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Invasion

de Simon Andrieu (Auteur)

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simon

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Ce sont de sombres jours qui guettent l'Empire des Hommes. Depuis l'assassinat de l'empereur, trois ans auparavant, une sanglante guerre civile s'est abattue sur l'empire, le scindant en deux royaumes ennemis, chacun dirigés par les fils du défunt. Néanmoins, une nouvelle menace vient d'apparaître, si grande que les deux blocs devront cesser leur combat pour y faire face, unis dans un même instinct de survie.
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Chapitre I Les lointaines montagnes, encore enneigées en cette fin d'hiver, rougeoyaient sous la lumière rassurante du soleil couchant. Perché sur la noble et majestueuse Cité Impériale, Oriall les observait. Ses yeux sombres et profonds semblaient guetter quelque chose. Le son d'une douce musique parvenait à ses oreilles, accompagné des pas légers et agiles des danseuses. Mais il n'y prêtait pas attention. Les soldats se remémoraient des souvenirs de guerre, soulagés, car la paix venait d'être déclarée. Trois ans auparavant, l'Empereur Talgafhir avait été assassiné. Son héritier désigné était son fils cadet, Viraï ; mais son frère, Micrel, refusa de lui laisser le trône. Il rallia quelques officiers de haut rang ainsi que de nombreuses troupes et la guerre éclata. Micrel s'empara de la partie est de l'empire, le scindant en deux royaumes ennemis : Talgafhir, ainsi nommé en l'honneur de l'Empereur défunt, appartenait à Viraï, tandis que Drian était dirigé par Micrel. La guerre fit rage pendant les deux années qui suivirent, ce fut une véritable hécatombe. Pourtant, aucun des deux camps ne parvint à se démarquer. Mais aujourd'hui, un nouvel ennemi était apparu : les Orcs. Autrefois, ces imposantes créatures à la peau verte et aux oreilles pointues – aussi aiguisées que la lame d'une épée – n'avaient jamais été un danger pour les Hommes. Elles se regroupaient en une multitude de tribus barbares, constamment en guerre. Cependant, un clan s'éleva au-dessus des autres et, à force de conquêtes, réussit à rallier tous les Orcs autour d'une même bannière, un même être, un maître absolu. Son nom était Ulkan. Conscient de ce nouveau danger, Talgafhir et Drian cessèrent les combats. L'empire de Viraï était le plus proche des Steppes Orcs qui s'étendaient derrière les Monts Torques, mais Micrel savait bien que les Orcs ne se contenteraient pas d'envahir Talgafhir. Leur seul objectif était la conquête et Drian ne serait pas épargné. Les deux empires n'avaient donc plus le choix : il fallait s'allier. Un bruit de pas extirpa Oriall de ses pensées. Quelqu'un venait le voir mais il n'était pas d'humeur à discuter. Il se leva, s'apprêtant à partir, lorsqu'on l'appela. Il connaissait cette voix. Oriall se retourna aussitôt. C'était Makia, son ami d'enfance. Sa silhouette fine et élancée, ses cheveux blonds, presque blancs, et ses yeux bleu ciel contrastaient parfaitement avec les cheveux noirs intenses et la carrure imposante d'Oriall. Avant la dislocation de l'empire, lorsque Oriall était encore paysan, ils vivaient dans le même village. Quelques jours après la déclaration de guerre, des soldats de Drian passèrent par le hameau, massacrant, brûlant et violant. Oriall et Makia eurent la chance de se trouver à l'écart : à ce moment là, ils chassaient dans la forêt. Mais au fond, peut-être auraient-ils mieux fait de mourir là-bas … À leur retour, ils trouvèrent leur village en ruines; des maisons et des récoltes il ne restait que des cendres. Les survivants se comptaient sur les doigts d'une main. Oriall retrouva le cadavre de sa femme ainsi que ceux de ses parents et des parents de Makia. Alors à peine âgés de vingt ans, ils partirent à la recherche des assassins, mais sans parvenir à les rattraper. De toute façon, qu'auraient ils pu faire ? Ils ne savaient pas se battre … C'est en ce jour que les deux amis décidèrent de s'engager dans l'armée, avec un unique objectif en tête : faire payer à Micrel ce qu'il leur avait fait subir. Et même trois ans après, leur haine envers lui était toujours aussi intense. – Heureux de te revoir, s'exclama Oriall. Le talgan n'était pas très expressif mais ses paroles avaient été prononcées avec franchise et son ami le connaissait parfaitement. – Moi aussi, répondit Makia en s'avançant pour prendre Oriall dans ses bras. – On m'avait dit que tu t'en étais tiré mais je suis quand même soulagé de te voir, avoua Oriall en se déserrant de l'étreinte de son vieux camarade. Tu as été rapatrié à la fin de la guerre ? – Oui, il n'y a presque plus d'hommes à la frontière. Les rives du Trial sont désertes. Ça fait plaisir de revoir cette bonne vieille Forteresse Impériale. Nous l'avions bien protégée. Les honneurs de l'Empereur, les acclamations de la foule … Je n'avais jamais été aussi fier … Tu te souviens ? – Bien sûr. Ce n'est pas le genre de chose que l'on oublie. C'était … un moment fantastique. Oriall se tut un instant, comme hésitant, puis reprit la parole. – Au fait … Tu es au courant ? – De quoi ? – De ce que cache le traité de paix, rétorqua sombrement Oriall. – Oui, répondit Makia d'un ton grave. Son air jovial et accueillant avait soudainement disparu. – C'est catastrophique … Ils sont tellement nombreux. Même si nous parvenions à réunir les armées des deux empires, je ne vois pas comment une victoire serait possible. – Virai a toujours trouvé des solutions appropriées aux problèmes de Talgafhir, argumenta Makia, comme pour rassurer Oriall. Celui-ci n'avait que peu de fois souri depuis la mort de sa femme, mais Makia l'avait rarement vu dans un tel état. – L'empire n'a jamais été confronté a un problème aussi insurmontable … renchérit l'intéressé avec pessimisme. – C'est vrai, se résigna Makia. Mais n'oublie pas que Viraï a sous ses ordres le plus grand des stratèges. Il trouvera une solution. Oriall détourna la tête. Il préférait ne pas répondre. *** Cent mètres plus haut, Viraï tenait conseil avec ses généraux. La salle dans laquelle ils se trouvaient était à mi hauteur de la tour centrale du palais, impétueusement dressée en plein milieu de la Forteresse Impériale. La pièce était sobre. Son classique carrelage dallé en noir et blanc s'étalait sur soixante-dix mètres carrés. On pouvait remarquer trois vieilles tapisseries, datant de l'ancien Empereur Talgafhir, qui couvraient en partie les murs gris sombres. Deux grandes vitres, à l'est et à l'ouest, permettaient d'égayer la pièce durant les journées ensoleillées. Mais il faisait nuit et seules quelques torches, accrochées aux douze grosses colonnes de marbre blanc soutenant le lourd plafond, éclairaient chichement la pièce. Au centre, une imposante table, de marbre également, reposait sur un grand tapis brodé. Autour de celle-ci, les quatre hommes discutaient : – D'après mes renseignements, leur armée avoisine les quatre cents mille guerriers, expliquait Strage, le premier Général et stratège de l'empire. Mais Ulkan ne se concentre pas uniquement sur la conquête de nos terres. Il doit aussi rallier les dernières tribus orcs. De plus, une quantité importante de ses troupes est partie vers le sud des steppes pour une raison qui m'est encore inconnue

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Publié le : 08/03/2011
Langue : Français
Nombre de pages : 91
Type de la publication : Livres
Thème : Littérature >

SF et fantasy

17/1000 caractères maximum.

gilprof

-Plus d'un an

Captivant, bonne intrigue

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