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Indésirable

De
227 pages
Il est impossible de changer son ADN… Même lorsqu’il dit que vous êtes un meurtrier.
Lorsque l’on dépiste chez Davy le syndrome de tendances meurtrières, que l’on surnomme le «gène du tueur», elle perd tout. Elle n’a pas l’impression d’être différente, mais les gènes ne mentent pas. Un jour, Davy tuera quelqu’un. Indésirable de son école préparatoire, Davy est jetée dans une classe particulière pour porteurs du STM. Elle ne pourrait pas être plus différente de ses camarades de classe, surtout de Sean, dont le H tatoué est la preuve de son passé violent.
Mais sans personne vers qui se tourner, Sean pourrait bien être la seule personne en qui elle puisse avoir confiance. Peut-être n’est-il pas aussi dangereux qu’il paraît. Ou peut-être Davy est-elle tout aussi menaçante que lui.
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Copyright © 2014 Sharie Kohler Titre original anglais : Uninvited Copyright © 2016 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec HarperCollins Publishers. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Karine Gaudette-Prud’homme (CPRL) Révision linguistique : Isabelle Veillette Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Féminin pluriel Montage de la couverture : Matthieu Fortin Mise en pages : Catherine Bélisle Conception de la couverture : Sarah Nichole Kaufman Illustration de la couverture : Sammy Yuen ISBN livre : 978-2-89767-149-5 ISBN PDF : 978-2-89767-150-1 ISBN ePub : 978-2-89767-151-8 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2016 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes (Québec) J3X 1P7, CANADA Téléphone : 450 929-0296 Télécopieur : 450 929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Jordan, Sophie [Uninvited. Français] Indésirable (Série Indésirable ; 1) Traduction de : Uninvited. ISBN 978-2-89767-149-5 I. Beaume, Sophie, 1968- . II. Titre. III. Titre : Uninvited. Français. PS3610.O8225U5414 2016 813'.6 C2016-940056-5
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Pour Catherine et Luke
RE 1 PARTIE PORTEUSE
COMMUNIQUÉDEPRESSE
Pour publication immédiate Communiquer avec : Services de presse CDC
15 mars 2021
Le médecin-chef publie un nouveau rapport sur le STM. Plus de 19 000 personnes en seraient officiellement porteuses. Un nouveau rapport sur le syndrome de tendances meurtrières montre que les cas sont beaucoup plus dangereux et répandus qu’on l’a d’abord cru. Les données illustrent une prédisposition pour l’extrême violence chez les personnes porteuses ainsi qu’une forte corrélation entre les porteurs du gène STM et les meurtriers condamnés. Cette information, combinée à la hausse des crimes capitaux, invite à une augmentation du dépistage et à l’établissement de mesures plus sévères pour protéger nos citoyens contre les personnes porteuses du STM…
CHAPITRE 1 J’ai toujours su que j’étais différente. Lorsque j’avais trois ans, je me suis assise au piano et j’ai joué Chopin. Maman prétend que j’avais entendu la mélodie la semaine précédente dans l’ascenseur d’un hôtel. Je ne sais pas où je l’ai entendue. Je savais seulement comment placer mes doigts sur les touches… comment les faire bouger. De la même façon que l’on sait marcher, c’était quelque chose que je savais, tout simplement. Quelque chose que je faisais. La musique a toujours été mon don. Cette chose pour laquelle j’étais douée sans le moindre effort. Il y a d’abord eu le piano. Puis la flûte. Et le violon. Il ne me fallait jamais beaucoup de temps pour maîtriser un nouvel instrument. Toute ma vie, j’ai entendu des mots commedouée. Extraordinaire.Bénie. Lorsque tout le monde a découvert que je possédais une voix pour rivaliser avec mes habiletés pour jouer d’un instrument, on a dit que j’étais un « prodige ». En dehors de tous ces talents, j’avais aussi des rêves normaux. À l’âge de six ans, j’ai décidé de devenir archéologue. L’année suivante, pilote de course. À travers tout ça, il y a aussi eu le rêve habituel de princesse. Je passais des heures dans ma chambre à construire des châteaux forts que mon frère finissait toujours par détruire. Je faisais semblant qu’il était un dragon et je reconstruisais ces châteaux. J’avais tous ces rêves de devenir quelque chose. Quelqu’un. Personne ne m’a jamais dit que je ne le pourrais pas. Personne n’a jamais mentionné le mottueuse.
En fermant les yeux, je savoure la sensation des lèvres de Zac sur mon cou. Il se penche vers le point sensible juste derrière mon oreille et je glousse, mon corps frémissant dans ses bras. — Zac, nous sommes à l’école, lui rappelé-je en m’éloignant et en lui donnant une petite poussée sans conviction sur l’épaule. Il pose ses yeux verts et brillants sur moi et je retiens mon souffle. Deux jeunes étudiantes de première année passent devant nous. Elles essaient de détourner leur regard, jouent les indifférentes et regardent droit devant, mais je peux voir que c’est une lutte pour elles. Une lutte qu’elles perdent. Leurs yeux glissent avec admiration sur Zac. Il porte son short de sport. Un maillot de rugby d’Everton est parfaitement ajusté sur son torse élancé. Lorsqu’il lève un bras et appuie sa main contre le casier derrière moi, son chandail remonte un peu et révèle un ventre plat sculpté par de longues heures passées à la salle de sport. Ma bouche s’assèche un peu. Les filles s’éloignent et chuchotent assez fort pour que je les entende : — Tellement beau… Si chanceuse… Il les ignore. — Mais tu n’aimes pas ça ? Il se penche, m’appuie contre les casiers et pose un tendre et long baiser au coin de ma bouche. — Et ça. Il m’embrasse ensuite la mâchoire. J’ai des papillons dans le ventre et je suis sur le point de m’abandonner, oubliant mon cours avec madame McGary et la tonne de devoirs de mathématiques qui m’attendent, et de céder à l’envie d’embrasser Zac à l’extérieur de la salle de musique où Anthony Miller s’exerce avec plus
ou moins de succès à la batterie. C’est l’un des seuls instruments dont je ne joue pas, mais je suis certaine que j’en jouerais mieux qu’Anthony. Zac s’écarte en poussant un soupir et me jette un de ces regards intenses qu’il croit, je le sais, irrésistibles. Tout simplement parce qu’ils le sont. Tout simplement parce qu’il fait chavirer le cœur de toutes les filles lorsqu’il leur lance ce regard. Mais c’est moi qu’il a choisie. Mon cœur bat la chamade dans ma poitrine et je le laisse tout de même m’embrasser à nouveau, bien que je sois en retard à ma répétition et que madame McGary déteste que je sois en retard. Elle me rappelle constamment que je dois être un exemple pour tout le monde. Tori se dirige vers nous en levant les yeux au ciel. — Prenez une chambre, tous les deux. Elle ouvre la porte de la salle de musique et le son du solo de batterie fait saigner mes oreilles. Elle tient la porte ouverte pour moi. — Tu viens, Davy ? Zac lui jette un regard noir. — Elle arrive dans une minute. Tori hésite et me dévisage de son air de chien battu. — Est-ce que nous étudions toujours ce soir ? Je croyais que tu voulais que je t’aide avec tes devoirs de mathématiques. J’acquiesce. — Oui, je veux toujours. Les mathématiques. C’est le drame de mon existence. J’ai obtenu un A de peine et de misère au cours des six dernières semaines. Et ce A, je l’ai principalement obtenu grâce à la patience infinie de Tori. — Ça marche toujours. Elle sourit, adoucie. Je lui rends son sourire. — J’arrive dans une minute. Garde-moi une place. Tori disparaît dans la salle de musique. Zac soupire. Je passe une main sur son torse ferme. — Sois gentil. — Elle nous interrompt tout le temps. J’essaie du mieux que je peux de partager également mon temps entre Zac et Tori, mais c’est un exercice d’équilibriste. Je n’arrive jamais à les satisfaire complètement tous les deux. — Ai-je déjà dit que j’ai hâte d’être à l’année prochaine ? demandé-je. C’est la seule chose que je trouve à dire chaque fois qu’il se plaint de Tori. Il me dévisage sciemment. Il a une de ces façons de me regarder. Si profondément. Comme s’il pouvait lire au plus profond de mon âme. Il sait que j’essaie de le distraire avec la promesse de notre futur. Heureusement, ça fonctionne. Ses doigts se glissent dans mes cheveux. Il aime lorsque je les détache, il aime les toucher. MeOui. Je suis un peu dépendante de mon petit ami. Ça devient de plus en plus toucher. difficile de nous arrêter ces jours-ci. — Oui. Et puis tu connais la meilleure partie de tout ça ? Son regard soutient le mien. — Nous aurons nos propres chambres d’étudiant.
Je ris.L’année prochaine.Le seul fait d’y rêver me titille. Moi, à Juilliard. Zac, à l’Université de New York. Je sais que je ne devrais pas être excitée à l’idée que ma meilleure amie aille à l’université à des milliers de kilomètres de moi, mais comme ça allait être bien de ne plus avoir à m’inquiéter de blesser Tori. Mon téléphone sonne. Je sors de son étreinte pour voir qui m’appelle. En jetant un petit regard à Zac, j’articule : « Maman.» Il hausse un sourcil. Ma mère est généralement au travail à cette heure. — Allô ? réponds-je. — Davy, il faut que tu rentres à la maison. J’hésite avant de répondre. Pas à cause de sa demande, mais à cause du tremblement dans sa voix. Ça ne ressemble pas à ma mère. Elle parle toujours vite, ses mots fusant de sa bouche. Les heures passées à donner des ordres aux employés de son entreprise de design, j’imagine. — J’ai une répétition… Maintenant,Davy, m’interrompt-elle. — Est-ce que tout va bien ? Ma réponse est accueillie par un silence et je vois bien que tout ne tourne pas rond. — C’est papa ? — Ton père va bien. Il est ici. Mon père est à la maison lui aussi ?Il est un plus grandbourreau de travail que ma mère. — C’est Mitchell, dis-je, prise de terreur. Est-ce qu’il va bien ? — Oui. Oui. Il va bien, lance-t-elle rapidement, toujours avec ce trémolo nerveux, qui semble même augmenter. J’entends des murmures en arrière-fond, puis le son du téléphone s’étouffe, comme si ma mère le couvrait pour éviter que j’entende. Et sa voix revient à mon oreille. — Viens à la maison. Je t’expliquerai tout lorsque tu seras ici. — D’accord. Je raccroche et regarde Zac. Il me lance un regard empathique. — Mitchell ? Je hoche la tête, l’inquiétude pour mon frère s’emparant de moi.Qu’a-t-il fait cette fois ? — Laisse-moi seulement avertir madame McGary. Je passe ma tête dans l’embrasure de la salle de musique. Madame McGary est assise à son bureau dans le coin de la pièce et parle au téléphone. Je lui fais un signe, mais elle secoue la tête et lève un doigt pour me signifier d’attendre. En me voyant avec Zac dans l’embrasure, Tori s’avance vers moi. La salle de musique a toujours été une « pièce sans Zac » et je sais qu’elle aime ça ainsi. — Que se passe-t-il ? — Maman a appelé. Il faut que je rentre à la maison. En fronçant les sourcils, elle touche mon bras. — Est-ce que tout va bien ? — Je ne sais pas. Je me mordille la lèvre. Elle incline la tête, ses yeux brillants d’inquiétude. — Mitchell ? Je secoue la tête.