins hélas privilégiés, rappeler au monde ce crime historique, rendre compte des sentiments qui ont été les nôtres à l'époque, et ce pour le plus grand bénéfice de la société burundaise et, au-delà, de l'humanité entière. Ce récit est basé sur mon histoire: j'ai survécu au génocide de 1972. Mais il provient aussi de témoignages de personnes de mon entourage. Si presque ,tous les noms des personnages et les détails des épisodes sont le fruit de mon imagination, le fond de I'histoire - arrestations et massacres - est très proche de ce que fut la réalité. Mon défunt ami Paul Nzokirantevye m'a livré son témoignage. Mes congénères réfugiés dans les différents camps au Rwanda et en Tanzanie m'ont foumi d'autres éléments. En 1984, lors de mon séjour dans la prison de Mpimba à Bujumbura, j'ai connu deux personnes, dont une d'ethnie twa, ayant échappé de justesse aux massacres de 1972, qui m'ont relaté ce qu'ils ont vécu. Enfin, le personnage d'Oswald a bien existé: c'est un Congolais (Zaïrois) que j'ai connu au cachot et qui a avoué cyniquement, dans les détails, sa participation au génocide des Hutu. La chanson de la prison est aussi bien réelle: on la chantait, ainsi que d'autres, chaque matin, en 1972...

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Chapitre 1 UNE VIE DE LABEUR

Nyandwi se tourna vers la droite du lit. Elle étendit ses jambes, mais ses pieds heurtèrent un obstacle. Elle entendit des grognements suivis d'un long soupir. C'était Pacal Ruzoviyo, son cher mari. Nyandwi connaissait bien son époux depuis une quinzaine d'années qu'ils partageaient le même lit. Elle savait qu'il détestait être réveillé en plein sommeil. Elle se retourna vers la gauche et tenta de se rendormir. A demi-assoupie, elle entendit des craquements prolongés, mêlés de murmures. - Ce sont les enfants qui se réveillent, se dit-elle. Elle concentra au maximum son attention pour retrouver le sommeil. Mais brusquement, du poulailler, un coq battit bruyamment des ailes et se mit à chanter. Il chanta quatre fois de suite, puis se tut. La femme s'exclama, presque à haute voix: - Ah! C'est déjà le jour! Elle se réveilla précipitamment. De la petite fenêtre, au-dessus du lit, une lumière encore diffuse commençait à envahir la chambre à coucher. Assise sur le lit, elle secoua fortement son mari: - Ruzoo! Ruzoo! Réveille-toi! Nous sommes déjà en retard! Les autres ont déjà commencé à semer, mais nous, nous n'avons même pas fini de préparer la terre. Ruzoviyo remua et expira bruyamment. D'une voix rauque, il grommela quelques mots à peine intelligibles puis replongea dans son sommeil. Nyandwi se rappela que son homme était rentré tard et complètement ivre. Elle le laissa ronfler, enfila sa chemisette, se drapa rapidement dans ses pagnes, et quitta la chambre à coucher. 13

- N'oublie pas d'apporter la pioche et la serpe! suggéra-t-elle poliment. Elle sortit dehors pour aller aux toilettes. A son retour, elle ouvrit le poulailler. Mais la .basse-cour, trouvant sans doute le dehors trop obscur, refusa de sortir. La femme revint lentement et entra dans la maison. Elle se dirigea vers la chambre à coucher des enfants en criant: Nahimaa! Nahimaa! Saa2 ! répondit Nahimana à demi réveillé par le chant du coq. - Votre nourriture est dans l'assiette rouge. Vous en mangerez une partie et le reste, vous l'emporterez pour dîner. A votre retour de l'école, passez aux champs de Kiziba, vous y trouverez un panier de manioc et deux fagots de bois. Toi, Nahimana, tu apporteras le panier de manioc, Sindimwo et Ntimba rapporteront les fagots de bois... La famille Ruzoviyo avait eu cinq enfants dont deux étaient décédés encore petits. Seuls restaient deux garçons, Nahimana et Ntimba, et une fille, Sindimwo. Nyandwi ressortit rapidement de la maison avec à l'épaule deux houes adroitement posées. Elle emprunta le chemin serpentant dans la bananeraie. Il faisait très frais. Une fine brise provenait de la rivière Kashorwe. La bananeraie compacte entourant la maison retenait encore l'obscurité et l'humidité nocturnes. Les palmes, dégoulinantes d'eau, se balançaient bruyamment. Un peu plus loin, c'étaient les feuilles de manioc qui dansaient avec frénésie, tandis qu'au-delà, dans un champ en friche, des arbustes disséminés se tordaient élégamment. D'un pas pressé, les mains serrant les manches de houe, Nyandwi avançait au juger. Ses pieds nus fendaient les bouquets d'herbes sur le sentier, heurtant tantôt un
2 Saa est un diminutif du mot sabwe, réponse polie de celui ou celle qu'on appelle: Je suis là. Je vous entends. Je suis à votre disposition. 14

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