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Ils furent des dieux

De
405 pages
Robert d'Abrant, alias Bob, officier du « service action », en mission à l'est de Kaboul vient d'être capturé par un groupe de Talibans. Séquestré dans une cave infecte, il risque d'être exécuté à tout instant, et de la pire manière, comme trois malheureux occidentaux avant lui. Soudain, des pas s'approchent de sa prison et il croit sa dernière heure venue. Surprise ! Ce sont des agents français, très particuliers qui viennent le délivrer. Il acceptera de travailler pour eux et découvrira l'étrange milieu dont ils sont issus. Il va alors être mêlé à d'incroyables aventures, aussi bien dans les abysses que dans l'espace, pour découvrir enfin qui il est réellement après avoir été mis en contact avec les « Grands Anciens ».
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Éditions Le Manuscrit Paris
© Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-2010 ISBN : 978-2-304-03294-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304032949 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03295-6 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304032956 (livre numérique)
I
Depuis des heures, le prisonnier suffoque et transpire, la tête enfoncée dans une épaisse cagoule malodorante, sans le moindre interstice qui lui permette de respirer un peu mieux. Ses mains, attachées serrées dans son dos sont parcourues de douloureux élancements. Sa barbe de deux mois le gêne épouvantablement, d'autant qu'elle est remplie de vermine. N'en pouvant plus, il se met à hurler dans la langue de ses ravisseurs : – P...n de b...l ! Enlevez-moi cette saleté de cagoule et détachez-moi les mains. Vous allez me faire crever à la fin ! C'est ce que vous voulez ? Alors il fallait me tuer tout de suite, tas d'ordures ! À l'odeur de terre humide et moisie qui règne en ces lieux, il pense qu'il doit s'agir d'un souterrain ou d'une cave creusée en pleine terre. Il voudrait bien qu'on lui apporte au moins à boire ! De plus, il éprouve une énorme envie de soulager ses entrailles.
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Pour essayer d'oublier son inconfort, Bob Dabrant se remémore les péripéties de son rapt. La « boîte » l'a expédié en Afghanistan, voilà quatre mois, après une mission réussie en Espagne, au cours de laquelle, avec son équipe, il avait pu neutraliser à temps un groupe terroriste qui s'apprêtait à faire un carnage sur les plages de laCosta Dorada. Sous couvert de fonctions humanitaires, se cache une autre réalité, celle d'officier traitant d'un service de la DGSE, doté de moyens uniques au monde, dont un système inédit d'introspectionpsi. Cet appareil est capable de « retourner » un agent adverse, contre sa volonté. Il ressemble, en un peu plus gros, à un téléphone portable dernier cri, avec lequel il peut être facilement confondu par le profane. Il en possède également tous les périphériques connus avec cependant un équipement spécial, sorte de casque à résille élastique. Il suffit d'en coiffer quelqu'un et le dispositif fait le reste. Mais pour notre otage d'autres préoccupations viennent dévier le cheminement de ses pensées. En effet, d'un endroit qu'il ne peut situer, s'élève soudain un vacarme ponctué de cris. Une voix suppliante s'élève. Bob reconnaît de l'américain : – Non ! Par pitié, ne me faites pas de mal, je ne suis qu'un simple ouvrier. Non ! Non ! Ahhh... aaarrhr…
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La voix s'éteint sur un horrible gargouillis. Pas besoin d'être extralucide pour comprendre que le pauvre type vient d'être égorgé. Au même instant s'élève un chant de victoire poussé par cinq ou six salopards. Bob Dabrant reconnaît au passage quelques mots d'afghan qu'il a pu retenir depuis le début de son séjour dans ce pays pourri. Cela confirme la certitude qu'il a été enlevé par des Talibans. Cela s'est passé un après-midi, alors qu'il rentrait d'une mission de renseignement, à une centaine de kilomètres, au sud-est de Kaboul. Sa voiture a été interceptée par un groupe d'une dizaine d'hommes, en tenue locale traditionnelle et armés jusqu'aux dents. Ils ont fait sortir de la voiture Robert Dabrant et ses deux compagnons, des gens du cru. Sans prononcer un seul mot, ils ont abattu les deux pauvres bougres, puis ont obligé le Français à monter dans son propre véhicule. Ils l'ont aussitôt ficelé et coiffé d'une cagoule opaque et puante. Ensuite ils sont partis à toute allure, au travers de chemins à peine tracés, vers une destination inconnue. Durant tout le trajet assez long, ils n'ont pas desserré les dents. Après de nombreux changements de direction, la voiture a enfin ralenti puis s'est arrêtée dans un grincement de freins. Bob en a été extrait sans ménagement puis traîné à l'intérieur d'une bâtisse où il a entendu plusieurs
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voix excitées. Il lui semble avoir traversé plusieurs pièces où il a pris quelques gnons au passage, un peu partout sur le corps. Enfin, on lui a fait descendre un escalier aux marches étroites et on l'a assis de force contre le mur d'une pièce à l'odeur pestilentielle. Certainement une cave où il est resté près de deux mois, malade à vomir, à cause de ces relents infects. Hier, on est venu le chercher, on l'a ligoté et recoiffé d'une cagoule puis on l'a transbahuté à bord d'une camionnette et redescendu dans un sous-sol, une heure plus tard. Depuis il est là, dans ce trou nauséabond, presque aussi puant que le précédent, sans que quiconque ne soit venu prendre de ses nouvelles. Il a très peu dormi, tenaillé par la faim et la soif auxquelles est venue s'ajouter l'envie de satisfaire un besoin naturel qui a augmenté d'heure en heure. Mais ce qui vient de se passer à côté, atténue pour l'instant son inconfort et, c'est le cœur battant la chamade, qu'il entend le bruit de plusieurs pas qui s'approchent. La porte branlante de la cave est poussée brutalement contre le mur puis deux paires de mains le saisissent sous les aisselles et le mettent debout. Sa cagoule lui est arrachée et une lumière jaunâtre, celle d'une ampoule crasseuse pendant du plafond, vient blesser ses rétines restées trop longtemps dans le noir.
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