Iris Chevalier et la pierre élémentaire

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En ce début d’année scolaire, Iris Chevalier est assaillie par le doute. Elle souffre de maux de tête incompréhensibles quand elle télépathe. Son grand-père Nekoha, roi déchu, lui annonce des changements notoires au collège de Vinci. Pour couronner le tout, il lui est impossible de se rappeler ce qui s’est passé le jour de l’ouverture de la porte vers la Galoucie ! Et alors qu’elle a perdu tout espoir de retrouver son père, elle reçoit une enveloppe mystérieuse contenant une lettre énigmatique et une boussole qui n’indique pas le nord. Il n’en faut pas plus à Iris, pour se lancer avec ses deux amis galouks, Lucas et Angèle, dans une nouvelle quête qui leur fera vivre une aventure fantastique singulière pétrie de rebondissements !
Ce roman est le tome 2 de la trilogie Iris Chevalier
Publié le : vendredi 9 octobre 2015
Lecture(s) : 3
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791026202967
Nombre de pages : non-communiqué
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Florence Cabre Iris Chevalier et la pierre élémentaire
© Florence Cabre, 2015
ISBN numérique : 979-10-262-0296-7
Courriel : contact@librinova.com
Internet : www.librinova.com
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À mon père, À ma mère,
À tous les autres Galouks.
I – Mon sale caractère
— Tu me passes le journal, là ?
Angèle montre du doigt le dernierSciences et Naturesur la pile de bandes posé dessinées et de magazines près de moi. Nous sommes toutes les deux couchées sur le lit à baldaquin dans ma chambre chez mon oncle Aton. Il fait encore chaud à Paris en ce mois de septembre et j’ai ouvert la fenêtre en grand. C’est la première fois que nous nous revoyons depuis le jour où nous avons ouvert le passage vers la Galoucie. Nous attendons l’arrivée de Lucas pour aller ensemble acheter les fournitures scolaires. Angèle Barlès et Lucas Angot sont mes meilleurs amis. Je les ai rencontrés au début de l’année dernière quand je suis arrivée au collège de Vinci. Ils m’ont tout de suite plu. Angèle est la plus sympa des filles que je connais. Elle est pleine d’esprit et ne loupe pas une occasion pour faire le pitre. Ses yeux dorés brillent de malice. Elle ramasse souvent ses longs cheveux châtains en un chignon négligé. Elle porte des baskets violettes et trouées par endroits qu’elle ne quitte jamais. Quant à Lucas, c’est un garçon gentil, intelligent et très gourmand. Il est blond et couvert de taches de rousseur. Il a surtout un sourire magnifique avec des dents bien alignées. Nous sommes inséparables. Pour preuve, l’année dernière nous avons fait un pacte de sang. C’est un rituel qu’Angèle a inventé le premier jour où nous nous sommes rencontrés. Cela nous permet, quand nous en sentons le besoin, de nous rappeler que, d’un, l’union fait la force, et que de deux, nous nous soutiendrons toujours, qu’importe la situation. Ce rite consiste à joindre nos index et à prononcer ces mots : « Nous sommes maintenant frère et sœurs de sang, rien ne pourra nous séparer. Je jure par ce pouvoir du doigt ensanglanté : fraternité, amour et courage ! »
Mine de rien, il nous a servi plus d’une fois au cours de l’année dernière, car il s’est passé des faits extraordinaires et dignes des plus grands romans d’aventures !
Avant tout, la chose qu’il faut que vous compreniez est que toute cette histoire ne serait pas arrivée si je n’avais pas eu ce sale caractère.
Le premier événement majeur est le jour où, énervée, j’ai jeté le collier de Maman dans l’eau du canal qui rejoint Nantes à Brest. C’était il y a deux ans. Ne me demandez pas pourquoi exactement ; je ne pourrais vous le dire. J’étais hors de moi ; ça, c’est sûr ! L’impression générale de cette période post-adolescente et ombrageuse est que toutes les bêtises ou fautes commises chez moi m’étaient toujours attribuées. Ma petite sœur, Marguerite, dite Maguy, toute mignonne de son état, était évidemment hors de cause. Mon frère, Tristan, qui a maintenant cinq ans, rigole depuis qu’il est né et ne pouvait, à cause à son jeune âge, être tenu pour responsable d’aucune bêtise. Quant à mes parents, les délits ne pouvaient leur être incriminés pour une raison simple qui est que ce sont précisément des parents, et que les parents, c’est connu, ils ont tout le temps raison. Toujours est-il que, ce jour-là, je me suis emportée une fois de plus, une fois de trop.
Le fait d’avoir jeté ce collier dans l’eau a été le déclencheur d’une série d’événements majeurs dans ma courte vie de treize ans.
Un an plus tard, mon père a disparu. Attention, ce n’est pas un mot plus acceptable pour dire qu’il est mort. C’est vraiment qu’il a disparu, s’est envolé, volatilisé ! Personne ne sait où il est. Nous n’avons retrouvé que ses clés de voiture, son ticket de loto et son journal du dimanche daté du jour de sa disparition.
J’ai sans aucun doute très mal pris cet événement. J’avais déjà l’impression d’avoir été adoptée avant que mon père ne soit plus à la maison, mais là, c’était pire. J’avais des sautes d’humeur pas possibles. Je pleurais, mais ne l’admettais jamais. Je détestais mon école et ne comprenais pas les réactions de mon entourage. J’en voulais à la Terre entière. C’est pour cela que ma mère a décidé de m’envoyer vivre chez son frère Aton, que je croyais complètement marteau à l’époque. À partir de ce moment, je me suis mise en tête de retrouver mon père coûte que coûte.
Aton possède un grand appartement à côté de la rue Madame à Paris. Il est musicien et jusqu’à il y a encore un an, il se croyait fou. Quand ils étaient jeunes, ma mère et Aton avaient été trouvés au Jardin du Luxembourg sans un sou, et surtout, sans mémoire. Aton était muet ou plutôt, quand il essayait de parler, les phrases sortaient de sa gorge sous forme de chants et de bruits étranges. Maman avait toujours prétendu qu’elle pouvait converser avec lui dans sa tête, mais personne ne l’avait crue. Finalement, Aton avait réussi à se construire une existence pour le moins atypique grâce à ses talents pour la musique, jusqu’à ce que j’arrive dans sa vie en septembre de l’année dernière.
Les premiers temps avec lui avaient été très étranges. Il était muet. Je me souviens du premier jour où il m’a ouvert la porte d’entrée ; avec sa grande taille, ses énormes mains et son regard fuyant, il ressemblait à un ours pris au piège. Quelques semaines après, je me suis rendu compte que, tout comme Maman, je pouvais communiquer avec lui en télépathant. Aton a commencé à changer de personnalité et nous avons trouvé une solution pour qu’il puisse parler. Il a rencontré des amis. Il est devenu plus joyeux et, pour finir, il a enfin réussi à regarder les autres dans les yeux.
À ma grande surprise, j’ai découvert que mes pouvoirs télépathiques ne se limitaient pas seulement à converser avec Aton, mais aussi avec d’autres personnes de mon collège. Avec Angèle, avec Lucas.
— Alors Iris ? C’était bien, tes vacances ? me demande Angèle sans me regarder.
— Tu parles de vacances ! ... On est allés en Bretagne, chez Tatie Paulette et Tonton Gillou, comme tous les ans. Mais tu sais, depuis la disparition de Papa, ce n’est plus la même chose.
— Hum, fait Angèle en feuilletant le dernier numéro deSciences et Nature.
— Et tes cousins… Hugo, Hélène ? reprend-elle, nonchalamment.
— Hugo… il a arrêté de faire des trous dans toutes les feuilles du potager de Tatie
Paulette. C’est déjà ça ! Sa nouvelle invention, cet été, c’était de faire du skate-board sur la route. Il se faisait traîner avec une corde par son copain Robin sur un scooter. Bien sûr, Tatie Paulette a trouvé ça aussi dangereux que de tirer des balles avec sonbibi gun. Elle lui a confisqué la planche au début des vacances. Hugo, il s’en fichait ; il se servait des skates de ses copains. Tu devrais le voir. Il parle toujours avec ses expressions rigolotes, par exemple, le dernier jour des vacances ; tu sais ce qu’il m’a dit ?
— Hum, refait Angèle sans décoller le nez de son magazine.
— Il m’a dit que tu étais une grosse patate poilue et qu’il allait sans doute te faire revenir avec des oignons avant de te manger, prétendissé-je, irritée.
— Hum, c’est bien.
— Comment ça, c’est bien ? Angèle, tu ne m’écoutes pas du tout, là ! m’exclamé-je en élevant le ton.
— Oui, c’est bien, redit-elle, machinalement.
« Il était un petit homme... pirouette, cacahuète… ! »chanté-je très fort en télépathant.
Angèle tressaille, ouvre de grands yeux et me regarde, surprise.
« Non, mais t’es pas un peu folle dingo de crier comme ça dans mon cerveau ? »
« Mais tu me poses des questions et tu n’écoutes pas la réponse ! Je te signale que je viens de te dire que Hugo allait te manger avec des petits oignons et que tu n’as pas bronché ! »
« Pourquoi ferait-il cela ? »répond-elle dans ma tête, l’air candide.
« Laisse tomber. Bon, il arrive quand, Lucas ? »demandé-je toujours par télépathie.
La sonnette de la porte retentit. Je saute du lit, suivie d’Angèle, et cours à travers l’appartement dont les craquements du parquet ancien résonnent à tout-va. Au passage, je rencontre la tête hirsute d’Aton dans l’entrebâillement de la porte de son bureau.
« Moins fort, Iris ! »hurle-t-il dans ma tête.
« Ah ! Bonjour Lucas »,fait-il avec un sourire, ravi dès que Lucas pointe le bout de son nez.
Je saute dans les bras de Lucas. Je ne l’ai pas vu de tout l’été, depuis le jour où nous avons réussi à ouvrir le passage de la Galoucie. Je suis hyper contente de le voir. Lucas rougit et m’embrasse le haut du crâne. À cet instant, je me rends compte qu’il a dû grandir d’une bonne tête pendant les vacances. Angèle et moi avons également pris quelques centimètres. Je sais que les Galouks mûrissent et se développent plus rapidement que les humains. Mais là, c’est impressionnant. Lucas non seulement est grand, mais il est musclé et je crois deviner un duvet sur ses lèvres. Angèle avance et lui frappe doucement l’épaule avec son poing. S’ensuivent plusieurs accolades gauches et rapides accompagnées de rires aux anges.
Nous sommes dans la cuisine et dévorons les biscuits que Lucas a préparés lui-même et qu’il nous a apportés. Aton a fait du thé au citron que nous sucrons avec des tonnes de miel
d’acacia. Nous nous asseyons à la table de l’office et nous nous délectons d’un reste de dessert aux framboises à la crème et aux feuilles de menthe. Nous rions de la transformation de la voix de Lucas. Elle est maintenant rauque et profonde, presque comme celle d’un homme. Je raconte avec humour à Lucas la conversation qu’Angèle et moi avions avant qu’il ne sonne à la porte. Angèle s’indigne :
— Mais je lisais un truc super intéressant sur la puissance du cerveau humain et sur ses capacités !
— Plus intéressant que les aventures de mon cousin Hugo ? relancé-je, vexée.
— Selon le journal, les humains n’utiliseraient que dix pour cent de leurs capacités intellectuelles. Le journaliste défend l’hypothèse que quatre-vingt-dix pour cent des neurones des humains ne sont peut-être pas actifs. Ils seraient en quelque sorte endormis. Ces neurones seraient des traces de mémoire, dans l’attente d’un stimulus, récite Angèle, fière comme Artaban qui aurait avalé un coq.
— On cgeje shoit sha, Angklèle ! ssjne te raklqpelle qudse nofgus somqdqes Gallkdqsouks ! s’exclame Lucas, la bouche pleine de gâteau.
— Euh, Lucas, il faut que tu répètes, là ! On n’a rien pigé à ce que t’as dit ! râlé-je.
Lucas déglutit. Ça fait un drôle de bruit. Il inspire.
— Je disais qu’on le sait, ça ! Nous sommes Galouks !
— Oui, c’est simplement que les humains commencent à se rendre compte de ce qu’ils pourraient faire s’ils savaient se servir de leur cerveau comme nous, explique Angèle.
— Je t’arrête tout de suite ; personne d’humain ne soupçonne notre existence, et si quelqu’un a eu le malheur de connaître notre société l’espace d’une demi-journée, le malheureux a dû perdre toute sa mémoire… Tu connais les lois de la Galoucie ! commenté-je.
L’année dernière, j’ai découvert que j’étais Galouk. Ce n’est pas une maladie ! Les Galouks sont des extraterrestres qui sont venus coloniser la Terre il y a des millénaires. En général, ils ont des cerveaux beaucoup plus développés que ceux des humains et, de ce fait, pratiquent entre autres, la télépathie. Ils habitent en Galoucie pour la plupart. Il y a un peu plus de vingt ans, le gouvernement en place a été renversé par Otaktay (le frère du roi) et tous les passages entre la Galoucie et le reste de la planète ont été bloqués. Les Bidujots (touristes ou expatriés galouks) sont restés coincés hors de leur pays d’origine. Le roi déchu, Nekoha, est mon grand-père, le père de ma mère Tara et de mon oncle Aton. Grâce au concours de mes amis, j’ai pu ouvrir une des portes et lui permettre ainsi d’arriver à Paris, au Jardin du Luxembourg, pour être exacte. Je ne suis pas seule à être Galouk. Mes deux amis le sont ; certains professeurs du collège De Vinci également.
Les lois de Galoucie sont très sévères en ce qui concerne le secret de notre existence. Par exemple, la première loi connue de tous Galouks stipule qu’à aucun moment un Galouk ne peut divulguer à une autre espèce son origine galouk, de quelque manière que ce soit. La peine encourue est la perte de mémoire instantanée de sa famille, de sa maison, de sa patrie. Les règles sont strictes, mais sans elles, nous pourrions vite nous retrouver sur une table de dissection avec des aiguilles plantées dans tout le corps, servant de cobayes ou d’expériences
à un savant fou humain !
Lucas nous raconte maintenant son voyage en Italie avec sa famille pendant l’été. Il a bu des schiumatos et des espressos aux terrasses de cafés de Rome. Ils ont fait le tour de tous les galeries et musées de Venise, car sa mère, Virginie, est une amatrice d’art.
— On a fait du camping tout l’été. C’était génial. Il y avait une piscine immense. On a aussi rencontré un Galouk que mon père connaissait. Alphonso Calvini. Son fils, Tito, était jusqu’à maintenant au collège Michel Angelo à Rome. Il vient à Paris cette année et il sera en quatrième comme nous.
— Peut-être qu’il sera dans la même classe que nous. Vous croyez que Charfite sera là cette année ? Avec tout ce qui s’est passé à la fin de l’année dernière…, fais-je, pensive, en me resservant un plein bol de framboises.
— De ce que mes parents m’ont dit, le collège reprend comme d’habitude. On va revoir tout le monde, répond Lucas en lorgnant le reste des fruits.
— Et la bande de Paul Cabochi aussi ! réplique Angèle en faisant une grimace.
— On verra. Ils ne nous font pas peur, de toute façon ! Vous croyez qu’ils seront au courant ? m’inquiété-je, d’un coup.
— De quoi ?
— Mais, Angèle, de l’ouverture de la porte, du fait que le roi Nekoha s’est échappé, qu’il est mon grand-pèr…
— … de ton pétage de plomb ? me coupe Lucas, le sourire aux lèvres.
— Je n’ai pas pété les plombs, martelé-je.
— Hun hun… T’appelles ça comment ? Le fait de hurler dans la nuit : « Apisi, où as-tu cru ça ? » et t’évanouir juste après.
— J’ai crié quoi ?
— Tu as crié un truc du genre : « Apisi, où as-tu mis ça ? » ou « Apisi, qu’est-ce que tu fais là ? » répond Lucas, tout à coup hésitant.
— Non ! Plus : « Apisi, où as-tu bu ça ? » corrige Angèle.
Je colle mes mains sur mon visage. Je n’ai pas souvent honte, mais là, j’avoue que oui. En partie parce que je trouve le ton de mes amis un peu dur, mais surtout parce que je ne me souviens de rien du tout. Je repousse mon bol de fruits. Lucas s’en saisit et l’attaque goulûment.
Angèle reprend :
— Vraiment, Iris ? Tu ne te souviens de rien ? Même pas quand tu as embrassé le bel Apisi sur la bouche et que tu t’es évanouie dans ses bras ?
— Quoi, hein ? Qui ?
Je tombe des nues.
— Ben, avec Apisi ! Tu nous as fait le coup deLa Belle au bois dormant, je te dis. « Apisi,
mais où as-tu pris ça ? » imite Angèle en minaudant.
Lucas pouffe.
— T’as hurlé cette phrase et tout le monde t’a entendue, continue Angèle, hilare.
— Tout le monde ?
— Oui, tu te souviens comment ça s’est passé, n’est-ce pas ?
— Non, Angèle. Je te dis que je ne me souviens de rien, répondissé-je, agacée, maintenant.
Je frotte mon front et essaie de me rappeler :
— Bien sûr, je sais que nous avions donné rendez-vous au Jardin du Luxembourg à une partie du MPSB* et à la bande d’Apisi. Je sais que nous avons réussi à ouvrir le passage vers la Galoucie. La porte… Hugo, Victor Hugo, qu’est-ce que la vérité ?… J’ai vu un grand arc-en-ciel, la porte s’est ouverte et le roi est arrivé. Les pleurs… Je sais que je parlais à Apisi et que je pleurais. Aton et Maman, si heureux… Je m’attendais tellement à voir mon père avec le roi. Il n’était pas là. Très déçue, j’étais très déçue. Je vous ai parlé et j’ai été si heureuse. Et puis Apisi, s’est approché de moi. Il a été si gentil avec moi. Il faisait nuit. Mon mouchoir est tombé par terre. J’ai demandé à Apisi s’il n’avait pas une lampe de poche pour le retrouver. Et puis, plus rien.
— Normal. Tu t’es évanouie en bonne et due forme, ma vieille, explique Lucas.
— Tout ce que je sais, c’est que je me suis réveillée une semaine plus tard dans mon lit. Mais c’est tout ! Aton et Maman m’ont soignée. Tous mes souvenirs de cette journée sont revenus petit à petit, mais j’ai un trou à partir de l’instant ou j’ai demandé à Apisi de m’éclairer.
— On ne faisait pas attention à ce que vous faisiez tous les deux. Et puis, tu as crié. Alors, on a regardé. Apisi te tenait dans ses bras. Je me suis approchée, mais pas très vite parce que vous vous embrassiez. On ne voyait pas grand-chose avec la nuit. J’ai vu Apisi te regarder dans les yeux. C’était un regard amoureux ! Il t’a embrassée sur la bouche, surenchérit Angèle avec un clin d’œil entendu.
— Sur la bouche ? murmuré-je en touchant mes lèvres du bout des doigts.
C’est la première fois qu’un garçon m’embrasse sur la bouche et je ne m’en souviens pas. C’est terrible, ça ! En plus, c’est Apisi qui m’a embrassée. Apisi, avec ses cheveux bruns en bataille, ses yeux ambre, son parfum de lavande. Mon cœur fait« boum »dans ma poitrine.
— Oui, et tu t’es évanouie dans ses bras. Il a levé la tête et a dit haut et fort : « Il y a un problème, là ! » continue Lucas.
— Tes parents ont accouru. Madame Tichaut a ordonné à tout le monde de rentrer chez soi et de garder le secret de tout ceci.
— Et Apisi ? Il est parti où ?
— Tout s’est passé très vite. On ne sait pas où il est passé. Il a dû rentrer chez lui avec sa bande de voyous, répond Angèle.
— Ce ne sont pas des voyous ! Ce sont des enfants perdus ; de jeunes Galouks sans famille qu’Apisi a pris sous son aile en attendant que la porte s’ouvre ! m’indigné-je.
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