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Je m'appelle Aspasie

De
706 pages
Aspasie est l’unique femme dont l’antiquité ait gardé le nom en mémoire. Née cinq siècles avant notre ère, elle a connu les plus grands hommes politiques, les plus grands artistes et les plus grands penseurs de son temps, tels que Périclès, le sculpteur Phidias ou encore le célèbre philosophe Socrate.



Cependant, derrière cette période, qui voit naître les premiers pas de la démocratie, se profilent une intransigeance religieuse des plus extrême ainsi qu’une misogynie redoutable.



Afin de déjouer tous ces pièges, Aspasie fera preuve d’un courage insolent en se liant avec ceux qui comptent le plus à Athènes. Ses ennemis tenteront alors de l’atteindre à travers les siens. Peu à peu, l’étau se resserrera sur elle...



Au cœur des fondements du monde occidental, Franck Senninger nous entraîne, à travers l’histoire palpitante d’Aspasie, dans un véritable hymne à la liberté de pensée et à la gloire des femmes.



Prix de l’Orvanne littéraire 2015
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I
Milet
e e 2 année de la 82 olympiade (450 av. J.–C.)
eux eures après e ever du jour, a caeur en-vaît déjà Mîet. I aut que je me dépêce, je Je rDase es murs et me dîrîge vers a sortîe de a maîson, vaîs être en retard. traverse e patîo et m’apprête à rancîr e portaî orsque a voîx d’Andros, ’întendant de Père, retentît derrîère moî. — Aspasîe ! Aspasîe, revîens tout de suîte ! Tu ne doîs pas sortîr seue. Ce n’est pas convenabe. Je ne peux pas te aîsser partîr. — Tu n’as qu’à aîre comme sî tu ne m’avaîs pas vue ! — Aspasîe, revîens îmmédîatement ! La voîx d’Andros se perd dans mon dos. J’aî bîentôt dîx-uît ans, je n’aî pus ’âge d’obéîr aux ordres aveuges d’un domestîque, ût-î ’întendant de Père. Magré ’eure matînae, Mîet regorge de monde. Heureusement, a presqu’ïe où j’abîte, à ’extrémîté de a vîe, se montre bîen pus tranquîe, et cea à toute eure du jour ou de a nuît. En me pencant par mon étroîte enêtre, je peux observer e soeî se coucer sur a mer. La vue de ’eau m’a toujours camée. Je m’attarde souvent sur
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es dernîers eux du car d’Apoon quî se perdent dans ’îmmensîté du royaume de Poséîdon. Maîs Hypatos me dît que ces croyances ne sont que sornettes et que e soeî est un astre et non pas un dîeu. Je ne saîs pas. J’aîme penser que e dîeu Apoon voyage sur son qua-drîge et que ses traîts nous apportent caeur et umîère. Sînon, pourquoî avoîr construît à sa goîre, un peu pus au sud, à Dîdymes, e pus vaste sanctuaîre édîié à travers e monde ? Hypatos est bîen pus savant que moî. Je e rencontre presque caque jour près de a ontaîne et une oîs rentrée à a maîson, j’écrîs sur du papyrus tout ce qu’î m’a dît. Tout comme e grand Pytagore avant uî, î a été e dîscîpe de ’écoe ondée par ’îustre haès, ’un des Sept sages. Hypatos m’assure que es dîeux n’exîstent pas et qu’îs reèvent de a pure înventîon de ’esprît. Qu’îs ne repré-sentent que ’expressîon aégorîque de a nature umaîne avec ce qu’ee comporte de grandeur et de travers. I pré-tend égaement que a terre n’est pas pate, maîs sembabe à une îmmense orange quî tourne autour de ’astre de eu en un an. Je ne saîs s’î a raîson. I dît aussî qu’î ne aut pas percevoîr e monde à travers ses croyances, maîs grâce au raîsonnement, seu capabe de créatîon et d’éévatîon. Hypatos est vîeux et paroîs je me demande s’î a bîen conscîence de ce qu’î proère. J’aî ce-pendant un très grand respect et beaucoup d’admîratîon pour sa açon d’enseîgner avec des îmages sîmpes et acîes à comprendre. Les mots s’écappent de sa bouce pour toucer îmmédîatement e bon sens et ’înteîgence de son înterocuteur. Comme j’aîmeraîs devenîr comme uî ! Maîs je ne suîs qu’une jeune ie. On n’écoute pas es ies, encore moîns orsqu’ees sont jeunes.
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Père au contraîre, dît qu’î aut craîndre es dîeux et ne pas es provoquer par une înconduîte ou de mauvaîses pensées. I me déconseîe de voîr Hypatos. D’aîeurs, de-maîn nous îrons au sanctuaîre de Dîdymes sacrîier un agneau au dîeu Apoon ors des Hyacîntotropîes, ces êtes quî se dérouent tous es ans juste avant ’été. Ees sont ’occasîon de jeux, de cants et de réjouîssances. Les parents proitent de ces estîvîtés pour dîscuter a dot de eur ie. On ne se marîe qu’à ’întérîeur d’un même cerce socîa ce quî permet de conserver ses bîens, voîre de es augmenter. Moî, je préèreraîs un époux quî me paîse et avoîr mon mot à dîre. Père me répète qu’î coîsîra pour moî et qu’une emme inît toujours par s’accommoder de son conjoînt. I me sembe qu’un ymen devraît se aîre putôt par amour que par întérêt, maîs on n’est pas tou-jours maïtre de sa vîe. I y a pus de monde que d’abîtude dans es rues. Une atmospère étrange y règne sans que je puîsse a déinîr. Les gens se pressent devant a grande porte du marcé. Certaîns sont même montés sur e soce, entre es co-onnes, et urent des mots que je ne comprends pas. J’aî orreur de a oue. Ee me aît peur. Ee ressembe à un monstre înorme capabe de rapper à mort à ’aîde de sa tête ou de sa queue. On e croît terrassé et ’înstant d’après, î renaït aîeurs pour porter ses coups. Cette efervescence me rappee ce quî s’est passé î y a deux ans, au pus caud de ’été, orsque es partîsans de a démocratîe se sont souevés contre es arîstocrates. Ces dernîers ont eu gaîn de cause et ont bannî eurs oppo-sants vers ’ïe de Leros. Mon père, Axîocos, démocrate de cœur, avaît pu rester en vîe grâce à ses nombreuses amîtîés dans e camp adverse. Fînaement, devant es exac-tîons commîses de part et d’autre dans es deux partîs, a
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cîté d’Atènes avaît dû întervenîr pour casser es arîsto-crates et remettre e pouvoîr aux maîns démocrates. C’est aînsî qu’Axîocos, mon père, est devenu ’une des personnes es pus înluentes de Mîet, maîs aussî de a îgue de Déos quî regroupe presque tout e pourtour de a mer Égée, jusqu’à ’Heespont. I a su se ménager ’amîtîé à a oîs de son camp démocrate et cee des arîstocrates quî pourtant veuent eur revance. I est aujourd’uî aussî împortant que son gendre Acîbîade ’a été jadîs à Atènes. Sau qu’Acîbîade a été ostracîsé par son peupe. Cea remonte à dîx ans déjà. Même sî j’aîme mon beau-rère Acîbîade et ma sœur Eutaîa, je pense que ’ostracîsme est une bonne cose. I permet aux cîtoyens quî se déient d’un de eurs magîs-trats de ’éoîgner de a cîté. Dans ce cas, e dîgnîtaîre doît quîtter a vîe durant dîx ans. I y conserve néanmoîns ses bîens et retrouve tous ses droîts à son retour, y comprîs ceuî de se aîre éîre à nouveau par e peupe aténîen. Acîbîade pourraît rentrer dans sa patrîe. Cea aît dîx ans qu’î s’est exîé à Mîet. C’est à qu’î a connu Eutaîa, ma sœur. S’î s’en retourne à Atènes, Eutaîa e suîvra et ee me manquera beaucoup. Même sî notre cîté n’est pus aussî lamboyante qu’î y a cînquante ans, avant que Darîus, e roî des Perses, ne a rase, î y aît bon vîvre depuîs qu’ee a été reconstruîte. Ses deux marcés, son stade, son gîgantesque téâtre, ses sanctuaîres dédîés aux dîeux, aînsî que ses quatre ports, ont que cette vîe n’a rîen à envîer à Atènes sî ce n’est en ce quî concerne sa domînatîon du monde eénîque. Aussî, mon père est un omme puîssant. Je suîs une ie respectée. Sî tant est que ’on respecte es ies… I aut que je me dépêce, Hypatos va m’attendre. Je presse e pas vers a ontaîne où nous avons nos ren-
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dez-vous quotîdîens. Je ne me asse pas d’admîrer cette magnîique constructîon de troîs étages, ornée des statues de nos dîférents dîeux, d’où ’eau s’écappe comme par magîe. Pour moî, ee symboîse a source du savoîr, ceuî dîspensé par Hypatos à cet endroît. J’espère que je ne seraî pas en retard. I déteste orsque je ne suîs pas à ’eure. Enin, m’y voîcî presque arrîvée. Soudaîn, je reçoîs une bourrade dans ’épaue. Je me retourne et me retrouve ace à Andronîkos, un jeune arîs-tocrate, quî m’învectîve. Je connaîs bîen ce is aïné de Stratônax. D’une tren-taîne d’années, î est maîntenant en âge de se marîer. Heu-reusement que ’on ne demande pas ’avîs aux ies sur ceuî qu’ees veuent épouser, car quî voudraît d’un être aussî bruta avec son cou de taureau et ses traîts grossîers. S’î n’avaît été e is de ’un des arîstocrates es pus re-nommés de Mîet, on ’auraît voontîers prîs pour un pay-san quî ramasse e ourrage à a ource ou pour ’un des escaves quî décargent es navîres dans es ports. Aucune dîstînctîon ne se manîeste dans son maîntîen pas pus que dans sa açon de s’exprîmer. — Que aîs-tu, Aspasîe, deors à parcourîr es rues, aors que ta pace est à a maîson, dans e gynécée, comme toute emme quî se respecte ? Par Zeus, tu ne mérîtes que des coups. Ton père est-î donc sî aîbe qu’î ne saît tenîr sa propre demeure ? Voîà ’exécrabe mentaîté des démo-crates. Is provoquent a ruîne de ce pays. I éève a voîx sî bîen qu’un petît attroupement se orme rapîdement autour de nous, tant pour assîster à mon umîîatîon que par amusement de a sîtuatîon. La onte d’être aînsî înjurîée en peîne rue n’est cependant pas sî orte que ma coère. En m’appeant par mon pré-nom en pubîc, î veut m’avîîr, car on ne nomme jamaîs que es emmes de mauvaîse vîe.
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Je uî réponds, a voîx trembante d’une ureur contenue : — Et toî, Andronîkos, n’as-tu donc aucun courage pour agresser pysîquement a ie d’Axîocos au îeu d’aer e trouver ? Par Héra, e rôe des ommes est-î de bouscuer es emmes dans a rue putôt que de servîr eur patrîe en apprenant à ever e gaîve contre es ennemîs de a cîté ? — Les ennemîs de a cîté, répond-î, sont es îndîvîdus comme ton père, et tu verras qu’avant ongtemps je ne seraîs pas e seu à ever e gaîve contre uî. — Andronîkos a raîson, crîent es uns. Les démocrates sont a décadence de Mîet. — Non, c’est aux ! répondent es autres. Ce sont es arîstocrates quî ne souaîtent que eur propre bîen-être. Is se moquent du peupe. À présent, es personnes présentes s’însutent et parent toutes en même temps. La utte entre es arîstocrates et es démocrates a bîen recommencé, comme deux ans aupa-ravant. Je pressens qu’îs vont en venîr aux maîns. — Écoutez-moî donc ! Ces troîs mots, jetés à peîns poumons, sortent de ma gorge avant que je ne m’en aperçoîve. Je ne peux m’empê-cer de contînuer : — Peupe de Mîet, n’as-tu pas d’orgueî ? Contempe tous ces édîices reconstruîts à a sueur de eur ront par tes aïnés depuîs cînquante ans. Admîre a grandeur de ta vîe quî rayonne encore de sa goîre passée au-deà de a mer Égée. N’es-tu donc désormaîs capabe que de stérîes dîsputes au îeu de bâtîr ’avenîr ? Voîs ce que devîent a ière Mîet, et sî tu n’oses afronter son regard, es dîeux eux t’observent et a postérîté, ee, te surveîe du aut de ces monuments. Cîtoyens de Mîet, réunîssez-vous et contînuez ’œuvre de vos pères. Ce n’est pas Darîus et ses
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cavaîers quî aujourd’uî vous menacent. Non ! C’est a décadence quî vous guette. Avez-vous perdu votre âme ? Où sont es bâtîsseurs, es arcîtectes, es pîosopes, es matématîcîens quî aîsaîent a renommée de notre pa-trîe ? I n’en reste que queques-uns, méprîsés par a pu-part d’entre vous, quî es accusent de oîe. Peupe de Mî-et, sî tu n’y prends garde, ta vîe ne sera bîentôt pus que ’ombre d’ee-même dévorée par ses uttes întestînes. Demaîn, tu te rendras au mîîeu des décombres du ja-dîs grandîose sanctuaîre de Dîdymes. Regarde-es, tu y contemperas ton avenîr sî tu contînues à te dresser contre toî-même. Mîet, par Apoon, retrouve ton écat et ta grandeur dans a paîx. Cîtoyens de Mîet, unîssez-vous ! Vous êtes es enants d’Apoon. — Bravo ! Ee a raîson. — Quî est cette ie ? demande une voîx — C’est a ie cadette d’Axîocos. — E bîen ! Son père peut-être ier d’ee. Une boufée de satîsactîon m’envaît à ’écoute de ces propos. Je regarde e groupe se dîsperser aors que ’a-luence n’avaît cessé de croïtre durant toute ma arangue. J’entends des remarques quî vîennent latter mon orgueî. — Bravo, jeune ie. Les aïnés devraîent t’écouter pus souvent… C’est à ce moment-à que e regard aîneux d’Andro-nîkos tombe sur moî. Un rîctus déorme ses traîts et î dîsparaït dans a oue. I audra me garder de uî à ’avenîr, pensé-je. Soudaîn, j’aperçoîs e vîsage bîenveîant d’Hypatos. — Hypatos, mon maïtre, tu étaîs donc à ? — Depuîs e début. Je doîs dîre que tu as bîen proité de mes eçons. Ton appe à a raîson étaît exceent. Sur-tout, et c’est e pus împortant, tu as paré avec sîncérîté. C’est pour cea qu’îs t’ont écoutée. Sî a voîx du bon sens
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latte ’înteîgence, cee de a vérîté touce e cœur. Je pense que tu as réussî à camer tous ces gens, maîs pour combîen de temps ? Les amîs d’Andronîkos sont nom-breux et înluents. Faîs attentîon à toî. Je e connaîs et mîeux encore son père Stratônax. Is sont capabes de tout. Maîs î ne sert à rîen de se préoccuper à ’avance de aîts quî n’arrîveront peut-être pas. Aîde-moî un peu à marcer et rendons-nous à a ontaîne. Leucîppe doît déjà nous attendre, et se anguîr de toî... Leucîppe est un jeune garçon d’une douzaîne d’années, extraordînaîre à pusîeurs égards. D’une grande maturîté, î écoute es raîsonnements d’Hypatos, tente de es péné-trer jusqu’à a moee, pose des questîons pour s’assurer de sa bonne compréensîon et essaye de mettre en dé-aut notre maïtre, ce quî provoque paroîs sa coère. Aors, Leucîppe part d’un écat de rîre sonore et contagîeux quî parvîent à dérîder notre proesseur. Cet adoescent ne se montre pas seuement précoce dans e domaîne de a pî-osopîe. Sans a moîndre pudeur, î se décare amoureux de moî, magré es queques années quî nous séparent. I dît qu’à ’âge adute, î m’épousera. I ne s’agît pas que de paîsanterîes. I exîste cez Leucîppe un sentîment vérî-tabe. Je e voîs à ses regards. Je e sens à a açon dont î me touce. Hîer, tandîs qu’Hypatos dîssertaît sur notre perceptîon du monde grâce à nos sens, notre maïtre demanda înno-cemment à Leucîppe de ermer es yeux et de dépeîndre ce que ses maîns rencontraîent. Cees-cî, après avoîr at-teînt pusîeurs objets communs, comme une sandae, un gobeet en étaîn, ou encore un pot de terre, s’arrêtèrent sur mon vîsage qu’î décrîvît en descendant de aut en bas. Lorsqu’î arrîva sur mon buste, î se mît à rougîr. Je ne pensaîs pas que e désîr puîsse se manîester sî tôt cez es garçons.
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Je croyaîs qu’Hypatos ne s’étaît aperçu de rîen, maîs son observatîon de ce jour prouve que rîen ne uî écappe. Sî ses jambes se reusent paroîs à uî, en revance magré ses quatre-vîngt-cînq ans, sa tête et ses yeux onctîonnent toujours bîen. Nous arrîvons à a ontaîne où Leucîppe nous attend déjà. I rougît en me voyant. — Leucîppe, mon garçon, dît Hypatos. Comment te portes-tu aujourd’uî ? — Bîen Maïtre. — Tu n’es poînt maade ou îndîsposé ? — Non, Maïtre. — Suîs-je dîférent d’îer ? — Non. — Es-tu en coère contre Aspasîe ? — Pas davantage. — Aors pourquoî rougîs-tu ? — … — As-tu onte aujourd’uî de ce que tu es, ou encore de tes sentîments à ’égard d’Aspasîe ? — Non, certaînement pas. — As-tu onte de ce qu’Aspasîe pourraît penser de toî ? — Ouî… Je croîs. — Comprends-tu, Leucîppe, tu aîs ’expérîence de ta reatîon avec autruî. Tu t’îdentîies au jugement qu’Aspa-sîe pourraît porter sur toî. C’est cea a onte. C’est recon-naïtre que tu es comme ’autre te voît. Aors, Hypatos se tourne vers moî et me questîonne : — Aspasîe, dîs-nous en toute sîncérîté ce que tu penses du jeune Leucîppe. — Je décèe cez uî magré son jeune âge une grande maturîté. Je suîs lattée d’avoîr constaté qu’î me désîraît et j’avoue avoîr été un peu troubée. Je croîs qu’î est pro-
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mîs à un grand avenîr et qu’un jour î prendra ta pace, peut-être auprès de cette même ontaîne, pour enseîgner sa sagesse à ses propres dîscîpes. — Je e croîs aussî, répond Hypatos avec sa bîenveî-ance abîtuee. Voyez-vous mes enants, ’erreur consîste à aîre sîen e jugement d’autruî et pus encore à ’antîcî-per. Soyez vous-même et ne présagez jamaîs de ce que es autres penseront de vous ou de vos actîons. — Maîs, Hypatos, dans ce cas, sî ’opînîon des autres n’a aucune împortance, n’împorte quî peut commettre des actes condamnabes, voîre même des meurtres, conteste Leucîppe. — Croîs-tu que e sentîment de onte soît un reîn à a barbarîe ? Croîs-tu que e sentîment de onte aît étou-é Darîus orsqu’î a rasé notre vîe, vîoé nos emmes et déporté nos ommes es pus vaeureux sur es rîves du Tîgre pour en aîre des escaves ? Croîs-tu que a onte aît empêcé Andronîkos de bouscuer à ’înstant Aspasîe aors qu’ee est rêe et sans déense ? Une oîs que vous aurez aîssé a pace à ce sentîment dans votre cœur, même sî vous tentez de uî couper a tête, ceuî-cî renaïtra aus-sîtôt et empoîsonnera votre vîe. La onte n’est autre que ’Hydre de Lerne. Seu e ier Héracès a pu ’anéantîr, car seue a ierté trîompe de a onte. Soyez ier en toute oc-casîon, de vos pensées comme de vos actes. Maîs je pare, je pare. Vos parents doîvent s’împatîenter. Je vous attends demaîn. — Je ne pourraî pas venîr durant troîs jours, répon-1 dîs-je. Demaîn, nous serons e sept de ’Hecatombaeon . Nous devons nous rendre aux céébratîons de Dîdymes en ’onneur d’Apoon et de son amant Hyacînte. 1. Moîs grec quî correspond à a pérîode, maî-juîn.
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