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Il se peut que le rêve d'exister

De
64 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1991
Lecture(s) : 20
EAN13 : 9782296232532
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IL SE PEUT QUE LE RÊVE D'EXISTER

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Le Sang qui monte lucide (Ed. P.J. Oswald, 1976). Innocence comme une racine flambée (Imprimerie Abeilles, 1977). Une étoile avala moi (Ed. des Prouvaires, 1979). Il est temps d'arracher bleue du charme (Ed. ,SaintGermain-des-Prés, 1982). À cause des fusées et de la mélancolie (Ed. SaintGermain-des-Prés, 1986). Collectif de poèmes: Mauvais Sang (Germinal, 1976). Participation à des anthologies: Panorama de la poésie libanaise d'expression française par N.A. Anhoury (Dar El Machreq, Beyrouth, 1988). 40 poètes de la francophonie (revue La Sape, 1990).

Michel Cassir

IL SE PEUT QUE LE RÊVE D'EXISTER

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Collection poètes des cinq continents
Kama Kamanda, La somme du néant. L.P. Dalembert, Et le soleil se souvient. J.F. Menard, Calebasse d'étoiles. G. Mendonça Teles, L'animal. P. Micheloud, Elle vêtue de rien. J.D. Penel, Anthologie de la poésie centrafricaine. J.c. Villain, Le Tombeau des Rois.

L'Harmattan 1991 ISBN: 2-7384-0943-1

Il se peut que le rêve d'exister de Michel Cassir ne soit rien d'autre, à l'inverse de ce qu'affirmait un moraliste trop occidental, que celui de voir la mort et le soleil se regarder en face. À cette œuvre - grand œuvre! la poésie travaille depuis longtemps. Celle de Michel Cassir puisa, en Égypte, puis au Liban, dans la "jarre" de ses origines, toute chargée de lumière natale, lui arriva bientôt et durant de longues années, transmuée en une exubérance mortelle. Mais il fallut la mort diurne d'un père, il fallut le voyage et le séjour dans un Mexique s'exaltant à capter, dans un décor de fêtes et de dieux foudroyés, "l'ivresse de la mort", pour que s'impose l'idée, à vrai dire la seule qui soit à la hauteur de la clairvoyance poétique, de fixer un certain "ralenti de la lumière... sur une tombe". C'est pourquoi plusieurs des poèmes de ce recueil apparaissent comme des miroirs de concentration: de ce qui fut, de ce qui irradia dans le désert des civilisations, ou s'embrasa sur ilIa montagne en plein midi", retenir le seul fragment capable d'éclairer (et le poète use alors du poème comme d'une loupe) à jamais l'éternité. La brièveté sied à ces poèmes. Elle est à la fois filtrage et ciselure. Que

certains d'entre eux soient nommés "gravures", il n'y a là que l'aveu d'une extrême contention dans l'acte de saisir le flamboiement de l'éphémère pour en faire image pure et purgée, image sculptée comme une stèle. L'éphémère a ses volutes, il a ses lianes et sa vitalité, et il étend fort loin son brasier au cœur de l'homme. On ne s'étonnera pas que dans d'autres poèmes Michel Cassir s'y enrôle avec le vertige de ceux qui multiplient le baptême du feu pour mieux assurer leur combustion. "Et berce les mines incendiées de la nuit...". En vérité, cette danse et ce délire des mots, accordés d'ailleurs à l'ascendance méditerranéenne du poète, ne valent que par cette halte, ce répit et ce dénuement pour lesquels ils consentent à se défaire de leurs fastes; à ce terme ultime, celui des poèmes les plus dépouillés et les plus beaux, Michel Cassir prononce une parole qui a valeur d'épitaphe: "... et nous mourons de luminosité. avec des oiseaux de poussière dans la bouche". Jean-Claude Morin