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Infection Tome 01

De
400 pages
Un mystérieux virus a ravagé la Terre. Les victimes ont un seul dessein : propager l'infection. Alors que le monde plonge dans l'apocalypse, l'épidémie continue d'évoluer chez certains d'entre eux, les transformant peu à peu en monstres. Aux États-Unis, un petit groupe de rescapés lutte pour rester en vie. Sarge, Wendy, Ethan, Todd, Paul et Anne vont accepter une mission qui déterminera la survie de tous. Une mission qui les conduira sur les terres où rodent les infectés...
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Deadline

de Bragelonne

Titre original : The Infection

Illustration de couverture : © stokkete. Fotolia.com

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Julien Bétan
Suivi éditorial et relecture : studio Zibeline & Co

ISBN : 9-782809-435061

Eclipse est une collection de Panini Books

www.paninibooks.fr

© Panini S.A. 2013 pour la présente édition.

Copyright © Craig DiLouie 2012

Un remerciement particulier à Randy Heller pour son soutien éditorial tout au long des années, et à Chris Arnone pour son incomparable connaissance de tout ce qui a trait à la mécanique.

Pour Christine et Mieka.

PROLOGUE : LA CHUTE

Quand tout le monde s’était mis à tomber, Ethan tentait d’expliquer à sa classe de lycéens comment résoudre des équations en les factorisant, et sa patience arrivait à son terme.

Exposant un troisième exemple, il martyrisait le tableau noir à coups de craie lorsqu’il entendit un premier cri distant. La craie se brisa entre ses doigts, ses ongles crissèrent accidentellement sur le tableau ; un frisson de dégoût le parcourut.

— Essayons à nouveau, dit-il en lançant un regard à ses élèves par-dessus les montures de ses lunettes.

Quelques-uns lui sourirent en retour, soudain captivés par son ton affable, tandis que les autres restaient affalés sur leur bureau, continuant à regarder par la fenêtre, avec langueur ou le regard vide, la pelouse verte baignée de soleil printanier.

Il termina son exemple, s’épousseta les mains.

— Bon. Qui veut essayer de résoudre celle-ci ? Comment vous y prendriez-vous pour trouver x ?

— Wouah ! s’exclamèrent plusieurs élèves en se redressant sur leur siège.

Deux garçons se levèrent pour regarder par la fenêtre.

— Allez les gars. (Ethan fronça les sourcils.) On se rassoit. Il ne reste qu’un quart d’heure.

— Mais il y a eu un accident, dit l’un des gamins, les yeux brillants d’excitation. Il y a plein de gens par terre.

Un deuxième cri retentit dans une classe du rez-de-chaussée. Ethan, se demandant ce qui se passait, fit quelques pas en direction de la fenêtre. Tous les élèves suivirent son exemple et quittèrent leur bureau pour mieux voir à l’extérieur.

Un autre cri. Un hurlement au loin. Des bruits de cavalcades dans le couloir.

Ethan se tourna juste à temps pour voir deux professeurs passer devant sa classe en courant. Une porte claqua.

Il se dirigea vers le couloir, se demandant s’il s’agissait d’une urgence, s’il devait faire quelque chose pour protéger ses élèves.

— C’est quoi ce bruit, monsieur Bell ? demandait l’un d’eux avec insistance.

— Je ne sais pas, murmura Ethan.

— C’est horrible !

Il frissonna de nouveau. Il savait de quoi il s’agissait. Pourquoi le nier ? C’était un hurlement. Un hurlement sans fin. Qui durait, encore et encore. Poussé par des individus qui enduraient une douleur extrême et continue, intense au point de les faire hurler à pleins poumons durant plusieurs minutes. Et ils semblaient nombreux, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’école, dans les classes du rez-de-chaussée.

Il se demanda soudain s’il devait rester là. Sa femme était au travail. Mary, leur bébé, était à la crèche. Il fit un pas de plus en direction de la porte. Serait-il renvoyé s’il quittait l’école ?

Le visage de Trevor Jackson se tordit et il s’écroula en hurlant. Du sang gicla de son nez brisé. Les autres élèves s’écartèrent vivement en poussant de petits cris de surprise, fascinés par le drame qui se déroulait sous leurs yeux. Ethan fit plusieurs pas en arrière, contemplant la scène, impuissant. Trevor était couché sur le côté, le dos cambré, les bras tendus, les doigts écartés et crispés. Des larmes coulaient de ses yeux exorbités, tandis que de sa bouche s’échappait un cri, un cri inhumain, dont l’intensité, presque palpable, fit reculer Ethan.

— Faites quelque chose ! lui cria Lucy Gall.

— Je vais appeler le 911…

Lucy s’affala sur le sol, le corps agité de soubresauts, l’entrejambe de son jean débordant d’urine. L’instant d’après, elle commençait à hurler, un cri puissant et assez strident pour endommager les tympans. Les élèves s’exhortaient à intervenir. Un garçon s’agenouilla près de Lucy, tenta de la secouer, mais il s’écroula à son tour, les yeux révulsés.

C’est dans le système de ventilation, pensa Ethan. Il y a quelque chose dans l’air, tout autour de nous.

Cinq adolescents de plus tombèrent en quelques secondes, renversant des bureaux, éparpillant leurs cahiers.

Ils se mirent à hurler.

Subitement, l’esprit d’Ethan quitta son corps. Il se vit, aux côtés des élèves restants, se frayer un chemin hors de l’école dans une bousculade effrénée. Ils se ruèrent dans le couloir, évitant dans une confuse course d’obstacles les corps hurlants et tremblants des élèves et des professeurs, avant de passer le portail de l’école pour retrouver la lumière du jour et un calme relatif.

Ethan s’arrêta net, stupéfait. Après la pelouse, la rue n’était plus qu’un amas enchevêtré de véhicules accidentés. Au loin, des panaches de fumée s’élevaient au-dessus de la ville. De nouveaux bruits assaillirent ses oreilles : des alarmes de voitures, des klaxons, des sirènes et, couvrant ce vacarme, le son distant de milliers de bouches hurlant à l’unisson, véritable aperçu auditif de l’enfer.

C’est partout, comprit-il.