Jours intranquilles au paradis

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Paul, jeune médecin parisien, croyait au paradis sur terre quand il imaginait cette petite île du Pacifique, où il allait apporter une meilleure santé aux habitants. Mais les choses ne se passent pas comme prévu : les demandes qu'on lui formule sont étrangères à son mode de pensée ; une vieille femme à l'aspect de sorcière veut l'aider ; des morts violentes surviennent autour de lui. Et ce guérisseur, est-il un sage ou un gourou ? Entre savoir scientifique et pratiques magiques, rêve et réalité, Paul réussira-t-il à trouver sa place ?
Publié le : mardi 5 avril 2016
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EAN13 : 9782140007897
Nombre de pages : 302
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du Paciîque, où il allait apporter une meilleure santé aux habitants, tels jadis les missionnaires, soucieux de celle de
Certes, sa délicieuse îancée ne l’avait pas accompagné,
par ce paradis qu’il s’empresserait de lui décrire.
prévu : les demandes que lui formulent les uns et les autres
bizarres l’assaillent, semblables à des hallucinations, mais il ne parvient pas à les identiîer parce qu’elles échappent à ses classiîcations médicales ; une vieille femme à l’aspect de sorcière des contes de fées veut l’aider, mais on la dit morte depuis longtemps ; des morts violentes surviennent aussi
donc cette femme sublime qui hante ses rêves ? Et ce sorcier/ guérisseur, est-il un sage incontestable ou un gourou malin ? Entre réel et imaginaire, savoir scientiîque et pratiques magiques, rêve et réalité, Paul réussira-t-il à trouver sa place dans un monde qui ne serait ni le paradis ni l’enfer ?
Il m’est arrivé quelque chose
Illustration de couverture de l’auteur
ISBN : 978-2-343-08630-9 25 €
Taxi
L’Orage
IrèneKrassilchik
Jours intranquilles au paradis
Roman
Jours intranquilles au paradis
Écritures Collection fondée par Maguy Albet Armand (Jean),Enfer et contre tous, 2016. Clos (Yvonne),Quand je serai une dame et que tu seras morte, 2016. Cladart (Thierry),Une bien étrange compagnie, 2016. Fontaine Kerbellec (Laurence),Carmencita ou l’aqueduc aux oranges, 2016. Renaud (Dominique),Le Voyage imaginaire, 2016. Schved (Jean-François),La Croix byzantine. Aïvali ou la mémoire des oliviers, 2016. Cervoni (Alain),La Voie de l’orphelin, 2016. Sanchez (Patricia),L’Aube d’été, 2016. Labrique (Myriam),L’Âme du palmier, 2016. Lenoir (Jean-Yves),Dialogues avec mon horloge, 2016. Bosc (Michel),La Cendre et le calice, 2016. Dami (Olivier),Boulevard des Amériques, 2015. Auque (Hubert),Revoir Tübingen, 2015. Merlino (Benito),Îles vagantes, 2015. Tanguy-Taddonio (Anne),La Signature de l’âme, 2015. * ** Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Irène KRASSILCHIKJours intranquilles au paradis
Roman
Du même auteur Sous le nom d’Irène Bertaud Une haine soudaine des cocotiers, roman, Haere Po, Tahiti, 2006. Nouvelles du ciel et des atolls, nouvelles, Haere Po, Tahiti, 2007. Rouge Paradis, roman policier, Éditions des Mers Australes, Tahiti, 2010. Rama, la petite pieuvre de Rangiroa, Éditions des Mers Australes, Tahiti, 2012. Sous le nom d’Irène Krassilchik Taxi, roman, L’Harmattan, coll. « Écritures », 2013. Il m’est arrivé quelque chose, L’Harmattan, coll. « Théâtres », 2014. L’Orage, L’Harmattan, coll. « Théâtres », 2015. © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08630-9 EAN : 9782343086309
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Paul avait mal dormi : un coq avait chanté vers trois heures du matin, réveillant tous les autres coqs de l’île, proches et lointains, qui lui avaient répondu, semble-t-il, avec enthousiasme, alternant leurs chants avec les mul-tiples aboiements de chiens, peut-être eux aussi réveillés par ce concert nocturne, et qui avaient joint leurs voix à celles de leurs collègues musiciens. On l’avait prévenu de beaucoup de particularités des îles polynésiennes, le tutoiement, lesnono, moustiques redoutables, la chaleur humide, les fours tahitiens, les pi-rogues à balanciers, les cent-pieds (mille-pattes venimeux), les poissons-pierre (invisibles dans les fonds marins, et très venimeux, eux aussi), la foi religieuse, les danses, les conflits entre autonomistes et indépendantistes, mais des coqs et des chiens de la nuit, personne ne lui en avait rien dit. Qu’il étaitunpopa’a, c’est-à-dire un Européen, et plus précisément unfarani,un Français,une sorte d’étranger tout de même, on le lui avait bien fait comprendre (les regards, entre ironie et apitoiement) tout en l’accueillant avec une extrême gentillesse, gentillesse dont il avait éga-lement été prévenu: quand il avait débarqué sur l’île, épuisé par son long voyage en bateau depuis Tahiti, qui succédait à plus de vingt heures de vol depuis Paris (il y avait bien ici unepiste d’atterrissage, bâtie sur une île arti-ficielle, mais elle était provisoirement inondée), il avait
croulé sous les couronnes de tiare odorantes que des femmes de tous âges avaient passées à son cou, au bord de l’étouffement, entre les colliers amoncelés jusqu’à son nez et les baisers chaleureux de ces charmantes créatures. Il avait demandé à venir en Polynésie, il y était. Il était supposé en être heureux, ilespérait qu’il le se-rait. Souvent, dans sa vie, pourtant encore courte, il s’était demandé si les rêves sont faits pour être exaucés ou juste pour compenser la réalitéimparfaite de l’existence. Ce jour-là, le premier dans cette île, de cemotu, comme on disait ici, il allait peut-être vérifier son hypothèse. Se rendormir était un projet vain : le jour se lèverait bientôt,et il fallait qu’il retourne vérifier si le local qu’on lui avait désigné la veille comme étant le dispensaire était aussi peu adapté à cet usage qu’il en avait eu l’impression. Cela aussi l’avait empêché de bien dormir, les coqs n’étaient pas les seuls à incriminer.Il y avait dans la maison mise à sa disposition, tout au bord de l’océan, de quoi faire chauffer de l’eaula faire et bouillir(l’eau de pluie, venue des gouttières, recueillie dans un réservoir, de cela aussi on l’avait prévenu) pour préparer un café, en poudre, prêt à l’emploi, l’alimentation pratiqueayant sans aucun doute atteint les lieux s’il en croyait les quelques boîtes de conserves alignées sur une étagère branlante : des raviolis sauce tomate, des flageo-lets, également à la sauce tomate, des saucisses, elles, sans aucune sauce, probablement laissées là par le précédent locataire, peut-être l’infirmier qui avait travaillé quelque temps dans l’îleavant son arrivée. Lui était médecin. Il n’en tirait aucune vanité, aucun sentiment de supériorité. Il savait combien la présence d’un infirmier constituait déjà un apport précieux dans une île, pour résoudre un certain nombre de problèmes de santé. Mais créer un véritable dispensaire médical était
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tout de même une autre affaire. Il lui faudrait un appareil de radiothérapie, le plus simple, évidemment pas un scan-ner, mais un minimum pour pouvoir identifier des fractures ; des instruments de petite chirurgie, des produits injectables pour les urgences, d’autres, en comprimés, pour débuter des traitements du diabète et de l’hypertension, fréquents dans le pays. Et sûrement beau-coup d’autres choses à faire venir de Papeete et auxquelles il faudrait penser vite, les délais de livraison devant sans aucun doute s’avérer longs.Paul avait envie d’installer ici une médecine semblable à celle qui se pratiquait en métropole, ce qui était déjà mis en œuvre et constituait un réel progrès, mais qu’il jugeait encore insuffisant, s’il en croyait ce que lui avaient appris des voyageurs revenus de Polynésie. Un vieux médecin militaire, qui avait connu le temps de Moruroa (le vrai nom de Mururoa) et du nucléaire, avait bien tenté de lui expliquer que si la médecine moderne avait certes quelques avantages, elle ne semblait guère beaucoup plus efficace que celle qui se pratiquait à l’aide de plantes et sous le contrôle destahua,guérisseurs et/ou sorciersselon l’étendue de leurs pouvoirs. Mais Paul était parti pour la Polynésie dans un état d’esprit proche de celui des missionnaires d’antan. Ses souhaits de conversion ne se situaient pas du côté de la foi et de la vie éternelle, mais de la vie tout court, de sa qua-lité et de sa durée. Hygiène et traitement, prévention et suivi thérapeutique, tel était son credo, qui avait fait sou-rire le vieux médecin militaire, lequel comprenait fort bien par ailleurs que sil’on ne croit pas possible de changer le monde à l’âge de Paul, c’est qu’on est déjà vieuxà vingt ans. Paul en avait vingt-sept,et tout l’espoir lui était donc permis. Même celui de faire venir bientôtsur l’île Anne, sa fiancée, restée à Paris, et dontil ne doutait pas qu’elle le
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