Je vous écris de Salamanca

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Dix ans après ses premières lettres, José Joselito passe une année près de Salamanca sa ville d'origine ; après son baccalauréat, il s'interroge sur son avenir : va-t-il étudier en Suisse ou en Espagne ? Pour l'instant, il entretient le potager délaissé depuis la mort d'Abuelita et vend ses légumes sur le marché. A quelques jours du printemps, il rédige cette longue lettre Je vous écris de Salamanca à l'adresse de son ex-psychotérapeute qu'il a perdue de vue, y notant les préoccupations d'un jeune homme entrant dans sa vingtième année.
Publié le : mercredi 1 juin 2005
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EAN13 : 9782296403659
Nombre de pages : 123
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Je vous écris de Salamanca(Ç)L'Harmattan, 2005
ISBN: 2-7475-8689-8
EAN : 9782747586894Hubert Auque
Je vous écris de Salamanca
Roman
L'Harmattan L'Harmattan Hongrie L'Harmattan Italia
Via Degli Artisti, 155-7,rue de l'École- Kossuth L. u. 14-16
Polytechnique 1053 Budapest 10124 Torino
75005 Paris HONGRIE ITALIE
FRANCEDU MÊME AUTEUR:
Dernières parutions:
Romans:
JOSÉ (JOSEUTO) - Prix Georges Nicole 1991,
(Suisse) Bernard Campiche, éditeur (épuisé).
MIGRANT PERMANENT,
L'Harmattan (collection Ecritures), Paris 2000.
- JOSÉ (fOSEUTO) - réédition,
L'Harmattan (collection Ecritures), Paris 2005.
Nouvelles:
CHANT DES SYLLABES,
L'Harmattan (collection Ecritures), Paris 2001.
Essais:
RENONCER,
Labor et Fides, (collection Autres Temps) Genève, 1998.
JE PARLE, UN AUTRE M'ECOUTE,
Labor et Fides,(collection Entrée Libre) Genève, 2000.
RENCONTRES A L'HÔPITAL,
Réveil/Labor et Fides, 2001.Pour MaroussiaLUNDIJe vous écris de Salamanca.
Ce matin en me levant j'ai su qu'aujourd'hui je
ne pourrais plus différer, qu'aujourd'hui j'allais enfin
commencer cette lettre. J'avais, les jours précédents,
essayé plusieurs fois sans jamais parvenir à oser vous
écrire. Il me fallait respecter le temps préparatoire.
D'abord quand l'idée m'est venue de vous
écrire quelques pages, j'ai immédiatement opposé une
autre pensée: vous n'alliez pas vous souvenir de moi;
vous avez vu tant d'enfants pendant vos années de
travail! Je me suis aussi suggéré que vous aviez changé
de lieu d'activité, et que ma missive ne vous parviendrait
jamais, pour rester ainsi plusieurs jours dans
l'indécision. Et puis ce matin impossible de reculer: j'ai
cherché un moment l'endroit où installer une table. J'ai
choisi l'ombre de l'amandier, là où ma grand-mère
Abuelita, venait éplucher, écosser, couper les légumes
du jardin, ceux qu'elle ne vendait pas et qui finissaient
en soupes diverses.
Quand je me suis assis, une phrase s'est
imposée: bouteille à la mer. Allez-vous recevoir cette
Illongue lettre, allez-vous pouvoir me lire, allez-vous
vous souvenir de moi, je veux dire de José l'enfant que
j'étais quand j'avais neuf ans et demi et qui venait
chaque semaine porter ce qu'il avait écrit à votre
intention entre les séances des mercredis.. . Je prends le
risque, celui de l'oubli, de votre oubli. Moi je ne vous ai
pas oubliée. Vous avez souvent, longtemps, été un
repère pendant les dix années qui viennent de passer et
durant lesquelles je ne vous ai jamais revue. Dans les
moments importants j'avais besoin de m'adresser à
vous, de vous rendre présente à ma mémoire avant de
prendre une décision. Maintenant je trace ces lignes
peut-être aussi pour clore votre importance. Mais avant
cela c'est bien pour mettre un peu d'ordre dans ma vie
actuelle, dans les choix à faire, que je vais vous écrire
quelques pages tous les jours de cette semaine: ma
longue lettre finira lundi prochain, c'est la limite que je
m'impose. Si ces feuilles ne vous parviennent pas, elles
m'auront, je l'espère, permis d'affiner mes projets, d'en
laisser advenir et d'accepter aussi que d'autres ne
puissent éclore.
Je ne sais pas si c'est dur où si c'est bien
d'avoir dix- neuf ans. C'est celui qui ne les a plus qui
prétend que vingt ans est le plus bel âge. Je veux
renoncer à croire que demain sera, où que hier fut,
meilleur. Je sais seulement qu'il y a des paliers, des
étapes dans la vie, des pauses salutaires qu'il ne faut pas
sauter. Je suis en train d'en vivre une.
Je vous écris depuis l'Espagne, ce pays où
je suis né et où finalement j'ai vécu plus de la moitié de
ma vie, ici même dans cette maison désormais un peu
moins vieille et moins sombre, près de Salamanca, à
Alba de T ormes. Je ne suis pas revenu en vacances
comme je l'ai fait chaque été depuis dix ans, depuis que
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