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Iridium

De
151 pages
Un vaisseau spatial chargé de détruire la Terre, il y a 65 millions d'années, mais qui s'écrase sur celle-ci. A notre époque, Emmanuel ROME, géologue professeur d'université, mène des recherches au Guatemala sur les extinctions dans les mers des temps reculés. Ces deux événements sans rapport a priori, se télescopent néanmoins par hasard, lorsque le chercheur découvre des fragments de l'engin. Notre « héros malgré lui » tombe alors dans les engrenages d'une guerre silencieuse et souterraine, mais implacable. Les événements et les personnages qu'il rencontre, lui démontrent que le dernier combat de l'Apocalypse a commencé. Il sera broyé dans la tourmente, mais pas complètement, car les forces de résistance veillent également.
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Iridium
Sinfrac Silhert
Iridium





SCIENCE FICTION

























© Éditions Le Manuscrit, 2005
20, rue des Petits Champs
75002 Paris
Téléphone : 08 90 71 10 18
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-6561-6 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-6560-8 (livre imprimé)






« Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d'avoir droit à l'arbre
de vie, et d'entrer, par les portes, dans la cité. »

Apocalypse de Saint Jean, 22, 14.




























Avertissement

Les personnages, les organismes et les situations relatées dans ce
roman, émanent entièrement de l'imagination fertile de l'auteur.
Aussi, toute ressemblance ou tout rapprochement, que le lecteur
pourrait discerner, relèverait d'une coïncidence fortuite.








Il y a trois ans, la chance me fut donnée de
rencontrer un homme à la fois étrange et extraordinaire
au sens premier du terme. Très âgé, il occupait les
fonctions de coadjuteur dans l’évêché d’une grande ville
du sud de la France, dont je ne peux préciser le nom.
Parler avec lui et surtout l’écouter, revenait à s’enrichir
l’esprit et le cœur à chaque seconde. Voilà certainement
la raison pour laquelle nous sommes devenus de vrais
amis malgré la différence d’âge. Le père Meronuel était
entré tardivement en prêtrise, à l’âge de cinquante ans ;
un certain mystère demeurait d’ailleurs sur sa vie
antérieure dont il ne parlait jamais. Par courtoisie et
discrétion, je n’évoquais même pas la question, devinant
qu’il l’aborderait de lui-même, quand le moment
viendrait. Il répondait clairement aux questions les plus
délicates : l’origine et la place de l’homme selon la raison
et la foi, le bien et le mal, pourquoi la souffrance, etc…
Sa culture scientifique égalait sa connaissance
théologique, ce qui lui permettait de jongler avec l’une
et l’autre sans jamais les opposer, mais au contraire en
les reliant harmonieusement. Parfois, ses silences
s’accompagnaient néanmoins d’un regard perdu qui
disait qu’une grande tristesse l’envahissait tout à coup.
Ayant terminé ma formation universitaire, mes
projets professionnels m’obligèrent à quitter la région.
Adieu nos conversations sur le monde, l’homme et
11 IRIDIUM
Dieu ! J’allais me séparer du cordon culturel et spirituel :
quelle peine !
Quelques jours avant mon départ, le père Meronuel
m’informa qu’il désirait se confier à moi. Il portait seul
le secret de son histoire depuis si longtemps ! Il me fit
promettre de ne pas la divulguer tant qu’il vivrait.
Aujourd’hui, ce grand homme nous a précédé « dans la
maison du Père », ainsi qu’il se plaisait à dire. Aussi j’ai
décidé de la raconter, en changeant les noms propres et
les lieux, afin que personne ne puisse se reconnaître. La
narration qui suit peut sembler incroyable tellement le
fantastique y prend part. Quand je l’écoutais encore, je
ne doutais pas de sa sincérité. Je laisse le lecteur juger.
12 SINFRAC SILHERT








1 – LA DECOUVERTE


La sueur coulait sur les sourcils d’Emmanuel Rome
et d’ailleurs partout sur son corps. La sensation imposée
par ses vêtements collants l’énervait. Evidemment le
climat de septembre au Guatemala ressemblait peu à
celui de la région parisienne, mais il travaillait pour la
bonne cause et l’espoir d’une découverte importante le
dopait à fond. Salvador arrêta la marche et posa son
fusil, la crosse à terre en tenant le canon par la main.
– Es aquí Señor, dit-il en montrant la pente de sa
large main.
C’était donc le fameux affleurement d’El Caribe que
sa collègue américaine, Claudia Lekker, lui avait signalé.
Tout de suite, son flair de géologue lui dit que le site
valait une bonne étude détaillée. Les strates calcaires, en
superposition horizontale du bas de la pente, devaient
appartenir au Crétacé et celles de la falaise, au-dessus,
représentaient probablement le Danien, la base du
Tertiaire. Déjà, Emmanuel Rome voyait à peu près la
limite entre les calcaires de l’ère secondaire et ceux de
l’ère tertiaire. Il observait devant lui les témoins du
moment critique de la grande crise biologique, bien
connue grâce à la disparition des Dinosaures. Ici, ces
dépôts marins maintenaient emprisonnés les effets de
13 IRIDIUM
l’événement extraordinaire, survenu il y a 65 millions
d’années, à 550 kilomètres plus au Nord. En effet,
l’école américaine, vers 1990, avait situé le cratère
d’impact de la météorite responsable du cataclysme, au
Nord du Yucatan, sous le petit village de pécheurs
nommé Chicxulub. La thèse d’Emmanuel Rome traitait
de la même limite, mais en Europe, où les conséquences
de la chute météoritique restaient plus subtiles à
discerner. Son étude, néanmoins brillante, avait pesé
dans sa nomination comme professeur de géologie à
l’Université des Sciences de Paris. Aujourd’hui il
subodorait un enregistrement plus spectaculaire du
phénomène dans de ces dépôts calcaires si proches du
lieu d’impact.
Salvador allumait une cigarette après avoir soulevé le
bord antérieur de son feutre de cow-boy. Un léger
sourire anima sa lourde face typée qui laissait présumer
une filiation assez directe avec ses ancêtres Mayas.
L’excitation du Señor Rome l’amusait. Son travail de
guide payait bien et permettait d’apporter un peu de
frivolités dans sa famille ; d’autant que les français
réglait en dollars. Il y a trois ans, il avait mené ici des
américains qui montraient de la condescendance et le
prenaient pour un plouc d’indien, tandis que le français
se révélait plus fraternel ; d’ailleurs il partageait le casse-
croûte avec lui. Tous les étrangers, voulant parcourir ce
secteur d’El Petén, désiraient un guide armé à cause des
guérilléros. La frontière avec la région mexicaine du
Chiapas se trouvait à une dizaine de kilomètres et des
bandes armées de trafiquants en tout genre parcouraient
les sentiers. En fait, Salvador les connaissait pour la
plupart. Natif du village d’El Caribe, au bord du Rio
Salinas qui matérialisait la frontière, il se savait
14 SINFRAC SILHERT

suffisamment connu pour qu’on n’importune pas un
étranger sous sa protection.
Quasiment au même instant, les deux hommes se
déharnachèrent de leur sac à dos. Emmanuel Rome tira
la carte topographique pour vérifier la situation exacte
avec ses coordonnées et Salvador commença à donner
de la machette sur quelques arbrisseaux qui gênaient
l’observation des roches au bas de la montée. Puis le
géologue commença l’étude de l’affleurement selon sa
méthode habituelle. D’abord, parcourir l’ensemble pour
reconnaître les principales unités ; il en distingua trois : à
la base, les derniers dépôts de l’ère secondaire relatifs à
une mer peu profonde, ensuite trois mètres d’une
brèche, c’est-à-dire de nombreux fragments anguleux et
ressoudés, résultat de la projection de roches écrasées
lors du choc météoritique. La limite si importante pour
l’étude géologique, se situait au sommet de la brèche.
Au-dessus venaient des marnes et argiles en petits bancs
réguliers prouvant qu’après l’impact, la mer calme de
l’ère tertiaire avait recouvert de nouveau l’ensemble.
Ensuite Emmanuel Rome dessina schématiquement la
colonne géologique puis commença l’échantillonnage an
cassant les bancs calcaires au marteau. Chaque
échantillon, d’environ sept centimètres cubes, était
numéroté et fléché au feutre noir, puis reporté sur le
schéma en notant une première description
macroscopique en marge. A intervalles réguliers, il
posait tout et mesurait l’épaisseur échantillonnée afin de
dresser ultérieurement un croquis à l’échelle. En fin
d’après-midi, la descente du soleil vers l’horizon plongea
l’affleurement dans l’ombre d’un seul coup. Plus
question de prendre les photographies et de toute façon
il fallait revenir car un examen plus fin de la limite se
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