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Invisible

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INVISIBLE, dont le premier tome s’intitule 'Distorsion', est un récit d’aventure-fiction du genre dystopie qui se situe sur le territoire étatsunien.
Un projet extrêmement avancé, d'envergure mondiale, a été mis en place par les services secrets militaires, il y a plus de soixante ans, au moins.
Cette découverte va chambouler la vie d'un jeune scientifique neurologue et orienter sa vision vers un monde invisible à notre civilisation, mais bien réel. Cependant, comment dénoncer un secret planétaire sans être impliqué dans les affaires délicates du gouvernement?
Grâce à la rencontre d'un ancien astronaute, il va proposer, au conseiller spécial du Président, une parade qui pourrait permettre de localiser la source de ce contrôle. Mais ce n’est pas sans risque...
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JAIMEE UNDERWIND

Invisible

Distorsion

 


 

© JAIMEE UNDERWIND, 2017

ISBN numérique : 979-10-262-1102-0

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Courriel : contact@librinova.com

Internet : www.librinova.com


 

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PREMIERE PARTIE

 

Avez-vous déjà observé quelque chose d'invisible? Non, bien sur. Avez-vous déjà touché quelque chose d'invisible? Peut-être sans le savoir, sans en avoir conscience. Ca dépend si vous croyez à l'invisibilité. Avez-vous déjà cru à quelque chose d'inexplicable? On croit que ça peut exister, on peut presque l'affirmer, mais sans le prouver. Et pourtant on est persuadé qu’il s’est passé quelque chose qui nous a murmuré sa présence. Il y a des personnes qui peuvent sûrement expliquer ce phénomène

Connaissez-vous les Twigs? Je ne crois pas. Pourquoi? Parce qu'on n'en soupçonne pas l'existence et on ne peut les voir. Cependant, ils sont là, partout. Qui sont-ils? Personne ne le sait encore sur Terre

Cependant, un humain les a repérés, furtivement, par hasard. Depuis il cherche le moyen de les identifier physiquement pour rendre visible leur matérialisation. Par quel moyen peut-on observer quelque chose d'inconnu et d’invisible au genre humain? C'est le défit qu'il va se lancer. Bill, le docteur William BLAKE, est un jeune neurologue de trente quatre ans. Il a fait du système nerveux humain, sa spécialité. Sa formation lui confère une diversité d'approche dans l'étude des aspects moléculaire, cellulaire, anatomique, physiologique, cognitif, génétique, et médical bien sur. Plus particulièrement passionné par la structure électrique du cerveau humain, il a réalisé des travaux scientifiques passionnants - de l'exploration neurologique pure réalisée en imagerie cérébrale - qui rejoignent une sous-partie du champ scientifique que constitue les neurosciences, très intéressantes aussi

Depuis cette découverte fortuite, il n'avait de cesse de vouloir trouver le moyen subtil de se connecter à cette réalité 'invisible' qui faisait partie, pour le moment, de sa propre dimension, le rêve. Bill ne se servant que de son feeling, très limité, sondait la mémoire de ses souvenirs nocturnes, n'en récupérant que des images fragmentaires, diffuses, parasitées par une sorte de distorsion indicible qui lui taraudait l'esprit. Cependant il avait besoin de rassembler du contenu fiable, tangible, pour comprendre ce phénomène qu'il transcrivait, chaque matin, sur son laptop. Mais comment trouver le moyen de prouver la réalité de cette entité, à travers un champ d'investigation sérieux ? C'était complètement improbable. Tout ceci était encore trop subjectif. Pour s'être intéressé aux aspects des rêves, il savait que les images - mémorisées dans la boite de l'inconscient - avaient l'avis tenace et la croyance résistante. Il n'y avait pas plus hermétique qu'une pensée attachée à un subconscient dont la vision était pilotée par nos connaissances restreintes et forcément atrophiées

 

Et en extirper des informations exploitables, était un exercice qui demandait un potentiel d'énergie très ciblée, qu'un simple humain ne pouvait fournir. Il se rappela de cette image, gravée dans sa mémoire, qui présentait une cellule uniforme transparente. Rectification! Il l'avait perçu translucide et de petite taille, pourvue d'une nageoire gracieuse qui délimitait la périphérie de son corps, vibrant à une fréquence extrêmement rapide, presque imperceptible, vraiment imperceptible, se déplaçant très rapidement dans cette furtivité qui met le doute sur une vision improbable

04h32, Bill pensa un long moment dans la pénombre de sa chambre, assis au bord du lit la tête dans ses mains, à ce qu'il venait de réaliser dans son rêve et aux détails qui lui étaient parvenus. Dans son rêve, il avait parfaitement vu cette image, presque comme un ralenti. Il put l'observer et presque ressentir son déplacement. Ses rêves informatifs se mélangeaient entre réalité connue et celle qu'il ne percevait pas. C'était confus, mais indélébile. Il alluma sa veilleuse pour aller s'assoir à son bureau. Il essaya de retenir le rêve qu'il venait de mémoriser. Retranscrire dans un brouillard d'images mélangées entre réalité et sensations inconnues, était un exercice douloureux pour l'esprit

 

LA SPECIALISTE-1

 

 

Allison O'BRIEN était une experte en biologie synthétique. Elle cherchait à construire, ou plus exactement créer des êtres vivants spécifiques pour une tâche spécifique qui permettrait d'améliorer notre quotidien, du moins c'est ce qu'elle espérait. A travers de nouvelles espèces qui n'existaient pas dans notre nature, il semblait être devenu possible d'agir passivement ou agressivement sur l'environnement, qu'il soit micro ou macro. Tout son travail de chercheur était basé sur des fragments d'ADN, qui, une fois corrigés, codifiaient une autre faisabilité. Elle avait un job passionnant qui l’absorbait la plupart du temps

Bill et Allison avaient cessé une liaison de cinq années, sans nuage aucun, mais un peu trop monotone. Leur passion respective pour leur discipline professionnelle, les avait convaincus de reprendre leur indépendance avant de froisser une histoire sans trop d'évolution. Elle avait un caractère un peu effacé, mais passionnée. C'était en demi-teinte, mais tout ou rien. Soit elle prenait le départ, soit il ne fallait pas compter sur elle

Alors qu'ils dinaient dans l'appartement d'Allison, Bill un peu sur la défensive, enclencha la conversation sur son projet. Cette soirée était censée rester conviviale et charmante sans aborder de sujet commun ou rébarbatif, comme le boulot

Allison lui fit remarquer son dérapage et tenta de couper court, le sujet abordé. Bill avait déjà tenté de solliciter son aide concernant le sujet des Twigs, mais Allison avait courtoisement fait comprendre que sa carrière s'orientait vers une configuration positive, ascensionnelle, et qu'elle ne permettrait, à aucun facteur extérieur, de venir perturber cette opportunité. Elle resterait très vigilante pour que rien ne fasse échouer cette position favorable. Et ce genre de projet n'entacherait en aucun cas son plan de carrière

Bill: "Allison, je ne peux avancer dans cette expérience sans toi parce qu'il y a des facteurs obscurs que je ne peux comprendre sans en être un spécialiste. Tu es la scientifique dont j'ai besoin. Ton savoir serait sollicité sans déranger ta vie professionnelle. J'aurai juste besoin de quelques clarifications sporadiques dans le domaine que tu maitrises. Et je promets que le jour où je t'apporterai un échantillon réel pour travailler sur sa conception, cette preuve sera un grand moment de l'histoire de la science que je partagerai avec toi. Tu feras la une de l'actualité et tu seras reconnue dans le monde scientifique comme celle qui aura ouvert la voie de l'invisible observable. Puis-je compter sur toi? Tu sais, je pourrai aussi devenir l'esclave de tes moindre désirs"

Allison: "C'est Non Bill!! On en a déjà discuté et tu m'avais fait la promesse de ne plus me reparler de ton projet. Dois-je te rappeler que tu es demandeur, pas moi. Et jamais je ne permettrai cette réciprocité professionnelle entre nous. Mes ambitions ne sont pas compatibles avec ce type de recherche qui ne ferait que desservir ma notoriété. Et arrête de quémander, c'est très inconfortable pour moi de te refuser de l'aide, mais ma décision est irréversible. Cependant, j'avoue que le coté esclave est assez tentant, mais vis-à-vis d'Handy ce n'est pas très correct. Même s'il n'est pas d'un caractère jaloux, je n'aime pas trahir la confiance que l'on m'accorde. C'est une ligne de conduite que j'ai toujours appliqué, même avec toi. Par contre, sur le plan scientifique…"

Bill: "Dois-je comprendre qu'il y a une ouverture?"

Allison: "Tu parles de l'esclave ou du projet? Bill, tu connais mon admiration pour le professionnel que tu représentes. Mais, soyons clair. Si j'avais la faiblesse de t'offrir mes services, tu ne traiterais pas en direct avec moi. Mes obligations ne me le permettent pas. J'exigerais une discrétion totale, ce qui sous-entend une communication cloisonnée, par personnes interposées, avec des délais incompressibles concernant toute assistance affiliée à ta recherche. As-tu la moindre idée de ce que tu cherches?

Un rêve hypothétique d'une forme de vie supposée exister dans tes fantasmes nocturnes? Personne ne te donnera la moindre crédibilité scientifique. De même que dans un cas extrême - placé dans un contexte de sécurité nationale - je nierai avoir eu connaissance d'un tel projet et c'est valable pour toutes collaborations directes ou induites. Je serai défendue, s'il le faut, par les meilleurs avocats du coin. Tu connais la position de papa. Ce n'est pas un problème pour notre famille. Parce que je n'ai pas envie de te faire subir ce traitement, je n'ai pas non plus envie de partager un désaccord dans notre relation amicale. Afin de nous protéger dans l'avenir, je ne peux adhérer à ton concept. Je suis désolée Bill. En d'autres termes, tu es fou, d'entreprendre un tel travail et moi de ne pas t'en dissuader. C'est du poker ton entreprise. Mais, étant moi-même chercheur et considérant tous travaux novateurs comme un élargissement intéressant, je n'interdirai pas ma curiosité à s'interroger sur ce que tu vas découvrir, si tu réussis"

Bill: "Allison, je dois également trouver un scientifique autonome et fiable, capable de développer un processus biochimique qui me permettrait de me connecter aux Twigs. Connaitrais-tu une personne qui rentrerait dans ce cadre particulier et atypique, en qui j'aurai toute confiance?"

Bill jouait au malin, mais Allison n'appréciait pas sa façon de lui forcer la main. Sa soirée avait été gâchée par l'idée fixe d'un scientifique adorable, mais envahissant de propos hors du commun qui ne collaient pas avec son avenir

 

POINTURE EXPERTE-2

 

 

Contactée par Allison, Betty, experte en chimie de synthèse, n'avait pas hésité à apporter son soutien. De plus, elle avait toujours eu un faible pour les mecs qui repoussaient les limites de la science. Et travailler pour Bill, initiateur d'un nouveau paradigme, était un honneur. Elle avait besoin d'adrénaline intellectuelle qui mettrait du pschitt dans ses neurones endolories par un système professionnel trop soporifique, à son goût. Betty était la personne idoine que Bill avait perdue de vue depuis très longtemps. Il ne savait pas qu'elle vivait à Cambridge, un quartier de Boston, et n'était pas au courant qu'Allison avait toujours gardé un contact assez proche avec son amie de fac. Très estimée de Bill, ils avaient longtemps étudiés, tous les trois, à la faculté des sciences de Californie. A cette époque, Betty et Bill s'étaient également étudiés ensemble - un long moment - et ça collait plutôt bien. Ils prirent donc contact pour entamer des prérogatives scientifiques

Betty: "Bill, j'ai besoin de savoir qui tu es d'un point de vue chimique. Le reste, je connais déjà. Il me faut des prélèvements sanguins et quelques tissus. Ensuite, je vais cadencer des échantillons sur un mois pour déterminer l'identité de tes constituants, étudier leur structure, leur composition et surtout leurs réactions. Puis j'irai étudier chimiquement tes tolérances qui me permettront de synthétiser une première version chimique. Ce concentré chimique sera la seule action qui agira sur ton processus de vision interne. Pour réussir ce premier test, je dois impérativement m'approcher des 99.99% de compatibilité avec tes tolérances. Dans le cas contraire, il faudra attendre une nouvelle synthèse corrigée, plus parfaite, Okay?

A la suite de cette fabrication version béta, d’autres tests seront effectués à travers lesquels j’étudierai la fiabilité chimique, ton confort, et tout ce que tu auras ressenti d'agréable et de désagréable. On va surveiller aussi les effets secondaires ce qui permettra de quantifier un laps de temps précis pour ton voyage, sans être dangereux pour ta résistance physique, psychique et émotionnelle. Il faut aussi que tu puisses t'accoutumer aux effets de la formule et je ne tiens pas à t'abimer. Tu es un scientifique très précieux qui aura une valeur inestimable sur le marché du travail, si tu réussis. Je veux juste aider à concrétiser ton projet pour me faire du fric sur ton dos, c'est tout. Tu connais ma vénalité légendaire et les temps sont durs. Donc, si tu aboutis avec succès à tes découvertes, j'organiserai un enlèvement pour te vendre en tant que cobaye expérimental de grande valeur. Ce sera mon retour sur investissement... On est d'accord?"

 

PREMIERE SYNTHESE-3

 

 

Après deux semaines de recherches et de corrections, Betty était arrivée à synthétiser un composé chimique proche de la version définitive. La violence, le stress et la peur n’ont jamais favorisé le cheminement du rêveur-chercheur. Afin de limiter tout désagrément, elle n'avait pas poussé les niveaux très loin pour que ce premier test reste très supportable pour Bill dans son expérimentation. Elle préférait observer un déroulement croissant et stable, mais surtout agréablement confortable dans la progression du rêveur. Bill avait rendez-vous chez elle pour plus de discrétion. Les milieux professionnels scientifiques n'avaient jamais été totalement étanches au secret

Betty: "Salut Bill. Je t'en pris, installe toi sur le sofa et dis moi comment tu te sens pour cette première expérience?"

Bien installé sur le sofa de cuir noir, il avait une position qui ressemblait à un touriste sur une chaise longue, les jambes légèrement relevées. Pendant qu'il s'adonnait à une agréable relaxation, Betty, assise sur un siège à roulette, observait son relâchement tout en examinant ses réflexes oculaires

Bill: "Tant que je ne considère pas ce que je vais appréhender, tout va bien. Pour le moment, je suis calme et détendu, j’ai l’esprit au repos et j'ai déjeuner léger pour assurer le réveil. C'est très sympa chez toi. J'aime beaucoup le mélange classique revisité en très moderne. Tu as un gout parfait. Je tenais à te dire également que je ne te remercierais jamais assez pour ton travail"

Betty: "Okay! C'est bon. Arrête ton speech tu vas nous mettre mal à l'aise. L'important c'est d'avoir confiance l'un à l'autre. On est une équipe de pros avec un but, c'est déjà pas si mal. Faisons tout pour arriver à cumuler les meilleures connaissances qui parviendront à te surpasser. J'ai mis un composé aromatique pour que ce soit plus agréable. Je sais que tu aimes le chocolat. Je suis allé au plus facile, dans mes souvenirs"

Après avoir ingéré la gélule que Betty avait préparée, ils bavardèrent le temps que la composition chimique se manifeste

Betty: "Quoi qu'il arrive dans ce projet, l'expérience que tu veux déclencher est un saut expérimental gigantesque vers un savoir inconnu. Indépendamment de ce que tu dois rechercher, le principe de ce premier test est de comparer les effets et les états déstabilisants. Il y en aura ou peut-être pas. Lorsque nous ferons le point, j'analyserai ce que je dois extraire en données chimiques pour en augmenter la portée d'après le cheminement de ton rêve et les réactions que j'aurais observé en relation spontanée

Si tu as le moindre doute sur cette aventure psychique, tu dois arrêter l'expérience immédiatement. Je ne veux aucune prise de risque, surtout dans les premiers tests. Le principal danger vient de ta mémoire. Elle stocke toutes les expériences, les bonnes comme les mauvaises. L'idéal pour toi est de ne pas mémoriser de flash violent ou mal vécu qui causerait des séquelles déstabilisantes à vivre dans le monde réel. Ajoute à cela des névroses complexes à traiter sur un plan médical et s’en est fini du Bill que j’avais connu. Je ne veux, en aucun cas, être sur la liste noire de tes plus terrifiants souvenirs

Tu sais, la chimie peut développer un monde d’illusions merveilleuses et d’émotions très agréables, à un haut degré de sensations presque orgasmiques, comme t’enfoncer dans le crâne un inoubliable cauchemar qui ne quittera plus ta mémoire. Ce domaine, totalement artificiel, peut réellement tatouer ton psychique d'empruntes ineffaçables et rendre ta vie très merdique. Promets-moi d’être vigilent"

Bill: "As-tu déjà écouté de la flute amérindienne? " Dit-il assez stoned

Betty: "Je n'ai pas la tête à la musique en ce moment. J'ai eu une surcharge de travail liée à une commande un peu particulière. Tu vois de quoi je parle?" Lui souffla-t-elle à l'oreille

Bill offrit à Betty un large sourire niaiseux, accompagné d'un regard tourné vers l'absence. Elle vérifia son acuité pendant que son ami était en train de partir gentiment entre la réalité et le monde artificiel

Bill: "J'aime la sérénité qu'elle procure… Et là où elle te transporte… L'ambiance qu'elle dégage me fait penser… A l'altitude. Calme... Silence... Flottement... Apesanteur… C'est ça,.. Je dois prendre de l'altitude… Il faut que je prenne de l'altitude… J'adore ces sensations…"

Le débit de parole de Bill passa de ralenti à extrêmement mollasson jusqu’à ne plus être audible

 

LE CHASSE SPLEEN-4

 

 

Bill est dans le passage semi réel qui procure plein de sensations émotionnelles qu'un fœtus pourrait ressentir: flottement, sécurité, bien-être, sensation de pleine conscience, ambiances externes parasitées. Il humait le parfum discret de Betty, très léger, qui lui évoquait une prairie en fleurs dans laquelle il s'allongeait pour ressentir l'odeur. Il avait toujours apprécié ce décalage qui rendait Betty libertaire et attachante, entre son style sportswear décontracté chic, son caractère un peu mec bien trempé qui s'affichait à travers des répliques directes, fidèles à ses pensées. Sa féminité apparaissait à travers certains détails furtifs comme un parfum, une attitude, un sourire, un remerciement, étant les reflets authentiques de la face cachée de Betty. Comment avait-il pu s'éloigner de cette femme au point de l'oublier?

La chimie aidant, Bill visionnait des sensations très agréables qui envoyaient des séquences de vie, partagées. Il était en train de parcourir émotionnellement des moments de plénitude concernant ses années universitaires passées à ses cotés. Il observait Betty, radieuse, à travers cette vie de couple qu'il pouvait 'toucher' du regard et revivre émotionnellement. Ces sensations envahissantes le firent larmoyer. Dans ce même instant très spécial, il perçut l'énergie d'amour qu'elle lui témoignait. Cette révélation lui fit comprendre pourquoi Betty l'assistait dans ce voyage personnel. Avant cette perception, ce facteur féminin était indicible. Devenu limpide, il n'en était pas moins, profondément touché

 

LIMITE DE LA FREQUENCE-5

 

 

Par cette persuasion limpide je me demandais si j'étais, à ce moment là, aux commandes ou si l'excitation chimique avait fait ressurgir ce coté faussement sentimental? Ma vision tridimensionnelle avait changé et tout en regardant l'appartement de Betty, je captais certaines vibrations électriques qui scintillaient lorsque je focalisais un objet. Mais j'étais encore dans la troisième dimension. La vision restreinte des cinq sens me faisait ressentir la limite du pouvoir de persuasion, comme court-circuitée. Mon esprit devait chercher autre chose, un autre je ne sais quoi, qui permettrait de focaliser ces entités transparentes. Fermant mes paupières, je concentrais mon énergie cérébrale vers une autre possibilité, le regard de l'esprit, celui qu'on n'interroge jamais, celui que l'on n'invite jamais à vibrer pour ouvrir un champ visuel beaucoup plus puissant. Voilà ce que je cherchais à atteindre. Après dix minutes de voyage interne Betty, toujours à mes cotés, surveillait la tension, les graphiques, les spasmes, l'état de mon cerveau. J'étais en train de reprendre mes esprits

Betty délicatement: "Ca va? Prends ton temps... Tout c'est bien passé"

Bill: "Non, je suis encore stoned... J'attends d'émerger"

Il était sous le choc. Il resta sur le sofa pour récupérer et penser à son voyage, prendre du recul sur cette expérience qui fourmillait d'informations

Betty: "Tu es enfin parmi nous. Tu peux me parler maintenant?"

Bill: "Je pense y arriver, je vais essayer"

Betty: "Peux-tu raconter, succinctement, ou c'est trop tôt?"

Pendant qu'elle surveillait l'acuité de Bill, elle déposa un dictaphone à coté de sa tête et commença à enregistrer. Bill regarda le visage détendu et souriant de Betty qui laissa tourner l'enregistrement de l'encéphalogramme à des fins de surveillance et d'analyse. Bill était très éprouvé par cette introspection de vingt minutes. Sans se presser, il récupéra son esprit, à son rythme et reprit possession de ses facultés analytiques. C'était une première de taille pour ce chercheur qui était devenu, à la fois, acteur de son action et producteur de ses réflexions

Bill: "Je n'ai pas réussi à les capter. Il y a comme une frontière énergétique, inexplicable, qui bloque la direction du signal. Il est possible que cela vienne de mon inexpérience ou de l'incapacité de mon cerveau à générer la part d'intelligence dont j'ai besoin, ou d'une fonction que nous n'avons pas. Je ne sais pas quoi penser actuellement

 

Il va falloir que j'analyse à tête reposée tout ce matériel vidéo-subliminal. Ces images sont perçues par mon esprit comme un spectacle multi-sensoriel à grande échelle. Mais je ressens,en même temps, que son déploiement ne s'arrête pas à ce niveau. J'ai pressenti des paliers supérieurs, inatteignables pour moi. Je dois comprendre et travailler dans ce sens. Tu as fait de l'excellent travail Betty. Tu es une partenaire de grande valeur. Merci pour ce voyage réussi!"

Betty: "Je sais. C'est pour ça que tu m'as choisi, pour mes performances inoubliables. Je vais comparer les tracés de ton voyage et nous analyserons les passages intéressants - à fortes densités sur le graphique - pour les interpréter, Okay?"

Bill: "Où sont mes notes? Je dois les relire. Il y a quelque chose, en apparence banale, que je n'ai pas capté et qui servira à me mettre sur la voie"

 

LE CONTACT-6

 

 

Deux autres semaines s’étaient déjà écoulées pendant que Bill usait son temps entre la vie au boulot, des recherches sur internet et ses insomnies passagères. Cette cellule translucide faisait effectivement partie de sa vie nocturne, mais ses rêveries fréquentatives lui témoignaient des visions disparates et dépourvues de sens. Il continuait cependant à retranscrire de nouveaux détails pour exercer la focalisation de sa mémoire éveillée à travers une traduction assidue de foisonnement d'images. Cependant, après de nombreuses réflexions sur le contenu de ces voyages nocturnes, il ne comprenait pas le but de cette découverte. Et au-delà de ces considérations scientifiques, cette sensation le mettait mal à l'aise car il ne maitrisait pas la possibilité d'imposer un contact à son esprit. Il ressentait cette connexion particulière comme une alerte voulue ou autorisée. C'était difficile à exprimer, trop indicible pour être persuadé d'une quelconque vérité

En faisant des recherches sur le web, en parcourant des forums sur l'avancé de synthèses biologiques, il fit la connaissance de Jesse. Ils avaient rapidement échangés des correspondances privées d'un intérêt particulier. Bill lui avait confié qu'il rêvait d'images répétitives concernant une entité indescriptible qu'il supposait évoluer dans notre environnement terrestre, mais dont la particularité technique la rendait invisible. Pourquoi rêvait-il de ce phénomène étrange?

Quel en était le message implicite?

Aucune idée. Après plusieurs e-mails, Jesse lui fit la confidence que le contact rêvé faisait peut-être partie de notre environnement. Comment était-il possible d'observer quelque chose que personne ne voyait? C'était incompréhensible pour Bill

Jesse, ancien astronaute de la NASA, expliqua que ce matériel biologique s'était peut-être invité chez nous, dans notre monde, sans autorisation. Cette entité physique aurait du être maitrisée par l'armée depuis très longtemps et leur présence dévoilée à l'humanité. Cependant, des sources hautement crédibles protégeaient l'accès à ces informations par le secret Défense, toujours pas déclassifié. Bill avait du mal à digérer ce qu'il lisait dans l'e-mail de son correspondant. Jesse lui confirma que les services du Renseignement étaient au courant, qu'ils avaient ordre de rester dans un mutisme total et surtout, sans aucune intervention de neutralisation. Bill n'en revint pas. Jesse lui fit comprendre qu'il était dangereux d'approfondir le sujet sur le web et pensait qu'il serait préférable de se rencontrer afin de joindre l'utile à l'agréable

 

B-MORE-7

 

 

Bill est en avance et attend debout à l'accueil de l'aéroport, muni d’une feuille de papier avec son prénom écrit en caractère gras, une personne qu'il n'avait jamais rencontré, mais dont il appréciait sa conversation. Après avoir récupéré son contact, Jesse lui fit part d'une petite surprise culinaire sur le port de Baltimore. Il connaissait un petit restaurant charmant qui préparait une merveille de crustacé. Il faut savoir que B-more est la spécialiste du homard Canadien, le meilleur de la cote Est des États-Unis. Il était 11h30 et c'était l'heure de pointe pour la pause déjeuner. Pendant qu'ils traversaient le port de plaisance dans un flux abondant de personnes aussi pressées qu'affamées, ils se rapprochèrent du fameux restaurant de la croisette. Jesse MERCURY était un homme élégant, d'une grande courtoisie et - comme certaines personnes de son âge - parlait avec tact et précision, tinté d'une charmante pointe d'ironie

Jesse: "Savez-vous pourquoi je vous ai donné rendez-vous à B-more? J'adore, à l'occasion, venir me détendre en bonne compagnie d'un homard. Au fait, j'espère que vous appréciez ce met délicat, car ce restaurant ne sert que ça!"

Bill: "Oui, mais je n'ai pas souvent l'occasion d'en manger. Je vous remercie pour cette invitation Jesse, j'apprécie beaucoup. Mais croyez-vous que l'endroit soit approprié pour discuter?"

Jesse: "Précisément mon jeune ami, et sachez que rien ne vaut une conversation intéressante dans un lieu commun qui grouille de papotages. Savez-vous que le homard ne possède aucun facteur agissant sur le vieillissement de ses cellules?

Il sécrète en permanence une enzyme qui renouvelle ses télomères dans la totalité de son organisme. Il doit avoir une vigueur que beaucoup d'hommes envieraient, moi le premier, si vous voyez ce que je veux dire!

Tout le monde se fout de ce que vous racontez, ici. Regardez autour de vous. Ces personnes ont tout juste une heure pour déguster leur crustacé tout en racontant leur petite histoire du moment. Croyez-vous qu'elles aient le temps d'écouter ce qu'il se passe à la table d'à coté? Cela fait partie d'une des facettes de notre société: l'anonymat dans un bain de foule. Quel paradoxe monstrueux

Connaissez-vous la règle la plus respectable à protéger, Bill, où que vous soyez? La discrétion. Les gens adorent la discrétion et apprécient surtout les personnes qui savent l'utiliser parce qu'elle protège de tout. Moins on vous focalise, plus vous avancez. Moins de personnes mettent le nez dans ce que vous faites, plus votre sécurité est renforcée

Mais plus vous êtes précautionneux, plus vous intéressez les curieux qui vous observent. Vous comprenez ou je veux en venir?

Tout ce que je vais vous dévoiler est en partie vérifiable. Il suffit de savoir ce que l'on doit chercher"

Jesse MERCURY, ayant participé à des missions top secrètes, avait été impliqué dans un projet appelé: Project Alien Entity Biological (AEB) du département des affaires interplanétaires, l'AIS. Il datait de la fin des années 60's et fut classé top secret (niveau U32) par l'agence de renseignements militaires, le programme spatial de la NASA, et tous les comités civils d'études scientifiques

Jesse: "Mangez votre homard avant qu'il ne se réchauffe! Et pendant que vous avez la bouche pleine, je vous raconte toute l’histoire. Vous savez, il y a des phénomènes très troublant dans la vie à commencer par la source de votre projet. Savez-vous comment est-ce arrivée ? Elle vient d'une mission de reconnaissance dont l'objectif d'investigation et de recherche scientifique avait été exécuté à la fin de l'année 69's par la National Aeronautics and Space Administration (NASA), sur le sol lunaire. Elle avait rapporté, à son insu, des entités biologiques qui s'étaient invités à bord. La NASA les avait appelé Twigs car elles ressemblaient à de petites brindilles translucides. Pendant la mise en quarantaine des astronautes, une caméra ultra sensible - récupérée sur un aéronef ovale - avait filmé cette manifestation insolite qui volaient dans le sas de confinement

Il y en avait un nombre considérable. Translucides et de petite taille (pas plus 4.5 cm), les Twigs évoluaient avec une extrême vélocité dans un déplacement incessant. La NASA conserva plus de quinze jours d'enregistrement d'un spectacle stupéfiant, visible par cette seule caméra

En 70's, mon accréditation permettait – ainsi qu’au personnel habilité - de consulter des informations classées secret ‘Ultra’ et au-delà, comme le fut cette découverte insolite. Les astronautes n'ont jamais ressenti leur présence et n'ont jamais eu connaissance de leur existence physique. Ce fut classé définitivement Constellation d'Orion (CO), le plus haut niveau de l'échelle du secret Défense militaire. Après cet épisode, le projet (AEB) fut autorisé et financé en priorité de tous les programmes de la NASA afin de récupérer de l'information avancée et déterminer, au plus vite, la fonction précise des Twigs venant de notre satellite naturel. J'ai pris part à cette expédition qui dura seize jours. Et je suis toujours partie intégrante de la classification, d'où mon extrême prudence

 

 

Je vous demanderai de tirer vos propres conclusions afin d’établir les fondements de votre opinion. Je ne veux pas vous influencer. Je préfère les autodidactes qui font confiance à leur instinct. Et je pense avoir trouvé la personne qui fera apparaitre cette problématique qui dure depuis trop longtemps. Je ne crois pas me tromper sur votre potentiel intellectuel et j'ai toute confiance en vous, Bill. Vous allez devenir le moteur du développement de cette expérience passionnante. J'ai quand même une sacrée longueur d'avance sur ces connaissances, et j'ai ma petite idée sur la question de savoir comment connecter la vision sur la fréquence de ces biologiques. Nonobstant, je vous laisse le soin de découvrir ce nouveau monde. Décidez par vous-mêmes et surtout, faites votre propre travail en toute objectivité

Plusieurs conseils pour consulter les recherches sur ce sujet: surfez exclusivement par les accès publics et pas dans le même lieu. Utilisez votre computeur, le temps de vos recherches et téléchargements, puis coupez-le après dix minutes d’utilisation

Trouvez-vous plusieurs lieux différents loin de votre résidence et laissez votre Smartphone chez vous ou au travail, ces jour-là. La géo-localisation est un espion redoutable dont il faut tirer parti. Connaissant vos capacités, je suis certain que vous ferez bon usage de ces trouvailles scientifiques. De toute façon, nous restons en contact"

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