Intoxication à l'héritage

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Depuis l'enfance, on nous a habitués à de belles histoires, où les gentils finissaient par triompher des méchants. Or, dans la vie réelle, c'est rarement le cas, comme le prouve cette histoire. Il s'agit d'une femme, qui après avoir hérité des affaires de son père, s'avère incapable de les gérer, comme il le lui avait prédit. Voulant toujours garder la main, elle ne renonce à aucun coup bas, à aucun complot, pour asseoir son pouvoir sur son entourage, quel qu'en soit le prix. Michel Meyer nous offre ici son premier roman, qui va à contre-courant des tendances de la littérature actuelle.
Publié le : mercredi 2 septembre 2015
Lecture(s) : 11
EAN13 : 9782336389875
Nombre de pages : 168
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Michel Meyer
Intoxication à l’héritage
Depuis l’enfance, on nous a habitués à de belles histoires, où les gentils
fi nissaient par triompher des méchants. Or, dans la vie réelle, c’est Intoxication rarement le cas, comme le prouve l’histoire qui suit.
Il s’agit d’une femme, qui après avoir hérité des aff aires de son
père, s’avère incapable de les gérer, comme il le lui avait prédit. Mais à l’héritagepour se prouver à elle-même qu’elle est la grande dirigeante qu’elle
n’est pas, elle va s’acharner à détruire l’un après l’autre son père âgé,
ses conjoints, ses fi ls, et même ses petits-enfants, en jouant sur leur Roman
âpreté et leur propre incapacité à la seconder. Voulant toujours garder
la main, elle ne renonce à aucun coup bas, à aucun complot, pour
asseoir son pouvoir sur son entourage, quel qu’en soit le prix.
Tous ceux qui voulurent réussir avec elle ou sans elle fi nirent
mal, confortant ainsi la vieille dame dans l’assurance que le meilleur
est toujours celui qui gagne.
Michel Meyer est surtout connu pour ses travaux de
philosophie, de rhétorique et de sciences humaines.
Ceci est son premier roman, qui va à contre-courant
des tendances de la littérature actuelle. Il est Professeur
de philosophie à l’Université de Bruxelles. Son nom est
associé à une nouvelle philosophie, la problématologie,
dont le maître-ouvrage est Questionnement et historicité, où le
questionnement est enfi n dirigé sur lui-même. Il est l’auteur de nombreux
autres ouvrages sur les passions, l’art romain (Arléa, 2012) la rhétorique
(Principia Rhetorica, Fayard, 2008), le éâtre (Vrin, 2014) ou la
morale (Principia Moralia, Fayard, 2013).
collection
ISBN : 978-2-343-06687-5
17 € Amarante
AMARANTE_PF_MEYER.indd 1 24/07/2015 11:35
Michel Meyer
Intoxication à l’héritage©L’Harmattan,2015
57, ruedel’Ecolepolytechnique,75005Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN:9782343066875
EAN:978234306687511
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111111Amarante
Cettecollection est consacréeauxtextesde
création littérairecontemporaine francophone.
Elleaccueille les œuvres defiction
(romans etrecueils de nouvelles)
ainsiquedes essais littéraires
etquelques récits intimistes.
Laliste desparutions, avecune courte présentation
ducontenu desouvrages, peut être consultée
surle site www.harmattan.fr
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11MichelMeyer
Intoxicationà lhéritage
Roman
L’Harmattan
1111111111111111111111111111Fouldeedswillrise,thoughalltheearthoverwhelmthem, 11
tomen seyes 1
( Quandbienmêmerestent ilsenfouissouslaterre,les
actesinfâmesresurgissenttoujoursauregard 11
deshommes )
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(Shakespeare.Hamlet)
11111111111111111111111111111111,1CHAPITRE1
L’aubedumonde
Serge en avait marre de cette guerre. Son entrée dans la
Résistance, la dénonciation qui lavait obligé à prendre le
maquis, la captivité au bagne de Toulon, la torture, lem
prisonnement, puis lévasion collective, le passage en
Afrique du Nord de quelques uns décidés à rejoindre de
Gaulle, le retour dans larmée régulière, la libération des
camps, tout cela avait laissé en lui un sentiment de vide,
presquededésœuvrement,lesensdelabsurde: Quefaire
désormais ? 1 se demandait il, errant dans Paris, toujours
avec cette même question en tête. Reprendre ses études ?
Seréengageretpartirpeut êtrepouruneautreguerre,celle
qui semblait sannoncer très loin, en Asie ? Que savait il
faire d’autre, après toutes ces annéespassées àsebattre et
à survivre ? Il était physiquement et moralement dans le
mêmeétatquelavieilleEurope:exsangue,maisprêtàre
naître.Avoirs’iln’étaitpasunmortvivantquiauboutdu
compte demeurerait sans force nouvelle. Les combats
avaientcessé,maisildormaitencoreavecunrévolversous
loreiller, comme si on allait venir larrêter. Les autres lui
faisaient peur, comme au temps de la dénonciation : il
voyait dans leurs regards de l’envie pour ses quelques
1111111111111111111111111111111111,11111111111111111111111111111111111111111111111111111111111,111111111111111111111111,1111111111111111111111,111111111111111111111111111111111111111,111111111111111111111111111,11
1privilèges,unehaine,etmêmedelajalousie,dontilfallait
se protéger malgré la paix revenue. Ce qui avait changé,
c’est que cen’étaitplus légaldedénoncerles autres. Il fal
laitquandmêmeshabituer.Sachantcequiétaitarrivéaux
Juifs,ilsedisaitquecétaitmiraculeuxdavoirpuéchapper
aux camps de la mort. Il se souvenait du jour où, quittant
ses parents qui fuyaient avec leur fille, il avait refusé de
porter létoile jaune. Son sale caractère lavait probable
mentsauvé.Ilhaïssaitlautorité.Ilenavaittropbavéavec
sa mère. Maintenant, lheure était à la reconstruction, la
sienne aussi. Finalement, il valait mieux quitter larmée,
même s’il avait décidé de ne pas reprendre ses études. Il
aspirait aurepos, aucalme et, pourquoipas, à la belle vie.
Sansargent,sansmétier,avecunefamillequilavaitlaissé
tomberdèsladébâcle,commeuneboucheànourrirdontil
nefallaitpassembarrasser,quepouvait ilespérer?
SergehumaitParis,larespirantpartoussespores,sans
avoirdésormaisàseretournerpourvoirsionlesuivait.Il
devaitretrouversonfrère,Jacques,qu’ilnavaitplusvude
puis trois ans. Au début de la guerre, ils sétaient promis,
quandtoutseraitfini,deseretrouverlejourdelarmistice
danslepetitcaféduQuartierLatinoùilsavaientl’habitude
desécherlescoursjadis,pasloindelOdéon.CestJacques
quiyretournalepremier.Ilsinstallaitfaceàlaporteden
trée.Aujourd’hui,commehier,commeavant hier,ilatten
daitsonfrèreenfumantunecigarette.Ilsedoutaitbienque
Serge finirait par se rendre dans ce bistrot. Au bout dune
semaine, les deux frères tombèrent dans les bras lun de
lautre.
—«Onsenestbientirés,non?»ditJacques,limitémais
optimiste.
— On a survécu, cest le principal. As tu revu les pa
rents?Sont ilsrevenus?
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fatiguésdetousleurspériples,maisjaivumaman,quima
fait comprendre quil valait mieux que je ne reste pas. Les
ticketsderationnement,tucomprends.
—Alors,quest cequetuvasfaire?
— Jai retrouvé un vieil ami à Pigalle, qui veut bien
mhéberger,commeaubonvieuxtemps.Jecroisquejevais
minstallerlàpourquelquetemps.
—Commenta t ilfaitduranttoutescesannées?
—Oh,tusais,ilétaitdanslesmeilleurstermesavecun
officierallemand.Etaujourdhui,ontraqueplutôtlespros
tituées ou les bonnes bourgeoises qui ont profité de lab
sencedeleurmaripourcollaboreraveclennemi.Maistoi,
Serge,oùvas tualler?Jenecroispasquenosparentsaient
davantageenviedeterevoirquemoi.
— Tu peux le dire. Je me suis trouvé un petit hôtel pas
cher avec largent qui me reste de ma solde, le temps de
réfléchiràcequejevaisfaire.
—Etaprès?
—Jenesaispas.Silfaut,jiraitravaillersurunchantier,
commelorsquejemecachais.
Malgré ses trente ans, Serge semblait vieilli. Son visage
rond sétait creusé. Il commençait à perdre ses cheveux.
Son corps trapu, sa tête massive, sans cou, lui donnaient
lapparenceduntaureauprêtàbondir.Sanssoncharmeet
cetespritcultivéquiluidonnaittantdaplomb,ilauraitfait
peur à plus dun. Lalcool l’avait rendu violent, une vio
lencequelaguerreavaitsucanaliser,maisquimaintenant
revenaithabitersonregard,celuiquilportaitsurlemonde,
sur les autres, sur ses parents qui sétaient débarrassés de
lui, poursecacher ,disaient ils.Ilbuvaitbeaucoup,ences
tempsoùlonmangeaitpeu. 11
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1Jacquesétaitsonfrèreaîné.Ilavaitréussiàsecacherune
bonne partie de la guerre. Il avait pourtant fini par re
joindre de Gaulle. Jacques écoutait son frère, il se savait
moins fort que lui. Plus rond, plus jouisseur, plus doux
aussi, la Résistance nétait pas pour lui, les armes lui fai
saient horreur, et il aurait redouté par dessus tout davoir
à tuer quelquun. Maintenant que les Allemands étaient
partis, le premieremploi venuferait l’affaire, peuimporte
lequel,lemoinsfatigantpeut être.Serge,lui,enavaittrop
bavé, il lui fallait échapper à ce qui n’avait été jusque là
qu’un destin de misère, de persécution, de lutte, où il lui
avait fallu sans cesse imaginer que ses défaites finiraient
pardevenirdesvictoires,toutétanttoujoursàrecommen
cer. Son honneur nétait à ses yeux que l’image la plus ac
ceptablequ’ilpouvaitsefairedelui même.L’humiliation,
ilconnaissait.
Etrange famille que la leur. Avant la guerre, leurs pa
rents vendaient des chaussures dans un magasin du XVIe
arrondissement. Ils étaient devenus riches à force de le
vouloir. Simone, leur mère, exerçait son caractère despo
tiquesurl’ensembledelafamille,maisavecuneobsession
toute particulière, qui allait se répéter à la génération sui
vante : Simone naimait pas ses fils. Deux garçons, cétait
insupportable, alors elle compensait en les habillant avec
desrobes,lescoiffantcommedepetitespoupées.Heureu
sement,elleeutenfinunefille,troptardivementàsongoût.
Son mari ne protestait jamais des injustices auxquelles il
assistait, par lassitude ou par résignation. Ce que Simone
aimait en Vladimir, c’était précisément sa faiblesse. Il lui
était entièrement dévoué, acquiesçant d’avance, comme
parprincipe,àtoutessesturpitudes,sansbroncher,lacon
fortant dans tout le mal quelle pensait de la gente mascu
line. Elle lavait même giflé un jour quil avait osé lui
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son petit monde à la trique, sans lombre dune hésitation
ou de pitié. Comment Serge et Jacques purent ils survivre
à une telle mère ? Traités en filles dès leur plus jeune âge,
ils étaient rejetés pour ne pas en être une. Par compensa
tion, ladolescence une fois venue, ils cherchèrent de plus
enplusàsaffirmerparrapportàcedestinsexuelqueleur
imposaitleurmère.PourSerge,retrouverlidentitéperdue
signifiait affirmer la différence avec sa mère, en allant in
lassablement de conquête en conquête, comme par ven
geance ou démenti. Pour cela, il nhésitait pas à payer.
Jacques, lui, fuyait sa mère dans des amours aux contours
inversésquelleauraitégalementdésapprouvées,maisqui
lui permettaient de vivre comme on lavait traité depuis
toujours, en fille. Jacques et Serge sont donc devenus lun,
un homosexuel et lautre, un séducteur. Le rapport à leur
mèrechangealorsqueunesœur,Ginette,fitirruptiondans
la famille. Leur vie de jeunes adultes se mua en véritable
enferàlarrivéedecettefilletardive.Simoneallaitpouvoir
seconsacrerentièrementàelle.Dansunpremiertemps,les
garçons se sentirent libérés. Finis les humiliations, les re
proches, les sarcasmes. Les deux frères pouvaient devenir
ce quils voulaient, même si cétait trop tard pour bien des
choses. A linverse de ce quils espéraient, leur mère les
haïssaitencoredavantage.Ilssesontviteretrouvéslaissés
àl’abandon,plusriend’autrequeGinetten’importantdé
sormais à leur mère. Ginette illuminait le quotidien de
Simone,quivoyaitenellelemoyendeseracheterpource
qu’elle savait être des fautes et des errements. Elle voulait
fairetoutcequiétaitensonpouvoirpourquesafillen’eût
pasàsubirlaprésencedesesfrères,etsipossible,àparta
ger avec eux ce qu’elle laisserait après sa mort. Largent
coulait,maisilnyenavaitquepourelle.Onenvintviteà
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Laviedevenaitinfernale,lesconflitsn’arrêtaientplus.Plus
tard,SimonechoisiraitmêmeunmaripourGinette,quine
s’avéraguèrebrillant,maisquiétaitunemachineàgagner
de l’argent, suffisamment en tout cas pour subvenir aux
besoinsdesafemmeetdesesenfants.Gavéetnégligéàla
fois, ce mari inessentiel et obèse ne fit pas long feu. Une
attaquecardiaqueeutraisondelui,aumomentoùSimone,
veuve,allaitenfinpouvoirvivreensymbioseavecsafille. 11
Entre temps, Jacques et Serge sont allés à lécole. Ce ne
fut pas très glorieux pour Jacques, qui préférait faire le
mur, se livrant même à de menus larcins pour suppléer à
toutcequiluimanquait.Plustard,iliramêmejusquàvo
ler son patron et connaîtra brièvement la prison. Pour
l’heure, il fréquentait surtout des lieux où il pouvait ren
contrerdeshommes plus âgés. Serge, plus déterminé, prit
davantage son sort en main. Il parvint à se faire inscrire à
Louis le Grand, où il devint un excellent élève, il excella
mêmeenlatinetengrec.Ilallaitluifalloirsurvivremalgré
sa famille. A seize ans, il réussit à se faire accepter à
Tübingen, dans une famille qui linitia aux poésies de
Goethe, quil relira toute sa vie et quilemportera toujours
avec lui aux pires moments de son existence, comme des
compagnonsdinfortune.C’estalorsquesedéroulaunépi
sode étrange, qui allait marquer sa vie. A son retour, un
dimanche où toute sa famille était réunie, sa mère de
mandaàSergedes’occuperdugigot.Parironiesansdoute,
Simone répétait à qui voulait lentendre quelle lavait
trouvé«merveilleusement»découpé.ElleditàSerge: Tu
feraisunexcellentchirurgien».Sergefuttellementsensible
àcerarecomplimentdesamère,quilpritcethommageau
pied de la lettre et décida quil serait médecin. La plaisan
terieamusatoutelafamillecejour là,maisilnendémordit
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1plus.Savocationétaitnée.Illeurmontreraitcedontilétait
capable ! Et cest ainsi quil sengagea dans des études de
médecine peu de temps après. Il réussissait chaque année
très facilement, car il était doué, mais beau gosse, il préfé
rait courir les filles plus quil ne laurait fallu, ne sachant
plus trop ce quil devait le plus prouver et surtout, à qui.
Ses études nen finissaient pas, tandis que Jacques, après
sonbac,s’étaitplutôtdirigéversdespetitsboulotsquilat
tiraient dans les quartiers louches de Paris, où il sacoqui
nait avec lun ou lautre, souvent pour trouver largent
qu’onneluidonnaitpas.Iltombaamoureuxdungarsdu
milieuet sinstallaaveclui, augrand damde Serge. En un
sens, la guerre vint à point nommé. Serge allait de moins
en moins aux cours et, découragé, il décida de sengager
dans l’armée. Quand ce fut la débâcle de 1940, il revint à
Paris.Résister?Secacher,ouàterme,sedéclareretporter
létoilejaune?Sergenevoulaitàaucunprixsubirunetelle
infamie, pressentant le destin qui attendait les Juifs
dEurope une fois marqués et repérés comme du bétail.
Plus tard, quand il repensa à tout cela, il se dit quil avait
bien fait de devenir résistant et de rejoindre de Gaulle. La
guerrefinie,etindignépourlepeud’aidequesafamillelui
avait fourni en ces temps difficiles, il avait décidé de ne
plus revoir ses parents. Son frère était retourné de façon
ouverte à sa vie de gigolo. Serge, lui, se sentait très seul,
comme abandonné de tous, extérieur à eux et profondé
ment désoeuvré. Il se dit quil lui faudrait bien un jour ou
lautreserendreàlOrganisationdEntraideJuive,quiavait
pris alors en charge le reclassement des Juifs revenus des
camps, ou ceux qui, démobilisés, avaient de la peine à se
réinscrire dans la normalité de la vie civile. Souvent, on y
voyaitpasserunrabbinoul’autre,quivenaitychercherje
ne sais quoi, comme si certaines âmes n’attendaient
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